‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 51 sur 86 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

sacrés enseignements qu'il faut aller s'inspirer, et nous devons rejeter les mots nouveaux qui scaîrdalisent les Eglises , de peur que les simples choqués du terme de deux opéf^atimis ne nous croient nestoriens, et qu'ils ne nous croient entychiens si nous ne reconnassions en Jésus-Christ qu'une seule opération. Pour ne pas ranimer le feu des disputes à peine assoupies, confessons avec simplicité que le même Jésus-Ghrist opère et dans la nature divine et dans la nature humainci Il vaut mieux laisser crier contre nous^ les vains éplucheurs de natures, les boursouflîés philoso* phes à voix de grenouille, que de laisser à jeun les chrétiens simples et humbles d'esprit. C'est en vain que leurs disciples s'efforceraient de séduice les fidèles par cette fausse et trompeuse philosophie , leurs vaines disputes ne convaincront personne; leurs arguments sont captieux, mais se détruisent eux-mêmes. Nous vous exhortons en conséquence à éviter l'expression nouvell(^ iVune ou de deux opérations, et à prêcher avec nous, dans la foi orthodoxe et dans l'unité catholique, que le Fils de Dieu, Jésus-Christ, vrai Dieu luimême, opère dans les deux natures et ce qui est de la divinité et ce qui est de Thumanité. Dieu vous garde sain et sauf, très-cher et vénéré frère * ! »

\ iç(. conc. Ml. 1319-1325.

Dans la seconde lettre, qui fut lue, condamnée et brûlée dans la treizû'^nie session , Honorlua disait :

« Nous avons aussi écrit à notre frère Cyrus d'Alexandrie, qu'il fallait rejeter la nouvelle invention de ce terme d'une ou de deux opérations^ I et ne point obscurcir la doctrine de l'Eglise par i les nuages de ces disputes , mais bannir de l'explication de la foi ces mots nouvellement introduits ; car ceux qui parlent de la sorte ne s'imaginent-ils pas que, suivant que l'on attribue à Jésus-Christ une ou deux natures , on reconnaît aussi une ou deux opérations? sur quoi les témoignages de l'Ecriture sont clairs ; mais que le Médiateur soit d'une ou de deux opérations , c'est ce qu'il est fort inepte de penser ou de dire. « Quant au dogme ecclésiastique que nous devons tenir et prêcher à cause de la simplicité des hommes , et pour couper court à d'inextricables disputes, il ne faut point définir qu'il y ait en Jésus-Christ une ou deux opérations , mais confesser que les deux natures opèrent et agissent chacune avec la participation de l'autre , la nature divine opérant ce qui est de Dieu, la nature humaine exécutant ce qui est de la chair, sans division, sans confusion , sans que la nature di-

ivine soit changée en l'homme ni la nature hu-

maine en Dieu , mais les différences de nature demeurant entières : car c'est le même qui est humble et sublime, égal au Père et moindre que le Père, qui était avant les temps et est né dans le temps, par qui les siècles ont été faits et qui a commencé dans le siècle, auteur de la loi et soumis à la loi pour notre salut , crucifié et vainqueur de la mort dont il nous a délivrés nousmêmes en attachant à la croix notre sentence de condamnation. Ecartant donc le scandale de l'invention nouvelle, il ne nous faut ni définir ni prêcher une opération ou deux , mais, au lieu d'une opération, comme disent quelques-uns, confesser sincèrement un seul Seigneur opérant dans l'une et l'autre nature; et au lieu de deux opérations , il faut plutôt prêcher avec nous que les deux natures, lu divinité et l'humanité, dans la seule et même personne du Fils unique opèrent, sans confusioh , sans division , sans altération, chacune ce qui lui est propre. Nous avons cru devoir vous déclarer ces choses pour vous montrer la conformité de notre foi avec la vôtre, afin que nous soyons animés du même esprit. Nous avons aussi écrit à nos frères grecs et à Sophrone qu'ils n'insistent point sur ce nouveau terme d'i/^e ou de deux opérations, mais qu'ils disentavcc nous que c'est un seul Jésus-Christ qui dans les deux j

natures opère et ce qui est divin et ce qui est humain. Nous avons même instruit ceux que Sophrone nous a envoyés de ne point parler à l'avenir de deux opérations, et ils ont promis trèsexpressément qu'il le feraient, pourvu queCyrus s'abstînt de parler aussi d'une opération ^ »

Voilà tout ce qui est sorti des archives de Constantinople sous le nom d'Honorius. Nous admettons pour le moment que ces lettres sont intègres et authentiques, et nous examinons quel est le véritable sens des phrases qui ont été si diversement interprétées.

De l'aveu de tous, le langage d'Honorius diffère peu de celui de Sophrone. Ses deux lettres exposent la doctrine chrétienne sur l'unité des j personnes et la dualité de natures et d'opéralions dune manière très-exacte, n'était cette phrase dont il faut fixer le sens : « C'est pourquoi nous confessons une volonté en Jésus-Christ, parce que la Divinité a pris non pas notre péché, mais notre nature telle qu'elle était avant que le péché Teiit corrompue. » Que voulait dire Honorius par ces paroles? prétendait-il, comme Sergius, qu'en Jésus-Christ la nature humaine et la nature divine étaient tellement unies et

< Ad. conc. IV, 1553.

confondues, que la première, entièrement absorbée par la seconde , n\'tait plus capable d'un mouvement naturel et qu'elle ne pouvait rien faire ni vouloir que sous sa diroclion et par son inlluonee? ou bien, tout en admettant en Jésus- Clirist deux opérations ou deux volontés, Topération divine et l'opération humaine , voulait-il dire qu'il n'y en avait qu'une venant de la nature humaine et non deux comme elles sont en nous, cellj de l'espiit et cille de là chair? Le contexte et les auteurs contemporains démontrent que cette dernière interprétation est la seule légitime.

La proposition incriminée commence par ce mot oO£v, iindc, qui veut dire croùy c'est pourquoi^ par ces motifs. Cest donc une conclusion, cherchons les prémisses :

Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble : // apris noire chair, — La divinité est demcvr rce parfaite.

Il a soulTeit comme Dieu-Homme : Cest avec tune et l'autre nature qu'il a souffert les opprobres de sa JPassion.

Mais Dieu, j our pouvoir souffrir, a dû prendre la nature humaine : Cette chair permit à la divinité de souffrir^ ce qiCelle ne pouvait faire avant celte union.

La nature humaine ne s est pas révoltée contre ce plan dans lequel entrait son propre crucilîement : Les choses divines et les choses humaines s'opèt^ent sans confusion, sans division, la chair prenont part à tous les mystères de sagmse opérés pour notre salut.

C'est qu'en Jésus-Christ Thumanité n'a pas été viciée par le péeiié; elle n'a qu'une volonté, et se trouve exempte de cette loi des membres qui en nous contrarie souvent la loi de l'esprit : Nous confessons donc une volonté en Jésus Christ, la divinité ayant pris notre nature seideinent, non pas notre péché.

Cette môme proposition est suivie de ce mot tîtzt^ô, utpote, qui signifie puisque, cUtendii que. l'est donc un principe ; voyons les arguments mr lesquels il s'appuie :

Nous confessons une volonté en Jésus-Christ,

Attendu que si nous £0:nmes tous, en venant lu monde, souillés du péché originel, il n'en est )as ainsi de notre divin Sauveur : C est sans péhé qu'il a été conçu du Saint-Esprit, sans péché ^iCil a été enfanté par rinniaculéc Vierge.

Jésus-Christ a pris notre chair, il est vrai, jnais telle qu'elle était avant que le péché l'eût orrompue ; Il ri a pas pris notre nature péchc- \ess«.

En nous il y a deux lois, celle de resjMflt et celle du péché, lois souvent opposées l'une à l'autre; de lancette guerre intestine qui faisait dire au poète :

^•m Dieu, quelle guerre cruelle !

Je trouve deux hommes en moi :

L'un veut que, plein d'amour pour toi.

Mon cœur le soit toujours fidèle ; L'autre, à les volontés rebel!*, Me révolte conlre la ]»''.

En Jésus-Christ il n'y en a qu'une seule : H nUi jamais ressenti cette loi des membres, il n' a jamais eu deux volontés différentes on contraires qui ne pouvaient exister en lui né au-dessus de la nature humaine.

La partie du discours qui suit la phrase incriminée, comme celle qui la précède, indique donc ([u'Honorius , en récrivant, admettait en Jésus- Christ deux natures et deux volontés naturelles, ( î prétendait exclure seulement deux volontés de son humanité.

Voyons maintenant ce qu'ont dit sur ce sujet les écrivains contemporains :

Le pape Jean IV ayant appris que Constantin

avait succédé à son pèie Héraclius, se hâta de

, lui écrire pour le féliciter de son avènement à

l'empire, et en même temps pour le prévenir

contre les efforts que faisait PyrHius, patriarche de Constantinople , pour lui faire adopter ses erreurs et renouveler auprès de lui les calomnies qu'il avait répandues contre le pape Honorius.

Après avoir manifesté la joie qu'il a ressentie de voir que Dieu l'avait appelé à l'intégrité de la foi , et Tespoir que par son 4vide la vérité allait triompher de l'erreur, il disculpe en ces termes le pape Honorius :

« Le patriarche Sergius de vénérable mémoire écrivit à Honorius, pontife de sainte mémoire delà ville de Rome, que quelques-uns admettaient en Jésus-Christ deux volontés contraires. A quoi ledit Pape répondit que notre Sauveur, de même qu'il est une seule personne, de même il a été conçu et il est né dune manièn* qui surpasse I l'humanité : tout ensemble Dieu parfait et homme parfait, afin que , né sans péché , il renouvelât la noble origine de la j'remière image que le premier homme a perdue par sa prévarication. Le second Adam , né sans })éché, a pris du premier, suivant la création primitive, la volonté une et naturelle de son humanité, mais non les deux volontés contraires que Toa sait que nous avons, nous qui sommes engendrés jdu péché d'Adam; en sorte «jucn nous la liair convoite contre Tcsprit et l'e^pril contre la chair,

tandis qu'en lui la volonté de sa chair n'a Jamais résisté à la volonté de son esprit. Nous disons donc et nous confessons en Jésus-Christ une seule volonté de son humanité sainte , et non les deux volontés contraires de l'esprit et de la chair, comme on sait que disent insensément quelques hérétiques. C'est donc ainsi que notre prédécesseur a répondu à la question du patriarche Sergius : qu'il n'y a pas dans notre Sauveur deux volontés contraires, parce qu'il n'a rien pris de vicieux de la prévarication du premier homme. Et si quelqu'un , peu instruit, voulait lui faire un reproche de n'avoir parlé que de la nature humaine, et non pas aussi de la nature divine, il doit savoir qu'on a fait la réponse suivant la demande. IVous donc , en conséquence du péché d'Adam, nous avons eu deux volontés contraires, en sorte que l'aiguillon de la chair résiste quelquefois à l'esprit, et que quelquefois la volonté de l'esprit s'efforce de comhattre celle de la chair. Mais Notre-Seigneur n'a pris qu'une volonté naturelle de Thumanité, dont il était absolument le maître comme Dieu à qui tout obéit. Mon i«-édcccsseur a donc enseigné qu il n'y a point en Jésus-Christ deux volontés contraires comme en nous autres pécheurs , ce que quelques-uns tournant en leur sens propre, Tont

soupçonné d'avoir enseigné une seule volonté de sa divinité et de son humanité : ee qui est entièrement contraire à la vérité \ »

Maxime voyant l'erreur envahir , malgré ses pfTorts, la cour d'Héraclius , donna sa démission ic secrétaire et s'enferma dans le couvent de Chrysopolis près de Chalcédoine, dont il fut bientôt élu abbé. La crainte des Perses et des Arabes le fit passer en Occident, et il s'arrêta en Afrique. Pyrrhus qui , sans donner sa démission régulière de patriarche, avait été obligé de quitter Constantinople, s'y trouvait en même temps. Une conférence eut lieu entre ces deux illustres personnages en présence du patrice Grégoire, gouverneur d'Afrique, de plusieurs évêques et d'une multitude de témoins. Toutes les objections proposées par Pyrrhus furent réfutées avec une admirable justesse. Après les difficultés tirées de la nature de la chose, vinrent les difficultés tirées de l'autorité. Pyrrhus essaya de faire intervenir Vigile dans le combat , puis il amena Honorius. î\Iais laissons parler les deux cham[)ions :

Pyrrhus, « Soit pour Vigile! mais que pouvezvous dire d'Honorius qui, dans sa lettre à mon

\ Labbe, v, ITÎ^O.

prédécesseur, a enseigne clairement une volonté en Jésus-Christ?

Maxime. « Qui donc est plus digne de foi quand il s'agit d'expliquer cette lettre , celui qui l'a écrite , qui vit encore et éclaire tout l'Occident par sa doctrine et sa vertu \ ou ceux de Constantinopk qui parlent des choses comme il leur plaît ?

Pyrrhus, «Celui, sans contredit, qui a écrit la lettre.

Maxime, « Eh bien ! le même secrétaire qui avait écrit la lettre d'Honorius a écrit à Tempereur Constantin au nom du pape Jean : Quand nous avons dit une volonté en Notre-Seigneur, nous parlions non de sa divinité et de son humanité tout à la fois , mais de son humanité seulement ; car Sergîus nous ayant écrit que quelquesuns admettaient dans le Christ deux volontés contraires, nous avons répondu que Jésus-Christ n'avait pas comme nous depuis notre péché (deux volontés contraires, celle de la chair et celle de Tesprit, mais une seule qui caractérisait son humanité. Ce qui le prouve clairement, c'est que

i Quis epislolae illius fîdei dignus erit inlcrprcs? qui cani ex pergoriâ Honorii composuit et vivit adliuc, inlcr alla sua boua, hoc eliam coMspicuus quôd pictatis dogtnalibus universum illuslravil Occidcnlcm ? au ConslauliDopoli de corde suo îoquentcs. (S. iMai,, »» DiaL cum rtjnho.)

nous parlons aussitôt des membres et de la chair, choses qui ne peuvent s'entendre de Ja divinité. On demandera peut-être pourquoi , en parlant de rhumanité du Christ, nous n'avons point fait mention de la divinité. Nous répondrons premièrement que nous avons fait la réponse suivant la question, et ensuite que nous avons suivi la coutume de FEcriture qui parle tantôt de sa divinité et tantôt de son humanité *. »

D'où Ton voit que la lettre écrite par Jean IV pour la défense d'Honorius a d'autant plus d'autorité, qu'elle a été écrite par le même secrétaire qui avait écrit celle d'Honorius.

Le même saint martyr et abbé Maxime dit dans sa lettre au prêtre Marin :

« Je suis persuadé que le pape Honorius , en parlant dans sa lettre à Sergius d'une volonté, n'a pas nié les deux volontés naturelles, mais qu'au contraire il les a établies , car il a exclu seulement la volonté charnelle et vicieuse. La raison qu'il eu donne le prouve , savoir : que la divinité a pris notre nature, et non pas notre péché ^ »

Plus loin il ajoute :

i Xabbe, V, Î783. — 0/). S. Mas., U, VôO. t Lahbo, V, 1753.

« L'abbé Anaslase étant allé à Rome et siatomant pourquoi et comment il se trouvait dans la lettre à Sergius l'expression àhine volonté, les principaux personnages le déploraient et l'excusaient. Mais le saint abbé Jean, qui avait dicté la lettre en latin, assura qu'il n'avait aucunement fait mention d'une volonté numériquement une, quoique Ja chose y ait été interpolée par ceux qui ont rendu la lettre en grec, et qu'enfin on n'avait aucunement pensé exclure la \olonté naturelle du Sauveur en tant qu'homme , mais seulement la volonté vicieuse qui est en nous *. »

Au point de vue de la doctrine, les lettres d'Honorius sont donc irréprochables; le sontelles également en tant qu'elles prescrivent une règle de conduite ù suivre?

Nous remarquerons d'abord que ni Pyrrhus, ni Jean IV , ni Maxime ne parlent de la défense faite par Honorius de dire une ou deux volontés : ce qui porterait à croire que dans les copies que

^ op. s. Mas. 11. \2'^.

faisaient courir les Grecs, et dont les Latins, dans leur simplicité , contestaient rinfidélité le moins possible , ce passage n'existait pas.

Nous dirons ensuite qu'en admettant le texte, et en regardant cette défense comme injustifiable , il résulterait que le Pape s'est trompé en precrivant une règle de conduite, mais non en définissant un article de foi. Sa prudence eût-elle été en défaut, sa doctrine est toujours restée intacte.

Ces réserves faites, nous dirons quen effet cette mesure est très-difficile à justifier, qu'elle favorisa Terreur aux dépens de la vérité , comme l'avenir ne le montra que trop , et qu'elle plut 'xtrèmement aux hérétiques. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rappeler qu'ils avaient voulu en faire une loi de l'empire en la faisant décréter par l'empereur, et qu'ils mirent tout en œuvre pour la faire approuver par les successeurs d'Honorius.

Toutefois la justice veut qu'on observe qu'à Rome on ignorait les manœuvres qui se tramaient en Orient. Les Papes tachaient bien d'être instruits de tout ce qui se passait à Constantinople, mais ils n'y réussissaient pas toujours : leurs légats y étaient souvent mal reçus ; d'autres fols on les comblait d'honneurs , mais on organisait autour d'eux une telle surveillance qu'ils n'apprenaient des événements que ce que l'on

voulait. Aussi le clergé romain redoutait-il d'aller remplir les fonctions de nonce à Constantinople, et Grégoire T^ se plaignait, dans une lettre, de ce qu'il jîouvait trouvera peine un ecclésiastique qui consentît à être son agent auprès de l'empereur \

11 faut observer encore que la lettre de Sergius est tellement remplie d'artirice et de déguisement, et que le patriarche Sergius changeait si souvent de langage, comme nous Tapprend Maxime , qu'il n'est pas étonnant qu'IIonorius n'ait compris ni la question ni les circonstances où Ton se trouvait. Jusque-là, du reste, Sergius n'avait rienptjlié en faveur de la nouvelle hérésie, et il était en communion avec toutes les Eglises.

Peut-être aussi le Pape a-t-il cru que sa suprême autorité lui permettait d'ajourner l'usage de telle ou telle expression, et qu'il suffisait d'exprimer exactement le dogme sans le faire d'une manière qui, par sa nouveauté, paraissait inopportune.

Nous trouvons dans l'histoire des exemples de concessions analogues. Saint Augustin, en disputant avec les Ariens , dit qu'il consent à ne pas parler du concile de Nicée s'ils veulent ne pas parler du concile de Rimini. Saint Basile n'obli-

i Lîb, u, Episf, 4»,

geait pas les Macédoniens à dire expressément que le Saint-Esprit est Dieu , il leur demandait sim^plement de confesser la foi de Nicée , de déclarer qu'ils ne croyaient pas que le Saint-Esprit fût une créature, et do promettre de ne pas communiquer avec ceux qui le croyaient tel. Le même Père, dans ses écrits et ses discours publics, s'abstenait de donner formellement le nom de Dieu à la troisième personne de la sainte Trinité, quoiqu'il usât de termes équivalents , et qu'il établît sa divinité par des preuves invincibles \ j^¥

Un moine étant à table avec Grégoire de Nazîanzc et quelques amis, parla ainsi de saint Basile :

« Je viens de la fête du martyr Eupsycbius , et là j'ai ouï le grand Basile parler merveilleusement bien do la divinité du Père et du Fils ; pour le Saint-Esprit, il a passé à côté. D'où vient donc, ajouta- 1- il en regardant Grégoire, que vousmême vous parlez clairement de la divinité du Saint-Esprit, comme vous fîtes en une telle assemblée , et que Basile en parle obscurément et avec plus de politique que de piété? — C'est, répondit Grégoire, que je suis nn homme caché et peu connu; aussi je parle sans conséquence. Basile est illustre par lui-même et par son Eglise;

1 s. r.rof;. ^az., Epist. !I3.

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