TOME I
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que nous avons enfermés entre parenthèses, et qui parlent des souscriptions arrachées à Libère et à Osius; 'ce sont ceux-là qui, aux yeux de beaucoup de critiques , ont été interpolés dans les ouvrages qui les contiennent.
A quelle époque saint Athaiiase a-t-ii composé Yxipologie contre les Ariens et V Histoire aux Moines'!
Si nous en croyons Fleury , V Apologie a é(é écrite en 353 :
« Ce fut aussi vers le même temps ,353, que saint Athanase écrivit sa grande Apologie, que Ton compte ordinairement pour la seconde , et qui contient toutes les preuves de son innocence. Elle est adressée à ses amis et montre deux choses: premièrement, que sa cause ne devait pas être examinée après avoir été jugée solennellement par les conciles d'Alexandrie, de Rome et de Sardique, dont le jugement avait été confirmé par la rétractation d'Ursace et de Yalens; en second lieu , il prouve que, dans le fond, le jugement jendu en sa faveur était solidement établi sur la vérité et sur la justice de sa cause. Aussi, dans cet écrit, il n'y a de lui qu'une préface et une conclusion fort courte; tout le corps de Fouvrag»' est un tissu de pièces qui servent à sa défense,
suivant la division qui vient d'être marquée : c'est-à-dire qu'il rapporte premièrement l'histoire de sa justification, commençant au concile d'xMexandrie en 334 , et finissant à la rétractation d'Ursace et de Valens en 349 ; ensuite il montre que ceux qui l'ont absous ne l'ont fait ni par complaisance ni par crainte , mais par un pur motif de justice. Et, pour cet effet, il reprend l'histoire de toutes les calomnies avancées contre lui dès l'origine , c'est-à-dire dès la conjuration des Ariens avec les Méléciens au commencement de son épiscoi)at. Là il rapporte Taffaire d'Ischiras et celle d'Arsenne , la procédure du concile de Tyr, la députation à la Maréote, son bannissement à Trêves, et finit à la lettre du jeune Constantin pour son retour. Ce qui est dit, à la fin, de la chute de Libère et de celle d'Osius, semble avoir été ajouté depuis; et il parait, par le corps de la pièce , qu'elle fut écrite avant qu'Ursace et Yalens eussent rétracté leur rétractation, ou du moins avant que saint Athanase en eût eu connaissance ^ »
D'autres critiques prétendentque ce fut en 350. Les raisonnements de Fleury, en elTet, justifient cette époque. Tous les événements dont parle
i Fleuryj UUt. mlà., liv, sur. c. -13.
saint Atlianase sont arrivés avant 359, et il ne fait aucune allusion à ceux très-importants qui signalèrent l'année 351, tels que le concile de Sirmium , la condamnation et la déposition de Pliotin, la supercherie de Valens pour gagner la confiance de l'empereur , la défaite du tyran Magnence , les cruautés exercées par les Ariens contre Paul de Constantinople.
Saint Atlianase raconte la rétractation d'Ursace et de Valens, arrivée en 349 : « grave démarche, dit-il, que ces deux évêques n'ont faite que par crainte des jugements de Dieu et pour éviter la damnation éternelle. » Aurait-il parlé ainsi après l'année 351, alors qu'Ursace et Valens avaient rétracté leur rétractation et étaient retournés à l'hérésie ?
Mais quelle que soit celle que l'on adopte de ces deus époques, 350 ou 353, il suffit de se rappeler que la chute d'Osius et celle de Libère ne sont arrivées que plusieurs années plus tard, pour comprendre qu'il est impossible que saint Athanasc en ait parlé dans son Apologie contre les Ariens.
Il n'a pu en parler davantage quand il écrivait son Histoire de VArianisme, Cet ouvrage a été composé avant la mort de Léonce, patriarche d'Antioche. En effet, il est plusieurs fois question de
cet ëvêque dans VHistoire des Ariens , et toujours l'auteur le suppose vivant , une fols même il le dit très-expressément : « Au nombre de ces ecclésiastiques, ordonnés évèques à Constantinople et dont la foi est suspecte, on compte Léonce actuellement évêque d'Antioche et Etienne qui avait occupé ce siège avant lui, George de Laodicée, Théodose autrefois évêque de Tripoli, Eudoxe de Germanice, et Eustatlie de Sébaste *. »
Or Léonce est mort un an ou deux avant la chute de Libère , deux ou trois ans avant la rétractation et la mort d'Osius : donc les passages de V Histoire aux Moines qui racontent ces événements sont pareillement supposés.
Cet argument fait crouler, à lui seul , le plus golide fondement sur lequel appuient leur système ceux qui admettent la chute de Libère. Pour essayer de Fatténuer, Blondell parmi les l)rotestants, le Nain de Tillemont, Godefroi Hermant parmi les catholiques, ont soutenu qu'il était difficile de préciser l'époque où saint Athanase avait écrit son Apologie et son Histoire; que
4 1» quorum numéro est Lcontius caslratus qui nunc Antiochi» «{îiscojus eii, cl qui anie ipsuin ibidem episcopus fuit Stcplianus, etc. {nid. Ar, ad Mon., U.)
Nous trouvons dans ce passage el le nom du prédécesseur de LtJouca, tilf^nuç, et cdui qui devait être son successeur, Eudoxe,
aïo
Hen n^enipécliait de supposer que c'était en Tannée 359 , peut-être même un an ou deux plus tard. On peut, au contraire, prouver mathématiquement que la publication de ces deux ouvrages ne peut être postérieure à Tannée 356.
« Constantin triomphait à Rome, nous dit Socrate \ lorsqu'un évèque de sa suite, Eudoxe de Germanice, lui demanda la permission de retourner dans son diocèse dont les besoins exigeaient sa présence. » On connut plus tard les véritables motifs de ce départ précipité : Eudoxe avait appris la mort de Léonce, et avait cru le moment favoiable de mettre à exécution le projet ambitieux qu'il avait formé depuis longtemps de s'emparer du siège patriarcal d'Antioche.
D'autre part, nous lisons dans Marcellin et Faustin : « Deux ans après le concile de Milan, Constance vint à Rome, et le peuple lui demanda le retour de Libère ^ » Et dans les Chroniques d'idace : «Constance triomphe à Rome avec Eusébia sa femme, le ivdes calendes de mai, sous son neuvième consulat et le onzième de Julien. »
Le trionq)he de Constance à Rome doit donc être lixé au 28 avril 357.
4 nisl., lib. n, c. 29.
2 Posl duos aitnos vetiit Uomain} pro Liberio rogâlur i pô|»ulô. [B, fi'. V, 632.>
Vu-' rioiivelle nous arriverait aujonrd'hui d'Antiociie par le télégraphe en quelques quartsd'heure, et par les paquebots réguliers en quinze jours ; mais ces rapides moyens de communication n'existaient pas a* quatrième siècle. JXous pouvons supposer que la mort du patriarche d'Antioche était arrivée depuis deux ou trois mois quand elle fut connue à Rome. Léonce est donc mort^ très-probablement , au mois de janvier 357.
Après un mois de séjour à Rome, Constance alla à Rimini où Osius, dit saint Athanase, fut retenu de force pendant un an entier \ IVous voilà au mois de juin o58 : on s'occupe de Libère, on le mande de Bérée. L'époque la plus rapprochée que l'on puisse assigner à son arrivée à Sirmium est le mois de juillet o58, et son entrée à Rome au mois d'août suivant. La mort d'Ôsius arriva plus tard encore, puisque, dans une lettre écrite en 560, Eusèbe de Verceil félicite Grégoire d'Elvire d'avoir résisté à ce transgresseur et d'être resté fidèle à la foi de Nicée :
« J'ai reçu votre lettre dans laquelle vous m'apprenez que vous avez résisté au transgres-
i Osiura qucm cxilii vice anuo integro delinct. (S. Alliai», , Ilist.
scur Osîus comme il convenait à un évêque et à un prêtre du Seigneur de le faire, et qu'au milieu de ces défections qui vous entourent , inébranlablcinent attaché à la foi de Nicée , vous avez refusé de reconnaître le concile de Rimini et de communiquer avec Ursace , Valens et les autres hérétiques qui avaient eux-mêmes condamné ce qu'ils soutiennent aujourd'hui \ »
Il est donc établi que la mort de Léonce est arrivée, au plus tard, en janvier ou février 357, la chute de Libère vers le milieu de Tannée suivante 358 , en juillet 357 au plus tôt , et la mort d'Os i us très-probablement en 360. Dans aucune hypothèse saint Athanase, qui écrivait son Histoire et son Apologie du %i vaut de Léonce, n'a [)u parler ni de la chute de Libère ni de la chute et de la mort d'Osius : les passages qui racontent ces événements sont donc apocryphes.
Plusieins critiques avouent que 1 interpolalion est évidente, mais qu'elle a pu être faite pai' saint Athanase lui-même. Pour faire admettre cette explication il faudrait l'appuyer sur quelques preuves, et l'on n'en cite aucune; nous verrons qu'il en existe, au contraire, qui décèlent une main étrangère. On s'est encore efforcé de
1 s. Uil.; Fragm. n, 4.
faire dL^paraître'cet anachronisme, en supposant quAtlianase a pu ignorer la mort de Léonce: cette supposition est gratuite, elle est invraisemblable.
Athanase est l'historien le plus exact et le mieux renseigné de son temps. Il est souvent en voyage, il ne parait absent nulle part. Des gens sûrs l'instruisent de tout , des courriers agiles sont toujours à ses ordres. Sa prudence ne lui a jamais fait défaut, sa sagacité l'a fait passer pour sorcier. Il est au courant de tout ce que ses adversaires trament contre lui^ et l'on dirait qu'il devine leurs pensées.
Jules meurt : les Orientaux dressent à son successeur un rapport formidable contre le patriarche d'Alexandrie ; mais celui-ci avait pris les devants. Libère lisait sa justification signée par soixante-et-quinze évéques d'Egypte, quand ses ennemis apportèrent l'accusation.
Les Eusébiens ont ourdi la conspiration de Tyr, et se sont emparés de la personne d'Arsenne; ils espèrent beaucoup du drame de la main coupée. Athanase, au courant de toutes les démarches de ses adversaires , les laisse faire et les couvre de confusion en faisant entrer dans rassemblée , au moment donné , Arsenne qui Uionire ses deux mains.
A peine les conciles de Rimînî et de Séleucîe sont terminés qu'Athanase en écrit Thistoire: qui sait s'il n'est pas allé incognito voir de ses yeux ce qui s'y passait? On n'oserait pas admettre une distraction de la part de cet homme étonnant, et l'on veut qu'une supposition d'ignorance soit admissible. H est à croire, au contraire, qu'il a été des premiers avertis de la vacance du siège d'Antioche.
Non-seulement ces passages ont été ajoutés après coup , mais encore ils renferment des inexactitudes, une injustice, des contradictions. Racontent- ils la chute d'Osius, ils mentionnent immédiatement après sa conversion. S'agitil de Libère, ils parlent de sa chute et taisent son retour. Ils disent que tout ce qu'on put obtenir de l'évoque de Cordoue fut qu'il communiqua à peine avec Ursace et Valons sans condamner Athanase. Saint Hilaire, au contraire, cite textuellement la formule hérétique qu'Osius souscrivit , et saint Athanase lui-même avoue plusieurs fois qu'Osius l'a condamnée : « Osius, dit-il, a abandonné pour un temps notre cause V:» et dans son Apologie sur sa faite il parle des écrits ariens qu'il a approuvés : « Ils ont osé
\ ipoL cont, Àrian., 8i>.
cepondant tourmenter ce giand homme; car, comme il connaissait les calomnies que l'amour de rimpiété leur faisait controuver, il n'a point voulu souscrire aux écrits pleins d'artiiice qu'ils ont forgés contre nous , jusqu'à ce qu'enlin, vaincu par la violence des coups dont ils l'ont cruellement déchiré et par les conspirations auxquelles il voyait tous ses proches exposés , ce vieillard affaibli et sans forces leur a cédé quelque temps. Mais leur malice éclate même dans toutes ces actions '. » Or, inexact, injuste, contradictoire, sont trois qualifications que saint Athanase n'a jamais méritées.
Mais ne suffit il pas de considérer le texte pour être persuadé qu'il a été interpolé? Relisez y lïisloire aux Moines, la seule, au reste, qui parle clairement de la chute de Libère ; supprimez ce que nous avons mis entre parenthèses, et la suite des idées ne sera plus déparée par celte confusion de faits et ces contradictions de paroles qu'il est facile de remarquer :
Cesl ainsi que dès le commencement ils ont essayé d' ébranler T Eglise de Rome. Ce n'est pas d'un essai, mais d'un succès qu'il aurait fallu parler.
Les peuples allendent le retour de leur pas-»
i D» Fiigà suà, 5,
iem\ Si Libère a cédé après deux ans d'exil , il eut hâte sans doute de retourner à Rome, et le peuple ne doit plus l'attendre.
Les peuples fuient comme le serpent V erreur qu'on veut leur enseigner. Il faut en excepter le peuple romain, qui a fait une brillante ovation à Libère vaincu par les ennuis de Texil.
Après de si beaux et de si nombreux exploits. Cette transition est un contre-sens ; ce n'est pas après la chute de Libère , mais avant, que les Ariens ont entrepris de faire tomber Osius. Le blasphème d' Osius et de Potame (c'est le nom que saint Hilaire donne à la seconde formule de Rimini) était signé depuis longtemps quand on présenta la première à l'approbation de Libère.
Enfin nous trouvons une autre preuve que saint Athanase n'est pas l'auteur de ces additions, dans le silence de Socrate, de Sozomène ^ et de Théodoret. Conçoit -on que ces écrivains, que leurs travaux ont fait surnommer les Pères de T histoire de r Eglise, n'eussent rien dit de la chute de Libère, si les ouvrages d' Athanase qu'ils avaient sous les yeux l'eussent racontée de la manière si explicite que nous venons de voir ?
•i 11 suffit de lire Sozomène pour voir que sou récit u'a point de rapport avec les deux passages de saint Allianase que noui avons cilCS; et «ju'eolre autres différeuces il ne parle pas d'Àlbanâsc.
Ruffin , lui aussi , n'a pas vu la chute de Libère dans VHîstoire aux Moines et YApologie contre les Ariens, puisqu'en parlant du retour de ce pontife à Rome il dit qu'il n'a pu découvrir s'il faut l'attribuer uniquement aux prières du peuple romain ou à des concessions faites aux Ariens : « Libère , évêque de Rome , revint de son exil du vivant de Constance; mais je ne sais si ce retour est du à la condescendance de Libère l^our les volontés de l'empereur, ou aux sollicitations que lui avait adressées le peuple romain à Fépoque de son départ de Rome ^ » Un doute » voilà tout ce que Ruffin a pu tirer de sa barque pleine de malice, selon l'expression de saint Jérôme "^.
Terminons en montrant comment Athanase parle de Libère dans ceux de ses ouvrages qui n'offrent pas trace d'altération .
« Ils ont des écrivains , dit-il en parlant des Ariens dans son Epître aux évèques d'Egypte et de Libye , et nous aussi nous en avons, et qui les valent : le grand Osius, Maxime des Gaules et son
i Lllerius, uiitis Romœ episcopu5,Consîanlio vîrenlc r«grcssus est. SeJ hoc utrum qubd acquieverit volunlali suse ad scribenJum, an ad populi Romani {«laliam a quo proficiscens fuerat exoralus iaduîserit, pr* ccilo comperlum non habeo. {Hist. ecci., lib. i, c. 27.)
2 Romom invcxit nayem plcnam îuarum blaspheraiavuni.^
successeur, Philogone et Eustache d'Orient, Jules et Libère évêque de Rome, Cyriaque de Mésie..., Alexaîidre notre prédécesseur, et plusieurs autres. Si les Ariens eussent apporté dans leurs écrits la droiture d'esprit et la pureté de doctrine de ces hommes apostoliques , il n'y aurait rien à reprendre ^ »
« Libère, dit-il dans son Apologie pour sa fuite, Paulin, Denys, Lucifer, Eusèbe , ces évéques irréprochables, ces hérauts de la vérité, ont été condamnés à Texil : quel est leur crime? d'avoir combattu l'hérésie arienne , d'avoir refusé de souscrire à notre condamnation. » Peu après, il fait un brillant éloge d'Osius; mais il le termine par ces paroles : « La rigueur des tourments fit céder pour un temps ce pauvre vieillard ; » tandis que l'éloge de Libère est sans restriction.
Des quatre textes que nous avons cités, et qui supposent que saint Hilaire a cru à la prévarication de Libère, trois sont contenus dans les Fragmenls hisloriques attribués à cet auteur. C'est dans la même collection que l'on trouve les quatre lettres dans lesquelles Libère condamne
\ Fpisi. ad ep. Effypt., etc.
Athanase , consent à ce que Tempereur veut de lui , et se déclare en communion avec les évoques ariens. C'est à leur occasion que l'auteur des Fragments prononce les anatlièmes et fait les réflexions que nous avons fait connaître : c'est donc tout à la fois des réflexions de saint Hilaire et des lettres de Libère que nous allons examiner Tauthenticité. Nous commencerons par mettre in extenso les unes et les autres sous les yeux du lecteur.
PREMIÈRE LETTRE : Studcns paci *.
« Copie de la lettre de Libère , évêque de Rome, aux évêques d'Orient.— A nos très-chers frères les évêques de tout l'Orient, Libère , évêque de la ville de Rome, salut.
« Lorsque j'eus reçu les lettres que votre charité avait adressées à Jules de sainte mémoire sur la condamnation d'Ahanase et des autres, désireux de faire régner la paix et la concorde entre les Eglises, et marchant sur les traces des anciens, j'envoyai à Alexandrie , au susdit Athanase , les prêtres de Rome Lucius, Paul et Hélion, en qualité de légats,
^ Op. hist., h'raiim. iv.— l-"p, ad /"pisr. Or.
pour rmvitcv à se rendre à Rome , afin qiven ces circonstances il fût statué à son égard selon la discipline de l'Elise. Ces susdits prêtres portaient au même Atlianase une lettre de ma part, dans laquelle je lui disais que s'il ne se rendait pas à mon invitation , il était retranché de la communion de l'Eglise romaine. De retour, mes envoyés déclarèrent qu'il avait refusé de venir. Enfin , je me suis conformé aux lettres que votre charité nous avait écrites sur la cause dudit Athanase. Je vous préviens aujourd'hui que je suis uni avec vous tous et avec tous les évoques de VEglise catliolique. Quant au susdit Athanase, il est séparé de la communion de l'Eglise romaine , et aucun échange de lettres n'a lieu entre nous.
« Qu'y a-t-il dans ses lettres d'opposé à la sainteté? Tout n'est-il pas inspiré par la crainte de Dieu ? Mais Potame et Epictète qui, au concile de Rimini, condamnèrent l'Evéque de Rome avec tant d'empressement et de joie, ne voulurent rien entendre. Bien plus, Fortunatien qui envoya, à deux reprises, cette leUre à divers évéques, n'eut aucun succès. »
DEUXIÈME LETTRE t Pl'O clciflCO ^
« Libère a rendu vaines ses paroles et ses actions en écrivant la lettre suivante aux Ariens , ces héré*
4 Op. his\,, Vrafjm. vi. '
tiques qui avaient injustement condamné saint Athanase , évêque orthodoxe :
« A nos très-chers frères les prêtres et évêques d'Orient, Libère.
« La sainteté de votre foi est connue de Dieu et des hommes, conformément aux paroles du Psalmiste : « Que vos jugements soient justes , enfants « des hommes. » Je n*ai point défendu ^ Athanase seulement comme Jules mon prédécesseur d'heureuse mémoire l'avait reçu : je craignais d'être estimé prévaricateur; mais quand il a plu à Dieu que j'aie connu que vous l'aviez condamné justement, j'y ai consenti aussitôt, et j'ai chargé notre frère Fortunatien des lettres que j'en ai écrites à l'empereur. Ainsi , rejetant de notre communion Athanase dont je ne prétends pas même recevoir les lettres, je déclare que je veux avoir la paix et l'union avec vous et avec tous les évêques orientaux , par toutes les provinces; et afin que vous connaissiez clairement la sincérité avec laquelle je vous parle , notre frère Démophile ayant bien voulu me proposer la foi véritable et catholique (perfidie arienne ! cette
1 Dans les manuscvils de Pilbceus , publiés pouf la première. foi» en ^ 598 par Nicolas Fabre, ou lit ; Xon defendi : « Je n'ai pas défendu.» C'est à tort que quelques critiques plus modernes, dans la persuasion que celle lettre était de Libère, ont voulu faire disparaître un mensonge ea proposant délire ; iVon defendo ; « Je ne défends point.»