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ses sectes qui habitaient en grand nombre dans Alexandrie et aux environs, et leur persuada facilement, en se contentant d'admettre une seule opération en Jésus-Christ, de se réunir à l'Eglise. L'acte de réunion fut rédigé en neuf articles, qui furent adoptés et signés, le 4 mai de l'année 635, par le p(itriarche et les nouveaux convertis. Ces articles, bientôt répandus partout, n'obtinrent pas l'assentiment général des chrétiens d'Orient. Le moine Sophrone, après les avoir examinés , déclara que le septième ne reproduisait pas fidèlement les paroles de saint Denys et renouvelait Terreur d'Apollinaire qui prétendait qu'en Jésus - Christ il n'y a qu'une seule opération ou volonté ; tandis que la foi catholique consiste à croire qu'en Jésus- Christ il n'y a qu'une seule personne, mais dans cette unique personne deux natures, la nature divine et la nature humaine, et conséquemment deux opérations ou volontés. Voici le fameux article, premier berceau de la nouvelle hérésie : « Si quelqu'un, reconnaissant deux natures en Jésus-Christ, n'avoue pas que la même personne qui est Verbe et seconde personne de la Trinité est née du Père de toute éternité, et que le même dans les derniers temps s'est incarné et est né de la Sainte-Vierge; que le même, suivant le sentiment de saint Cyrille, est
parfait dans la divinité, parfait dans rhumanité; qu'il a souffert dans la nature humaine, impassible comme Dieu ; si, dis-je, quelqu'un ne reconnaît pas que la même personne produit et agit par une seule et même opération, qui, selon saint Denys, est appelée théandrique , des choses conformes à la nature humaine et convenables à Dieu, qu'il soit anathème. »
Le venin est dans ces dernières paroles :
« Une seule et même opération produit des choses, etc. » Cyrus, qui n'ose professer ouvertement cette erreur, la met dans la bouche d'un Père de l'Eglise dont il falsifie le texte. Saint Denys, après avoir expliqué à Gaïus comment en Jésus-Christ aucune des deux natures n'opère sans la participation de l'autre , ajoute : « Enfin, Jésus-Christ n'a fait ni les actions divines en Dieu,ni les humaines en homme, mais en Dieu-fait-homme, nous montrant une certaine opération nouvelle qu'on peut appeler théandrique. » Cyrus supprime les mots certaine et nouvelle^ et les remplace par le mot seule,
Cyrus, piqué des réflexions du moine Sophrone, en référa à son ami Sergius, et Sophrone, qui ne reculait devant aucun danger et aucun sacrifice quand il s'agissait de défendre la foi , s'embarqua pour Constantinople, afin de dissuader en
personne le patriarche de cette ville d^approuver les neuf articles. Il n'y réussit pas. Sergius écrivit à Cyrus qu'il approuvait en tout sa profession de foi ; puis, sachant que Sophrone, élu patriarche de Jérusalem à son retour de Constantinople, allait écrire à Rome, il résolut de prendre les devants et de prévenir le pape Honorius : ce qu'il fit, en lui adressant une longue lettre pleine d' artifice et de déguisement. Il commence d'abord par protester qu'il ne veut rien faire qu'en parfaite union avec lui ; il raconte ensuite l'origine de la controverse, les conférences de l'empereur avec divers évèques d'Arménie et d'Egypte, le désir de Cyrus de connaître les Pères qui ont parlé d'une seule opération , les conversions opérées par le zèle de ce prélat à Alexandrie et dans les contrées environnantes , l'opposition de Sophrone et son arrivée à Constantinople ; puis il continue en ces termes :
« Après donc avoir beaucoup parlé sur ce sujet avec Sophrone , nous l'avons enfin pressé de nous rapporter les passages des Pères qui enseignent expressément et en propres termes quil faut reconnaître deux opérations en Jésus-Christ, ce qu'il n'a pu faire. Ainsi, voyant que cette dispute commençait à s'échaulTer et sachant qu'elles sont ordinairement le commencement
clos hérésies, nous avons cru nécessaire d'appliquer tous nos soins pour faire cesser ces combats inutiles de paroles. Nous avons donc écrit au patriarche d'Alexandrie que, la réunion des schismatiques étant exécutée, il ne permît plus à personne de parler d'une ou de deux opérations en Jésus-Christ, mais qu'il ordonnât de dire plutôt, comme les conciles œcuméniques , qu'un seul et même Jésus-Christ opère les choses divines et les choses humaines, et que toutes ces opérations procèdent indivisiblement du même Verbe incarné et se rapportent à lui seul. Car Texpression d'wwe opération, quoiqu'elle se trouve dans quelques Pères, semble toutefois étrange à quelques-uns qui craignent qu'elle ne tende à la suppression des deux natures, ce qu'à Dieu ne plaise, et plusieurs sont scandalisés des termes de deux opérations, parce qu'ils ne se trouvent dans aucun des Pères, et qu'il s'ensuit qu'on doit reconnaître deux volontés contraires ; en sorte que le Verbe voulut Taccomplissement de la Passioti et que rhumanité s'y opposa, et qu'il y eut en lui deux individus ou principes voulant le contraire l'un de l'autre, ce qui est impie : car il est impossible que le même sujet ait tout ensemble à l'égard du même objet deux volontés contraires. Or les Pères nous enseignent que la chair du Seigneur,^
intellectuellement animée, n'a jamais eu ni aucun mouvement naturel séparément ou contrairement à Tordre du Dieu-Verbe qui lui est uni selon Fhypostase; et, pour le dire plus clairement, comme notre corps est gouverné et réglé par Fàme raisonnable, ainsi dans Notre-Seignéur tout le con>pQsé humain était mû toujours et en tout par la divinité du Verbe, et conduit de Dieu. Enlin nous sommes convenus que Sophrone ne parlerait plus d'une ni de deux volontés, mais qu'il se contenterait de suivre le chemin battu et la doctrine pure des Pères. Nous ayant donc promis d'agir de la sorte, il nous a demandé sur ce sujet notre réponse par écrit, afin qu'il pût la montrer à ceux qui Tinterrogeraient sur cette question, ce que nous lui avons accordé de grand cœur ; sur quoi il s'est embarqué. Depuis peu Tempereur, étantâ Edesse, nous a écrit d'extraire les passages des Pères contenus dans l'écrit dogmatique de Memnas à Vigile, et de les lui envoyer; ce que nous avons exécuté. Nous avons aussi écrit à l'empereur et à son sacellaire tout le détail de ce que nous avons fait sur ce sujet et l'importance de ne point approfondir cotte question, mais de s'en tenir à la doctrine constante des Pères, savoir : que c'est le rnénie Fils de Dieu, Dieu et homme tout ensemble, qui opère les
choses divines et humaines, et que toute opération et divine et humaine procède indivisiblement du même Verbe incarné. Car voilà ce que nous enseigne saint Léon, quand il dit : « Chaque nature opère ce qui lui est propre, avec la participation de l'autre. » Sur quoi nous avons reçu de Fempereur une réponse digne de lui. Nous avons cru nécessaire de vous donnerconnaissance de tout ceci par les copies que nous vous envoyons. Nous vous prions de les lire toutes ; si quelque chose manque à nos discours, d'y suppléer, ou de nous faire réponse pour déclarer votre sentiment *. »
A cette lettre, que répondit Honorius? personne ne Ta jamais su d'une manière certaine. Ce qui est certain, c'est que, du vivant de Sergius, de Sophrone et d'Honorius, il ne fut jamais question de cette réponse. Pyrrhus le premier en publia une copie de sa façon huit ou neuf ans après, et un prétendu original n'a été montré que quarante ans plus tard au concile de Constantinople par le bibliothécaire du patriarchat. Le monothélitc Macaire et ses disciples avaient, dès la première session, fait pressentir la découverte qu'amènerait le dépouillement des dos siers.
Ce silence de Sergius est inexplicable. Disci-
I Labbe, VI, 917.
pie ardent d'Eiitycliès, Sergius croit que le moment est enfin venu de faire triompher sous une autre forme les erreurs de son maître. Il avait déjà remercié Cyrus d'avoir adopté une mesure qui facilitait l'exécution de ses projets, lorsque la nomination inattendue de Sophrone au siège de Jérusalem vient le troubler un instant : il comprend que, par son zèle pour la foi catholique, sa connaissance approfondie de l'Ecriture et des Pères , sa logique claire et pressante, le nouveau patriarche va exercer une grande influence en Orient. Que fait-il alors? il essaie de faire imposer silence à son adversaire par le souverain Pontife : sa démarche est couronnée d'un plein succès ; il reçoit immédiatement d'Honorius une lettre qui loue sa prudence, approuve son sentiment, impose silence à ce « certain moine » de Jérusalem, défend de dire une ou deux opérations ^ et confesse une volonté en Jésus-Christ. Certes, voilà l'hérésiarque satisfait, et au-delà de son attente. Il va donc se prévaloir des suffra.ges du chef de l'Eglise, se félicitier avec ses amis de cette décision, et écraser son adversaire sous le poids de la suprême autorité qui a sanctionné sa doctrine? Non; il ne montre à personne la lettre du Pape, il ne dit pas même qu'il en a reçu une, et ce n'est qu'après sa mort que l'on commence à en parler. Ne peut-on
pas conclure qu'il ne dut pas en être content, et (|ue la véritable lettre du Pape a disparu , pour faire place dans la suite à celle que Ton a trouvée au milieu d'autres pièces supposées ?
Ces conjectures sont plus qu'autorisées par la conduite du patriarche de Jérusalem. Sophrone, à la seule lecture du septième article, découvre l'erreur qu'il renferme, en fait part à Cyrus, fait le voyage de Constantinople pour la dénoncer à Sergius, et, mécontent de cet évèque, porte la cause au tribunal d'Honorius, qui, après l'avoir examinée , fait connaître son avis aux trois patriarches qui l'avaient consulté. Quel jugement a porté Sophrone de la réponse d'Honorius? Nous ne le lisons pas dans ses écrits, mais nous pouvons l'inférer de ses actions et de ses discours. Après avoir essayé vainement par ses remontrances de pacifier les esprits, après avoir publié un ouvrage où il explique avec étendue et netteté la croyance de l'Eglise sur Tunité de personne et la dualité de natures et de volontés en Notre- Seigneur, après avoir recueilli six cents passages des Pères en faveur du point contesté, voyant que le mal s'aggravait, il résolut d'envoyer de nouveau à Rome. Il appela donc le premier de ses sulïragants, Etienne évèque de Dore, et, le menant sur le Calvaire, il lui dit :
« Vous rendiez compte à Dieu, qui en ce lieu saint a été volontairement crucifié pour nous en la chair, vous lui rendrez compte à son avènement glorieux et terrible, lorsqu'il viendra juger les vivants et les morts, si vous négligez le péril où la foi se trouve. Faites donc ce que je ne puis faire ea personne, à cause de l'incursion des Sarrasins. Allez promptement, de cette extrémité de la terre, vous présenter au trône apostolique où sont les fondements de la sainte doctrine. Faites connaître, non pas une fois ou deux, mais^ plusieurs fois, aux saints personnages qui y sont tout ce qui se passe ici, et ne cessez point de les prier jusqu'à ce que dans leur apostolique sagesse ils prononcent un jugement victorieux, et que suivant les canons ils détruisent complètement les nouveaux dogmes , de peur que , comme dit TÂpôtre , ils ne gagnent comme la gangrène et ne perdent de plus en plus les âmes des simples. »
Supposez qu'Honorius eût adressé à Jérusalem une copie de la lettre envoyée à Constantinople, renfermant notamment Tordre de ne dire ni une ni deux opérations, et ne mentionnant qu'une volonté en Jésus-Christ, nous trouverions dans la conjuration que Ton vient de lire quelques indices des craintes que ces paroles, sinon hérétiques, au moins louches et à double sens, au-
raient excitées dans l'esprit pénëlrantde l'orateur. Au contraire, Sophrone montre une entière confiance au souverain Pontife : il faut aller à Rome « où sont les fondements de la sainte doctrine , instruire les saints personnages qui l'habitent de ce qui se passe en Orient, et obtenir un jugement victorieux de leur apostolique sagesse. »
Les partisans de Cyrus et de Sergius savaient bien qu'ils n'avaient rien à attendre de l'Evêque de Rome : aussi, dès qu'ils eurent appris qu'Etienne était parti pour l'Italie, envoyèrent-ils en divers lieux des émissaires qui avaient ordre de l'arrêter et de le retenir en prison, ou de le conduire en Palestine chargé de chaînes.
Honorius mourut le 10 octobre 658. Quelques jour après, les suffrages désignaient son successeur, et deux prêtres de Rome faisaient voile vers l'Asie pour demander à Héraclius la permission de procéder à la consécration du nouvel élu. Ils ne furent de retour qu'au mois de mai 640. Pendant un an et demi on les retint à Constantinople , à cause de leur refus de s'engager à faire approuver TEctèse par Severin le pape nommé.
Rien ne put abattre leur constance, et l'histoire a conservé leur réponse à la dernière sommation qu'on leur fit : « Nul ne peut faire violence à un
autre, surtout quand il s'agit de la foi; car, dans* ce cas, le plus faible devient très-fort, et le plus pacifique se trouve un héros invincible forti liant son âme dans la parole de Dieu ; les plus violentes attaques l'endurcissent , bien loin de Famollir. Combien plus cela n'est-il pas vrai de l'Eglise et du clergé de Rome î Eglise qui, depuis toujours étant la plus ancienne de toutes les Eglises qui sont sous le soleil, les préside toutes. Ayant reçn canoniquement cette prérogative et cet héritage, tant des Conciles et des Apôtres que de leur Chef suprême, elle n'est aucunement soumise à aucun écrit touchant Félection au pontificat, ni à aucune charte synodale ; au lieu qu'à cet égard toutes lui sont également assujetties, suivant le droit sacerdotal. » La crainte qu'ont les Monothélites que le Pape nouvellement élu n'approuve pas rEctèse , leur persistance à exiger que ses délégués la souscrivent ou du moins promettent d'inviter leur maître à l'accepter , le refus de ceux-ci de prendre un engagement quelconque, l'éloge qu'ils font de la fermeté de l'Eglise de Rome , le silence de tous sur les lettres d'Honorius, ne sont-ce pas là tout autant de préjugés en faveur de l'orthodoxie de ces lettres ?
Les considérations que nous avons développées jusqu'ici insinuent que la lettre d'Honorius a été falsifiée; celles que nous allons présenter le montrent positivement.
Ce fut en 641, deux ans après la mort de Sergius et quatre ans après celle d'Honorius, que Pyrrhus , patriarche de Constantinople , commença à répandre le bruit que PEvéque de Rome avait écrit à son prédécesseur une lettre dans laquelle il soutenait comme lui qu'en Jésus- Christ il n'y a qu'une seule volonté. Grande émotion dans l'Eglise; on court à Rome pour prendre des informations, personne ne peut en donner, le clergé ignorait même l'existence de la lettre. On appelle Jean Sympon , secrétaire d'Honorius ; le pieux abbé répond qu'il y a huit ans le Pape reçut en effet une lettre du patriarche de Constantinople et le chargea de la réponse, mais qu'il n'a aucun souvenir d'avoir, en exécutant cet ordre, fait mention (Tune seule volonté en aucune
wanih^e '. On se procure la copie que Pyrrhus avait mise en circulation ; Fabbé Jean dit que celui qui a traduit la lettre en grec, Ta interpolée.
L'abbé Anastase étant allé à Rome et s'inforniant pourquoi et comment il se trouvait dans la lettre à SergiusFexpression di une volonté, les principaux personnages le déploraient et Texcusaient; mais le saint abbé Jean Sympon, qui avait dicté la lettre en latin ^ assura qu'il n'avait aucunement fait mention d'une seule volonté , quoique la chose y ait été interpolée par ceux qui avaient rendu la lettre en grec.
Le pape Jean IV s'étonne, de son côté, de ce que Pyrrhus ose ainsi scandaliser tout l'Occident par les lettres qu'il répand, les choses nouvelles qu'il enseigne, et la prétention qu'il a d'attirer à son sentiment son prédécesseur Honorius qui en était entièrement éloigné. Et l'abbé Maxime, l'ancien secrétaire de l'empereur Héraclius , déclare que les lettres répandues par
-1 Nullo modo meiilionem fecisse unius omnimodis voluntatis. (S. Maxirai Epist. ai Marin.)
2 Insuper et cum qui banc pcr jussioncm ejus latlnis diclaverat diclionibus, dorainum videlicet abbalcm Joannem sanclisslmum Symponcm, etc. [Epist. ad Marinum. — Labbe, v, 1763. — Opéra Maxim), i/, ^29.)
Oe sorte que te n'est pas même Jean Sympon qui a écrit la lettre , mais un autre secrétaire sous ses ordres.
Pyrrhus étaient apocryphes. «X'Ectèse d'Héraelius est pire que tout ce qui la précède. Sergius Fa conçue, Pyrrhus l'a enfantée, les autres relèvent. Ils osent répandre que le divin Sophrone pensait comme eux, lui qui a prêché avec tant d'exactitude les dogmes de l'Eglise. Ils ont mis FEctêse sous le nom de l'empereur, comme depuis il le déclara lui-même. Pour la soutenir, ils ont composé des pièces. »Et plus loin : « On doit rire, ou, pour mieux dire, on doit pleurer à la vue de ces malheureux qui osent citer de prétendues décisions du Siège apostolique favorables à l'impie Ectèse, qui essaient de placer dans leurs rangs le grand Honorius, et de se parer aux yeux du monde de l'autorité d'un homme éminent dans la cause de la religion. Qui donc a pu inspirer tant cF audace à ces faussaires ^ ? »
Un autre fait montre jusqu'à l'évidence qu'Honorius n'a pas écrit tout ce qu'il y a dans les deux lettres qui portent son nom : c'est qu'après les avoir envoyées, il a continué à faire des efforts pour ramener le patriarche de Constantinople et ses sectateurs à de meilleurs sentiments. « Quel homme pieux et orthodoxe, dit encore Maxime, quel évèque, quelle Eglise ne les a pas conjurés d'a-
\ Optra Maxirai, ii, 74.--Labbc. v, 765.
Landoiiner riiérésie ? Mais surtout que n'a pas fait le divin Ilonorius? »
Platine, dans sa Vie des Pontifes de Rome, nous donne quelques détails sur les démarches d'Honorius, désignées par ces paroles de Maxime : « Pyrrhus et Cyrus, dit-il, avaient fait embrasser leurs erreurs à Héraclius. Mais Honorius, et par ses lettres et par ses légats, parvint enlin à montrer la vérité à Fempereur. Ces hérétiques furent exilés. »
Platine ajoute : « Honorius, ce pontife remarquable par la pureté de sa doctrine et la sainteté de ses mœurs, profita du repos que lui laissaient les affaires extérieures pour fonder des écoles à Rome, et fonder ou réparer les églises \ »
Revenons à la première apparition des copies inlidèles publiées par Pyrrhus. Les protestations du Pape, de l'abbé Jean et de l'abbé Maxime parurent suffisantes , puisque nous voyons qu'à dater de cette année, dans les discussions religieuses qui eurent lieu, il ne fut plus question de la lettre d'Honorius : et cependant les occasions
i Hos lamen poslea lanli enoiis auctorci , borlanle Honorio et vorum anle oculos lillcris et nunliis ponente, relegavit Hcraclius. Honorius aulem, à rébus externis aliquanlulùm quietis adeptus, docliioà et inori- Ijus sanclissiraus, oiunem piopeclerumrenovavit. (Platiua, de Vità Ponlif. , 00, Honor.)
de la rappeler ne manquaient pas. Trois Papes ont successivement réprouvé FEctèsed'Héraclius; l'empereur n'avait qu'à riposter : « L'écrit que vous condamnez est la reproduction de la lettre de votre prédécesseur. » En 648, Constant II fait publier son Type de foi ; à peine le pape Théodore en a pris connaissance, qu'il le condamne solennellement : comment ne se trouve-t-il personne, parmi les évéques monothélites contraires à l'empereur, qui fasse remarquer que ce Type ne parle pas plus explicitement que la lettre d'Honorius de Funité de volonté en Jésus-Christ, et que , dans tous les cas , ces deux: écrits prescrivent l'un et l'autre la même mesure, qui est de garder le silence?
Une lettre de Cyrus à Sergius nous dévoile le projet qu'on avait formé à Constantinople de faire approuver l'Ectèse à Rome : « J'allais vous répondre, dit le patriarche d'Alexandrie, lorsque le chef de la milice m'a remis de votre pai t l'Expo sition de foi faite à propos et si prudemment par notre très-pieux empereur, et que le très-excellent patrice Isaac , exarque d'Italie , est chargé de faire approuver par notre très-cher frère Se- \ crin , qui , Dieu aidant, va être ordonné évèque de Rome. » Qu'il eut été naturel d'ajouter :
« Nous pensons qu'il ne verra pas de difficultés