‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 5 sur 86 · PRIMAUTÉ DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

PRIMAUTÉ DE SAINT PIERRE

Les divers travaux historiques, publiés sur les Papes par les adversaires de FEglise catholique, commencent ordinairement par une attaque contre la primauté de saint Pierre ; le but de ce premier chapitre est de la défendre et de rétablir. Notre tâche sera facile ; nous montrerons que dans FEcriture-Sainte et les siècles apostoliques on trouve :

Une primauté annoncée,

Une [>rimaulé établie ,

Une primauté exercée,

Une primauté transmise.

Primante annoneée.

Un des premiers actes qui ont signalé la vie publique de Notrc-Seigneur est le choix de ses Apôtres. André, disciple de Jean-Baptiste, avait quitté son maître pour suivre le Messie prédit par les prophètes; il \ou\ul faire partager son bonheur à son frère : Simon est amené aux pieds de Jésus. Or Jésus , Tayaut regardé attentivement, lui dit : Tu es Simon, fils de Jonas; tu seras appelé Cé])/ias . ce qui signifie Pierre \ Certes, voilà une réception flatteuse s'il en fut : Jésus promet au lils de Jonas de changer son nom. Plusieurs fois Dieu en avait agi ainsi envers ses serviteurs, et to^ijours pour signaler un événement important dans leur vie ou présager les destinées qui leur étaient préparées ; « Tu ne t'appelleras plus Abram, mais Abraham, parce

I Joau I, 42.

que j'ai résolu de f établir le père d'une multitude de nations, défaire une alliance éternelle avec toi et ta postérité. Le pays que tu habites t'appartiendra ; je serai ton Dieu à jamais. — Saraï, ta femme, s'appellera désormais Sara ; car je l'ai bénie, et le fils qu'elle va te donner sera l'aïeul d'une multitude de peuples et de rois. »

Simon aussi devait être le chef d'un grand peuple , et Fétymologie du nouveau nom qu'il reçoit indique la nature des fonctions qui vont lui être confiées.

Une foule compacte entourait le divin Maître debout sur les bords du lac de Génésareth ; deux barques étaient amarrées au rivage, les {bêcheurs lavaient leurs filets. Jésus-Christ monte dans celle qui appartenait à Simon , le prie de s'éloigner un peu de la terre; et s'étant assis, il ei;isei' gnait la multitude. Quand il eut cessé de parler aux oreilles, il voulut, selon sa coutume, parler aux yeux : «Simon, dit-il, avance en jdeine mer et jette tes filets. Maître, répond Simon, je l'ai fait sans fruit toute la nuit. Sur ta parole, toutefois, je vais recommencer. Et à peine eut-il jeté son filet, qu'il prit une quantité innombrable de poissons, de manière que le filet se rompait. Sur un signe, ses compagnons arrivèrent avec l'autre barque pour leur porter secours; et les deux bar-

ques, remplies du produit de la pêche, étaient sur le point de sombrer. Simon-Pierre, voyant cela , tomba aux genoux de Jésus en s'écriant : Eloignez-vous de moi, Seigneur, parce que je suis un pécheur. Il était stupéfait à la vue d'une pareille capture de poissons, ainsi que ceux qui étaient avec lui , et Jacques et Jean ses compagnons. Jésus lui dit : Ne crains vieil , désormais tu seras pêcheur d'hommes, »

Pierre pressent le rôle qui va lui être confié^ il s'exerce déjà à le remplir dignement.

C'est lui qui ordinairement répond, quand Notre-Seigneur adresse la parole à ses Apôtres en général ; c'est lui qui éclaircit les doutes, propose des cas à résoudre, demande l'explication des paraboles ; c'est lui qui proteste contre les humiliations de la passion et de la mort de son Maître ; c'est lui , plus tard, qui tirera Tépée pour le défendre ^ ; et les disciples , témoins de la promesse que Pierre a reçue , reconnaîtront déjà sa prééminence. Jean lui même, le disciple bien-

4 Rcspondens l'elrus , dixil : Situes, jubé me ad le veuirc super tquas. [Mallh. xiv, 28).

Respoiidens Pclrus, dixil: Edissere nobis parabolam islam, (xv, <b).

Et assumens eum Pelrus , cœpit increparc illum, diceos : Absit à le, Domine (xvi, 22).

Tune ascendensad eum Pelrus, dixil : Domine, quolics,clc. (XVill,2l).

liinuit crgo buic Simoû Pelrus [Jorn, xiii, 24).

aimé, n'ose faire une question à son Maître qu'après que Pierre Vy a invité.

Loin de blâmer cet empressement à répondre au nom des autres, le Sauveur l'approuve, et c'est après une réponse de cette nature qu'il lui promet enfin, en termes formels, de l'établir chef de son Eglise. Ne perdons rien de ce passage.

« Jésus voyageait dans la contrée de Césarée, près des sources du Jourdain, lorsque, s'adressant à ses disciples, il leur dit : Que dit- on du Fils de l'homme? C'était le nom qu'il si* donnait quelquefois. Ceux-ci reprirent : Les uns disent que vous êtes Jean-Baplisîe; les autres, Elie; ceuxlà, Jérémie ou quelque autre prophète. Jésus reprit: Et vous autres, que dites-vous que je suis? Simon-Pierre, prenant la parole, dit : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant. Jésus reprit: Tu es heureux, Simon (ils de Jouas, parce que la chair et le sang ne t'ont pas révélé cela, mais mon Père qui est au ciel. Et moi je te déclare que tu es Pierre^ et que sur cette pierre je bel tir ai mon Eglise; et les portes de V enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des deux ; et tout ce (pie tu lieras sur la tejreseralié dans le ciel, et tout ce que ta délieras sur la terre sera délié dans le ciel. »

Cette j)romesse est complétée par lasui\ante :

« Simon, Simon, voici que Satan a demandé de vous crihlm^ tous comme du blé; mais fai j)rié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. Lors donc que tu seras converti, confirme tes frères \

Jésus-Christ a donc promis à Pierre d'en faire le fondement de son Eglise, de mettre en sa possession les clefs de son royaume, c'est-à-dire la suprême autorité ; de ratifier dans le ciel les jugements qu'il porterait sur la terre; de prier pour lui, afin que sa foi ne défaille jamais et qu'il puisse toujours mettre en pratique le précepte qu'il lui donne de confirmer ses frères dans l'épiscopat, à plus forte raison les simples fidèles.

Il était difficile d'annoncer une primauté en termes plus clairs et plus précis. Nous allons voir comment le Fils de Dieu a tenu sa promesse.

^ Tues Pelrus, cl super liane pcliani a-dificalio Ecclcslam nieani; et porlaî inferi non prœvalcbuiit adversiis cam. Kt tibi dabo clavcs regiii cœlorum , cl quodcuiiifjuc ligavcris super terrain cril *lif;aluni et in cœlis, et quodcumquc solveris super lerram erit solulum cl in cœlis. (Mailli. XVI, 18).

Simon , Simon, cccc Salanas expetivil vos ut cribraret siciit Iriticuni ; i'f,o aulcm rogavi pro te, ut non deficial fides tua. Et lu aliquaiido convcrsus, confuma fralrcs tuos. {Luc. xxii, 31).

Primante établie.

Jésus-Christ est ressuscité; encore quelques jours, et il doit retourner à so n Père. Il se hâte d'achever l'organisation de son œuvre. L'Eglise est destinée à conduire les hommes au ciel : il faut un chef visihle pour la gouverney.

Après qu'ils eurent dîné, Jésus dit à Simon- Pierre : «Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci? — Oui, Seigneur, lui répondit-il ; vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jean, m'aimes tu? Simon lui dit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux. Il lui demanda pour la troisième fois : Simon, fils de Jean, m'aimes-lu? Pierre fut centriste de ce qu'il lui demandait une troisième fois : Pierre, m'aimes-tu? et il répondit : Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis \ »

i Joan. XXI, \'ô.

Quels sont les agneaux et les brebis de Jésus- Christ? il a soin lui-même de nous rapprendre : « Je rassemblerai fhes brebis de toutes les contrées où elles ont été dispersées, je les ramèaerai à la bergerie, et j'établirai sur elles des pasteurs qui sauront les défendre et les nourrir. » {Jpt. xxiii, 1 ). « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, pour vous conduire dans les pâturages de la science et Je la vérité. » {Jer. \\\, 15}.

Cette gracieuse métapliore est également commune dans le Nouveau Testament : « Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis. {Joan. x, H). Veillez sur vous-même et sur le troupeau que Dieu vous a confié. » {Aet. xxni, 28). Par les agneaux, il faut donc entendre les fidèles; par les brebis, les prêtres et les évêques. Or, le troupeau de Jésus-Christ tout entier est soumis à Pierre établi son pasteur, c'est-à-dire son chef.

Les Apôtres, eux aussi, ont le pouvoir de paître, d'enseigner, déjuger de la foi; mais ce privilège ne diminue pas celui qui a été accordé à Pierre : « J'ai d'autres brebis qui ne sont pas dans cette bergerie; il faut que j'aille les chercher et les amener: elles entendront ma voix, et il n'y aura ({Miun seul troupeau et {\\xun seul pasteur, » {Joan, x, IG).

Si nous examinons les symboles sous lesquels Jésus-Christ a désigné FEglise, nous verrons que tous supposent l'institution d'un chef qui la dirige et la gouverne.

L'Eglise est souvent désignée sous les noms de royaume et de ville : « Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché {Matth, xni, 44). Le royaume des cieux est semblable à des vierges {ibicL 25). Une ville placée sur la montagne ne peut être cachée {Matth. v). J'ai vu la cité sainte, la Jérusalem nouvelle descendre du ciel. » (Apoc. XXI, 2). Or un royaume, une ville ne supposentils pas un chef? On peut l'appeler roi, empereur, archonte, édile, consul, préfet, maire; le nom importe peu, mais la chose est nécessaire. Un royaume divisé contre lui-même tomberait bientôt en ruine.

Les saints Pères ont vu une figure de l'Eglise dans la pêche miraculeuse racontée par saint Luc (v, 1) : or c'est dans la barque de Pierre que Jésus est mon té ; c'est de la barque de Pierre qu'il instruit le peuple ; c'est Pierre qui reçoit l'ordre de s'avancer dans la mer orageuse de ce monde, d'y jeter son lllet, et d'opérer cette multitude de conversions de manière à remplir les deux barques, la synagogue et la gentilité.

L'Eglise est encore comparée à une famille.

Jésus-Chiîst comme clief, et Pierre comme intendant, paient seuls îimpôt qu'on demande pour lui et §es disciples. Les autres apôtres sont exempts de toute cote pcrsonneiie. (Matth. xvn).

D'autres fois à une bergerie, dont Jésus-Christ est le pasteur invisilde, et Pierre le chef visible : « Il n'y aura qu'une seule bergerie et qu'un seul pasteur. — Pais mes agneaux, pais mes brebis.»

iSous lisons dans le Deutércnomc (xvn, 8) que, dans les cas douteux, difilciles, quand il fallait juger entre le sajig et le Sîing, la cause et la cause , la lèpre et la lèpre, et que les juges subalternes n'étaient pas d'accord, il fallait s'adresser au tribunal supérieur chargé de porter une sentence dont il n'était pas permis d'appeler : peine de mort conti'eles récalcitrants orgueilleux \

La nouvelle Eglise n'a pas été moins bien traitée que ranciennc. Elle aussi a un grand-prétre, que Uuis les (luédens peuvent consulter, qui peut éîre eaisi de toutes les causes et les juger en dernier ressoil : c'est FEvéque de Rome.

îiemarquez que, dans le cas que nous venons de inenliortner, le souverain Ponlife de la Synago-

-1 Qui ai'iin siîji'îrl.ici 11, iiolcHS o])C(Iirc saccriiolis impcriis qui eo lonipoie iiiii:i.ii..; J'oiuiiut l»co tiio, ei ('ocicto juùicis^ nioriciur liomo illc, cl ûufwM^ i-^;:!.:tv do Isracl. {heut. x\i'., \2).

gue était infaillible dans ses décisions, puisque celui qui refusait de racceptei\et de s'y soumettre était condamné à la peine capitale. Ce passage ne prouve donc pas seulement la suprématie du Pape, mais encore son infaillibilité. Dieu était le chef du peuple juif; le grand-prêtre en était le chef visible, le juge infaillible, dont la sentence était toujours reçue sous peine de mort. Jésus- Christ est le chef du peuple chrétien; le Souverain- Pontife en est le chef visible : une mort spirituelle est le partage de tous ceux qui ne veulent pas reconnaître son autorité.

Primauté exercée.

Jésus-Christ est monté au ùe\, après avoir promis d'être avec son Eglise jusqu'à la consomniaiion des siècles. Llnsliîulion divine commence à fonctionner.

Pierre prend iiardiment possession de son su-

périorat; roccasion devait bientôt se présenter de l'exercer.

Le nombre sacre des douze Apôtres était incomplet depuis la trahison et la mort de Judas ; il fallait chercher un successeur.Pierre, quiaurait pu , dit saint Jean-Chrysostôme, faire lui seul ce choix, puisque Dieu , en lui disant * « Affermis tes frères, » avait placé les autres sous sa main , mais voulant par condescendance remettre ce jugement à la multitude, aiîn de lui rendre plus vénérable celui qu'il choisirait, et pour ne pas exciter sa jalousie ^ , convoque l'assemblée , raconte la fin malheureuse de Judas , et décide qu'il faut lui nommer un successeur {A et. i, 15); et tout se fait de la manière qu'il avait indiquée.

S'agit-il d'inaugurer solennellement le ministère public de la prédication évangélique, c'est Pierre qui a cet honneur (AcL u, 4).

Faut-il défendre les Apôtres des sarcasmes des Juifs, Pierre prend la parole , et au nom de tous explique le mystère de la Pentecôte (AcL n, 4).

C'est lui qui les justifie encore des accusations des prêtres de l'ancienne loi (Act, iv, 8).

C'est Pierre qui reçoit le produit des ventes que

A Uomil. in Acla Apost. ii.

faisaient de leurs biens les premiers chrétiens, (AcL iv).

Cest Pierre qui omTC la séance au concile de Jérusalem , qui expose la difficulté et la résout le premier {AcL xv, 7).

Cest Pierre qui fait la visite de toutes les Eglises [Act. IX, 52), qui exhorte les autres pasteurs à bien remplir leurs charges (/. Petr, Y, 1), qui approuve les Epîtres de saint Paul (//. Pef(\ m, 15), qui fait le premier miracle {AcL m, 6), qui impose la première punition {AcL v, 5), qui confond le premier hérétique {AcL vni, 40).

Los autresApôtres reconnaissent sa suprématie.

Quatre fois les Evangélistes donnent les noms de tous les Apôtres; Pierre est toujours nommé le premier.

M&uh. \. 2. Marc, lii, \C>. I.iic. iv, 13. Actes, I, 15.

Voici icsnonisdos lieu vouh'.l douze De ses disciples Demeuraient Jani douze Apdtrcs : avec lui : il en choisit 12 cette maison !

qu'il appelle Apôtres :

Le premier , Si- Simon, rju'iUur- Simon, surnom- Pierre, mon appelé nomma Pierre. mé Pierre, Pierre.

André son ficre, Jacques do Zoh. André son frère, Jacques.

Jacques de Zé- Jean , frcîe de Jacquei. Je«n.

itédéo, .lacqucs.

Jean son frère, André. Jean. André.

Philippe. Philippe. Philippe. Philippe.

Uarihélemù Carlhéloaii. Darihélcmi. Thomas.

Thomas.

Mattbieu.

Maltbicu.

Barlhélemi.

Malihieu, public.

Tbomas.

Tbomas.

Maltbieu.

Jacques d'Alpbée.

Jacques ^d'Alpbce.

Jacques d'Alpbée. •

Jacques d'A pliée.

Tbaddéo.

Thaddée.

Simon , appelé Zélofc.

Simon Zélote,

Simon , cananéen.

Simon , cananéen.

Jude de Jacques.

Jude.

ïudas Iscarioto, qui le Irahit.

Judas Iscariolc, qui le trabil.

Judas Iscarioto, le irallve. n

André lui-même le premier appelé n'occupe pas toujours le second rang, Jean le disciple bien-aimé n'a pas de lieu fixe , Pierre seul occupe invariablement la première place. Quelquefois il est seul nommé : «Pierre se levant avec les onze (Act, u). — Il disait à Pierre et aux autres A pôtres {Act.\). — Pierre répondant, et les Apôtres avec lui. » Souvent il est cité à part : « Dites à ses disciples et à Pierre (Marc. xvi). — Ae pourrions-nous pas trouver parmi les fenmies des^œurs qui nous suivissent pour nous servir, comme ont fait les autres Apôtres , les frères du Seigneur et Céphas? » Toujours Pierre a une mention honorable, où il est nommé à part , où il est nommé seul, où il est nommé le premier. Saint Jean raconte encore que, lorsque Notre-Seigneur lava les pieds à ses Apôtres , il commença par saint Pierre.

Une seule fois saint Pierre est nommé dans

rEcritiive après saint Jacques : « Jacques, Céphas et Jean , dit saint Paul dans son Epître aux Galates-(n, 9) , m'ont donné la main en signe de société. » Mais il paraît que ce n'était pas l'ordre du texte primitif, puisque saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme et saint Jean-Chrysoslôme ont lu : Pierre, Jacques et Jean ^ « Mais quand bien même , dit saint François de Sales , les exemplaires que nous avons maintenant en main seraient originaires , on ne saurait que déduire de ce seul passage contre le crédit de tant d'autres; car il se peut faire que saint Paul tienne l'ordre du temps auquel il a reçu la main d'association, ou que, sans s'amusera l'ordre, il ait écrit les noms par le premier qui lui vint en pensée. » (Controverses, Disc. 41).

La conduite des Apôtres est d'accord as ec leurs paroles.

Jean arrive le premier au sépulcre, mais il se garde d'y entrer; il attend à la porte que saint Pierre arrive et passe le premier (Jocuh xx , 6).

Un autre jour Jean l'accompagnait au temple;

^ Onl lu pareillement Peints, et Jacobus , et Joannes, Terlullien, J lioo'.loiol , et les Ircs-ancieiis maïuiscrils nommés de Clcrmont et de Saiiil-Gciiiiain-des-PréSj de môme que celui de Dornier, cité daiis Toditioii du Nouvcau-Teslameiildc Niole, donnOepar Kuiulcr. (Voy. Hisl.cccL, par le laron llenrion, ix, 1050).

un boiteux leur demanda raumône : le disciple bien-aimé laissa faire Pierre, qui guérit seul le malade au nom dtî Jésus-Christ (AcL ni, 6).

Saint Paul est venu, à trois reprises différentes, visiter et consulter saint Pierre.

La première visite doit se placer en Tannée 57. « Paul, de retour de Damas, vint à Jérusalem et tâchait de se mêler avec les disciples; mais ceuxci le craignaient, ne croyant pas encore à sa conversion. Barnabe le prit par la main et le conduisit aux Apôtres, à qui il raconta comment le Seigneur était apparu à Saul sur le chemin , ce qu'il lui avait dit, et le zèle avec lequel il avait déjà prêché Jésus à Damas. Depuis lors il resta avec les Apôtres, entrant et sortant avec eux, et travaillant avec confiance au nom de Jésus. » (AcL ix, 2G). El à quel but suint Paul est- il venu à Jérusalem? pourvoir saint Pierre : c'est lui-même qui nous rapprend : « Trois ans après n)a conversion, dit il , j'allai à Jérusalem l)Our^oir Pierre, et je restai quinze jours chez lui; je n'ai v.i aucun autre Apôtre, si ce n'est Jacques, parent du Sauveur'. »

I Deiiiilc poi! aiinos (res vtui jcrosolynuni vidcre relruin , et mansi apuci cuin diciius .}uiiulotiiîi : alluin aulciu Ajioiliiloium >i(ii i:eru'.ii>Mn, nui iacolut)», fraUem Voinhii [GcL i, I7|.

Voilà donc saintPauîqui, après trois ans de mission, éprouve le besoin de suspendre ses travaux pour aller se concerter avec saint Pierre. Qui pourrait dire les communications qui eurent lieu entre ces deux âmes de feu? Quinze jours dévie commune î Quels récits intéressants sur les travaux déjà exécutés! que de projets, que de plans formés pour étendre plus loin le règne de Jésus- Christ leur maître î Et, pour ne pas perdre le temps, saint Paul ne veut pas même xolv les autres Apôtres; une fois seulement il fait une visite à Jacques à qui allait être confié le gouvernement de l'Eglise de Jérusalem, et il reprend ses courses apostoliques ^

Quatorze ans plus tard , Paul va de nouveau à Jérusalem, accompagné de Barnabe et de ïite. Il veut avoir une conférence avec les x\pôtres au sujet de son ministère et des difficultés qu'il y a rencontrées ; il veut leur exposer la doctrine

i Si Ton adinelfjue ce passage dos Aclcs des Ap6lrcs : « l'arnalé le conduisit aux Apôtres, — Paul entrait et. sortait avec eux {ix, 27, n peut difficilement s'accorder avec celui de TiilpUrc aux Galalcs : « Je suis venu voir Pierre chez qui je suis resté quinze jours, je n'ai pas vu les autres Apôtres, » et qu'ils désignent deux visites différentes, notre raisonnement n'en sera que plus fort : ce seraient quatre visites au lieu de trois que saint Paul aurait faites a Pierre. Dans la première; Barnabe l'aurait introduit auprès des Apolres; dans la seconde, Paul aurait élo frapper direcleniont 'a la porle de Pierre, chez qui il serait resté quinze jours sans voiraucua autre des Apôtres, si ce n'est saint Jacques.

qu'il prêche, leur demander si elle ne diffère en rien de celle de Jésus-Christ, et les prier de l'approuver. Il ne voudrait pas ayoir fait un travail inutile, ni s'exposer à le faire. Et c'est par ordre d'en haut qu'il montre cette déférence à l'autorité apostolique ^ Quel spectacle! Paul , l'apôtre des Gentils, le vase d'élection, Paul ravi jusqu'au troisième ciel, instruit directement par Jésus-Christ lui-même, n'est sans crainte sur l'efficacité de sa mission que lorsqu'il l'a fait reconnaître par les Apôtres. Il va passer quinze jours avec saint Pierre; il retourne à Jérusalem plus tard pour faire résoudre les difficultés, lever les doutes et calmer les craintes qui le tourmentent: Ne forte in vacuum ciirrerem aut cucurrissem. Il croit que le meilleur moyen de fermer la houche à ses ennemis est de pouvoir leur dire : « Je suis monté à Jérusalem ; j'ai vu les Apôtres, je suis resté quinze jours avec Pierre, je lui ai exposé ma doctrine; il n'y a rien trouvé à reprendre : » Nihil contulenmL Que d'enseignement dans ce fait !

Peu après , une nouvelle discussion s'engage sur la pratique de la circoncision et les ordon-

•I Aicencli aulem, sccunJùm revelalioncm, et contuli cum illi$ KvangcVium quod prœdico iu (jculihus, scorsuin aulem lis qui vidcbaniur ali< quid esse, ne foric in vacuum cunercm aul cucurrissem (Ca/. ii, 2).

nances cérémoniales de l'ancienne loi. Sont-elles obligatoires pour les nouveaux chrétiens? Paul et Barnabe soutenaient la négative ; mais, après leur décision, la dispute continuait toujours : que fait alors saint Paul? il en appelle à Jérusalem, et s'en rapporte à la décision apostolique *. Pierre reçoit les députés, écoute leur demande, convoque le concile , donne le premier son avis, résume les débats , promulgue les décisions, et toute controverse est terminée.

Les Actes des Apôtres mentionnent une autre circonstance où l'Eglise entière rend hommage à la primauté de saint Pierre. Les chrétiens sont affligés de la mort de Jacques , le parent de JNV tre-Seigneur ; mais lorsqu'ils apprennent que Pierre est dans les fers, leur désolation redouble , et des prières publiques sont ordonnées pour obtenir de Dieu la délivrance de celui qui avait reçu la mission particulière de paître les agneaux et les brebis, de confirmer ses frères.

^ Sialucrunl ni asceudcrcnt Paulus el E.unaLas cl (juidam alii «x aliis ad A[^ostolo9 cl prcslnioros in Jérusalem , super hâc (|uœsliouc. — ôurgeiig l'cUus, dixil ad illos (.4c7. xv, 2).

iY.

lPrimaa<é trausmiae*

L'institution fondée par Jésus-Christ doit durer jusqu'à la fin du monde ; elle gardera donc son organisation, sa forme hiérarchique.

Ces paroles , Allez^ enseignez toutes les luttions^ je serai avec vous jusqu'à la consommalion des siècles^ , Servez-moi de témoins jusqu'aux derniei's confins du inonde ^, ont été adressées aux Apôtres et à leurs successeurs ; celles-ci , Pais mes agneaux, pais mes brebis , affermis les frères, ne peuvent pareillement s^adresserà Pierre seul, c'est un office permanent qu'elles établissent dans TEglise; le successeur de Pierre hérite de ses privilèges. Or nous lisons dans la Chronique d'Eusèbe, restaurée sur la version arménienne, que saint Pierre fondad'abord F Eglise d' Antioclie dont il fut le premier évêque, qu'il vint ensuite en

4 Mallli. XXVII!. 18.

2 Ad. 1, S.

Italie, s'avança jusqu'à la capitale, y prêcha TEvangile, revint à Jérusalem, retourna à Rome, et demeura évêqne de cettft ville jusqu'à sa mort qui arriva, d'après saint Jérôme, trente-sept ans après le crucifiement de Notre-Seigneur.

Le successeur de saint Pierre ^st donc l'Evoque de Rome, de même que le successeur d'un président de tribunal est celui qui occupe son siège après lui et exerce ses fonctions. Nous allons voir que la primauté, en effet, a été continuellement exercée par les évêques de Rome, au su, au vu et avec l'approbation de toute l'Eglise.

Avant tout, des textes et des faits : ils sont assez éloquents.

Il suffît de lire le résumé des actes administratifs des évèques de Rome, pour être convaincu qu'ils se sont crus supérieurs aux autres évèques et qu'ils ont gouverné TEglise en cette qualité. Ils prennent des arrêtés qui deviennent obligatoires pour toute la chrétienté; ils ordonnent des évêques pour diverses provinces; ils réforment les abus qui s'étaient glissés dans les églises particulières; ils ordonnent aux évêques de se réunir en concile, et approuvent de fait ou rejettent leurs délibérations; ils connaissent de toutes les causes qnon porte à leur tribunal, et les jugent sans appel. Citons des exemples ;

Lin décrète, selon le commandement que lui en avait fait saint Pierre , que les femmes n'entreront désormais dans l'église que la tête voilée. Il ordonne dix-huit prêtres et quinze évêques pour divers lieux {Lib, Pontif, xu).

Clet met à la tête de ses lettres : Salut et hénédiction apostolique (Genéhr.y Chron,)^ et ordonne vingt-cinq prêtres pour la ville de Rome, selon les prescriptions que saint Pierre lui en avait faites {Lib, Pont, xvii).

Clément ordonne dix prêtres, deux diacres et quinze évêques, pour diverses provinces. Il décrète que les laïques n'entreront plus dans le chœur des églises destiné exclusivement aux membres du clergé, déclare que les Apôtres n'ont pas été institués égaux mais qu'il y en a un qui a été établ i chef des autres (Conc.y, in Clem, ; Epist, i. Lib. Ponlif.), et réforme les abus de l'église de CoriiUhe. Circonstance remarquable! l'apôtre saint Jean vivait encore et gouvernait l'église d'Ephèse, lorsque les chrétiens de Corinthe eurent recours à saint Clément, successeur de saint Pierre, pour arranger le différend qui venait de s'élever entre eux.

Anaclet s'intitule serviteur de Jésus-Christ, occupant la chcdre apostolique. Il décide que les procès dos chrétiens seront jugés par des prêtres,

ordonne cinq prêtres, trois diacres, six évoques, pour diverses provinces (Conc, 1, Anacl. — Lib. Pont, XVI II).

^Evariste ordonne quinze évêques pour divers Jieux (Z. P. xix).

Alexandre fixe l'usage d'ajouter un peu d'eau au vin du calice, insère dans le canon la corn • mémoraison de la Passion , et ordonne cinq évè ques pour divers lieux (Z. P. xx).

ïélesphore sanctionne par une loi le jeûne du Carême.

Hygin excommunie l'hérétique Cerdon.

Pie fixe le jour où il faut célébrer la Pà* que.

Victor ordonne aux métropolitains d'assembler en concile les évêques de leur province, pour délibérer sur la question de la célébration de la Pàque ; il menace d'excomunication les évêques de l'Asie mineure, pour avoir refusé de se conformer à l'usage adopté généralement dans l'Eglise.

Corneille reçoit l'appel de Thérétique Privât, et confirme la sentence des premiers juges. Il chasse Félicissime de l'église, et confirme l'excommunication prononcée contre lui par les évêques d'Afrique.

Etienne rétablit sur leurs sièges Basilide et Martial, deux évêques d'Espagne qui avaient été

juridiquement déposés par un concile. Ce même Pape reçut une lettre de saint Cyprien, qui l'invitait à destituer de sa charge le métropolitain d'Arles et à nommer un autre évêque à sa place \

Denys somme son homonyme Denys d'Alexandrie de rendre compte de sa doctrine.

Euty chien décrète que les fidèles ne doivent vénérer puhliquement d'autres reliques que celles dont rauthenticité a été constatée par Févêque.

Caïus ordonne que celui qui a été jugé digne de l'épiscopat n'y soit ékvé qu'après avoir parcouru successivement tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique.

Eusèhe éteint l'Iiérésie des rehaptisants d'Afrique. Il décrète que le saint sacrifice de l'autel s'offrirait sur un linge Liane fait de lin et non de laine ou de soie, en souvenir de Jésus-Christ mis au sépulcre dans un linceul {Grat, Cons. DisL I, Jocm. xix).

Melciades institue les eulogies ou pain bénit, interdit aux chrétiens de jeûner le dimanche, juge l'apjicl de Cécilien condamné par les Donatistes, et le renvoie absous {Conc. i, sub, Mclc.)

\ Cypr., r.p. C7,

Sylvestre convoque, de concert avec Fempereiir Constantin, le concile général de Nicée, le préside par ses légats, et le confirme par sa bulle : « Nous Sylvestre, évêque du saint et apostolique siège de Rome, approuvons et confirmons tout ce qui a • été ordonné à Nicée de Bithynie par les 318 évéques qui y ont tenu le concile pour le soutien de TEglise catholique et apostolique. »

A dater de cette époque, o25, TEglise n^a plus à craindre la fureur des tyrans ; elle peut se produire au grand jour ; le jeu de ses institutions devient plus régulier, et les faits qui prouvent la suprématie de FEvêque de Rome dans FEglise sont plus fréquents.

Le suivant est, à lui seul, une démonstration.

En 340, Jules apprend que le patriarche Athanase est déposé, que les évèques Paul, Marcel, Asclépias, Lucien, sont chassés de leurs sièges par les Ariens : il cite toutes les parties à son tribunal, instruit la cause, annule ce qui avait été fait jusque-là, et prononce l'acquittement des prévenus, qu'il rétablit sur leurs sièges. Athanase retourne à Alexandrie, Paul ii Constantinople» Marcel à Ancyre, Asclépias à Gaze, Lucien à Andrinople. Aussi M. Guizot a-t-il reconnu qu'à la fin du iv*^ siècle «il est impossible de consulter avec impartialité les monuments du temps, sans

reconnaître que de toutes les parties dePEurope on s'adresse à FEvêque de Rome pour avoir son opinion, sa décision lîiême, en matière de foi, de discipline, dans les procès des évêques , en un mot, dans toutes les grandes occasions où l'Eglise est intéressée \ »

Cette prééminence des évêques de Rome a été remarquée même des païens. Paul de Samosate, déposé et excommunié, n'en était pas moins resté àAntioche, refusant d'obéir et occupant toujours les bâtiments de Févêché. Les catholiques eurent recours à Aurélien. Cet empereur ordonna de livrer la maison à ceux à qui les évêques d'Italie et de Rome adressaient leurs lettres. « Les païens, «joute Eusèbe, savent que les \Tais chrétiens sont en communion avec FEglise romaine.» {Hist. eccl. vu, oO. — Fleury, vni, 8).

« Embrasse la doctrine do Damase, disait Saper, général des armées de Gralien, à un hérétique, et je te mettrai en possession de Féglise que tu demandes. » «Les Ariens, dit Ammien-Marceliin (xv, i7), désiraient ardemment que la condamnation d'Athanase fût confirmée par Fautorité qui réside principalement dans les évêques de Rome. »

BUloJre ^e la civilisation en Fiance, i, \QS.

« Je préférerais , disait l'empereur Dèce, apprendre la révolte d'un compétiteur, plutôt que Félévation d'un pontife romain.» (Cypr., Ep, ad Anton,)

Les Pères et les Docteurs de 'l'Eglise confessent de bouche ce qu'ils professent de cœur. Voici comment ils appellent le siège de saint Pierre , son grade, son Eglise, son évêque, sa dignité , car « tout cela revient en un, dit saint François de Sales, qui a eu l'ingénieuse idée de réunir en un seul tableau ces titres honorifiques :

1 Pelri calhedram. La cliairo de saint S. Cyprien , lib. i ,

Pierre. Episl. 5.

2 Ecclesiamprincipt- L'Eglise principale. S. Cypr., Episi. 55, lem. ad Corn. '

3 Exordium unitalis L'origine de l'unité Ibid., lib. m, Ep. 2. sacerdolalis. sacerdotale.

A Yinculum unitalis. L'Eglise où est le lien Ibid., lib. ir, Ep. 2. de l'unité.

b Saccrdolil subli- Le sommet sublime du S. Ircn., lib. m, c.3. me fasligium. saccrdoce.

6 Ecclesia in quâ est L'Eglise où réside la S. Cypr., lib. m, c. 8. potentior principal!- plus puissante prin-

tas. cipaulé.

7 Ecclesia, radix et L'Eglise, racine ou ma- Anacl. pap., TTpisf. ad matrix. trice des autres. omnes Episc. et Fid.

8 Sedes super quam Le siège sur lequel est Dam. pap., Episl. ad Domtuus universam établie l'Eglise univer- univ. EpUc. conslruxitEcclesiam. selle.

9 Cardo et caput ora- Le gond et le cbof de Marcell. ï. pap., EpitL nium Ecclesiamni. toutes les Eglises. ad Ep. Ànliocli.

fO Episéoporura refu- Le refuge et l'appui Syn. Alexandr., Ep^

S'um. des Evècjues. ad Fd. pap.

t\ Stimma Seclcs apo- Le Siège suprême apo- S. AlLao/ slolica. slolicjue.

12 Caputpastoralisbo- Le Chef de l'honneur S. Prosp., L de Ingt. noris. pastoral.

13 Apostolica; Calhc- La*principaulé de la S. Aug., Ep. ^62. draî principalus. Cliairc apostolique.

\U Principalis aposlo- La difjnilfi principale ?ros'^., de vocat. Cent, f lici saccrdolii dig- du sacerdoce aposto- lib. il, c. G. nilas. liquc.

m Capîil oiiinium Ec- Le Chef de loutes les Prosp., iii Prœf. conc, clcsiaruni. Fgliscs. Clialced.

IG CaputorMscl muii- Le Chef de l'univers et Imper. Yalentin. di religionis. de la religion du

monde.

17 Cxleris prœlalaEc- L'Eglise préférée et Vicl. UtlC; lib. dt clesia. préposée à toutes les Perfect.

autres Eglises.

18 Ecclesia prœsidens. L'Eglise présidente. Vand., lib. ir, imp.

Justin., c. de S. Tri' nit.

19 Prima Sedesîinemi- Le Siège suprême qui S. Loo, in Nat. SS. ne judicanda. ne peut être juge par Apost.

personne.

iO Prima Sedcs cm- Le premier de tous les S. Prosp., lib. rfc/w^r. nium. Sièges.

21 Tutissimuscommu- Le port Irës-assuré de Syn. rom. sub Gelasio.

nioniscalholicîE por- toute communion tus. catholique.

22 Fons aposlûlicus.' La fontaine opostoU- S. Ign., Ep. ad. Rom.f

que. in Suscripl.

23 Ad sanctissimum Au Irès-sainl Evéque S. Ign. Syn. catholicae EcclosiaB de l'Eglise calholi- Episcopum. que.

24 Sanctissimusctbea- Le très-saint et très- Ibid., t. Vil, CoïlC» lissimus Patriarcha. bcureux Patriarche.

23 Universalis Palriar- Le Patriarche unifcr- S. Léo P., Epi$t. 61^ cha. sel.

26 Caput conc, Chalce- Le Chef du Concile. Hier., Epist. 16.

don.

27 Caput orbis Eccle- Le Chef de l'Eglise du Inn. ad Patrci couc».

sia". monde. Miler.

25 Bcatissimus Domi- Le très-heureux Sei- S. Aug., Ep. &• nus. gncur.

Sd Apostolico culmine suLlitnalus.

30 Palcr Palruni.

5( Sumnius omnium pra-sulum Ponlifcx.

o\ Reclor domùs Domini et vincae custos Doraiuicse.

L'Evoque élevti sur le Cypr.,lil).ni,E/)w/.U. sommet apostolique.

Le Père dss Pères.

Le souverain Ponlife entre les prélals.

Le souverain PrOlre.

La Prince des Prêtres.

Le Recteur de la maison de Dicti et le (gardien de la vigne du Scifrncur.

Conc. Chalccd., Ad. 5.

ILid., in Praf.

Ibid., Act. 46.

Stepb. episc. Carlliag.

Conc. Cartb., Epist. ad Dam.

53 Cbrisli Vicarius, et Iralrum conlirmator.

Le Vicaire de J<^sus- Clirisl, le confirmatour de la foi des tbrèliens.

nier., Prœf.in Evang.

ad Dom.

56 Saccrdos Magnui.

Le Crand-Proirc.

Valeolin. et cum illo tota antiq.

37 Summus Ponlifex et Princeps cpiscoporum.

Le souverain Pontife, le Prince dos évèqucs.

Conc. Cbalced., Ep. ad imper. Thcod.

58 IlœresApostolorum.

L'bérilier des Apôtres.

Bcrn.,lib. dtConsider,

89 Primalu Aboi.

Abel en primauté.

Ibid.

AO Palriarcbatu Abraham.

Abrabam en palriarcbat.

Ambr., inl. Tim. 5.

•î' Ordinc Molcbisedi^b.

Mi'Icbisédccb en ordre.

Conc. Cbalced., Epiit ad Léon.

42 Dignilalo Aaron.

Aaron en difinité.

Cypr., lib. i, Epist. 5.

AB Auclorilatc Moyscs.

Moïse en aulorilt^.

Bern., Epist. 100.

A4 Judicatu Samuel.

Samuel en judicalurc.

Ibid. et lib. de Consid,

A5 Polcslalc Petrus.

Pierre en puissance.

Ibid.

•16 Unclionc Cbrislus.

Cbrist en onction.

Ibid.

47 Ovilis Domiuici Pastor.

Le Pasteur de la bergerie de Jésus Cbrist.

Ibid. , lib. n, rftf Con*

sider.

A8 Clavigcr domùs Do-

Le Porte-clef de la

Ibid., c. 8.

min.

maison de Dieu.

49 Pasfor paslorum omnium.

Le Pasteur de tous les pasteurs.

Ibid.

50 In pleniludinc poteslalis vocatus.

Le Pontife appelé en la pléiiiludc de la puissance.

Ibid.

^nlroTcries, Discours xxxix.)

« Jo ivaurais jamais fait, ajoute Î6 saint cvcqiio de Genève, si je voulais enlacer tous les titres (rexcellence que les^ancîens ont donnés au Siège de Rome et à son Evêque. »

En effet, il y en a d'autres, et nous avons essayé de les recueillir, à Texemple de saint Fran cois de Sales. Les tableaux suivants offrent le résultat de nos reclierches.

Sun SA1>T PIERRE,

Le premier des Ap6- Prœcipims Aposlolo- Euseb.Cœs.,tn Ps. fi9. 1res. ru m.

Prince et Chef lies Apù- Princcps ac verlet E\->\n\, Serm.de Com* très. Apostolorum. fiunct.

Tête des Apôircs. Aposlolorum caput. Grcj. Naz., .ÇefW. 20.

Tftte de tous les Apô- Omnium Aposlolo- Op\,,de sch. Doiiat. it,

très. rum capuf. 2.

Le plus aimé dos disci- Carissimus discipulo- TcrtuU., adv. Marc. IT,

pies. rum. 13.

Prince de l'aposlolat. Aposlclatùs Princeps. Ililar- Pict. , in S.

No(h. 7.

Prince du Chœur apo- Cliori apostolici Prin- Clirys., Jlom. V, de

Bloliquc. ceps. Pœnit.

Prince de Tordre apo- Princeps apostolici or- Eplir., in Pailùpl.

slolique. dinis.

Prince el chci des Apô- Aposlolorum princcps Conc. Eplies., Labb.

(rcs. cl capuf. m, 022.

Prince et corYplw'c du Apost. Cbori princcps Grcp. ISaz., S. de S*

Cliœur aposlorujue. el cory^dirjus. Slcplt.

A qui la primauté a Oié Prinialus l'ctro dalur. Cypr., de Unit Zcci^

donnée.

Pierre Irl'ç-solidc sur la- Pclra solidissima su- Ot\q., Uorn, y.inEx,

quelle Jcsus-Cl»risl a pcr quain Cluislus

l)ât» sou Kgii^e. juudavil Ecclt^siom.

Sur^ui ropospnl les fondements de l'Eglise.

Soùlien de l'Eglise.

Sur qui l'Eglise a éiè fondée.

Sur qui seul Jésus- Christ a b&ti son Eglise.

Sur la solidité duquel repose le temple éternel.

Fondement de l'Eglise catholiqae.

Bienheureux portier du ciel.

Possesseur des clefs du royaume des cieux.

Chargé de communiquer aux autres les clefs du ciel qu'il a seul reçues.

Par qui Jésus-Christ a laissé les clefs à son Eglise.

De qui les Evoques reçoivent le pouvoir des clefs.

Prêtre de toutel'Eglise.

pasteur de tout le troupeau , Pasteur des brebis.

Pasteur supr<::me du troupeau.

Cliarp,é de veiller sur toutes les Eglises.

Pêcheur de runlven entier.

Coloune de la foi.

Prince de la foi.

Super qnam fundam.

Eccl. collocala sont.

Ecclesiso columen.

Super quam œdificavit Ecclcsiam.

Super illum unum a}jificavit Ecclesiam

rt fetcrni templi aîdiftcatio in Pelri soliditateconsisteret.

EcclesirccatholicoBfundatuentum.

Bealus cœli janilor.

Firmlî, , Efhl., apitd S. Cypr., 73.

Greg. Nat;, Oral. 7.

Zen., lib. i , Tract, i4, 8.

Cvpr., de Unit. Eccl,

Léon. Ep. x, ad Ep.

Yienn.

Conc.Ephes.,Lal»b.iir.

Hil..;cap. 16, inMatlft.

Regni cœlorum habct Ibid., de Trin. TU, 37. claves.

Clavcs regni cœlorum Opt., di scb. Donnt, conimunicandis cœ- vii; 5.

4cris solus accepit.

Mémento claves cœll Tertull. adv. Cnost., Dorainum Pelro , et Scorp. -10.

per eum Ecclesias reliquisse.

Per Petrum Episcopis Grog. 'Nyss.; Or. rfcCoSdodit claves. tigat.

Ecclesia et pleb» Sacerdoli coadunala.

Paslori suo grex adhcprcns... llli pasccndas mandat oves suas.

Suinma rerum dcpascmulis OYÏbus.

Omnium Ecclcsiarum curam habere prjcccpit.

Orbis lerrarum Piscator.

Columna fidci.

FJdei Princcps.

Cypr., Epût. C9, Cypr.jrfc Vnit. Ecct,

Orig., Epist.adRom.

Alhan. , Epist. ad

Felic.

:hrvs.

Tal.

Conc. Epbes., Labb, m, 62G.

Ambr., in S. Luc. ft

Fondement de la foi da Seigneur.

Afremiissement de la foi.

Source de l'autorltd.

Fermeté et sûreté des autres Eglises.

Choisi entre douze pour ôlre établi chef et prévenir les schismes.

En qui est fortifiée la foi des Apôtres.

La publication des deux TeslamcDlsa causé la gloire de Dieu et le bonheur de Pierre.

Ses jugements sont ratifiés au ciel.

La fermeté de sa foi ne doit jamais s'affaiblir.

Il est chef spirituel du monde entier, — Portier du ciel, — Arbitre souTcrain.

Docteur universel.

Préfet de l'Eglise, dont la juridiction embrasse le monde entier.

Colonne de l'Eglise,

L'Ëglise persouuiûéc.

Fundamentum Dominiez fidei.

Firmameutum ildei.

Undè nobis auclorilas prœstb est.

Ecclesiarum stabilis inllexaque firmilas.

Inter duodecim unus eligitur ut capitc constitulo schismatistoUereturoccasio.

In Petro omnium fortitudo munitur.

Duo Tcstamenta prolatasuntcumDomini gloriâ et Pétri felicitaie,

Terrena cjus judicia, judiciacœlesliasunt.

Solidilas illo fidei perpétua est.

Toli orbi terrarum praîfuit Petrum, — Cui clavcs cœlorum dédit, — Cujus arbitrioet poteslati cuncta praemisil.

Pelrusorbis terrarum

magislcr.

Ecclcsiae praefecturam

pelro per universum

mundum tradidit

Chrislus.

Columna EcclcsifC.

Ibi Petrus, ibi Ecclo- »ia.

Epiph., nœr. 59, 7w

Chrys., J7om. tft 40 mille tal.

Tert.,rfcPra;«cnp<.,22,

Aster. Amas., Or, •« Pelr.

Hier., ♦» Joe. 26.

Léo, Serm. IT, c. 4.

Zenon., lib. i, TrocL XIII, c. 42.

Hilar., de TWn.Yiî, 57.

Léo , Serm. in, c 2.

Chrys., Uoniil, tQ.

Chrys., Eomil. Cj.

Chrys. , IlomU. v, dé Pàttit.

Chrys., Hom. de Tal.

Amhr., S. de Poinit., 7,

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