‹ L'histoire du Nouveau-Monde ou Description des Indes Occidentales [microforme]Chapitre 9 sur 23 · CHAP. VIL · texte numérisé non relu

CHAP. VIL

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Auant que commencer la description de ce grand fieuue de Canada, il ne nous faut pas oublier une le\e assé grande qui est dans son emboucheure et qui la disuise en deux. Elle est nommée en langage des Saunages Natisc'otec, par Quartier qui la premier descouuerte l'Isle de TAssumption ; et par lean Alphonce, de l'Ascension : elle a enuiron trente-cinq lieues de long et sept ou huict de large ; s'estendant depuis le quarante-huictieme degré iusques au cinquantième et entre le Sud-est et le Nord-ouest. On conte de la plus grande entrée d'icelle dans le destroit qui est vers le Cap S. Laurent, iusques au coin le plus Oriental de cette Isle cinquante lieues : de la Baye de S. Georges située au costé occidental de Terre-Neuue, comme les Anglois ont remarqué, quarantetrois lieues.

C'est une Isle fort agréable, sans aucunes montagnes, d'un terroir plat et fertile, couuerte iusques sur le bord du riuage de diuers arbres et notamment de fort hauts sapins, qui fait qu'il y a de tous costés grande abondance de bestes sauuages, comme ours, onces, heriî^sons et autres semblables. Il y a aussi un nombre infini d'oiseaux, tant de ceux qui aiment les bois que ceux qui fréquentent les riuages et les eaux. La mer qui l'enuironue est fort poissonneuse ; mesrties il se trouue des Balaines dans le Destroit et celles qui sont blessées auprès de la coste

Occidentale de Terre-Neuue, sont souvent iettées à cette

coste. Elle a quelques anchragea ass^'^s commodes, raaî« peu déporta: ie n'ai iusques ici veu peraonne qui ait deacrit qu'elle fut habitée d'aucun. Via à via le Cap Occidental de cette Isle t\ la coate du Sud de l'Amérique septentrionale sort une riui^re, dans laquelle lacquea Quartier entra en aon second voyage, nommée encore pour le préaent Cheachedec : où il auoit de^couuert sept laies ; la Continente qui les auoiaine eat une terre basse, plate et couuerte de plusieurs granda arbrea, mais elle est enuironnée de baaaea et bancs de sable, qui s'estendent une lieuë et plus en mer, deacouuerte à marée basse, où on nauige auec grand danger, cette coste ainsi pleine de bancs ccmtient enuiron dix lieuea et finiat A, la riue Occidentale de ce fleuue. Cette riuière sort d'une telle vitesse, que forçant les flots de la mer, elle y pousse ses ondes longtemps d'une meame furie, et cor tinuë son canal entre les flots salés, de sorte qu'à plus d'une lieue de son embouchure on y puise de l'eau douce : elle est profonde dans aon entrée de dix-huict pies : au-dedans on dit qu'il s'y nourrit plusieurs chenaux marins; cet animal amphibie montant de nuict par dessus les bords de la riuière sort en terre et de iour il regaigne la mer.

Vers rOuest de la riuière Cheschedec, il y a une baye, où Tanchrage est fort mal assuré à cause des basses et rochers qui y sont : passant plus outre on rencontre la riuière iS. Marguerite, profonde à son emboucheure de huict pies à basse mer et de trois brasses à haute marée : mais elle est dangereuse à cause d'une bosse qui y est : elle vient de fort loin d'au dedans du païs du costé de l'Est, où elle se précipite du haut des montagnes, et puis de là elle se grossit fort. Assés près de sou emboucheure, il y a un Cap moyennement esleué, et au costé droit

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d'icelle une petite Isle. Toute cette coste est distante do la ligne de cinquante-cinq degrés, et est reuestuë de plusieurs arbres et notamment de sapins, et releuée en petites montagnes.

A trois lieues de la riuière 8. Marguerite sort une autre riuière, la grandeur et profondeur de laquelle est encore incognuë, pource que son emboucheure est comme fermde d'une infinité de basses et rochers, dès là la coste est entrecoupée de plusieurs pointes et bayes et la plus grande partie d'icelle est sablonneuse: Seize lieues plus vers l'Ouest s'ouure une baye dans laquelle une rivière descend, cette baye est capable de tenir plusieurs nauires et est le meilleur haure de toute cette coste ; mais la coste à envase des basses qui s'estendent une lieue ou deux en mer, ne peut être approchée de plus près sans grand danger. Après cela la coste s'auance tantost en mer et tantost se retirant fait place à quelques bayes et est bordée d'isles iusques au port de Lesquemin, fort cognu et renommé, encore qu'il soit mal asseuré, tout enuironné de rochers et qu'il ait son emboucheure si estroite qu'il n'y peut passer qu'un nauire à la fois, tontesfois les Basques ont coutume d'y fréquenter pour harponner la Balaine. Toute cette contrée est le long de la coste basse et plate et le milieu du païs est releué en colines et montagnes, elle est toute remplie de forej-ts et bocages, et nullement accomparable à la Nouuelle- France qu'elle a vis à vis de soi, soit en bonté de terre ou en douceur d'air, combien qu'elle soit plus basse.

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