TOME u
Libère en particulier en mérite fort peu. Nous allons le montrer.
La durée *dii pontificat de Libère fut de trois ans, trois mois, qilatre jours \ Libère fut ordonné le onze des calendes de juillet 552 ^ il mourut le neuf des calendes d'octobre 566 ^ : c'est donc quatorze ans qu'il a siégé, et non trois seulement. Certains manuscrits , et notamment celui d'Anastase, portent dix ans : l'erreur est moins grande, mais elle existe toujours.
Le clergé de Rome s' étant assemblé , Félix^ •prêtre vénérable, fut, du consentement de Libère, ordonné évêque de Rome *. Au départ de Libère , le clergé de Rome ne se réunit que pour jurer qu'en son absence on ne reconnaîtrait jamais d'autre évêque que lui. Félix n'était pas prêtre, mais simple diacre , et, s'il eut été ordonné et clioisi comme successeur par Libère , il n'aurait pas vu les portes de toutes les églises de Rome se fermer devant lui, et le peuple fuir à son approche. Deux évèqnes étrangers et ariens furent les seuls qui consentirent à lui impose r les mains.
•1 Liberius seditannos iif; menses ui, dies tr.
2 Ex veter. Calai.
3 Ex Maiiyr. S. Cyriaci.
4 Congroganlos se saccrdoles cura consilio Libcrii, ordinaTcrunt in îûcum ejiis presltyU'ium.
// coyidamna deux prêtres, Ursace et Vcdens, parce qu'ils cmnmmiiquaient avec Constance\¥é\\x fut toujours d'accord avec Constance, et il est difficile d'admettre qu'il excommuniât ses amis.
// excommunia Constance, fils de Constantin ^ Impossible : l'empereur Constance , à cette époque, n'était pas baptisé. « Que veut ce catéchumène, dit saint Hilaire dans son traité des Synodes ? rédiger des formules de foi, lui qui n'est pas encore régénéré ? »
Ursace et Valens prièrent F empereur de rappeler Libère de l'exil ". Tous les historiens racontent que ce furent les femmes des sénateurs et le peuple romain qui demandèrent à Constance le retour de leur évèque.
, Catulinus, Ursace et Valens allèrent trou^>er Libère^. Nous lisons dans saint Jérôme et dans \ii?, Fragments à^^'àml Hilaire que c'est Fortunalien et Démophile qui vinrent trouver Libère dans soujexil.
On ne t obligea pas à un second baptême ^. H
^ Ursacium et Valenlcni consentientcs Conslanlio damnavit
2 Declaravil Conslanlium , fllium Constanlini, ha-nelicum. (Id., in Vità Felicis.)
3 Ursacius et Valons rogaverunt Conslantiuin ut rcvocaret Liberium de oxiitu.
4 Per Calurmiira, Ursacius et Valens venerunl ad Liberium. *> Coiisensit lantùm ut non rebaptizarent.
S56 était fort inutile de stipuler cette condition, puisque à cette époque, dit Baronius (ann. 357), on ne rebaptisait personne, et que FEglise regardait comme valide le baptême des Ariens.
De retour^ il établit sa demeure dans le cimetière de Sainte-Agnès, Il n'eut pas besoin de se cacher. «Libère, dit saint Jérôme , entra dans Rome en triomphateur. — Tout le peuple, ajoutent Marcellin et Faustin, vint à sa rencontre en poussant des cris de joie. »
Constance convoqua un concile à Rome et chassa Félix \ Il n'en eut pas besoin : car Félix, voyant l'empressement et la joie du peuple à l'arrivée de -Libère, avait déjà quitté la ville. Il eût été difficile, (Ju reste, à l'empereur de tenir un concile à Rome à cette époque , puisqu'il résidait à Sirmium.
Félix mourut en paix dans sa maison de campagne le quatre des calendes d'août -. Tournez le feuillet, et vous lirez : Félix fut înartyrisé le trois des ides de novembre ''^. Or, de ces deux époques, ni l'une ni l'autre ne sont vraies. Marcellin et Faustin lixent la mort de l'antipape Félix au dix des calendes de décembre.
1 Ingressus Romain, in ipsà liorà fccit Constanlius concilium, et ejccil Felicem,
2 Félix roquiovil in pace iv calenJas aujusli. P Ca|)ile Iruncaturiii idus iiovcmbris.
Cesf par les ordres de Constance, fils de Constantin, qu'il eut la tête tranchée\ D'après Socrate et ïdace, Constance mourut le 3 novembre 361. Or Félix, si nous en croyons Marcellin et Faustin, deux témoins oculaires, expira le 22 novembre 365, environ quatre ans après Constance.
A la mort de Félix, le siège de Rome vaqua 39 jours ^. Quand Félix mourut, le 22 novembre 565, sous les consuls Yalentinus et Valens , le pape Libère vivait encore, et il gouverna l'Eglise jusqu'au 24 septembre 366, jour de sa mort, sous le consulat de Gratien et de Dagalaise.
Que d'erreurs en quelques lignes î et nous ne les relevons pas toutes. Répétons-le, les passages d'auteurs anciens , qui supposent la chute de Libère, ne peuvent soutenir la critique : ou leur authenticité est douteuse , ou leur contenu est contraire à la vérité ^.
\ Conslanlii prœccplo marlyrio coronaîur.
2 Ccssavit cpiscopalus 39 dies.
3 En IG84, Bossuel fui prié par Louis XIV de composer la Défense dt la Déclaration de l^ Eglise de France. 11 enlteprit aussitôt cet ouvrage, qui devait lui couler tant de travaux et lui donner si peu de satisfaction.
A la recherche de tout ce qui pouvait infirmer l'infaillibilité dei Tapes, il rencontra vite la chute de Libère. Quel fut le r(5sullat du long examen qu'il fil de ce fait? Son secrétaire, l'abbé Ledieu, nous Tapprend: après avoir fait et refait vingt fois le chapitre sur Libère, il linit par le retrancher loul-a-fail, comme ne prouvant pas ce qu'il voultiit. (Voy. Bist. dtBossuct, Pièces jusUficalives, v, ^, tom. ii.)
L'esprit de Thomme aime naturellement la vérité : nous ne serions pas surpris que le lecteur ne se fut résigné qu'avec peine à admettre les nombreuses falsifications et suppositions dont nous venons de parler. Au développement des preuves qui établissent chacune d'elles en particulier, nous croyons donc qu'il est utile d'ajouter les réflexions suivantes, qui les rendent toutes plus croyables en augmentant leur vraisemblance.
La cruauté et la duplicité, tel est en générai le caractère du sectaire; mais aucun peut-être ne les posséda au même degré que les Ariens. Nous ne citerons que quelques traits de leurs violences.
Le moyen ordinaire dont ils se servaient pour se défaire des évéques catholiques , était l'exil; mais souvent ils en employaient de plus prompts. Paul patriarche deConstantinople, Lucius évèque de Mayence, furent étranglés; Polémon d'Héradée, assommé ; Gaudentius de Rimini, lapidé. H y avait peu d'églises qui n'eussent quelque
membre de leur clergé à leur réclamer. Lorsque l'intrus Macé^onius fut installé à Constantinople, trois mille personnes furent tuées.
Quand on fait mourir les gens, on ne doit pas se faire un scrupule de les calomnier. L'histoire des Ariens présente une collection de faux à tous les degrés :
Ils insèrent subrepticement une lettre dans un mot, pour en altérer le sens. Eusèbe évèque de Nicomédie, et ïhéognis évèque de IXicée, souscrivent au concile de JNicée en insérant un iola au mot omousios, qui devenait ainsi omoiousios \
Ils raturent des signatures : au concile de Milan , ils effacèrent le nom de Denys, archevêque de Milan , cl'oyant qu' Eusèbe de Yerceil signei'ait plus volontiers le premier -.
Ils ne s(» contentent pas de manier adroitement le grattoir, ils ajoutent secrètement des articles aux tlécisions prises en public. Ils désavouent leurs ouvi'ages, quand ils croient que F intérêt de la secte le demande : à Séleucie on produisit une formule d'Eudoxe qui s'efforçait de prouver la dissimilitude des substances; révé![ue d'An-
1 Horlib. VI, 208,— rbiloslorjj. ii, 9.
2 S. Aii.Lr., Scrm. GO.
tioche nia en être Tauteur et l'attribua à Aétius, qui se prêta volontiers à ce mensonge.
Ils font, au besoin, intervenir le Ciel pour autoriser leur imposture. Une personne alfidée annonce à Valens que les troupes de Magnence plient, et que la victoire se déclare pour l'empereur; Valens s'empresse de porter cette nouvelle à Constance, qui lui demande d'où il la tient : « Un ange du ciel est venu me l'annoncer, » répond rx\rien, que l'empereur désormais vénéra comme comme un saint favorisé d'apparitions célestes.
Ils ont des déclarations de rechange, prêts à donner l'une ou l'autre selon que les circonstances l'exigent : arrivés en Occident, IXarcisse, ïhéodoret. Maris et Marc refusent de conférer avec Athanase, et, ayant caché sous leur?; , habits la formule de foi qu'ils avaient dr; »sée à Ântioche, ils en présentent une autre qu'ils avaient composée eux-mêmes \
Us supposent des lettres : nous venons de voir celles attribuées à Libère. Athanase aussi se vit en butte à ce genre d'épreuve : « Quand j'eus appris que les Ariens avançaient que j'avais écrit une lettre au tyran Magnence, et qu'ils disaient même avoir une copie de cette lettre , je fus hors
-1 Rorhb. Il, IS.
de moi-nième; je passai les nuits sans dormir; j'attaquai mes dénonciateurs présents; je jetai d'abord de hauts cris, et je priai Dieu avec des larmes et des sanglots que vous voulussiez écouter favorablement ma justiilcation ^ »
D'autres Ibis ils forgent des pétitions etsimulent des signatures. Au concile de ïyr, on lut un acte qui poitait que le peuple d'Alexandrie ne pouvait, à cause d'Athanase, se résoudre à venir à l'église. Personne d'Alexandrie, clerc ou laïque, n'avait vu cette pièce.
Enlin ils donnent le nom d'un concile catholique à leurs réunions, et sous cette livrée ils publient leurs propres actes comme s'ils avaient été canon Iquement rédigés et approuvés ; et cette ruse leur réussit au point qiîe saint Augustin lui-même confond longtemps le concile arien de Philippopolis avec le concile respectable de Sardique.
11 nous semble, après cela, (ju on ne tiouvera pas surprenant que quelques-uns de leurs écrivains aient accusé Libère d'avoir partagé îrins sentiments , que quelques catholiques aient ajouti' Un à des calomnies si adroitement fabriquées et si audacieusement soutenues. Ce qui
^ s. Alliau., .J^)o(. ad Coast.
étonne au contraire, c'est que l'histoire ne fournisse pas contre Libère des documents plus sérieux et plus Yiombrgjx que ceux que nous avons examinés.
XIÎ.
Nous allons maintenant considérer la question sous un autre point de vue; il convient de n'en oublier aucun.
En admettant les passages que nous avonscités comme i*cellcment écrits par des auteurs auxquels on lésa longtemps attribues, peut-on conclure que Libère a signé la seconde formule de Sirmium, ou toute autre qui aurait contenu Tiiérésie ? Non, répon d Noël Al (»xan d re ^
Saint Milaire, il est vrai, trouve la première formule catholique; mais elle peut aussi s'appeler perfidie, perfulla ariana , si l'on considère la foi suspecte de la plupart de ses auteurs, le dessein qu'ils s'étaient peut-être proposé en la publiant, et l'abus qu'en faisaient les hérétiques.
\ Ilibt. eccl-, sec. iv. Disserl. 5â.
Saint Jérôme accuse Libère d'avoir approuvé la perversité des hérétiques. Cette approbation suppose qu'il a modifié sa manière de se conduire avec eux, qu'il a adopté des formules qui, vu le changement de circonstances, n'exprimaient plus suffisamment la foi catholique, mais non qu'il a approuvé une déclaration formellement hérétique.
Nous l'avons déjà dit, les événements avaient marché, les hérétiques s'étaient démasqués , la communion avec Athanase et l'adoption du mot consubstcmtiel étaient devenus des signes qui distinguaient les catholiques de ceux qui ne l'étaient pas. Athanase, Hilaire et Jérôme, qui écrivaient à cette époque, appellent perfides, perverses, impies, hérétiques, des déclarations de foi que quelques années auparavant ils a])pelaient catholiques, ou qu'ils déclaraient au moins susceptibles d'un sens catholique.
Et enfin, quels que soient ses doutes et ses obscurités, ils disparaissent devant la force des preuves qui démontrent jusqu'à l'évidence ([ue Libère, s'il a signé quelque chose, n*a pu signer que la première formule.
Les documents historiques qui suivent vont fournir de nouveaux éléments pour apprécier
avoc justesse ceux que nous avons déjà fait connaître.
Chflc d'Oshis. — Lorsque Osîus, que soixante ans de tra\aux et de combats soutenus pour la vérité avaient fait surnommer le Grand, eut souscrit à un formulaire arien, un cri de joie s'éleva de tout le camp ennemi. Aèceet Eudoxe, les coryphées du parti en Orient, écrivent une lettre à leurs amisUrsace, Yalens etGerminius, pour les féliciter de la ^ ictoirequ'ils venaient de remporter. On oublie qu'il avait été haîné à Sirmium, qu'il était détenu par force depuis un an ; qu'avant ûiî consentir à ce qu'on exigeait de lui, il avait été longtemps en butte à de mauvais traitements ; que ijj cette adhésion n'était peut-être qu'une absence i d'esprit d'un vieillard brisé par les fatigues d'un long voyage et chargé du poids de quatre-vingtdix ans ; que ses rusés adversaires l'avaient })eutêtre tronq)é, en lui faisant entendre que la formule qu'il allait souscrire ne renfermait rien contre la foi ; il avait signé, cela suflisait. Cette
nouvelle se répandit partout; les Ariens se pré valurent en toutes circonstances de cet exemple, et les catholiques furent souvent obligés de réfuter les conséquences qu'on en voulut tirer. Ecoutons dans quels termes le fait saint Pliœbade, évêque d'Agen :
« Je n'ignore pas que dans ces discussions on nous oppose comme une terrible machine de guerre le nom d'Osius, cet évéque si respectable par sa vieillesse et la ferveur de sa foi. On ne peut faire aucun usage de son autorité , parce que ou il se trompe maintenant, ou il s'est toujours trompé : Attt nunc errat^ mit semper erravif, i^ersonnc nïgnore quels ont été ses sentiments jusqu'à ce grand âge, avec quelle constance il a soutenu la foi catholique et condamné les Ariens à Nicée et à Sardique. S'il pense dilïéremment aujourd'hui, s'il soutient ce qu'il a condamné et condamne ce qu'il a soutenu , son autorité, je le répète, n'est point recevable. S'il a mal cru pendant 90 ans, je ne me persuaderai pas qu'après 90 ans il commence à mieux croire. »
Or, l'éclat de la chute d'Osius est une preuve de l'innocence de Libère. Les Ariens se croient vainqueurs, parce que Févèque de Cordoue a passé dans leurs rangs ; eh ! qu'eussent-ils donc
penst5 si TEvêque de Rome en eût fait autant? Les évèques cherchent à réparer le mauvais effet produit parles signatures de certaines formules, et dans leurs diverses résolutions il n'est jamais question de Lihère : ne peut-on pas conclure que c'est parce qu'il n'avait jamais donné la sienne? Quand le pape Victor voulut retrancher lés Asiatiques de la communion de l'Eglise, il reçut une foule de réclamations de la part des évèques catholiques, dont quelques-uns, tout en reconnaissant ledroitqu'il avaitde fulminer l'excommunication, ne craignirent pas de montrer qu'il agirait trop sévèreuîent s'il en usait en cette circonstance. Le pape Libère se serait séparé de la conmiunion de saint Alhanase, il aurait approuvé un écrit hérétique ou suspect d'hérésie , et personne ne lui aurait demandé des explications? c'est invraisemblable.
Députés des Macédonkm, Il y a plus : nonseulement les évèques ne font mention d'aucune signature domiée par Libère à des formules ariennes, maison les voit, après son retour, entretenir avec lui les mêmes rapports qu'ils avaient avant; ils lui envoient les actes des synodes qu'il célèbrent, ils le consultent sur les diflicultés majeuresqu'ils rencontrent. Laissons parler Socrate ,
« Valons et Eudoxe tournèrent leur colère contre les Macédoniens, qui étaient en plus grand nombre que les auh es dans les provinces dont je viens de parler. Ceux-ci, craignant que les mauvais traitements qu on leur faisait endurer no fussent que le commencement d'une persécution plus grande , envoyèrent en diverses villes des tléputés aux fidèles de leur communion , et con- \ inrent avec eux d'avoir recours à Valentinien et à Libère évêque de Rome, plutôt que de participer à la communion de Valens et d'Eudoxe. Ils choisirent donc Eustathe évèque de Sébaste, Sylvain évêque de Tarse , et Théophile évêque des Castabaliens , et les députèrent vers l'empereur Valentinien avec une lettre pour l'Evêque de Rome et les autres évêques d'Occident, par laquelle ils les priaient , comme des prélats qui étaient toujours demeurés fermes dans la foi qu'ils avaient reçue des Apôtres, et qui semblent plus particulièrement que les autres chargés du soin et de l'obligation de conserver la pureté de la religion, de vouloir bien accueillir favorablement les députés et d(* conférer avec eux sur les moyens d'établir l'ordre dans l'Eglise. Arrivés en Italie, les députés présentèrent leur lettre à Libère, et, après avoir conféré avec lui , ils condamnèrent Arius et ses sectateurs, rejetèrent toute doctrine
.3(58 confraîre a celle cle Nicée, et admirent le rnol eonsubsUmtial, après avoir (iéciari- i\\w pour eux il était sy non y me de semblable en suhslwice,
ft Nous déclarons tenir la foi qui a été confirmée par les trois cent aix-iuiit cvéques réunis à Kicée sous le règne de Constantin d'heureuse mémoire, et qui est toujours demeurée depuis entière et inébranlable. Le terme de consubstantiel y a été saintement et pieusement autorisé contre la pernicieuse doctrine d\\rius. Nous assurons ici par écrit, avec tous les évèques qui nous ont été envoyés, que nous avons toujours tenu , que nous tenons et que nous tiendrons cette même foi jusqu'au dernier moment de notre vie. Nous condamnons Arius et ses disciples , nous condamnons Sabellius , les Patropassiens, les Marcionites, les Photiniens, les Marcellions, Paul de Samosate, ceux qui suivent leurs sentiments, et «eux enfin qui tiennent quelque chose de contraire à la foi catholique proposée par les évèques du concile de Nicée. »
/ A la vue d'une déclaration de foi si explicite , Libère fut satisfait; il admit solennellement à sa communion les députés macédoniens, et en leurs personnes les évèques de Smyrne, de Pamphylie, d'Isaure et de Lydie, et écrivit à tous les évèques
d'Orient cette lettre évangélique digne, sous tous les rapports, du chef de l'Eglise :
« Libère évéque d'Italie, et tous les évoques d'Occident, à nos très-chers frères et collègues Evithius, Cyrille, Hypercliius, Uranius, Eron, Elpide, etc. (suivent soixante-quatre noms), et à tous les évêques orthodoxes d'Orient, salut.
« Très-chers frères, que la vivacité de votre loi a rendus illustres, les lettres que les trèsfionorés évéques Eustathe, Sylvain et Théophile nous ont remises de votre part, nous ont comblé de joie en nous apportant la paix et la concorde que nous désirions vivement, et en nous assurant que vous êtes dans une parfaite conformité de sentiments avec notre Petitesse et avec tous les évèques d'Occident. C'est donc la foi catholique qui nous unit tous, cette foi demeurée entière et inébranlable depuis les Apôtres jusqu'au concile de IN icée. Vos députés en ont fait profession, et nous avons vu avec bonheur que Texposition qu'ils en ont faite a dissipé jusqu'aux moindres soupçons. Nous avons cru devoir la transcrire au bout de notre lettre, afin de ne laisser aux hérétiques aucune occasion de réveiller leur propre malice et d'allumer de nc^veau, sdon ''"ur coutume, le feu des ccnteslations et des