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Pouvait-on reconnaître plus formellement la suprématie de FEvèque de Rome? Et des vérités si claires sont encore méconnues î On lit dans \ Kncydopédk moderne ^ :
^ Piowamus ifjitur, et luis dccrelis honora jiuliciurr.; et sicul nos capill JM l'onis adjecimus coiisonanliam, sic cl summilas lua filiis quod djcst ûdiî^^pleaf. (Labbe, Conc. iv, 859.)
1' l'ublic^e h Taris, en -1831 , j)j,r M. firmin Didot, sous la direction de M. Léon Renier.
« Tu es Pierre, et sur celle pierre je hâilrai mon Eglise : telles sont les paroles adressées par Jésus- Christ h Simon fR^rc de saint André, sur lesquelles reposent toutes les prétentions des Papes à la suprématie ecclésiastique. Encore saint Matthieu, le plus ancien des quatre évangélisles , est-il le seul qui les rapporte; Saint Marfc, saint Luc et saint Jean n'y font pas même allusion.
Ainsi désigné par Jésus-Christ lui-même pour jeter les premiers fondements de la nouvelleEglise, Simon, dès-lors connu sous le nom de Pierre (en héhreu Ccphas), commença mal le glorieux apostolat dont il était investi; car il renia son Maître durant la Passion. Mais il eut bientôt horreur de sa faiblesse, et, lorsque le Rédempteur sortit vivant du tombeau où ses persécuteurs l'avaient scellé, il fut l'un des premiers à le reconnaître. Dès-lors il n'hésita plus, et il ne craignit même pas d'entrer dans Jérusalem, où il prêcha les doctrines proscrites, avec tant de courage et d'onction que huit mille Juifs ou païens abjurèrent leurs erreurs. Ce furent les premiers fidèles, le premier germe de l'Eglise naissante. En vain le Sanhédrin foi t-il battre de verges l'audacieux prédicateur, les premiers chrétiens ne voyaient dans les supplices qu'un nouveau stimulant.
.... Non, non, pcrsi-culcz , i.t soyez l'iaslnuncnl de nos félicik^?.
Cependant les persécuteurs obligèrent les chré-
tiens à quitter Jérusalem et la Palestine ; ils se flattaient d'anéantir leur religion en les dispersant , ils ne firent que la répandre parmi tous les peuples, et la conversion des Gentils fut l'heureux fruit de leur exil. Saint Pierre vint à Ântioche, où il résida longtemps : c'est de là qu'il partit pour Rome où il se rendit avec saint Paul sous le règne de Néron , en 65 ou S6. 11 mourut, comme son Maître , crucifié sur lo mont Janicule , -et fat enterré au Vatican.
Tel est le récit admis par l'Eglise. Mais où sont les preuves de ce voyage à Rome , sans lequel cependant les prétentions des Papes n'ont plus de fondements? Ni le savant Eusèbe, ni les Jetés des Jpôlres, ni aucun des écrivains de Inistoire ecclésiastique durant les trois premiers siècles du Christianisme, n'e.n l'ont mention. On est réduit, sur un fait si important, aux vagues conjectures de l'évéque Papias (au commencement du ii" siècle) et aux affirmations positives, il est vrai, mais bien tardives , de Lac tance qui, dans son Traité de la mort des pcrsé^ cuteurs , parle d'un second voyage que saint Pierre aurait fait à Rome vingt-cinq ans après la mort de Jésus-Christ : de sorte qu'il est impossible d'arriver à une solution certaine.
Quoi qu'il en soit de ce voyage , ou même de ces deux voyages, il est incontestable que les premiers Evoques de Rome ne prétendirent aucunement à la suprématie spirituelle sur tous les membres de TE- Çlise. C'était Je temps où les sectateurs du Christ,
\éunîs dans leurs agapes fraternelles , ne songeaient qu'à vivre et à mourir pour leur Dieu, où nul intt'rêt personnel ne venait se mêler h leurs adorations ; époque admirable mais fugitive d'enthousiasme et de dévouement, durant laquelle les Evéques romains n'eurent d'autre ambition que de marcher les premiers sur le chemin du martyre : ainsi moururent pour la plupart saint Lin, etc....
Pendant cette longue période les chrétiens avaient vécu dans une égalité presque complète, sous un régime purement démocratique ; mais lorsque le temps et les persécutions en eurent rendu le nombre considérable, le besoin d'un gouvernement se fit sentir , soit pour soutenir leurs intérêts contre leurs persécuteurs, soit pour défendre la pureté de la foi contre les hérésies qui déchiraient déjà le sein de l'Eglise naissante. De h\ naquit la hiérarchie ecclésiastique ; de là naquirent, bientôt après, les Conciles , institution admirable , où les fidèles étaient vraiment représentés, et qui seuls conservaient encore l'image de la liberté au milieu de toutes les souffrances qu'inlligeait au monde romain le despotisme des empereurs.
Du jour où l'Eglise chrétienne se constitua ainsi, il était à peu près impossible que les Evoques de Rome, successeurs réels ou non de saint Pierre, ne prétendissent pas à quelque prépondérance. La première tentative fut celle de Victor qui, non content de maintenir la divinité de Jésus-Christ contre
lés attaques de Théodore de Bysance, voulut régler seul les contestations de plusieurs évéques au sujet de la fetc de Pâques. Il fixa cette fête au quatorzième jour de la lune de mars. Mais aucun des évêques ne consentit à subir la juridiction romaine. Tous les éveques se considéraient alors comme égaux , comme collègues, comme frères; le titre de Pape, que les Pontifes de Rome finirent par se réserver , était untilre générique qui ne signifiait pas Evéque universel. Tel fut le premier pas des hCriliers de saint Pierre vers la monarchie.
Nous ne nous arrêterons pas aux nouveaux efforts des successeurs de saint Victor pour accroître leur autorité ; les renseignements que nous avons sur cette époque sont trop incomplets , trop incertains pour qu'il nous soit possible d'exposer l'intéressant développement de leurs prétentions. Mais il est bien certain qu'ils ne furent pas entièrement stérilcs,puisque, au moment où Constantinre connut le Christianisme comme religion de l'em^pire, les Evoques de Rome semblaient investis d'une puissance beaucoup plus grande , soit que le nom de Rome oii ils résidaient servît leur ambition, soit qu'ils eussent enfin réussi à faire admettre saint Pierre conime le véritable fondateur de leur siép^e ^. »
\ L'article Papauté dans V Encyclopédie moderne est de M. A. Bouchot , professeur d'histoire au lycés de Versailles.
C'est reproduire en meilleur français, mais non avec plus de vérité ni de logique , les objections de Philippe de Mornay et du docteur Malan.
« Saint Matthieu est le seul qui rapporte ces paroles : Tu es Pierre, etc. » Et qu'importe, pourvu qu'elles soient claires et authentiques ? Les quatre évangélistes auraient-ils plus d'autorité aux yeux de M, Bouchot, s'ils s'étaient copiés servilement les uns les autres ?
« Saint Marc , saint Luc et saint Jean n'y font pas même allusion. » Tous les trois, au contraire , rappellent clairement le changement de nom et la primauté de Pierre : « Tu es Simon , lils de Jonas ; tu t'appelleras Céplias , ce qui signifie Pierre, » (S. Jean, i, 42.)
« Simon, fils de Jean, pais mes agneaux; pais mes brebis. » {Ibid. xxi, 15.)
« Il imposa à Simon le nom de Pierre. » {S.Marc, ni, 16.)
« Il en choisit douze quïl appela Apôtres ; Simon, qu'il surnomma Pierre. (S. Luc, vi, lo). — Simon , j'ai prié pour toi , ta foi ne défaillira pas; confirme tes frères, v {Ibid. xxn, 51.)
Ce qui suit est plus étonnant encore : « Où sont les preuves de ce voyage à Rome? Ki le sa-
vniit Eiisèbe, ni les Actes des Apôtres n'en parle lU.» Ornons lisons dans V Histoire ecclésiastique ilEusèbe : « La prospérité de Simonie Magicien ne fut pas de longue durée ; la Providence, qui veille incessamment pour le bien des hommes, ayant à l'heure même envoyé contre cet ennemi de leur salut Pierre, ce grand apôtre qui surpassait tous les autres en vertu, qui était couvert des armes de Dieu, et qui apporta en Occident la hîîiîière de l'Evangile ^ »
Dans les chapitres 15 et 2 G du même livre, Eusèbe non-seulement assure que saint Pierre csl venu à Rome, mais il établit ce point d'hist(iire par le témoignage de plusieurs Pères de l'Eglise : « La parole de Dieu ayant été annoncée dans Rome , les impostures de Simon y furent bir-ntot détruites avec leur auteur. La lumière de la j.iété fit une si vive impression dans Fesprit des auditeurs de Pierre , que , non contents d'avoir écouté sa doctrine, ils supplièrent Marc. son disciple de la leur laisser par écrit.On dit que Pierre, éclairé de l'Esprit de Dieu , se réjouit de la ferveur de leur zèle, approuva l'ouvrage de Marc, et [)Oî'mit qu'il lut lu dans l'assemblée des fidèles, lliémentlait mention de ce fait dans le livre hui-
1 llisl. ceci, lib. Hj c. -14.
tiênie de ses Institiiiions , etPapîas, évequede Hiérapoîe, le confirme. On dit que Pierre parle de Marc dans sa première Epître qu'il a écrite de Rome, qu'il désigne sous le nom de Babylone par ces paroles : L'Eglise qui est dans Babylone, élue comme vous , et mon fils Marc, vous saluent. » (h, 15.)
Ailleurs (c. 25) il nous dit que Néron fit couper la tôle à Paul et crucifier Pierre; il rappelle encore le même fait au chapitre premier du troisième livre ; et dans le troisième livre de sa Dé- 7nonsfratio7i évangéliqiœ nous lisons : «A Rome, Pierre est crucifié la tête en bas, Paul est décapité, et Jean est envoyé en exil àPathmos. (De???. évang,, ni, 5).
Quant aux Actes des Apôtres, il est vrai qu'ils ne font point mention de ce voyage ; mais on sait que saint Luc, en les composant, avait pour but principal de faire connaître la vie et les actions de saint Paul dont il fut le disciple fidèle, et non de saint Pierre ni d©r autres Apôtres avec qui il a eu peu de relations.
D'ailleurs, tout ce qu'ont dit et fait Jésus- Christ et ses disciples n'a pas été écrit : Le monde entier, dit saint Jean, n'eût pas contenu la quantité de parchemins que cette entreprise aurait exigée. Saint Luc lui-même n'a pas raconté tout
ce que nous savons sur saint Paul; il ne dit pas même qu'il soit mort. Les Actes des Apôtres doivent donc être complétés par les données de rhistoire.
V Encyclopédie moderne continue : « Aucun écrivain ecclésiastique, pendant les trois premiers siècles du christianisme , n'a parlé du voyage de saint Pierre à Rome. » Cette incroyable assertion se lit pareillement dans MM. Bost, Puaux, ChasleP, Bungener'^ Guoguei^; nous la trouvons dans V Encyclopédie des gens dumonde^; elle a été reproduite par M.Viennet, de TAcadémie française ^; elle est insinuée par MM. Guizot^ Quinet, et autres écri\ ains protestants ou philosophes, qui ne voient des traces évidentes de la suprématie des Evèques de Rome dans FEglise qu'à la fin du IV' siècle.
Un philosophe de Funtiquité niait le mouve- Uient; Diogène, pour toute réponse, se mit à marcher. On soutient qu'aucun écrivain des trois premiers siècles n'a fait mention du voyage de saint Pierre à Rome; nous répondons par des citations.
Le pape saint Clément , troisième successeur de saint Pierre , écrivant de Rome aux Corin-
I Conrér. — 2 Uisl. duConc. de Tr. — 3 Les piincip. diff. — 4 Art. S. l'icrre. — o Dicl. delaCouvers. — G iiisl. de la Civ,, J, m.
thiens, après avoir raconté le glorieux martyre de saint Pierre et de saint Paul , ajouîc: a A ces grands hommes qui ont donné Finslitution de la vie sainte s'est associée dans la siiile une grande multitude d'élus qui ^ excités par leur exemple, ont souffert beaucoup de supplices et de tourments et sont devenus, à leur tour, les plus excellents modèles parmi nous. » (/. Ep, ad Cor.) .
Saint Ignace , évèque de Smyrne , disciple de saint Pierre et de saint Jean, commence sa lettre aux Romains par rendre hommage à la primauté de l'Eglise de Rome qu'il appelle l'Eglise présidente, l'Eglise qui commande ^ ; puis il les supplie de ne pas s'opposer à son martyre , et ajoute , dans son humilité et en faisant allus'o:! à l'ordre que saint Pierre et saint Paul avaient donné aux fidèles de Rome dans une circonstai:ce analogue : « Je ne vous l'ordonne pas comm :• le firent Pierre et Paul; ils étaient apôtres, je ne suis qu'un condamné ''^. » Un autre disciple de saint Jean, le martyr Papias, évéqued'Hieraj; )lis en Phrygie, rapporte que saint Marc a écrit son
\ EccUsiœ quœ prœest in regione Romœ. — Quœfrœestin carm'.\ — HjjonxOïjij.«.i, (liseiil les Glossaires grecs, si<]nific présider, avoir le coi'.imaiideincul, èUc le chef, avoir la principale aulorilé.
2Colel. Palm apost. ii, 8G.
Evangile à Rome, comme il l'avait entendu annoncer et prêcher par saint Pierre. {HisU eecL, II, 15.)
Caïus, qui vivait du temps du pape Zéphirin, en 202, disait à Proclus, chef des Cataphrygiens : « Pour moi, je puis montrer les trophées des Apôtres; si vous voulez les voir, vous n'avez qu'à aller au Vatican et sur la voie d'Ostie. » (Eus., 1, 26.)
Vers la même époque, Hégésippe, dans son ouvrage intitulé De la 7'uine de Jérusalem (c. i), rappelle pareillement la mort de saint Pierre apôtre à Rome.
Denis de Corinthe, écrivant aux Romains vers l'an 166, leur dit : «Vous avez mêlé ensemble, par un sage avis, les Romains et les Corinthiens, comme des plantes semées dans le champ de l'Eglise par les mains de Pierre et de Paul. » (Eus., n, 26.)
Clément d'Alexandrie , disciple de saint Pantène , qui avait vécu avec les Apôtres , assure comme Papias que saint Marc , disciple de saint Pierre, a écrit l'Evangile que son maitre avait prêché à Rome, et que c'est à la prière de quelques officiers de l'empereur, qui avaient entendu saint Pierre , qu'il a commencé ce travail. (Cassiod., in L Petr, v). Kous avons entendu
ce même écrivain dire dans ses Institutions que, le démon ayant conduit Simon le Magicien à Rome, la Providence y amena saint Pierre pour le combattre et le vaincre.
Rappelons le passage de saint Irénée , que le lecteur connaît (Jéjà : « Comme il serait trop long d'énijmérer toute la suite des successeurs dv?s Âpùtics , je ino bornerai à l'Eglise de Rome, la plus grande , la plus ancienne et la plus illustre des Eglises fondées par les glorieux apôtres Pierre et Paul , recevant d'eux sa doctrine qui a été annoncée à tous les hommes, et qui, par la succession de ses évoques , est parvenue jusqu'à nous, k cette Eglise , à cause de sa primauté qui relève au-dessus d'elles, toutes les autres doivent avoir recours , je veux dire les lldôles de tous les pays de la terre. Après avoir ainsi fondé et instruit cette Eglise, ils en confièrent le gouvernement à Lin; Lin eut pour successeur Anaclet, puis en troisième lieu vint Clément; à Clément succéda Evariste qui eut pour successeur x\lexandre, puis ensuite Sixte qui fut suivi par Télesphore, Ilygin, Pie et Anicet; mais Soter ayant succédé à Anicet, Eleuthère, le douzième Pontife depuis les Apôtres, gouverne aujourd'hui l'Eglise. )j L'illustre Evoque de Lyon ajoute : « Faire connaître la tradition de la première des .
Eglises fondée à Rome par Pierre et Paul , c'est confondre tous ceux qui n'ont pas la même croyance qu'elle. » {Ackers, hœres. ni).
Les témoignages suivants, pour être formulés en forme de reproches , n'en sont que plus précieux : ce Etienne est fier de son siège, dit Firmiiien évêque de Çappadoce , il se glorifie d'être le successeur de saint Pierre sur qui reposent les fondements de FEglise, et il ose introduire d'autres prières, construire d'autres églises, en prenant la défense du baptême des hérétiques î »
« Etienne (c'est le même auteur qui parle) se vante de s'asseoir dans la chaire de Pierre en qualité de successeur, et il n'est animé d'aucun zèle contre Thérésie '. »
« L'Evêque de Rome, dit saint Cyprien, assure qu'il possède la succession de saint Pierre. » Et ailleurs : « Ils osent se mettre en mer et porter les lettres que leur ont données des schismatiques et des profanes, à la chaire de Pierre , à la principale Eglise d'où dérive l'unité du sacerdoce; ils ne se rappellent pas que les Romains sent des chrétiens dont l'Apôtre a loué la
4 Slcplianus, qui pcr succcssioncm callieilrain Pclri liatcrc se prscdicat, nullo advci-îiis baerclicos io\o exciialur. (Àpud Cypr., Valrol. cursus compl. IV, 26.)
foi, et auprès desquels la perfidie n'a point d'accès. — La place de Fabien pape et martyr , c'est-àdire la place de saint Pierre , et le grade de la chaire sacerdotale étant devenu vacant, Cornélius a été élu pour l'occuper \ »
Voici quatre passages de Tertullien où il s'agit de la prédication, de Tépiscopat et du martyre de saint Pierre à Rome :
« Néron, le premier, sévit contre FEglise naissante : ce fut alors que Pierre fut attaché à la croix, et qu'ainsi fut accomplie la prophétie qui lui avait été faite ^, — Rome d'où nous vient l'autorité, cette Eglise bienheureuse à laquelle les Apôtres transmirent leur doctrine avec leur sang, où Pierre fut assimilé au Seigneur dans le genre de sa mort , et où Paul eut la même couronne que Jean. {De PrœscripL , 32.) — Que les hérétiques nous montrent l'origine de leur Eglise , qu'ils établissent la succession de leurs évèques de manière à ce que le premier soit un apôtre ou envoyé d'apôtres, car c'est ainsi que le peut faire l'Eglise de Rome où Clément fut ordonné par Pierre, etc. {De PrœscripL , 52.) —
A Episl. 52.— Kpist. 53, ad Corn.—Fatrol. iv, 26.- 2 Orienlem fiJeiri Uoiiiie primus Ncro crueutavit : cùm Petrus ab allero cinj;iliir, cum cruci aclslringilur. [AdversÙS Giiost. Scorp. XV.)— L'Li Pull us passioiii Domiuicw adaeriualur. {D6 PrCBSCript., ç. 56).
Est-ce qu'il n'y a aucune différence entre ceux que Jean a lavés dans les eaux du Jourdain et ceux que Pierre a teints avec les eaux du Tibre?» (L.deBapL)
Pierre d'Alexandrie , d'après Eusèbe (iv, 2), atteste la même vérité, et Origène ^ nous dit que c'est après avoir prêché l'Evangile dans le Pont , la Galatie , la Bithynie , la Cappadoce et VAsic , que saint Pierre alla eniin à Rome, où il fut crucifié la tète en bas , comme il l'avait soubaité ^.
Calvin déclare qu'il n'ose nier que saint Pierre ne soit mort à Rome, à cause du consentement des auteurs '\ Mais il rf admet pas la longue durée que l'on fixe à son pontificat. Il faut distinguer, dans la question qui nous occupe, le fait principal et les circonstances accessoires :1e premier est établi sur des preuves irréfragables; qu'importe que celles-ci puissent être contestées ? Saint Pierre est venu à Fiome, y a prêché , y a établi une Eglise, y est mort : cela suffit pour établir la primauté des évêques qui , en lui suc-
-1 fxj//(itt. in Gen. (Kiis. Prol. Eccl., u\, i).
2 V. EuséLc, Histoire ecclàiasliuue. — D. Calmel.— Ventura , Lettres
cédant sur le même siège, ont hérité de ses privilèges \
À II fautaTouer loutefois que l'on a cru généralement dans l'Eglise, jusqu'au sixième siècle , que Tépiscopal de saint l'ierrc à Rome avait duré vingt-cinq ans, et celle opiniou est barée sur des monuments trèsanciens.
Mous citons les principaux :
Une ancienne peinture, trouvée dans l'église de Saint-Paul, sur la Toie d'Oitie, porte : Peirus sed. ann. xxv. m. ii. d. vu. Pierre siéçea 23 ans 2 mois 7 jours.
Le catalogue do Libère, manuscrit du iv» siècle . édité par Bûcher et Scheleslrate , dit que le pontificat de saint Pierre dura 2o ans 1 mois 9 jours.
Le catalogue de Félix IV , manuscrit du vi" siècle , 23 ans 2 mois
9 jours.
Le catalogue de Bergame, décrit sous Pie II, 25 ans 2 mois 8 jours. Le catalogue, de Farfa, transcrit au xi^ siècle d'un -manuscrit très-an ■
cicn, 23 ans 2 mois 7 jours.
Le catalogue de Lucqucs , composé au s' siècle sur de vieux manuscrits
du Vatican, 23 ans 2 mois 7 jours.
Le manuscrit dit de Papebrock, reproduit au vi* siècle d'un plus ancien et se terminant an pape Vigile, 25 ans 2 mois 7 jours. Les sept manuscrits de !a bibliothèque de Colbcrt indiquent lous 23 ans, seuls les mois désignés varient de < a 3, et seuls les jours de 5 à 8. En résumé, quatorze manuscrits ont été examinés jusqu'ici; tous fixent le nombre d'années du ponlificat de saint Ticrre à 23 ans, huit le nombre de mois à deux, six le nombre de jours a scpl , nouil>re indiqué par les ancieiincs peintures de la basilique de Sainl-Paul. (V. Valrolojiœ t. càxtii. c, 282.) — D'après ce senlimentil faudrait établir ainsi la chronologie de l'action de saint Pierre depuis sa vocation jusqu'à sa morl.
An de l'ère chrétienne. En supposant qu'elle a commencé quatre ans après la naissance de Jésus-Chrisl.
23 Cornélius Getulicus, Jésus-Christ est baptisé par saint Jean. Com- Cahitius Sabinus, mcncement de l'ère évangelique ; vottiliou
d'André et de Simon.
A ces nombreux témoignages ajoutons ceux d'Arnobe et de Laetance ', qui ont commencé d'écrire avant Fan 500 deFère chrétienne; rappelons que saint Optât, saint Epiphane, Eusèbe et saint Augustin % pour dresser, au iv"^ siècle , le cata-
26 Licinius Crassus , Choix des douze Af-ôlres , dout le premier est Caipurnius iMso. Simon-Pierre.
27 Junius Silaiius , Pierre confesse la filiation divine du Christ. Silius Nerva. Jésus-Christ lui promet do rétablir la pierro
rondiimenlale de son li{^lise.
28 Fabius Geminus , Jésus-C hrist célèbre sa dernière cène le jeudi KuLell. Geminus. 2b mars, sa passion le 20 mars, sa résurrcc-
lion le 28 mars. (Victor Aqnil. in can. Pasch. — V. nippol.) Il établit Pierre chef de son E{;lise vers la fin du mois d'avril. Ascension, le jeudi 6 mai. Ordination de sept diacres.
29 Cassuis Lon{îlnns , Première année du pontificat de saint Pierre, M. Vinicius. martyre de saint Etienne. Pierre et Jeaa
sont envoyés de Jérusalem a Saraarie. Simon le Magicien.
30 Tiberius Âuguslus, Conversion dé saint Paul. Sejan.
I Arn., Adv. Gentcs, ii.— Lact. , 2)e morte perscc, u, — Instit.iv, ô. . 2 Tous nomment Pierre premier Evèque de Rome. Le poème contre Marcion , composé a Rome au iy^ siècle, établit le môme ordre de succession :
lîàc catli^drà Petriis quà stdoral ipse loratum Maximu llcaia Liiium, priinuni conscilcrc jussit.
{Advns. Marc, lib. ni, inicr op. Tcrtull.)
Ce que font aussi les vieilles peintures de la basilique de Saint-Paul, qui représenk-nt les portraits des Evèqucs de Uonie depuis saint Pierre jusqu'à saint Innocent : « monument d'une très-grande autorité, à qui n'ont manrjiié . disent les Cénécliclins de Soksme dans les Origines de i Eglise romaine, ni la majesté du sanctuaire, ni l'autorité des documents, ui l'évidence delà promulgation. »
îogue des Evêques de Rome , se sont servis de documents très-anciens; que la plupart des registres, dont la collection forme le Livre des Pontifes romains^ ont été rédigés par les notaires delà primitive Eglise; qu'au concile de Sardique, 314
51 Dom. yEnoharbus, Cam. Scriboniaiius.
33 Pcrsicus , Vilellius.
o-î Ceslius fiallus , Servilius Nonianus.
59 Caius Cœsar seul.
AQ Caius Ccsor,
Pont, Saturnin us.
41 Mnl.
A2 Claudii Larp,us.
•43 Claudius , Vifellius,
De 40 h S4.
$0 Vol. Saturninus, Cornélius Scipio.
Picrro et .Ican rclourn enl à Jérusalem. Mission de Saniario.
Paul s'ccliappc de Damas et vient h Jérusalem. Darnabé Je conduit au\ Apôlres ; il demeure quinze jours chez saint Pierre. Pierre ifisite l'Eglise, cl va pour la première fois «■vangéliscr Aniioclio.
Pierre retourne à Jérusalem, et baptise Corneille. Sa décision sur la vocation des Gentils.
Mouvement do troupes rappelées de Judée pour être envoyées il Gerinanicus dans la Grande- Bretagne.
Premier voyn ge de Pierre h P>ome; il converse avec rbilon , et se lie d'amitié avec lui. (Hicron., de Script, eccl.)
Pierre convertit jliisieurs officiers de l'empereur, qui prient Marc son disciple d'écrire son Evangile. Pierre approuve le travail de Marc , et envoie son disciple à Alexandrie, capitale de l'Egvpto.
Les Juifs son! chassés de lîomc. Départ ds Pierre pour li Palestine. Il visite les Eglises, prêche dans la Cappadoco, le Pont, l'Asie, la Bilhynie, et se rend a Jérusalem.
Pierre est mis en prison par lîérode Agrippa, et délivré par un ange. Expédition de Claude dans la Grande-Bretagne.
Concile de Jérusalem. Visite à Anliochc. Diverses missions en Asie. Seconde visite de Paul a Jérusalem.
Second voyage de saint Pierre à Rome, Il écrit $'À ^reraicre Epi Ire,
ans après la mort de Notre-Seigneur , trois cents évéques organisèrent le droit d'appel à Rome pour honorer la mémoire de saint Pierre; et concluons que, même en ne demandant des preuves qu'aux trois premiers siècles de FEglise, le voyage de saint Pierre à Rome est un fait historique des plus clairs , des plus certains , des plus autori-
ses \
58 Nero, Mcssala.
6t Fœtlus, Turpilianus.
Pierre ordonne saint Lia pour l'aider dan» l'exercice de son ministère et gouverner l'Eglise de Rome en son absence.
Paul en appelle à C^sar, et est envoyé a Rome. Paul est mis en liberté.
Pierre prCicbe l'Evangile en Occident, d'aprèj saint Innocent pape.
Martyre de saint Marc, évoque d'Alexandrie; il a pour successeur Théophile. Mort d"Evode , évùfjue d'Anliocho; Ignace lui succède. Saint Pierre retourne à Rome.
Victoire de saint Pierre contre Simon le Magicien.
Incendie de Rome par Néron. Première persécution géneralo contre les chrétiens. Pierre écrit sa seconde Epilre.
Marfvre de saint Pierre et de saint Paul le 29 juin, lronl<"-scpt ans après la mort de Nolre- Seignour. Saint Lin succède a saint Pierro sur le siège de Rome et dans le gouvernement de lou(c TEglisc.
I)*après l'ère Dyonisiennc Jésus-Christ est né l'an 5000 du monde, et par conséquent est mort en l'an 33. Les dates que nous venons d'indiquer doivent, dans ce système, être avancées de quatre ans.
A « Nihil in tolà histoiià ecdcsiasticfi illustrius, nihil ccrtius alque teslalius quam advcntus Pclri aposioli in urbcm Uomara, » (De Valois, ;V. in Eusebium.)
62 Marius Celsus , Asinius Gallus.
63 Meramius Regulus, Virginius Rœsus.
Cî Licinius Bassus , Licinius Ciassus.
Gî> Licinius Ncrva , Veslinius Alticus.
« Lorsque le temps et les persécutions en eurent rendu le nombre considérable, le besoin d'un gouvernement se lit sentir, soit pour soutenir leurs intérôfcs contre leurs persécuteurs, soit pour défendre la pureté de la foi contre les hérésies qui détruisaient déjà le sein de l'Eglise naissante. De \k naquit la hiérarchie ecclésiastiq;ue. »
Le fond de ces pensées contradictoires est que la h iéiWclîîe ecclésiastique doit sa naissance aux persécutions et aux hérésies : elle est donc bien ancienne; car TEglisc comptait à peine quelques mois (rexistence, lorsqu'une violente persécution éclata contre elle. Tous les jiidèles furent obligés de quitter Jérusalem et de se disperser dans les contrées environnantes , seuls les Apôtres resté -
Nous pouvons citer le lémoij'najje d'un auîeur plus ancien encore^ et qui , a lui seul , Irancha la (juoslion : c'est celui de saint rierie luiniôme. Sa première IvpUrc se termine ainsi: ,« L'Eglise de Babylone vous salue, de môme que monfils Marc.»(v,'l2.) Quelle ville désigne l'Apùlre? Ce n'est pas Babylone de Chaldée , amas de ruines d'après Sirahon et Diodore, cl d'où les Juifs avaient été chassés par leurs mortels ennemis de Séleucie. Ce n'est pas IJjbylono d'Kgyptc, forteresse romaine entièrement inconnue des Juifs à qui l'Epllre est adressée; ni Jérusalem qui, à celle époque, ne renfermait aucun idolâtre dans son sein : c'est donc la ville de Home, où saint Pierre était arrivé sous l'empereur Claude avec son disciple saint Marc, séjour qu'il ne voulait pas découvrir sans raison à ses ennemis. Telle est l'interprétation commune qu'ont donnée a ce passage les Pères et les interprètes, jusqu'à Luther, qui lui-même désigne quelquefois Rome sous le nom figuré de Babylone. Dans l'Apocalypse^ saint Jean appelle souvent Rome païenne, Babylone,
rent afin de pouvoir, réunis ensemble , lutter avec plus de succès contre le danger '. La même page des Actes des Apôtres qui nous raconte la première persécution nous fait connaître aussi quel a été le premier hérétique , Simon le Magicien; et c'est encore Pierre , le clief de FEglise, qui est chargé de le combattre, (vni, 20.)
Plus tard nous verrons l'Eglise jouir d'une paix profonde, et Pierre profiter de cette circonstance pour faire la visite générale des chrétientés naissantes '^. Toujours Taction d'un gouvernement se fait sentir dans TEglise.
iN'ous passerons plus rapidement sur les autres inexactitudes dogmatiques historiques contenues dans les pages que nous avons extraites de Y Encyclopédie moderne, et reproduites depuis par plusieurs auteurs soit catholiques, soit pro« testants.
« Les premiers Evèques de Rome ne prétendaient nullement à la suprématie spirituelle sur tous les membres de l'Eglise. »
Ils faisaient plus que d'y prétendre , ils en fai-
1 Facta est in illâ die persccullo magna in Ecclcsià quse eral Jeroso- Ivniis , et omncs dispersi sunt per regioncs Judcesc et Samaria; , prœler Aposlolos. (/le/, viii, I .)
2 Pclius dura perUatisiiet uniyersos. ÇUt, ix, 52.)
salent usage selon que l'exigeaient les besoins de TEglisc.
Les annales de la primitive Eglise nous racontent que presque tous les Papes ont ordonné un certain nombre d^évcques, qu'ils envoyaient en divers lieux pour gouverner les Eglises établies et en fonder de nouvelles \ Leur autorité s'étendait à tout. Clément somme les chrétiens de Corinthe de rétablir les jirètres qu'ils avaient déposés dans une émeute, iVlexandre règle le culte, Ilygin excommunie Cerdon, Pie fixe par un décret la coutume de célébrer le dimanche la fête de Pâques. Après cela, nous avouons que les Evêques romains , pendant les sanglantes persécutions qui ont désolé l'Eglise durant les trois premiers siècles, étaient plus occupés à encourager les chrétiens et à marcher les premiers sur le chemin du martyre, qu'à défendre une autorité que personne ne contestait.
« Pendant cette longue période , les chrétiens avaient vécu dans une égalité presque complète sous un régime purement démocratique. »
Jamais il n'a pu en être ainsi. L'Eglise est essentiellement monarchique ; les évoques sont de
-I Fpiscopos por Jiversa loca qnindecim. Clomcns. — Tniicopos periiivcrsa loca scplem, Hyg,, etc. {Likr Pontificalis, passim.)
iisRÂRY ST. Mm:rs collège
droit divin supérieurs aux prêtres et aux fidèles, et le Pape a sur tous la primauté d'honneur et de juridiction. Alors même qu'il « n'y avait pai-mi les chrétiens qu'un cœur et qu'une àme, » il y avait des chefs pour les gouverner , et c'est à leurs pieds que les chrétiens venaient déposer le produit des ventes de leurs terres et les diverses offrandes dont la distribution devait être faite à chacun selon ses besoins.
« Du jour oiiTEglise se constitua ainsi, il était à peu près impossible que les Evêques de Rome, successeurs réels ou non de saint Pierre, ne prétendissent pas à quelque prépondérance. »
C'est de son divin fondateur que l'Eglise tient sa constitution , et non d'elle-même; le temps a pu développer ce qui n'était qu'en germe dans l'Eglise naissante, mais il n'a pu rien créer. Si les Evêques de Rome n'eussent été réellement les successeurs de saint Pierre, ils auraient prétendu en vain à quelque prépondérance. Rome, pendant trois cents ans, n'a fait que persécuter l'Eglise; Rome n'a pas toujours été le séjour habituel des empereurs romains: Milan, Aquilée, Nicomédie, Ravenne, ont eu tour à tour cet honneur. Rume est restée longtemps une sinq)le préfecture de Constantinopie ; elle a été plusieurs fois dé-
truite de fond en comble : toujours son Evéque a eu, comme premier pasteur, la juincipale part dans le gouvernement de TEglise.
« La première tentative fut celle de Victor, qui, non content de maintenir la divinité de Jésus-Cin'ist conlre les attaques de Théodore de Bysance, voulut régler seul les contestations de plusieurs évéques au sujet de la fête de Pâques. »
L'histoire cite d'autres faits antérieurs au pontificat de Victor, qui tous montrent la prépondérance des Evcques de Rome. Le pape Clément, nous l'avons déya dit, intervint avec autorité dans les affaires de l'Eglise de Corinthe. L'hérétique Marcion, condamné par ré\èquc de Sinope, fait appel à Rome. Les martyrs de Lyon , dans leur lettre à l'Evèque de Rome, l'appellent leur Père. Tertullien est au désespoir de ce que le Pontife romain a révoqué les lettres de paix que, sur une fausse information , il avait remises à des sectateurs de Montan. Saint Denys , évèque de Corinthe, en écri\ ant au pape Soler pour le remercier des aumônes abondantes qu'il avait envoyées à ses ouailles, constate que les Evoques de Rome se sont toujours montrés les pères de tous les chrétiens : « C'est une vieille coutume chez vous de répandre vos bienfaits sur les ûèrcs »
et d'envoyer la subsistance aux Eglises dans quelque endroit qu'elles se trouvent \ C'est ainsi que , lidèles en vrais Romains aux traditions qui datent de la fondation de votre Eglise, vous soignez les pauvres , vous soulagez ceux qui ont été condamnés aux mines. Le bienheureux Soter votre évèque, à l'exemple de son prédécesseur, s'est souvenu de nous. Il a accueilli nos frères comme un père ses enfants; son indulgence les a encouragés , ses discours les ont consolés. » L'évèque de Corinthe ajoute : « Nous avons la coutume de lire dans nos assemblées , le saint jour du dimanche, votre lettre aussi bien que celle de votre prédécesseur Clément. » Les pays les plus reculés avaient connaissance de la suprématie de FEvéque de Rome dans l'Eglise universelle. Vers le milieu du n® siècle, un descendant de Caractacus, ce héros que l'empereur Claude avait établi roi dans la Grande- Bretagne , forma le projet de renoncer aux erreurs du paganisme et de se faire chrétien. A qui demande-t-il des missionnaires pour être instruit de la doctrine nouvelle qu'il veut embrasser? à Rome; et c'est le pape Eleuthère qui,
^ Apud vos is mosjam invetcravit ul omncs fraircs variis afûccreti» IcneOciis, et Ecclesiis pcrnmllis qucs iu civilale quàfjuc suDt vitffi mittc^ rclii subsidia. (Euseb., Uist. iv, 22.)
en Tannée 185, reçut l'ambassade solennelle en^ voyée à cette fin par le roi Lucius K
Quand donc le pape Victor décréta qu'on célébrerait la fête de Pâques, non pas le quatorzième de la lune de mars , comme le dit M. Bouchot (c'était l'usage des Juifs et des Asiatiques , réprouvé par Victor) , mais le dimanche qui suivait cette pleine lune, loin de faire « le premier pas vers la monarchie, » il fit tout simplement usage de l'autorité suprême attachée à son Siège, comme l'avaient fait en d'au- Ires circonstances plusieurs de ses prédécesseurs. Nous verrons plus tard que les autres évèques ne méconnurent pas «la juridiction de Victor, » que la primauté du Pape n'est pas attachée au nom, que le Souverain Pontife peut prendre le plus humble titre, et appeler les évèques ses frères, et ses égaux, tout en accomplissant les devoirs que lui imposent ses fonctions de chef de l'Eglise.
Nous terminons cette discussion par un argument d'autorité que les protestants ne récuseront
4 Voy. Sclielesirade, Dissertation sur l'autorité imtriarcale, — llenrion, Uistoirc ecclésiastique) \i, col. -ISO el s.
pas. Ce sont les pères de la Réforme qui, sur chaque point de notre thèse , vont tenir un langage presque identique à celui des Pères de TEglise. Voici ces aveux, ils ne manquent pas d'intérêt :
Pimre était supérieur aux autres Apôtres, «Pierre a été le principal entre les Apôtres, je ne le nie pas; j'avoue même qu'en considération de l'excellence des dons dont le Seigneur l'avait comblé, il avait un fort grand pouvoir; ce qui faisait que, toutes les fois qu'ils étaient réunis, l'assemblée lui rendait respect, honneur, soumission. Calvin \ — Nous accordons volontiers que saint Pierre a été élevé en autorité au-dessus des autres Apôtres. Zuikgle, — îl est certain que saint Pierre fut le premier des Apôtres, et que Dieu veut l'ordre. » Fabricius ^
L' Evoque de Rome est successeur de Pierre, « il est certain que Dieu a honoré l'Eglise romaine sur toutes les autres , car c'est en cette Eglise que saint Pierre et saint Paul, quarante-six Papes et des millions de martyrs ont répandu leur sang et ont triomphé de la mort et de l'enfer. . . Je ne nie pas que TEvêquc de Rome ne soit, n'ait été et ne doive être le premier. Luther ^. —
^ Traité de la réforme de l'Eglise.
2 Verlbci dijungeti, 1707.
S Résoluliou sur treize propositions, t. i"';C'dit. d'Icua.
ÏI2
Pourmoî, jen'aî jamais nié la primauté d'honneuF à saint Pierre, nia ses successeurs. Luther ^ — • Rome, comme Eglise romaine par le séjour et le martyre de saint Pierre que l'antiquité a reconnu pour chef de FEglise apostolique , ayant été honorée du titre de Tapôtre saint Pierre, a pu sans difficulté être considérée par un des plus renommés conciles, celui de Chalcédoine, comme chef , c'estrà-dire comme première Eglise présidente sur un des plus grands diocèses, à laquelle personne ne disputait le rang. Blokdell ^ — Nous avouons la suprématie de Tépiscopat de saint Pierre et la succession des Papes à cet Apôtre. Puffendorf dans son livre de la Monarchie diiPon' tife de Rome, Grotius dans ses lettres, s'expriment hautement en faveur de la primatie de FEglise romaine, de sa hiérarchie et de sa succession épiscopale : vérité si incontestable, du reste, que Luther ni Calvin, ni les Centurialistes de Magdebourg, n'ont hasardé de l'attaquer. Stark "^. — Me voici dans le temple sacré du Christ, élevé sur la tombe de son martyr (Saint-Pierre de Rome). On ne peut rien te comparer, édifice imposant, le plus saint, le plus vrai, le plus digne de l'Eter-
4 Contre les Anabapt.
2 Piiiuaulé de l'Eglise.
B EiUrcliciisphilosopbiiiucssurlcsdiiïéreDlescomrauûioDsclirélicnftcs.
nel! Majesté, puissance, gloire, force et beauté, tout est réuni dans ce temple du Dieu de l'univers. Lord Byron \ — Aucun véritable chrétien ne niera que saint Pierre n'ait été à Rome. Hugo GiioTius 2. — C'est un fait attesté par toute Fantiquité. Baratier ^. — Ge serait une grande folie que de nier que saint Pierre ait été à Rome , y ait fondé l'Eglise , et l'ait glorifiée de son sang. Cave *. — Le nier , c'est renverser toute autorité historique. » Bas^age ^.
La ville de Rome a été choisie, avec raison, pour être le séjour du chef de T Eglise. « Dès que Jésus- Christ a voulu fonder une Eglise visible , il faut que cette Eglise soit répandue partout. Or, s'il existe une Eglise réelle et visible et une hiérarchie ecclésiastique dont l'autorité embrasse toute la terre , il faut que le siège de cette hiérarchie se trouve quelque part. Rome semble, plus que toute autre ville, propre à être la tète et la source de cette hiérarchie chrétienne et universelle.» Cancellarius ^.
Le pouvoir du Pape est de droit divin, « Ce qui
i Childe-Harold, sir. i53.
2 Annot. in N. Teslam. , adi. Petr.
5 Disquis. clironol. de suce. P. R.
4 Vom ersten Chrislbentum.
îî An». Eccl. pol. , ad ann. 62.
6 Jacob Andréa, in ration, è verbo Dei pet.
me porte à croire que le Pontife romain est sur tou3 les autres qui portent la qualité de Pontifes, c'est premièremen^ la volonté de Dieu, laquelle est visible en cette affaire ; car le Pontife romain n'eut jamais pu arriver à cette monarchie, si Dieu ne Fcùt voulu. Or la volonté de Dieu , de quelque manière qu'elle nous soit signifiée, doit être reçue avec respect , et partant il n'est pas permis de résister au Pontife romain en sa primauté. Cette raison est si puissante que, quand même il n'y aurait en sa faveur aucun texte de la sainte Ecriture, ni aucune autre raison , cçUe-ci serait assez forte pour réprimer ceux qui lui résistent. Luther \ — L'Eglise est un corps; elle est composée, par conséquent, de beaucoup de membres : au-dessus de tout ce corps estl'Evèque de Rome. Ceci est organisé d'après le niodèle de la primauté que saint Pierre avait sur les autres Apôtres, conformément àrinstiluliondu Christ. L'unité avec un chef est Farme la plus puissante contre les schismes; le Christ Ta indiqué, etl'expérience Ta démontré. Grotius ^. — L'Eglise catholique tire son origine de Jésus-Christ lui-même. Il mit Pierre à la tète de son Eglise. Lisez l'Evangile de saint Matthieu (xvi, 18, 19), et celui de
1 Rt'solatîon sur treize propositions, c. i.
2 lu coDsult. G. Cassandri Annot.- ^812, Cl.
saint Jean (xxi, 1 5 et suivants), vous y verrez qu'il faut ou nier la vérité des saintes Ecritures , ou avouer que Jésus -Ciirist lui-même promet un chef de FEglise à toutes les générations à venir. W. CobettV — Saint Pierre mourut martyr à Rome environ soixante ans après la naissance de Jésus-Christ , mais il fut remplacé par un autre, et il est de la dernière évidence que la chaîne de succession n'a pas été interrompue depuis cette époque jusqu'à ce jour. /(/. ^. — Si toutes les sociétés sont portées par leur nature à centraliser leurs forces, il est à présumer que la sagesse de THomme-Dieu a pris cette tendance en considération lorsqu'il a fondé son Eglise. M Jacobi ^.
Les Pères des premiers siècles ont reconnu cette primante. «Nous confessons ingénument que les anciens Pères de l'Eglise ont reconnu la primatie de l'Eglise romaine , comme étant celle qui a la chaire de saint Pierre et dont les évêques presque tous ont été regardés comme successeurs de saint Pierre. M. Bucer \ — Nous ne saurions méconnaître que les plus anciens Pères de l'E-
1 Hist. de la Réforme prolesl., teltrc u, n" AO.
2 Ibid., lettre u, n° -41.
5 Uber BilJung, ^808.
4 Prépar. pour le codc. de Trente,
glîse enseignèrent tous qu'il y a dans TEglise un Evoque suprême. » Pfaff \
Qui n'en était pas moins réelle^ bien que les Papes, à cause des circonstaiices, rH aient jjos ton- Jours pu V exercer publiquement. « Il est certain que les persécutions, auxquelles FEglise fut en Lutte pendant les trois premiers siècles , empêchèrent souvent les Evêques suprêmes , les successeurs de saint Pierre, de faire valoir publiquement leur suprématie. Mais ils existèrent toujours; il y eut toujours un Evèque suprême, et sa suprématie fut toujours reconnue par FEglise, c'est-à-dire par tous les chrétiens. Chaque Pape, en montant successivement sur le Saint- Siège, devint le chef de l'Eglise , et son pouvoir et son autorité suprême furent reconnus par tous les évêques et par tous les prédicateurs chrétiens de toutes les nations chez lesquelles cette religion existait. » W. Cobett ^.
Cette primauté découle comme une conséquence nécessaire de la nature même de VEglise, « Dieu étant un Dieu d'ordre , et une seule Eglise catholique et apostolique réunie sous une hiérarchie universelle étant de droit divin , îl s'ensuit que le Magistrat suprême , agissant
4 De orig. Jcs. Ecclcs., art. 5.
2 Hist. de la I^f. prol., Uttn Ji, n° 42,
dans les limites de la justice , a le pouvoir et le droit de régler tout ce qui est utile au salut des âmes, et d'exercer sa charge pour le bien de l'Eglise universelle. Leibnitz ^ — Il faut un chef suprême à une religion, pour qu'il y ait parmi ses membres paix et unité ; car une religion ayant dans chaque pays un chef particulier , subira bientôt l'influence des besoins de l'Etat : elle ressemblera à toute autre institution politique , telle que la poste ou la douane , perdra le caractère d'institution divine , et Unira par se transformer en institution financièî-e ou en mesure de police. L. Oke> ^. — Toute société religieuse et politique doit être organisée, et comme les membres d'un corps unie sous un seul chef, si elle ne veut pas se dissoudre et se démembrer.» VouAmmon ^
La perpétuité du Siège apostolique est une preuve de la vérité de la religion ealholique, « V(h rigine et la durée de la Papauté sont d'une si grande importance , que les catholiques peuvent, à bon droit , regarder ce fait seul comme une preuve sans réplique de la vérité de leur religion. Wolters *. — Une fable des Arabes
1 Briesc, 4733, i, bb.
2 Neuc Bewaffnuug, clc, 4814#.
S Eiuhert, >I827, n» 3.
4 Inder Mioerya, iSiO,
raconte que la grande pyramide fut bâtie par des rois antédiluvi^s, et que seule parmi les œuvres de riiomme elle a survécu au déluge. Tel fut le sort de la Papauté : elle avait été ensevelie sous la grande inondation , mais ses fondements n'en furent point ébranlés, et, quand les eaux baissèrent, elle apparut seule au milieu des ruines du monde qui venait d'être détruit. Macâu- LEY ^ — Un homme d'esprit et de cœur dit un jour devant moi (j'étais encore enfant alors) : « Aujourd'hui il n'y a rien de fixe ni de stable à quoi l'on puisse rattacher sa vie. Les idées et les rois passent, tout se déplace, tout s'use avec une dévorante rapidité. La société change dix fois de face entre le berceau et la tombe d'un mortel. En vérité , au milieu de cette versatilité des choses, il n'y a qu'une ville et qu'un homme qui , par leur immobilité dans l'océan du temps , présentent à notre esprit une image de suite et de perpétuité, Rome et le Pape. Trouvezmoi, pour ceux qui sont las d'errer à la merci de tous les vents, et qui demandent à la vie le calme de l'éternité , un refuge assuré où chercher un abri , un port toujours ouvert où amarrer leur barque, si ce n'est sur ce rocher plus haut que les tempêtes, Rome et la Papauté? »
i Revue d'Edimbourg, oct.'1840.
« Cette parole, jetée sans prétention au milieu d'une causerie tour à tour frivole et sérieusfî, est tombée en moi et y esi demeurée depuis, tant elle avait frappé mon imagination, En effet, pour les cœurs indifférents et distraits , pour les esprits irrésolus ou ceux que retient la honte d'avouer leur erreur, pour l'incrédulité systématique, pour les convictions les plus rebelles, pour tous tant que nous sommes enfin, âmes égarées dans les ténèbres du doute, n'est-ce pas un spectacle capable de réveiller le sentiment croyant , endormi et étouffe en nous, que cette formidable immutabilité où la guerre, la torture, le mépris se sont brisés le front , que cette fixité d'un seul point au milieu de tout ce qui passe , que cette lumière traversée par le souffle de toutes les tempêtes , qu'aucun souffle n'éteint; que cette foi toute mystique , toute immatérielle, qui éclate surtout au regard de l'humanité, par l'évidence d'un fait matériel unique dans l'histoire du monde?» E. Robin \
Cette 'primauté consiste dans le pouvoir suprême d'enseigner et de gouverner VEglise. « Les clefs sont, dans l'Ecriture, le symbole de la puissance : voyez Isaïe, xxii ; ApocciL i, ii, m. Saint Mat-
4 Kevue britannique, -1838.
thieu, vu, 19, fait allusion à cette puissance, en parlant des clefs ; c'est comme s'il disait : « Je te donne le pouvoir suprême de- ma société religieuse. » Quant aux expressions corrélatives de lier et de délier , ce sont autant de symboles qui , dans la langue judaïque , s'appliquent au pouvoir d'enseigner et de décider ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. » Reinhard ^
De prendre soin des Eglises, « Quiconque Ht les écrits des Pères verra que ceux du quatrième et du cinquième siècle accordent la primauté à l'Evéque de Rome , et affirment qu'à lui appartient le soin des Eglises. » Dumoulin ^.
De veiller à Vobservcdion des Canons. « Je reconnais les grands dommages que nous avons causés à l'Eglise en lejetant avec tant d'imprudence et de précipitation l'autorité du Pape. Le peuple maintenant est sans bride et sans frein. » Capito ^.
D'exercer les jugements ecclésiastiques et de sur* veiller l'orthodoxie de renseignement. <t Ceux de notre communion accordent que la police ecclésiastique est une chose permise, savoir : qu'il y a quelques évoques qui gouvernent plusieurs EgU-
1 Vorlensuiif^un, ubcr dio Dogm , 1812, 633,
2 Vocation des paslcurj, 5 Ej). ad Fard.
ses, et que le Pontife de Rome préside aux autres Evêques. C'est pourquoi , quant à l'article de la supériorité du Pape et à celui de l'autorité des évêques, nous n'en disputons pas, et l'Evêque de Rome et les autres prélats peuvent aisément re« tenir leur autorité , car FEglise a besoin de gouverneurs qui examinent ceux qui sont appelés au ministère de l'Eglise, qui les ordonnent, qui exercent les jugements ecclésiastiques et soient les inspecteurs de la doctrine des prêtres. La monarchie de Pape contribue aussi beaucoup à conserver l'unité de doctrine parmi les différentes nations. » Melanciiton.
D'être centre d'unité, « La suppression du Pape a semé dans le monde des germes infinis de discorde : comme il n'y a aucune autorité souveraine pour terminer les disputes qui s'élèvent de toutes parts, on a vu les protestants se diviser entre eux et se déchirer les entrailles. Puffen- DORF^ — Pour éviter les querelles et les scissions , il faut nécessairement qu'un chef soit' investi de l'autorité suprême. En vérité, les douze Apôtres n'auraient pas été aussi unis si l'un d'entre eux n'eût été préposé comme supérieur aux autres. » Cowel ^
\ De monarchià Panlif. Rom.
D'avéù' jurîdicfwn sur toutes les Eglise^, « Qu'est-ce que le Pape ? L'un dit : Le Pape, c'est un évêque ; il Vest en elTet, mais comme Mario- Thérèse était comtesse de Hapsbourg , comme Louis XV était comte de Paris , comme le hères de Rossbach et de Leuthen était l'un des supérieurs du Zollern. On dit que le Pape n'est qu'un évoque : on sait que le Pape a couronné Charlemagne, premier empereur; mais qui donc a créé le premier Pape ? Le Pape était un évéque , mais il était au5si le Saint-Père, le Pontife suprême, le grand Calife de tous les royaumes, de toutes les principautés , de toutes les villes, dans les pays d'Occident. Y. Von Miller \-~ Celui qui a tout, a aussi les parties; qui domine sur toute la terre, domine aussi sur chacune de ses parties. Le Pape étant le patriarche universel , doit être par conséquent tenu pour patriarche de l'Occident , puisque l'Occident est une partie de l'Eglise universelle ; et il est patriarche non -seulement de l'Occident, mais même de l'Orient. » Saumaise ^.
D'être enfin l'Ei^éque des cvêques, le Ckefvmble de r Eglise , le Vicaire du Christ, « L'Evèque de Rome, ce grand Pontife, Evéque d^s évèques, le Père des pères , le Patriarche des patriarches,
^ Alg. GescbJchtc, vïii, 58.*-^2 EtidiaTislie; dcm. partie, T/iî-f4,
le Recteur et le Pasteur de TEglise universelle , qui s'appelle lui-même Evêque de TEglise universelle et qui est encore Evéque universel aussi véritablement qu'il en porte le nom , le successeur enfin de saint Pierre , le vicaire du Christ, Tunique chef visible de l'Eglise, et pour dire ce tnot qui comprend tout, le Pape! Saumaise, ibid, — Le Pape étant successeur de saint Pierre et évêque de la ville de Rome, a la primauté de tout^ l'Eglise, comme métropolitain de toute la terre; car la ville de Rome est la métropolitaine de la romaine , c'est-à-dire de l'orbe romain , comiwe la ville d'Arles était appelée alors la métropolitaine des Gaules, et ainsi l'Evéque de Rome a le même droit et le même empire sur toute l'Église que chaque patriarche sur son diocèse. — Les autres Eglises sont les membres, la seule Eglise romaine est le chef. Mais étant le chef, elle n'a point occupé et absorbé spécialement les autres Eglises de l'Occident, mais elle a eu empire sur elle et sur toutes les autres Eglises comme sur ses membres. Innocent III écrit au patriarche de Constantinople en ces termes : « Si tu retournes comme membre à ton chef, et comme fils de l'Eglise romaine à ta mère, pour leur rendre, le respect et l'obéissance que tu lui dois , nous te recevrons avec tendresse et avec joie , €t comme
notre frère , et comme le membre principal de l'Eglise. » Ainsi l'Eglise même de Constantinople a été un membre de l'Eglise romaine , aussi bien que l'Eglise anglicane, que l'Eglise d'Afrique et que les autres Eglises d'Occident. » Saumaise\
La Papauté contient le vrai christianisme, « Nous confessons que sous la Papauté l'on trouve une grande partie de ce que le christianisme a de bon, et même tout ce que le christianisme a de bon, et que c'est de là qu'il est venu à nous. Je dis encore que le vrai christianisme est sous la Papauté , et même le noyau du christianisme. Luther ^. — 11 est hors de doute que plusieurs sont sauvés en la foi de la Papauté. Id, ^. — Les papistes ne sont pas exclus des promesses de Dieu... Par le jugement de toutes les Eglises réformées, l'Eglise est dans la Papauté, le ministère de la parole, le véritable Christ. . . Croire que tous les papistes qui sont morts dans l'Eglise papistique sont damnés, cela est absurde et éloigné de la pensée de ceux des protestants qui sont savants. Somus *. — Nous confessons volontiers que les romanistes sont de la famille de Jésus-
A Eucliarislie, a Sirmond.— 2 Contre les Anabapt. ? Chap, XII de la Genèse.— A Apologie contre Henri.
Christ, et il faut espérer que la réformé ne lious a pas séparés de l'Eglise. » Lovel \
L Eglise romaine n'a jamais erré. « De se faire seule vicaire général, c'est ambition , c'est usurpation, c'est intolérable, mais cela ne l'a point encore rendue antechrist; et celui-là ne peut pas être antechrist, qui prêche Jésus-Christ, qui l'exalte, qui le reconnaît pour vrai Dieu et vrai homme, qui se dit son serviteur, qui reconnaît , qui avoue, qui professe que la dignité en laquelle îl est relevé tient tout son éclat de la souveraine excellence et de îa divinité de Jésus-Christ.., et enfin qui retient et qui enseigne la vraie foi en Jésus-Christ toute et entière. M. -A. de Dominis^. — Jamais Rome n'a courbé la tête devant les hérésies : sans la moindre indulgence , elle retrancha de son sein l'Eglise grecque, quoique celle-ci comprît la moitié du monde. Yon Herder^ — Encore que j'accorde que Rome ait été jadis mère de toutes les Eglises, depuis qu'elle a commencé d'être le siège de l'antechrist, elle n'a pas laissé d'être ce qu'elle était. » Calvin *.
Hors de V Eglise romaine il n'y a pas de salut, « Il faut être enfant de l'Eglise romaine , si l'on veut être un des membres du corps mystique du
A Défens. hœr., art. ii. — 2 De la Répub. ecclésiast.
5 Ideenzur philosophie, t. xix.— 4 Instit. xiv, c. 7, n* 24.
; Rédempteur. Beondell ^ — Quant au mélange qui a été fait de plusieurs choses fausses, illégitimes et incertaines avec la foi, cela assurément ne peut pas faire que le Pape soit Tantechrist... Avoir en horreur les Eglises qui gémissent d'être opprimées, s'en éloigner et s'en séparer tandis qu'elles conservent entière et retiennent la foi de Jésus-Christ, cela certainement est un schisme indigne et qui n'est pas sans reproche; il faut la comrnunion avec la vraie Eglise qui est véritablement catholique et avec chacun de ses membres vivants , et nul ne peut s'en éloigner et s'en séparer, et élever autel contre autel sans être schismatique. » De Domims^
// 'ne faut point s'en séparer. « Si maintenant à Rome les choses y sont en tel état qu'il serait à désirer qu'elles y fussent mieux réglées, néanmoins ni ses désordres , ni nulle autre cause, ne doivent nous porter à nous séparer et à nous éloigner de cette Eglise: bien loin de cela, plus l'état auquel les choses y sont est pitoyable, plus nous devons y accoin^ir et nous tenir attachés à elle ; car, par la séparation et par le mépris , l'on n'y met pas ordre. Luther ^. — x\yant une fois proposé, comme chose connue de tous les chrétiens,
i De la primaulé de l'Eglise. —2 De la Répub, ccclt^sia5li(|ue. 5 Déçlar, de certains art. i, iGo, léna.
h ferme commencement de l'Eglise romaine depuis les x\poires , et accordé qu'elle avait été fondée et enseignée par saint Pierre et saint Paul, ce dont la tradition paraissait claire comme le midi, en l'Epître écrite parleur disciple saint Clément à celle de Corinthe , il est indubitable que toute l'Eglise universelle devait s'accorder avec l'Eglise romaine. BLo^DELL ^ — Si Irénée, Grégoire, Cyrille, Athanase , Augustin et Chrysostôme revenaient aujourd'hui au monde, ils ne retrouveraient la société dont ils étaient membres que dans l'Eglise catholique ^. —Notre devoir est de nous rallier à la véritable Eglise, si nous ne voulons pas courir les risques d'une mort éternelle. Gerhard ^.
^ Do la prira. de l'Eglise. — 2 Mtîmoires des Calvinistes, elc, -ITTo,
5 De Ecclcs., tom. v, c, 7.
Voir, pour tous ces lexles, les sources indiquées; cl la Nouvelle Enajclopédie théologique, ou Nouvelle série de Diciionnaires^ etc., lom.xxxix, col. 362 et suiv. — La Réforme contre la Réforme, ou Retour à Cu" nilé catholique par la voie du proUstmlisme, par Hœuingbaus.