CHAPITRE XXII
JEAN XXIII, CLÉMENT IX, CLÉMENT XI, BENOIT XIV, LÉON XII, PIE VllI, GRÉGOIRE XVI. — ONT-ILS CON- DAMNÉ LA TRADUCTION DE LA BIBLE EN LANGUE VULGAIRE? ONT-ILS INTERDIT LA LECTURE DE LA BIBLE AUX FIDÈLES?
Le pape Jean XXIII a condamné la traduction de la Bible deWicleff, publiée en Angleterre vers la fin du quatorzième siècle. Benoit XIV a condamné la sainte Bible, ou le vieux et le nouveau Testament avec commentaires littéraux composés de notes choisies et tirées de divers auteurs anglais, Léon XII , Pie VII , Pie VIII et Grégoire XVI ont fortement blâmé Tinstitution des sociétés et agences bibliques. La Congrégation de ï Index a condamné diverses traductions du
nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus- Christ, publiées à diverses époques en allemand, déc7'etduW avril \Q6S; en français, WmarsMO^; en italien ef en piémontais, 2 juin 1712. Enfin, parmi les cent une propositions condamnées par la bulle Unigenitus, publiée le 8 mars 1713 par le pape Clément XI , on en remarque sept qui ont trait à la lecture de la Bible par tous les fidèles. Ces divers décrets prohibitifs ont excité parmi les Protestants de violentes récriminations ; les Papes qui les ont publiés ont été accusés d'avoir condamné la Bible elle-même, d'en avoir proscrit absolument toute traduction en langue vulgaire, de craindre plutôt que de désirer que les fidèles connussent la parole de Dieu : pures calomnies! Les Papes n'ont pas condamné la Bible, mais les traductions infidèles de la Bible ; ils n'ont pas proscrit le nouveau Testament de Notre- Seigneur Jésus-Christ, mais les aUérations qu'on lui faisait subir et les annotations dont on l'accompagnait.
Ils veulent que les fidèles connaissent la parole de Dieu ; mais ils nient que le meilleur moyen d'acquérir cette connaissance soit de leur mettre entre les mains un exemplaire quelconque de la Bible, et de leur dire que chacun a le droit de l'interpréter à sa guise.
Ils ont protesté contre les sociétés bibliques , parce que le but réel de ces institutions, aujourd'hui connu de tous, est souvent de répandre des livres infectés des erreurs luthériennes, calvinistes et mênrie sociniennes, quelquefois d'organiser une propagande révolutionnaire , et toujours d'accoutumer insensiblement les peuples à s'attribuer le droit d'interpréter librement les saintes Ecritures, à mépriser les traditions divines conservées dans l'Eglise catholique, à répudier l'autorité enseignante des pasteurs légitimes.
Mais la bulle Vnixjenilus offre une difficulté particulière, qu'il convient d'examiner plus en détail. Voici les sept propositions condamnées qui ont rapport au sujet qui nous occupe ; nous les désignons par le numéro qu'elles ont dans la bulle :
79. Il est utile et nécessaire dans tous les temps , dans tous les lieux et à toutes sortes de personnes d'étudier l'Ecriture-Sainte et de chercher à en connaître l'esprit, la piété et les mystères.