J01P8 KT PERSES
fonda, et Thapsaque, se répandaient dans la Mésopotamie. Ses flottes, partant d'Etziongaber, gagnaient par la mer Ronge les ports de l'Afrique, de l'Arabie, peut-être de Tlnde et rapportaient d'Ophir des singes et des paons. Des impôts assez lourds, levés sur les Cananéens et les Hébreux, entretenaient Tarmée, la domesticité, le barem, quelques services publics. EnOn, des Tassaux, des roitelets du voisinage, sans parler delà reine de Saba, venaient admirer la ville sainte d'Israël et la sagesse de son prince. Les Arabes, autant que les Juifs, ont gardé la mémoire de SaJomon et porté sa légende daus tous les pays musulmans. Le temple fameux que, par ses ordres, des ouvriers tyriens bâtirent et décorèrent sur le mont Moriab, à l'endroit marqué par David, était le signe nécessaire de l'unité nationale. JMais la construction de ce monument eut des conséquences funestes. L'unité du culte, la suppression de toutes les religions indivi* duelles et locales, l'obligation pour tous d'offrir au lahvé de Jérusalem les sacrifices annuels, la suprématie assurée à la caste sacerdotale, excitèrent la jalousie d'Ëpbraîm, si longtemps possesseur de l'arche, et le mécontentement général de ceux que Juda et Lévi appelèrent désormais les idolâtres. Salomon sentit le péril et tenta de le détourner par la tolérance. Non content de fermer les yeux sur les Bétyles, les Bâmotb, les bocages sacrés il logea dans l'enceinte du temple les eunuques et les courtisanes d'Aschéra ; il alla jusqu'à sacrifier lui-même aux Baaiim indigènes, aux Milkoms, aux Kamos et autres similaires de lahvé, que lui recommandaient sans doute ses mille épouses et concubines de toute tribu et de toute nation. Il se vit, dès lors, en butte aux lamentations et aux anathèraes de son clergé orthodoxe.
Quand il mourut, l'empire craquait. Son fils, vaniteux et incapable, trouva devant lui Jéroboam, roi d'Israël, à Silo et à Sichem. L'Idumée au sud, Moab à l'est, au nord Damas et ia Syrie, avaient repris leur indépendance. La Judée retomba dans l'anarchie, dans un abîme de maux (929). Cette courte période de gloire, cent ans à peine, resta dans la mémoire des Hébreux comme un âge d'or.
comme un paradis perdu et vainement désiré. Toutes les poésies, tous les traités de morale recueillis plus tard dans la Bible furent attribués aux deux rois, qui n'y eurent sans doute aucune part, mais qui n'étaient pas, certainement, incapables de les composer.
C'est grâce à raffaissement simultané des deux grandes puissances de rOrient, l'Egypte et TAssyrie, que s'est développée^ en son cadre restreint, cette histoire ancienne des Hébreux^ dont notre éducation chrétienne exagère à nos yeux l'importance. Elle rentre dans l'ombre dès que l'Egypte se réveille à demi, dès que TAssyrie remonte à la lumière.
Celle-ci, abattue par les Khétas, vers 1020, avait reculé jusqu'au Tigre ; toujours forte contre la Chaldée, contre les Mèdes^ qui commençaient à inquiéter ses frontières du nord, se risquant parfois à lancer des expéditions vers l'Indus, ce n'est pas avant le IX* siècle qu'elle se sentit en état de reprendre, à l'ouest et au sud, l'œuvre de Téglath-Phalasar I«^
L'Egypte, troublée profondément, à la fin du xii« siècle, par l'usurpation des prophètes d'Ammon, menacée au nord par l'in- Oltration des Libyens, Mashouash, Matsiou, et des Sémites, Hyksos, Arabes, Iduméens, qui la coupaient de ses dépendances syro-phéniciennes, s'était reportée vers le Delta à Tanis, à Sais, laissant Thèbes à la merci des vassaux éthiopiens. Le fondateur de la XXII® dynastie, d'origine syrienne, Shésonk, après avoir rétabli l'autorité pharaonique au moins jusqu'à la Nubie, s'avisa de mettre à profit les discordes des Juifs. 11 n'avait pas rompu avec Salomon, gendre d'un de ses prédécesseurs ; mais il donnait asile à Hadad, un chef iduméen fugitif^ à Jéroboam, le roi désigné d'Israël ; il favorisait la révolte de l'idumée. Tout à coup, cinq ans après le schisme des dix tribus (924), il se jette sur Juda, emporte Jérusalem et entre en vainqueur dans toutes les villes d'Israël. Tous les trésors amassés par Salomon dans le temple et le palais prirent le chemin de Sais, et Shésonk put faire graver sur les murailles de Karnak les noms de toutes les villes qu'il avait prises. Celte irruption, passagère, n'en désorga-
nUa pas moins la mallieureuse Judée. L'Iiégémonic passa de Jérusalem et de Sicbem à Damas. Les rois de Damas occupëreal désarmais tout le nord de l'ancien empire juir. Us s'avancèreot plus d'une Tois jusqu'à Samarie, Shimrôn, la nouvelle capitale d'Achab, Sis d'Omri, allié et gendre d'Ithobaal, pretre-roi de Tyr. Une invasion assyiienni: allait bientôt rapprocher, pour leur malheur commun, Tyr, Damas et Israël.
Vers 883, un Toukiat-Adar II, puis un Assour-Nazir-Habal, celui-ci second Tondateur d'une ville royale (Khalabh) sur la rive gauche du Tigre, se rendaient redoutables en Mésopotamie. Durant trois ans, Assour-Nazir avait fait sentir sa puissance ï l'Arménie, à la CoramagènR, dressé des pyramides de têtes, assemblé en couronnes et en guirlandes les crânes et les cadavres, c empalé vi/s des rois écorchés devant des murs garnis de leurs peanx ». (Ainsi cliantent ses inscriptions triomphales.] En 877, passant l'Euphrate, il tombe, en pleine paix, sur les petits rois hittites, crucifiant les prisonniers, razziant villes et campagnes, et, maître des deux versants du Liban, reçoit, aux bords de la Méditerranée, l'hommage et les présents des rois, d'Arvad, de Gebel, de Sidon et de Tyr. Il emporte à Ninive, pour construire un temple d'Istar, les cèdres, les pins et les cyprès du Liban et de l'Amanus. Son fils Salmanasar 111, digne continuateur de son père, battit quatre et cinq fois un puissant roi de Damas, Ben-Hadar, l'ennemi acharné d'Israël, prit enfin Damas (sans le garder); il reçut d'Acliab, terrifié, un riche tribut : barres d'or et d'argent, sceptres, armes, coupes, ustensiles eu métaux précieux, et pénétra, par la Cilicie, en Asie Mineure. H régna et guerroya trente-cinq ans.
L'Egypte, de son côté, avait vu prospéi bubastite. Thèbes tombait en ruines. Plus pendants bataillaient dans la vallée du I puissance que dans le Delta et, tout au Napata, où les prêtres d'Ammon avaient les arts de l'Egypte. A Memphis régnai Napata, Pianki-Heiamoun. Celui-ci, ap
descendit le Nil jusqu'à Memphis, entra dans Héliopolis et y célébra le sacrifice, puis il retourna en Ethiopie, chargé de butin et roi des deux Égyptes. Tawnekht, qui s'était vaillamment défendu, ressaisit la royauté du Nord.
L*Assyrie, après avoir maintenu, même accru sa puissance sous les premiers successeurs de Salmanasar 111, s^était comme éclipsée pendant trente ans (770-740). On a placé dans cet intervalle obscur la légende de Sardanapale (un Assour-Ban-Habal} assiégé par Arbacès et Bélésys. Rien ne prouve l'authenticité de celte histoire. Quoi qu'il en soit, un nouveau Téglath-Phalasar (Tonklat-Habal-Asar II) releva (745) le trône d'Assyrie, rétablit les frontières, reprit, dans la Ghaldée reconquise, le titre de roi de Sumer et d'Accad et même, trouant la Médie, atteignit, à travers l'Ariane et l'Arachosie, les rives de l'Indus. Entre temps, il avait visité la Syrie, convoqué à Arpad (vers Alep) ses vassaux hittites et phéniciens, vaincu des coalitions où fut impliqué Azarias de Juda, transplanté les habitants de Hamath et forcé dix-huit rois à l'hommage et au tribut (743-739). Rappelé, quelques années plus tard, par un faible Akhaz,que le Syrien Retzin, allié d'Israël, pourchassait jusqu'à Elath, sur la mer Rouge (734-732), il prit en écharpe la Palestine, de la Galilée au pays philistin, séparant ainsi les belligérants. Les Galiléens furent transportés en Assyrie, Israël réduit à Ephraïm ; les Philistins payèrent tribut. Retzin, le roi de Syrie, qui n'avait pu ou osé défendre son allié d'Israël, lutta seul deux ans entiers contre son puissant agresseur ; il fut tué; Damas, emporté, devint un chef-lieu de province. Huit mille Syriens furent relégués à Kir, en Arménie. En 729, Hosbéa, dernier roi d'Israël, était installé à Samarie, comme vassal. Téglath n'avait qu'à étendre la main pour toucher l'Egypte, lorsqu'une prise d'armes d'un obstiné patriote chaldéen, Mardouk-Bal-Idin (Mérodach-Baladan), le rappela sur TEuphrate.
La fin était proche. Hoshéa, ayant fait mine de s'allier avec le pharaon éthiopien Sabak, fut mandé par Salmanasar Y, fils de Téglath, et jeté en prison. La ville de Samarie, assiégée, ainsi que Tyr, pendant deux ans, se défendit avec courage; elle suc-
JUIFS ET PRfiaSB. »7
comba soua les coups de Sargon, Saryoukia ÇIU); sa papnUtion, 27 380 âmes, emmenée à Kalakh, Fut remplacée par de* prisonniers chaldéens. Quelques fugitirs gagne ren 1 1' Egypte on Juda, Israël avait péri. Tyr, grâce à l'île où s'élevait sa forteresse, lassa l'assiégeant et demeura libre(7l5J. Mais Sabaképroan un terrible désastre h Ropeh (Rapbia), sur sa frouliëre même, et s'enfuit jusqu'à Thèlies, i Irarers le Delta révolté. C'eo était fait de Juda, si sdd roi Hiâkia, Ezécbias, Lien conseillé cette fois par Isale, ne se fût tenu coi, en dehors du conflit.
On peut dire que les cent ans de vie accordés à ce petit royaume étaient des années de grice ; au prix d'humiliations nombreuses, de deux cent mille Juifs emmené» prisonniers i Ninive, des dépouilles du temple, de son pays saccagé, Hiskia échappa tout juste aux vengeances du terrible Sennachérib (Sin- Akhé-lrib), une seconde fois vainqueur des Égyptiens Kur les terres de Dan. L'armée assyrienne, vers la frontière d'Egypte, éprouva à son tour une grande déroute, et Seanachérib retourna
' à Ninive faire graver de pompeuses inscriptions. Cet événemant (auquel l'armée juive [n'avait eu aucune part) fit d'Ezéchias ud personnage i le vieux rebelle Mérodacb, roi intermittent de Babylone, lui envoya une ambassade. Lu prospérité reparut dans ces modestes districts ; le roi reprit même quelques bourgades perdues et amassa, croit l'auteur du Livre des Rois, de grandes richesses. EHeux adorateur de lahvé, ce qui ne le préserva pas de la lèpre, Hiskia, sous l'inspiraEion d'haïe, renonça aux cultes accessoires du grand serpent de bronze et de certaines figures d'astres et d'animaux. Les terreurs récentes, les inquiétudes perpétuelles, serraient les débris d'Israël et de Juda autour de leur patron national, du dieu, béias ! qui les avait trahis tant
. de fois. Uais il s'en fallait que les dernières traces du polythéisme fussent effacées encore.
Qu'étaitd'ailleurscerépittaisséàJéi pheael des splendeurs de l'Assyrie! S* Tigre assez d'armées pour abattre déBi l«nir les Mèdes,ëcra8er les Elamites, pc
leurs alliés chaldéensjusque dans les marécages du golfe Persique, ravager la Ciiicie, l'Arménie, l'Arabie, et enfin prendre, piller, humilier la vieille Babylone, d'où il emporta un dieu Bin et un sceau de Salmanasar I«', trophées ravis à ses ancêtres plus de quatre siècles avant lui. « La ville et les temples, s'écrie-t-il, depuis les fondations jusqu'au toit, je les minai, les brûlai par le feu ; les forteresses et les chapelles, les tours de brique et de terre, je les détruisis toutes, et de leurs débris je comblai le grand canal. » L'empire de Sennachérib s'étendait de la Gappadoce à la Médie orientale, de la Phénicie à la Perse. Les flottes qu'il avait fait construire sur le Tigre par des ouvriers tyriens portaient ses armées jusqu'aux rivages d'Oman, chez les Sabéens, chez les Himyarites. Toujours en guerre, il ne négligeait pas les arts de la paix. Il couvrait d'inscriptions, décorait de fortes statues, de bas-reliefs très curieux, très détaillés, les temples et les palais de Ninive restaurée, embellie. C'était, comme tous ces Sémites, un peu plus peut-être que ses contemporains, un animai féroce et redoutable, mais il savait trousser un bulletin de victoire et faire grand. Que de grands hommes ont été moindres !
Après Sennachérib, Aser-Âké-Idin et Assour-ban-Habal(Asar- Haddon et Sardanapale), qui rendirent, enfin, au Nil la visite faite jadis au Tigre par les Totmès et les Aménophis. Trois fois en moins de vingt ans, forçant les lignes de Péluse, leurs armées coururent de Memphis à Thèbes, ravageant, subjuguant l'Egypte sans la dompter. Toujours le pharaon éthiopien Tahraka, après avoir fui jusqu'à Napata, revenait sur les pas des Assyriens en retraite. Il lutta ainsi jusqu'à sa mort. Enfin, Sardanapale, sans cesse rappelé par les progrès des Mèdes, laissa régner un roi, Néko l". L'Egypte sortit une fois encore de ses ruines; et, d'une courfe anarchie, se leva Psamétik (665), fondateur d'une Egypte nouvelle, sémitisée, hellénisée — brillante encore.
Pendant cotte période de désolation, un faible successeur d'Ezéchias regardait passer le torrent, le flux et le reflux des bandes armées. Humble vassal de l'Assyrie, Manassé s'amusait à rétablir les vieux cultes détruits par son père, tous les Baal,
toutes les Àstarté. Il faisait le mal devant lahvé, et il vivait, assez longtemps même, jusqu'en 640. On conte qu'excédé par Isaïe, il avait uni par le faire scier dans un arbre creux. lahvé prit sa revanche sous Josias, un enfant de huit ans, ressaisi par le clergé orthodoxe. Mais la restauration religieuse rencontra de sérieux •obstacles. Ce fut seulement la dix-huitième année de Josias (62Î), qu'un scribe adroit imagina de découvrir dans un coffre une nouvelle^ une seconde «loi», dont le roi fit faire lecture devant le peuple. L'orthodoxie fut, dès lors, sauvée, pour peu de temps; car lahvé laissa tuer à Mageddo son fidèle Josias. Une invasion scythique (Slaves et Tartares î) avait paralysé, trente ans, la Médie et TAssyrie. Puis un roi mède, Cyaxare, coalisé avec un prince chaldéen, avait pris et détruitNinive (625). Babylone était redevenue la capitale d'un nouvel empire. Ces révolutions expliquent et la paix relative laissée à la Judée, et la renaissance de l'Egypte. Un pharaon, Né ko II, en profita pour reconquérir la Syrie tout entière, jusqu'à TEuplirate, à Karkémish; et Josias périt, en essayant, on ne sait pourquoi, de l'arrêter à Mageddo (618). Pendant trois ans ou plus, l'Egypte put se croire aux grands jours des premiers Ramessides. C'était une illusion. Babylone était aussi forte que Ninive. Dès 605, Néko, écrasé à Karchémis par Nabuchodonosor (Nabou-Koudour-Oussour), reperdait Syrie, Phénicie, Judée, Delta même. Le vainqueur se prit alors à jouer avec toute une série d'Ëliakim, Joachim, Joachas, Matthanias, Sédécias, plus ou moins fils de Josias, à enlever des villes entières, à déporter des populations, à mettre le siège à la fois devant Tyr, qu'il réduisit et démolit après treize ans de résistance, et devant la malheureuse Jérusalem, prise et détruite vers 599, peut-être encore en 589. Sédécias eut les yeux crevés après avoir vu regorgement de toute sa famille. Tous les Juifs qui ne purent se réfugier en Moab ou en Egypte, furent traînés super flumina Babylonis, aux lieux mêmes d'où leur race est issue. Là, les exilés de Juda se mêlèrent aux descendants des captifs d^Israêl, rassemblant tout ce qu'ils avaient pu sauver d'anciens livres^ d'antiques traditions, préparant et altérant, sans le
90 l'histoirb.
savoir, les matériaux que devaient mettre en œuvre, à la fin du siècle, Esdras et Néhémie.
Nabuchodonosor régna plus de quarante ans sur l'Elam, Ja Mésopotamie, l'Âramée Ja Pbénicie et la Palestine. Après lui (561 ) son empire fléchit, enveloppé par les envahisseurs éraniens. Au nord, les Mèdes dominaient de la Bactriane à l'Halys, frontière de la Lydie; au sud-est, les Perses, leurs frères et leurs vassaux, s'avançaient en Susiane et touchaient le Tigre.
Historiquement, nous ne savons rien des Perses et des Mèdes avant le milieu du ix« siècle (842) , lorsque Salmanasar IV rencontra au nord de l'Assyrie des Barsou, Parsou (les Parthes), et, plus loin, à l'est, des Madaï,ou Mèdes, vers Rhagae. Plus d'un siècle après, en 713, un petit chef madaï, Dayakkou, dont la légende a fait le Déjocès fondateur d'Ecbatane, fut défait par Sargon;sous les Sennachérib, les Asar-Haddon, les bourgades mèdes restèrent vassales de l'Assyrie. La royauté mède paraît s'être constituée dans la première moitié du septième siècle, et l'expansion de la race nouvelle, non moins que l'invasion scythe, explique très bien une longue éclipse de la puissance assyrienne, un moment relevée par le dernier Sardanapale, enfin la chute de Ninive (625), et le partage de l'Assyrie entre Cyaxare et le babylonien Nabopolassar.
Quant aux Perses, proches parents des Parsou et des Madaï, ils avaient quitté, côte à côte avec les autres Éraniens, la région nommée Arie, Ariane, Airianem-Vaedjô, traversée par la chaîne des Paropamises qui relie l'ElbouTZ caspien aux montagnes du Caboul et de THindou-Kouch ; et ils étaient venus s'établir au sud de l'Helmend et jusqu'aux rivages de l'océan Indien, en Garamanie et en Perse, à l'est de TElam. La linguistique nous permet de remonter plus haut vers les origines, et de placer en Bactriane, dans les vallées de l'Oxus et de la Sogde, la patrie longtemps commune aux Aryas et aux Airyas, aux Hindous et aux Eraniens. LMdiome des inscriptions de Darius et celui des Védas ne sont, en efTet, que deux prononciations d'une même langue.
JUIFS ET PBRIBS. >1
I^ mythologie comparée à son (our atteste des relations antiques entre les cultes et les croyances, relations que n'interrompit même pas l'éloit^ement graduel des Arjas. Des dem c6tês de rindus, i'Alharvan consacrait la liqueur do sacrifice, le Soma ou Haoma. Des deux parts on adorait Asura (Ahura) et Nithra, les dieux de la vie et de la lumière, le vent, le soleil et le feu de l'autei. Et, à en juger par les récits d'Hérodote, les Perses, les Ëraniens orientaux, encore au y siècle, demeuraient attachés à ce polythéisme naturaliste. Mais les Uède», restés quelque sis cents ans aux prises avec des peuples d'autre race, les Toura- . niens, Tartares, HassagËtes.dontIa pression finit par lus chasser des pays Aralo-Caspiens, ont pu, ont dû se pénétrer des idées animistes qui formaient toute la religion de ces MongoloîJes. Ceux-ci redoutaient et adoraient, par-dessus tout, les mauvais génies et le chef des démon.". C'est ainsi qu'une notable partie de la race éranienne en vint i considérer l'Esprit mauvais comme le chef des DaéTas,et que les dieux de l'Inde devinrent les dewt ou liivs de la nation éranienne, elque le nom du démon indien, du dragon céleste, Ahi, put être attribué au chef suprême des Uèdes, Aîidahaka, Aslyage (le serpent qui brûle, l'éclair).
Enfm, un personna^je, fictif ou réel? il D'importé guère, Zarathustra, Zoroastre, dont le nom était parraitement connu des historiens etpolygraphes grecs, combinant en un système lié les croyances aryennes avec la donnée étrangère, présenta comme une révélation divine le dualisme mazdéen, cette explication naïve et illusoire de la coexistence inévUabre des biens et des maux. Que le mazdéisme ait été une réforme, une innovation, c'est ce que prouvent hautement et son caractère de relif^on révélée et de code moral, et les résistances que rencontra son fondateur, les épreuves de l'apostolat zoroastrien.
Ces vues paraissent confirmées par la lecture de VAvesIa; ce curieux débris de la théologie persane au temps < n'est, parait-il, que la vingt et unième partie d'ur pilation entreprise pour relever la religion natio B'altérant depuis Alexandre. L'antiquité de la la
incomprise des mages^ qui recopièrent tous ces fragments déjà transcrits avant eux en caractères d'origine sémitique^ reporte au moins à Tépoque de Darius la propagande de Zoroastre ou de ses disciples ; tandis qu*une foule de passages et de morceaux, les hymnes à Mithra^ roi des vastes campagnes et des prairies célestes, à Hvaré, le soleil, à Va ta, à Atar, le feu^mème à Haoma, la plante et la liqueur sainte^ à la déesse Ârdviçura, au taureau primordial, révèlent des croyances plus anciennes encore, indépendantes du mazdéisme proprement dit et qu'il a fallu y rattacher tant bien que mal.
On a beaucoup vanté, et avec raison, la morale du mazdéisme^ son souci de la pureté (sur lequel il y aurait beaucoup à dire — la pureté mazdéenne se conserve et se reconquiert par des procédés que nous ne goûterions guère —); on a cité les éloges, les encouragements quMl prodigue au travail, surtout au travail des champs, et au mariage; la paresse et le célibat sont rudement condamnés. Planter un arbre, ensemencer un champ, fonder une famille nombreuse, tels sont les actes les plus vertueux, si Ton y ajoute — ceci est bien d'un fondateur de religion — la poursuite acharnée de tous les êtres créés ou favorisés par Âhrimane et le massacre des hétérodoxes.
Cet enseignement est sans doute louable autant que rare; ce qui fait son prix à nos yeux, c'est son archaïsme; il nous fait pénétrer dans le régime social des Éraniens avant rétablissement de leurs monarchies^ lorsque leurs bourgades champêtres s'adonnaient avec une sorte de ferveur aux travaux agricoles; certains chapitres mêmes nous transportent aux temps de la vie pastorale; il n'y a rien de plus étonnant, dans aucun livre sacré, que les honneurs ici rendus au chien gardien du troupeau, défenseur de retable, l'indication des soins qui doivent être donnés à sa femelle pleine, à ses petits, et le catalogue des expiations et des amendes imposées au criminel qui a détruit cet ami de l'homme, au méchant ou au brutal qui a blessé, gêné, simplement contrarié, une chienne en gésine ou des petits chiens, espoir du bouvier, gardiens du sommeil.
JUIFS ET FEBSBS. 91
EnQD, les triits les plus priinitiff, non les moios étranges, conservés dans ÏAvesta: c'est le cérémonial des funérailles, les précautions contre le moindre contact avec le coips, honoré, mais impur, l'abandon du cadavre en un lieu [dacUima] ouvert à tous les faoves et oiseaux carnivores, les présages tirés du premier coup de bec ou de deat porté à cette dépouille redoutée et chère que l'ime hante pendant trois jours ; c'est la superstitieuse horreur qu'inspirent les préludes et les suites immédiates de la maternité ; ce sont les puriGcations odieuses et ridicules infligées à quiconque touclie ou approche un mort ou une accouchée. De telles coutumes, de telles pratiques, dont les traces subsistent encore chez les nations les plus civilisées, appailiennent bien aux premiers âges, aux étapes si lentement franchies de l'humanité dans son enfance.
il est un point, toutefois, sur lequel VAvesla reste muet ; et son silence même prouve l'antiquité des fragments réunis par les mages. L'Avesta ignore les changements accomplis dans le caractère et les mœurs des Uèdes et des Perses sous l'inQuence de leur haute fortune, de leur subite grandeur: le désaccord qui s'est produit entre des règles morales faites pour des patres, des laboureurs sobres et simples, et l'avidîlé, te faste, l'orgueil, la soif de jouissance éveillés tout à coup chez les vainqueurs de l'Asie. Avec les arts et l'écriture cunéiforme, il semble que les Mèdes et les Perses aient reçu de l'Assyrie et de la Chaldée les vices des nations vieillies.
Déjà le lils du roi mède Cyaxare (Hvakchatra), l'indolent Astyage, émule des Sardanapale et des Nabuchodonosor, vivait à l'orientale, entre ses eunuques et ses femmes, dans l'enceinte giboyeuse de ses paradis.
Au vi* siècle, cependant, les Perses, montagnards et laboureurs, n'avaient pas encore été atteints par la corruption babylonienne. Ils Étaient robustes et vaillants. Leurs chel AkLéménides, n Aryas fils d'Aryas «, soumis au tiîl mède, Phraortcs, en 6S7, portaient avec peine le j< efféminés ; ils toucliaient, d'ailleurs, à la couronne
Mandane.y la fille unique d'Astyage, avait épousé le roi perse Raniboujia, et Kuros (Khosrou)^ fils de Mandane, était Théritier désigné de Fempire raède. Trouvant que son grand-père vivait trop longtemps, Kuros prit sa place en 559. L'émoi fut grand dans toute PAsie antérieure. Une ancienne alliance unissait les Mèdes aux rois de Babylone et de Lydie. Ceux-ci, se sentant menacés, cherchèrent des appuis; mais Babylone agit avec lenteur, Kroisos,roi de Lydie, avec précipitation, et, en 544, maître de TÂrménie, Cyrus, vainqueur des Lydiens, prenait Sardes d'assaut.
La Lydie n'était pas une grande puissance, mais ses dynasties antiques, la richesse de ses rois, Finfluence que le dernier, Kroisos, fils d'Alyatle, exerçait sur les Grecs d'ionie, ses relations avec tout ce qui avait un nom dans le monde hellénique, donnaient un singulier relief au triomphe si rapide des Perses. Alyatte et Cyaxare avaient combattu à armes égales. Crésus, brave et habile, tombait, en un jour, sous les coups d*un peuple inconnu.
La Lydie, primitivement peuplée de Pélasges, de Tourshas, de Shardanes, sémitisée par une famille de rois, dits Héraclides, issus de Ninive (Adar, Samdan), a rendu à la civilisation quelques services qui ne doivent pas être oubliés. C'est d'elle peut-être que les Etrusques tenaient ce qui, dans leurs terres cuites funéraires^ se rapproche de l'art oriental. Elle formait une sorte de trait d'union entre l'Asie sémitique et l'Europe grecque et latine. Désormais confondue dans la foule des peuples sans nom, sans énergie, prêts à toutes les servitudes, elle s'efface de l'histoire.
Huit ans après la Lydie (536), la Chaldée perdait à son tour sa puissance et sa nationalité. Le dernier des homonymes du dieu Nébo, Nabonhaid, Labynite, surpris dans une nuit d'orgie^ disparaissait dans la splendeur naissante de l'empire des Perses. Hérodote a raconté, avec vraisemblance, les conquêtes de Cyrus jusqu'à Finduset à FOxus et sa mort chez les Massagètes (529). Une expédition en des contrées si éloignées de ses capitales
— EcbatsDe, Persépolis, Suse, Babylune — semble, lo premier abord, une folie. C'était, au cantnire, une nécessité. Les Hassagèles étaient l'avaDt-garde menaçante du TootaD, de ctf Turkmènes, eaiiemiâ liéréditaires de l'Iran, qui avaient cbas^ les Hëdes et les Perses de leur patrie antique et ne cesseront du peser sur le nord de J'empire.
Un des premiers effets de la prise lie Babylone fut la libération des peuples transplantés par les Assyriens et les Cbaldéens. Cyrus laissa les Juifs retourner eu Judée, il les j engagea peutêtre. Il est tout naturel que les écrivains qui ont composé des poésies sous le nom des anciens prophètes l'aient eia lié, l'aient qualifié d'homme providentiel, d'envoyé de Dieu. Mais duquelt Pendant que Zorobabel reconstruisait pour Juda le temple de lahvé à Jérusalem, les Ephraîmites élevaient, sur le moiit Garizim, un temple à Baal ou à quelque autre Sabaolh. Si labvé aim.i Cyrus, Cyrus se souciait peu d'Iahvé. Ahuramazdâ et Mithra lui suffisaient, je pense. Dans sa tolérance, la générosité eut rooins de part que la politique. Pendant la décadence chaldéenne, les pharaons Ouabhra (Apriès) et Ahmës avaient reparu en Syrie; ils avaient remis la main sur toutes les villes de l.i c6te, sur la Pliénicie et même conquis l'ile de Chypre. Cyrus avait donc tout intérêt à repeupler le centre et le midi de Li Syrie d'anciens habitants qui tinssent en respect les Chaldéens établis sur leurs domaines et dont l'assistance ou l'amitié ouvrit aux armées perses les roules de l'Egypte. Voilà pourquoi, en 53S, quarante-deux mille personnes de Juda et de Benjamin retournèrent camper sur les ruines de Jérusalem.
La précaution, an reste, était surabondante. Les Phéniciens, tout entiers à leur commerce avec leur grande 6lle africaine Karlhaila, à leurs voyages, aux mines d'Espagne et des Cassité ■ rides, acceptèrent aisément la souven riens, harassés, ne remuèrent pas. Alin décesseur, mais grand roi, s'était pru les fortifications et les marécages de Pé il rétablit l'Egypte dans son éclat et sa
temples et de palais. 11 ouvrit largement le Delta, Memphis même, auxnavires, aux idées et aux dieux helléniques. C'est alors que se forma ce panthéon hybride, ces synonymies de Zeus et d*Âmmon, de Phta et d'Héphaïstos, d'Àthènè et de Neith^ d'Isîs avec Héra et Dèmèter, dont Hérodote fut aisément la dupe ; tous les dieux reçurent des noms grecs. Cependant Âhmès n'oubliait pas une guerre qu'il sentait inévitable. Son armée de Libyens, de Matsiou, d'Ioniens, de Carions, nombreuse et bien commandée, attendait de pied ferme en avant de la frontière orientale, dans l'ancien pays d'Âmalek, le choc de Cambyse.
En effet Camboujia, après avoir lue, comme il convenait, son frère Bardiya (Smerdis), pris possession des femmes de son père et épousé sa sœur, s'aperçut que l'Egypte lui manquait. Il traversa donc la Syrie, sans obstacles, et, guidé par un traître, Phanès d'Halicarnasse, naguère général au service de l'Egypte, il suivit la côte désolée où les Bédouins exerçaient déjà leurs brigandages ; en avant du lac Serbonis, il se heurta aux forces égyptiennes. Ahmès venait de mourir, et un jeune Psamétik, le dernier, allait jouer, du premier coup, sa couronne et sa vie. La bataille fut acharnée. Devant Phanès, leur ancien chef, les Cariens égorgèrent ses enfants. Cambyse victorieux marcba sur Memphis, 523, prit et fit mourir le malheureux pharaon (Cyrus avait épargné Crésus); puis, sans coup férir, il prit possession de la vallée du Nil. L'Egypte n'avait plus que des soldats étrangers. Son armée détruite, elle ne pouvait se défendre et ne paraît pas y avoir songé. Cambyse ceignit donc la double couronne ; les prêtres le déclarèrent fils d'une fille d'Ouabhra, et fondateur légitime d'une nouvelle dynastie : ce n^élait qu'un pharaon de plus. L'Egypte souffrit peu d'abord de cette rapide catastrophe. Cambyse se montra indulgent pour Phta qu'il voulut visiter dans son temple; il laissa vivre la veuve du roi qu'il avait tué. Mais rivresse du triomphe lui inspira de vastes projets, qui échouèrent l'un après l'autre : les Phéniciens lui refusèrent leurs flottes pour attaquer Carthage ; des troupes^ qu'il envoyait ù l'oasis d'Ammon périrent dans les sables; lui-même, s'égarant dans le désert
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nubien » la reclierclie de l'iuitique Ethiopie, ne nmena i Hsmphis <ju'uDe armée épuisée. Alors, pris d'une sombre frénésie, il assassina sa sibut et ses amis, il se Gt amener l'inDocent Bapi, qu'il accusùt sans doute de ses déconfenues, et lui enfonça son glaire dans la cuisse. U put cepeudant quitter impunément l'Ë^ypte soumise et terriGée. Hais il ne revit pas^ la Perse. Il mourut en Sjrrie, au moment où un adroit usurpateur, Gauroata, s'emparait du trône, et se Taisait passer pour Smerdis, ce frère supprimé sans bruil avant le départ.
La découverte et la révélation de la fraude par une femme dn harem, le complot des sept Achéménides, le trône assuré à Darius par le hennissement d'une cavale, semblent un chapitre des Mille et une nuiu. Ce sont choses d'Orient et, comme telles, nullement Invraisemblables. L'histoire vraie, celle qui découvre sous les faits les mœurs et Tesprit des peuples, remercie Hérodote de njavoir pas omis ces légendes.
Darius, Darayavus, le plus grand des Perses, avec Cyrus, se montra homme d'énergie et politique avisé. De S21 à 516, il eat k comprimer des insurrections redoutables en Cbaldée, en Arménie, en Médie, en Uyrcanie, en Bactriane, en Elam et même en Perse ; et ses généraux n'étaient pas toujours heureux. Ce fut lui qui, presque en tous lieux, vint mettre Gn à la lutte, emportant Habylone (S19), Bbag» en Médie, Suse, faisant royalement crucifier les usurpateurs. L'empire paciRé, quatre années lui suffirent pour improviser une administration. Les nations se trouvèrent distribuées en vingt-trois, puis en trente et un grands gouvernements, assez ingénieusement reliés au centre, d'ofi les surveillait un pouvoir déliaDt et absolu. Dans chaque maille du vaste filet veillaient l'un sur l'autre un satrape, un secrétaire royal et un général, qui correspondaient sépar riers avec le roi. Des inspecteurs, qu'on appi «oreilles», ne cessaient de parcourir les satrai soupçon, sans autre forme de procès, satrapes, s raux, étaient pris et mis à mort. Les peuples, laissa leurs dieux, leurs langues et mime leurs
tratures, payaient sans trop regimber des contributions tolérâbles, en nature» en argent et en hommes. Il va sans dire que les officiers royaux ne se privaient pas de s'adjuger la forte part; mais le trésor royal n'en était pas moins suffisamment alimenté. Darius disposait d^ailleurs des flottes et du commerce de Tyr et dé l'Ionie. En 512, déjà las du repos, il lui prit fantaisie de s'étendre vers l'Orient. 11 franchit Tlndus» conquit le Saptasindhou (Pendjab) ; et ses navires, descendant le fleuve jusqu'à son embouchure, passèrent deux ans et demi à reconnaître les rivages de la Gédrosie, de la Garamanie, du golfe Persique et de l'Arabie. La flotte était commandée par un Grec, Scylax de Garyanda.
Après Taventure indienne, Darius pouvait jouir en paix de sa gloire et de ses richesses; mais, soit qu'il sentit le besoin de contenir ses généraux en occupant ses armées, soit que la renommée des Hellènes excitât son envie, il conçut le projet.de réunir à son empire le bassin de l'Egée. Il en possédait la côte orientale, Eolie, lonie, Doride, déjà conquise à moitié par Grésus, et que la division et la faiblesse réelle de ses villes, de ses petites républiques et oligarchies rivales avaient assez facilement livrée aux Perses. Ge fut avec prudence tout d'abord, il faut le reconnaître, qu^il procéda en cette grande entreprise. Il envoya un de ses généraux, Aryarhamnès, reconnaître et conquérir la Thrace; des prisonniers, des transfuges, ramenés en grand nombre, fournirent tous les renseignements nécessaires sur les routes et sur les forces des divers groupes helléniques. Sans plus tarder, il passa le Bosphore avec huit cent mille hommes. La Grèce, on n'en peut douter, était perdue s'il eût tourné à gauche ; il tourna à droite, fit jeter un pont sur le Danube et s'enfonça dans les steppes de la Scythie(508). Pourquoi?. Et que pouvait-il gagner à un tel écart? M. Maspéro soutient — un peu contre Hérodote * que l'expédition fut bien conçue et bien menée; que la terreur inspirée aux Scythes assurait à Darius la tranquille possession de la Thrace. Je pense, quant à moi, que le grand roi se donna bien ces raisons, plus ou moins plausibles,
mais qu'il cédait aussi à une de ces impulsions fatales qui emportent et abusent les conquérants, qui précipitent les Cambyses dans les sables d'Âmmon et les déserts de Nubie, et auxquelles obéissent même des cerveaux mieux équilibrés. Darius perdit son temps et ses soldats en Scythie ; il manqua la Grèce. Voilà le fait. Et si Histiée de Milet n'eût pas combattu l'avis de Miltiade d'Athènes^ tyran de la Ghersonèse^ Darius n'eût plus retrouvé de pont et fût resté, longtemps peut-être, sur la rive gauche du Danube. Il rentra sain et sauf en Asie. En 506, Mégabyze, laissé en Europe avec quatre-vingt mille hommes, avait soumis les villes grecques de la Thrace et forcé la Macédoine à reconnaître la suzeraineté perse ; la même année voyait la conquête et l'annexion de la Cyrénaïque. Le cercle évidemment se resserrait et la Grèce était investie de toutes parts.