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monde chrétien^Vftvniée des Turcs qui s'avançait triomphante, n'étaient que trop réels.
Le savant astronome n'aurait pas dû se départir de sa gravité ordinaire : contre sa coutume, il a dénaturé les faits pour se donner le plaisir de les tourner eif ridicule. Jamais le Pape n'a excommunié les Turcs ni les comètes, par la raison que ni les uns ni les autres ne font partie de ' TEglise.
Cen'esl pas Calixte 111 qui a introduit le premier, en 1456, Fusage de sonner les cloches à midi pour inviter les fidèles à la prière, c'est le concile tenu à Clermont en 1095. Dans le décret où Calixte invite les fidèles à prier au rtiilieu du jour pour demander à Dieu la victoire contre les Turcs, il n'est nullement fait mention de la comète \
L'auteur des Notions scientifiques ajoute :
« Nous n'en sommes plus là, je le reconnais, et, sauf quelques exceptions au nombre desquelles je pourrais placer un personnage dont le nom exciterait ici une bien légitime surprise , car il n'a pas moins étonné le monde par son indomptable caractère que par son génie, personne dans ce siècle
\ Mandavil prselerea ut assiduo rogalu Deus flcctcrelur in ineridie ; campanissignum dari fidelihus omnibus ul oraliouibus eosadjuvarel qui coutra Turcoï cr.-\'înuô dtn>ical>;^n*. '//('y/. Plat.. Cal.)
n'a osé avouer publiquement qu'il regardât les comètes comme les signes, comme les précurseurs de révolutions morales. Toutefois , quand on voit les vives préoccupations qu'a fait naître l'approche de la comète qui doit nous visiter en 1832, et quoiqu'on n'ait ostensiblement parlé jusqu'ici que de son action physique , je ne désirerais pas que Grégoire XVI même, à simple titre d'expérience , renouvelât le bref de son prédécesseur Calixte : l'honneur du dix-neuvième siècle pourrait en recevoir quelque atteinte. »
Que nos astronomes se rassurent : quand il faut décider une question qui intéresse la foi, le Pape consulte les évêques; quand il s'agit d'art ou de science, il s'adresse aux savants. Si Grégoire XVI eût eu à parler de la comète de 1832, ou Pie IX de celle de 1858, ils auraient pris l'avis des professeurs d'astronomie, ou des membres du Bureau des longitudes. Ces Messieurs l'auraient longuement motivé; et, sachant que la publication de leurs travaux avait pour but de tranquilliser le peuple, le rapporteur les aurait probablement résumés en ces termes :
« Rassurez-vous donc, il n'y a rien à redouter
de la comète (jui vient d'apparaître. Nos confrères
Forster, Grégory, Sydenham croient bien qu'elle
est un signe de ijjalheur ; mais Herschell et Arago
ont montré jusqu'à révidence qu'il n'en est rien. Tout au plus pourrait-on craindre qu'elle ne vînt heurter la terre ; mais il y a deux cent quatrevingt millions à parier contre un, qu'elle ne le fera pas. Elle pourrait bien aussi, si elle se rapprochait trop, nous céder une partie des gaz et des vapeurs qui forment sa queue longue de plus de deux millions de lieues, vicier notre atmosphère et tuer les êtres organisés qui l'habitent; mais le calcul des probabilités auquel nous nous sommes livrés donne si peu de chance à cet événement, que nous ne devons en avoir aucun souci. Nous avouons eniin qu'une comète pourrait encore, dans certains cas, entraîner la terre dans l'espace et en faire son satellite ; mais, même alors, il n'est pas démontré que nous ne pussions vivre. L'intensité de la chaleur , lors du périhélie, vaporiserait une partie de l'Océan, et nous respirerions à Taise sous cette voûte de nuages, quoique très-près du soleil. Dans son plus grand éloignement de l'astre du jour, l'atmosphère de la terre ne descendrait pas au-dessous de 4^0 degrés de froid, et à la rigueur la constitution humaine peut les supporter. » Voilà bien, si je ne me trompe , les enseignemgns de lastronomie cométaire. Le Pape, sans doute, les eût trouvés de nature à rassurer entièrement les po-
puîations; mais enlin nous ne devrions pas le blâmer si, à l'exemple de son prédécesseur Calixte, il jugeait bon de compléter ainsi les données de la science par les enseignements de la foi :« Chrétiens, les savants ne connaissent pas encore la vraie nature des comètes ; ils ne peuvent prédire d'une manière certaine le retour que de trois ou quatre sur plusieurs centaines qui sont déjà apparues, et il y en a un grand nombre dont ils ignorent même Texistence; mais soyez sûrs qu'aucune d'elles n'est inconnue de Dieu notre créateur. En les tirant du néant il leur a tracé leur route , elles ne s'en écarteront pas. Ce suprême ordonnateur des mondes est assez intelligent , assez sage , assez puissant pour avoir tout prévu. Si les colonnes des cieux étaient ébranlées, si les astres s'entre-choquaient, ce serait la fin du monde, et elle ne doit arriver qu'à l'époque fixée par les décrets qu'il n'a voulu révéler à personne. Admirons sa puissance, fuyons le péché qui irrite sa justice, et attendons en paix, dans la pratique de la prière et des bonnes œuvres, les effets de sa miséricorde. »
Nous n'avons pas à examiner l'affaire de Galilée, le pape Urbain VIII n'étant intervenu que pour manifester son estime à l'accusé et le renvoyer
dans sa patrie. Nous la rappelons seulement pour déplorer la persistance avec laquelle une foule d'écrivains calomnient et injurient la cour de Rome, à Foôcasion de ce fait. Un auteur érudit et impartial \ Mallet-Dupan, protestant, a prouva pièces en mains que Galilée n'avait pas été persécuté comme bon astronome , mais comm^ mauvais théologien ; qu'il avait pu toujours enseigner librement le mouvement de la terre, §tj quMl n'avait été obligé de se rétracter que lorjir qu'il avait voulu faire de cette hypothèse astrono» mique un dogme de foi; qu'il n'avait jamais été mis au secret, ni privé de ses domestiqua, nk enfermé dans les prisons de l'Inquisition; que, dans ses défenses, il ne fut pas question du fond de son système, mais de sa prétendue conciliation avec la Bible. Que ne consulte-t-on ces documenfe^ primitifs? Non, jamais le mouvement de la ierm n'a été condamné par la cour de Rome. Uft décret du Saint-Office, rendu en 1620, permet à Galilée lui-même de l'enseigner, comme hypor, thèse astronomique. Gassendi , prêtre français» contemporain de Galilée, l'a soutenu librement toute sa vie. Le pape Paul III avait accepté, quelques années auparavant, la dédicace de Fouvrage
i Mercure de France, juillet ^ 784.
où le chanoine Copernic expose avec beaucoup de netteté et de hardiesse la théorie que Galilée n'avait saisie que confusément \ Le cardinal Cuja l'avait déjà développée deux siècles auparavant. L'astronome Lalande, Tauteur du Dictionnaire (les athées, a donc raison quand il dit :
« La question théologique fut tranchée contre le Florentin; mais la question scientilique fut réservée, et il fut toujours permis, même à Rome, d'adopter le système de Copernic comme hypothèse ^. Après un tel témoignage, tout autre est superflu.
4 Galilée disait quo la lerre tournait au milieu d'une atniosphër« immobile. Il ne croyait pas non plus que l'eau suivit le mouvenrient d« la terre^ et cette résistance était la cause, selou lui, du flux et du reflux de la mer.
2 iilroH., liv. ▼.