‹ L'histoire; entretiens sur l'évolution historiqueChapitre 28 sur 32 · GUELFES ET GIBELINS, CAPÉTIENS ET PLANTAGBNBTS · texte numérisé non relu

GUELFES ET GIBELINS, CAPÉTIENS ET PLANTAGBNBTS

et même la Bavière, et promettre à Welf Ilf i'tiéritaige de MathiUie, la Toscane. Le toiiKlebewrg an nord, f Autriche au sud, érigés en fieis immédiats, lai parurent un contrepoids suivant à la puissance de Henri. L'Àllemafçne pacifiée, il se décida à passer les Alpes (1154).

11 y a^ait dix-sept an^que l'Italie, libérée des Tudesques, vivait de sa propre "ne, vie ardente, agitée, étran^meat prospère au milieu de troibles sans fin.

Les villes de la Lombardie et de la Toscane af?aient f^rdé une véritable autonomie, prudemment favorisée par les empereurs, qui opposaient les libertés plébétennes aux prétentions de la noblesse. €bacune de ces quasi-républiques, enridiies par Tindustrie, le commerce, l^griculture, fortifiées, armées, régnait sur un district où les châteaux des seigneurs se trouaient comme emprisonnés, où l'autorité de révèque diocésain était réduite anx fonctions cléricales. Le plus souvent, nobles et prélats entraient comme simples citoyens dans les conseils de ht commune avec les plébéiens et les artisans. Bt, quand ces démocraties indépendantes avaient besoin d*un chef, etles s'adressaient à un étranger, nommé ordinairement podestat, assisté et contrôlé par les cbefe des métiers et par les assemblées populaires. Les querelles, fréquentes, mettaient aux prises les cités voisines. Ce n'étaient que guenres, et guerres acharnées, entre Milan, Lodi et GÔme, entre Florence, Sienne, Lucques et Pise. Vérone et Vicence, Venise alliée à Kavenne, Pavie avec Trérise, couvraient tour à tour de sang et de ruines les vallées du Pô et de TÀdige. Les Florentins, soutenns par les Pisans, taillaient en pièces l'armée de Sienne et de Lucques. Au milieu de ces conflits locaux se propageait un mouvement révolutionnaire, une agitation laïque, fo«ieiM)ée par un disciple d'Abélard, Arnaud de drescia (1142-lit(4). Pendant douze ans, le novateur, en habit de moine, erra de ville en ville, souvent proscrit, souvent écouté, rappelant aux prêtres que leur royaume n'est pas de ce monde, que les honneurs temporels, la dkection sociale, militaire, politique, appaitiennent à l'élément civil. A sa voix, les Romains^

assemblés en armes au Gapitole^ élurent un sénat, se donnèrent un patrice et, secouant le joug des cardinaux qui gouvernaient les vingt-huit quartiers de la ville, réduisirent le pape aux dîmes, aux offrandes volontaires et au gouvernement spirituel. Nouni de Tite-Live, le tribun pensait à rétablir les trois ordres^ patriciens, clievaliers, plébéiens, les magistratures romaines et la république, sous la suzeraineté de l'empereur. Un Gélestin, un Lucius, un Eugène, fuyaient de retraite en retraite, traqués par les bandes du patrice. Lucius fut tué par une pierre en montant à Tassaut du Gapitole. Les Romains entendaient soumettre à la république toutes les villes de l'Ëtat pontifical et faire rentrer dans le trésor municipal tous les revenus publics, les richesses et les dépouilles des églises. Ils étaient animés d'une haine bizarre contre Tibur, où les papes cherchaient volontiers un refuge. Cependant, les nobles de Rome, enfermés dans leurs forteresses, faisaient parfois de rudes sorties. Les Normands menaçaient. Le pape fulminait. La réforme d'Arnaud n'était pas viable.

Appelé par les Romains, par le pape et par un prince de Gapoue, Barberousse, à la tête d'une forte armée, descendit en Piémont, puis en Lombardie, livra aux flammes Asti et Chieri, déclara la guerre à Milan. 11 voulait tout pourfendre, tout plier à l'obéissance. Mais lorsqu'il se vit arrêté deux mois entiers sous le^ murs de Tortone, lorsque ses fourrageurs, qui saccageaient les faubourgs de Milan, reconnurent que les remparts étaient couverts de machines et de défenseurs, il se hâta de prendre à Pavie la couronne lombarde, et, par Bologne et la Toscane, il gagna Rome (1155). Arnaud, livré au pape, venait d'être crucifié. A peine la cérémonie du couronnement était-elle achevée, que le peuple se rua sur le Vatican ; un millier de Romains périrent, mais l'empereur jugea prudent de conduire le pape à Tibur et de regagner l'Allemagne au plus vite. La canicule décimait ses troupes. Assailli par les gens de Spolète, qu'il saccagea, harcelé entre Vérone et Trente par de dangereuses embuscades, il quitta l'Italie, très peu satisfait d'une expédition si pompeusement commencée. Certaines expressions hautaines dans

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Tallocution d*un légat et les explications qui s'en suivirent» le rapprochement du saint-siège et des villes lombardes à demi insurgées, froissèrent d*autant plus son orgueil, que la Hongrie, la Pologne, la Bohème érigée en royaume, s'inclinaient devant lui et que tous les pays d'empire acceptaient son autorité souveraine ; il supprimait les péages du Mein, onéreux pour les villes; il pacifiait les provinces infestées par les hobereaux pillards, déplaçait des évêques, réglait les différends entre les clercs et les laïques.

Aussi fût-ce plus que jamais en maître absolu et irrité (1158) qu*il reparut devant Milan ; la ville se défendit avec courage ; mais la famine et la peste la réduisirent à capituler. Dans une plaine voisine, devant le trône de Tempereur, les vaincus défilèrent, clergé en tête, les nobles une épée nue sur la nuque, les citoyens pieds nus et la corde au cou. Une diète solennelle tenue à Roncaglia proclama, d'après une consultation de docteurs bolonais, la suprématie impériale, source de toute loi et de toute justice, attribuant au fisc de nombreux impôts et notamment une sorte de taille appelée foderum. Aussitôt dès missi^ des receveurs rapaces, s'élancèrent de ville en ville^ de fief en fief, et mirent la main sur les revenus laïques et ecclésiastiques. Le patrimoine de Saint-Pierre n'était pas épargné. Lorsque le pape (estait alors un Anglais, Breakspeare, Adrien IV, moins heureux que respectable), se plaignit de ces rigueurs^ Frédéric lui fit répondre qu'il entendait agir en empereur romain. Adrien, réduit pour toute ressource à Texcommunication, mourut à Anagni ; et son successeur Alexandre III eut à se débattre contre des antipapes que lui suscitait l'empereur. Le parti guelfe cependant se réveillait. Un second et terrible siège se termina par la destruction de Milan ; la ville fut rasée et labourée (1162). Mais, une fois Tempereur en Allemagne, à l'instigation du pape, nettement guelfe cette fois, Vérone, Padoue, Vicence, Trévise se confédèrent; toute la Lombardie, la Toscane, murmurent contre les exactions des commissaires impériaux. En 1167, Barberousse, précédé d'une armée que commandent les archevêques de

Bit L BISTDIU.

Mayenc* et de CaJogoe, assiège viiBemeat ÂBCÔne, pais aUàat Rmm ot tij tùt MuroBoer udq seconde {«w par un antipape^ mail »a lelraite aal UUée pu la rév»ll« simulUnée de Bei^uH, Brescia, Hanteuer CréRosc, Fenara, BologD^ Modine, &«g^o, Parme et PlaisaBCe. MUaQ rebiti k la bile eit l'âiM âe la ligue. De sa fidèle Pavie. l'empereur, presque seul — la pesie tuait ea rauoi de aoD armée — gifpe péoiblemenl le Piénont, nen aaos s'afiètec çà et là poui peodie un otage BÙlaaaia. A Sue, ici babitants essayent de le capturer ; il s'enfuit sous un déguiaemeot; et les Lombards élèvent aux borda du P6 U viUe d* Alexaadtie, e> rbouoeui du pape.

Tout ei veillant aux affaires allemandes, Frédénc nounisa»H contre l'Italie un amer ressentiment ; nais U ne se pceiaait paa i'j rentrer. Coaame en 1167, il enroja en avaid ub belliqueai évt^ue, Cbiiidian de llajoice, qui, semant ta désunion ea Lombar die et en Toscane, «int mettre le siège devant incOoe (1113}; Due résistance admirable el un secouia twdif sauTèreul la ville affamée, ruinée etglorieose. Cet écbec amena enlin rempeieur; Alexandrie k peiiie construite, à p«ue muuie d'an fossé, i^ava ses assauts et ses mines (llli). 11 essaja du négoctei. Mais les exigences des trois parties Alexandre lil, les villes bbiealel \e César allemaadfn'admeUaient guère de cencitiaUftD. La Une (ut rtHupue, et dans les circonstances les plus défavorableB à l'eBperewr. Stn priacipal appui, le duc de Saxe, Henri le lion, venait de l'abandenner. A Legnano, sur les bords du Tésin, l'srmée milanaise, rangée auloui du grand cbar de bataille, le Carroecio, qui pMTtait l'éteDdard conmvoal, remporta, sur lea Aliemauda une victoire signalée, décisive (1176). Barbeieuaae avait eu Ireis cbevaux tués sous lui. Il follut traiter cette fois. A Venise, daas l'église Saim-Marc, Alexandre III se Mt baiaer la mule par l'enupereur (1177) ; et l'on jura de part et d'autre diverses pûx al '^es, perpétuelles ou temporaires, il importa peu. Frédéric du moins une vengeance de famille ; dépouillaat de la et delà Saxe Henri le lion qui l'avait trahi, il divisa ce «trimoine en nombreux SeEi immédiat». Il B'attribw

aUBLPBS ET OIBELINS, CAPÉTIENS ET PLANTAOENETB. 511 «n ins la couronne d'Ailes; il luaiotinl ou étendît l'empire et, tout eu coaâtiuant à Conatance la trêve de Venise, prépara de nouveaux malheurs h l'Italie par le mariage de son Gis Henri âvec l'hëritièce des Deux-Siciles.

£o effet, aussitôt après la tciste Gn de la croisade de 1190, Henri VI, traversant l'Italie pour réclamer te royaume de sa femme usurpé ^ar uu collatéral habile, le roi Tancrède, obtint du pape Célestin la couronne impériale et, après une longue et terrible guerre, appuyé d'une Qolte génoise, entra dans Palorme (novembre 1894). Toutes les rébellions furent noyées dans le sang «t les supplices; Catane, Syracuse, Messine, les contrées péninsulaires, dévastées avec une aveugle lage. Henri, cruel, mais ambitieux et vaillant, mourut jeune, en Sicile (1197), léguanU un enfant, qu'il avait déjà Tait couronner roi des Romains, un redoutable av^ir.

Les premières années de frédéiic U, sous ta tutelle de sa mère, puis du pape Innocent III, s'écoutèrent dans un isolement pénible. Son oncle, Philippe de Souabe, et un prince saxon, Ottou de founswick, se disputaient l'Allemagne. Innocent 111, espérant séparer l'Allemagne et l'Italie, oubliait les droits de sou filleul; mais l'ambition et l'invasion d'Otton IV, couronné à Home, rendirent à Frédéric une cliance dont il sut profiter. A peine adolescent, beau, plein d'esprit et de courage, il plut aui Italiens; et la grande déraite d'Otton à Bouvioes (1214) le raGt empereur. L'Allemagne l'accepta, le pape Honorius III, fort à contie-cœur II est vrai, lui ceignit la couronne impériale (1330). Ces débuts étaient briilanls. Les ailaires d'Allemagne rétablies et réglées, Frédéric, bien plus Sicilien qu'Allemand, se donna tout entier à ses royaumes de Naplea et de Sicile, y fit rentrer la paix, les industries, les arts, réduisit Sarrasins, qui s'étaient multipliés en Sicile, s'e des soldats et en établit vingt mille à Lucerc En 1324, il Tonde l'Université de Naples pour Bologne, car les menées de la ligue tombardi essaye, en 1336, de ressaisir la haute Italie, A'

pouvait seule relier son royaume à son empire ; il échoue et se décide à partir pour Jérusalem. 11 avait, depuis quelques années, juré de conduire une croisade et portait même le titre de roi de Jérusalem extorqué à son beau-père Jean de Brienne. Ses lieutenants déjà gouvernaient ce qui restait de Palestine chrétienne (1228). Esprit très libre, Frédéric n'eut pas de peine à s'entendre avec les musulmans d'Egypte, qui lui rendirent Jérusalem, et se trouva, au retour, en face d'une croisade prêchée contre lui par le pape Grégoire IX. Il ne se laissa pas traiter comme un comte de Toulouse, força le saint-siège à traiter (4230), promulgua en latin et en grec, à Melfi, un nouveau Code savamment composé par son chancelier Pierre des Vignes, essaya de yaincre, sans combat, Topposition résolue des villes toscanes et lombardes, et défendit le pape contre les Romains révoltés. En Allemagne, il eut à réprimer la rébellion de son fils, le jeune Henri (1235), et parvint, tout en ajoutant TAIsace à son domaine propre, à contenir par des concessions ou par la force la maison saxonne de Brunswick et le duc d'Autriche (1237).

£n Italie, la ligue guelfe, commandée par Azzo d'£ste, était entrée en campagne contre Eccelino, podestat de Vérone. L'empereur, appelant à lui dix mille Sarrasins de Lucera, ioigmt les Milanais sur l'Oglio , à Gortenuova . Un éléphant portait l'étendard impérial. Le fameux carroccio resta aux mains du vainqueur, qui entra dans Crémone sur un char de triomphe. Mais les mauvais jours approchaient. £n vain la victoire navale remportée par son fils favori Ënzio sur une flotte génoise à la Méloria, la mort de son vieil ennemi Grégoire IX, de terribles représailles dans la Romagne et la Campanie, soutenaient, exaltaient les défenseurs de la cause gibeline (1240-1244) ; en vain, un nouveau pape ennemi. Innocent IV, chassé de Rome, s'enfuyait jusqu'à Lyon; en vain, déposé par un concile, menacé en Allemagne par un anti-César, bravé par la ligue lombarde en Italie, il tenait tète partout à l'ennemi. Il échoua devant Parme, et une )ouvantable déroute anéantit son armée (1248). Peu après, il )prenait que Guillaume de Hollande avait été couronné par un

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