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a approuver un écrit si conforme aux décisions de son prédécesseur. »
A Constantinople même, il semble que personne n'a jamais soupçonné l'existence de ces lettres. Pour engager Maxime à approuver le Type de Constant, Patricius etTroïle, ofiiciersdu palais, et dans une autre circonstance le patrice Epiphane, clierchent toutes les raisons qu'ils croient capables de faire quelque impression sur le saint confesseur. Le Type, disaient-ils, n'est pas une décision de foi; il n'a été publié (^ue par motif de condescendance, afin de ne pas troubler le peuple par des subtilités. Confessez de bouche ([ue vous ne reconnaissez qu'une volonté, et croyez ensuite de cœur ce que vous voudrez ; faites comme nous qui pensons que Jésus-Clirist a une volonté divine et une volonté humaine, et qui nous taisons devant l'empereur. « Si ces hauts fonctionnaires eussent connu la lettre d'ilonorius, ne se seraient-ils pas empressés de lui (liie : « Conformez-vous aux prescriptions de vohe supérieur? »
Une seule fois nous ^ oyons apparaître le nom dllonorius : c'est au concile de Latran , tenu en (iiO, et présidé par Martin I'''. Dans une lettre d()gmati(]ue adressée au pape Théodore , dont Pascal, nolaircdu Siège apostolique, fit la lecture
à la quatrième session, Paul, patriarche de Constantinople, commence par faire l'éloge de la charité et par se glorifier d'avoir souffert patiemment les injures et les calomnies : désignant ainsi, dit Tévéque de Cagliari, les réprimandes que les évêques de Rome ne lui avaient pas épargnées. Parlant ensuite au nom des Eglises de sa dépendance , il fait sur rincarnation sa profession de foi, qu'il termine par ces paroles :
« Nous croyons qu'en Jésus-Christ il n'y a qu'une seule volonté, de peur d'attribuer à sa personne unique une contrariété ou une différence de volonté, et d'enseigner qu'il se combat lui-même et introduire deux personnes. Non que nous voulions effacer ou confondre les deux natures, ou en établir une au préjudice de l'autre ; mais nous dirons seulement que sa chair, raisonnablement et intellectuellement animée et enrichie des dons divers de l'étroite union , avait une volonté divine et inséparable du Verbe qui la conduisait et la mouvait absolument, en sorte que la chair ne faisait jamais aucun mouvement naturel séparément et par sa propre impulsion contre le signal du Verbe, mais quand, autant et en la mamière qne le Verbe voulait. Car nous ne voulons pas professer cet horrible blasphème, que l'humanité du Christ fut violentée par la nécessité de la nature, et qu'elle mérita la réprimande que reçut saint
Pierre en rejetant la Passion comme lui. Voici comme nous entendons cette parole de l'Evangile : Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mats ht volonté de celui qui m'a envoyé, ainsi que le refus de la Passion. Nous n'admettons point dans le Christ, qui est un, des volontés différentes ou opposées; mais nous prenons ces mots négativement , et nous croyons qu*il dit seulement ce qui n'est pas, comme en ce passage du Psaume : Je n'ai point commis de péché. Après ces paroles qui prouvent que Paul avait lu les lettres de Sergius et d'Honorius , il ajoute que « c'est le sentiment de Grégoire le théologien si versé dans la question , du grand Athanase la lumière de l'Eglise, de Cyrille ce nouveau Phinées qui a exposé cette doctrine avec tant de clarté et de sagacité dans le quatrième chapitre de ses Jnathémismes , approuvés par les synodes de Clialcédoine et de Constantinople. Mais tous les docteurs et tous les prédicateurs admettent une seule volonté. Nous produirons leurs témoignages, si nous en sommes requis : se sont montrés du même sentiment Sergius et Honorius, évéques d'heureuse mémoire, l'un de l'ancienne et l'autre de la nouvelle Rome, la gloire de leurs sièges ^ »
\ Sicul et niagnus Ecclcsiœ lucifcr Alhatiasius cdocuit nos, de , scd el onines pictalis doclorcs et prsedicalores , hujusmodi unius volunlalis menle dellnenlur. Quorum si opus csl rcquisitione proveiiienlc et conij)ctcntcrj relegemus teslimonia : quibus concordantes el consonanles facii sunl piœ mémorise Sergius et Honorius^ unus quidcm novœ, aller aulcm autiquœ Roniœ sunimi sacerdolii sedcni décorantes, (^c/. conc, w, 8lî>.}
Le mot ne fut pas relevé. Noël Alexandre voit, dans ce silence, une preuve de la culpabilité d'Honorius. « IMartin , dit-il, ne dit rien, parce ({u'il n'avait rien à dire. »
Nous partagions cette opinion, l'étude des textes nous l'a fait abandonner. Si les Pères du concile de Latran ne firent aucune observation sur la phrase où il est question d'Honorius, c'est afin de ne pas se départir de la ligne de conduite qu'ils s'étaient tracée de chercher, dans les divers écrits soumis à leur examen, les véritables sentiments des auteurs qu'ils soupçonnaient d'hérésie , sans s'occuper des erreurs historiques ou autres que ces écrits pouvaient contenir. Ils croient aussi inutile de prendre la défense d'Honorius que celle de saint Grégoire de Nazianze , de saint Cyrille , de saint Athanase à qui Paul, dans la même phrase, prête les mêmes erreurs. S'ils eussent dû protester, ils l'eussent fait contre cette assertion plus révoltante encore : « Tous les Pères enseignent une volonté, et je puis en fournir la preuve si on l'exige. » Il était difficile de pousser rimpudence plus loin ; le concile laissa tout passer avec mépris. Dieudonné , évéque de Cagliari, fait observer que cette lettre confirmait ce que Martin avait déjà dit au concile sur Paul de Constantinople ; qu'elle justifiait les accusations
portées au pied du Siège apostolique contre ce patriarche; qu'elle montrait les efforts des souverains Pontifes pour la conversion des hérétiques. On se déclara suffisamment informé, et les se* crétaires reprirent la lecture des pièces en commençant par le Type de Constant.
Plus tard on résuma les discussions, on formula les propositions à adopter; nulle part on ne fît allusion à Honorius. Quand il fallut rédiger la liste définitive des personnes à condamner, on la composa ainsi : Cyrus d'Alexandrie, Sergius de Constantinople, Pyrrhus, Paul, Théodore de Pharan; personne ne fit observer qu'Honorius méritait d'enfairepartie. Quand on désignales ouvrages qui professaient ou favorisaient Thérésie, on nomma l'Exposition de foi d'Héraclius, le Type de Constant, les lettres des évéques de Chypre , les discours de Théodore à l'évêque des Arsinoïtes d'Egypte, les neuf articles de Cyrus, la lettre de Sergius à Cyrus, la lettre de celui-ci à Sergius; aucun n'ajouta : « et la lettre d'Honorius. »
Un mot jeté en passant dans une phrase , au milieu d'un discours composé par un hérétique : tel fut le dernier écho de ce bruit, qui ne devait plus se réveiller que quarante ans plus tard au concile de Constantinople.
Nous allons voir dans quelles circonstances.
Depuis trois siècles Constantinople était un foyer d'hérésie. Cette Eglise avait nourri tour à lour Eusèbe partisan d'Arius, Macédonius l'adversaire de la divinité du Saint-Esprit, Nestorius qui divisait Jésus-Christ en deuxpersonnes,Eutychès qui le confondait en une seule nature, Sergiusqui reproduisait Terreur d'Eutychès en n'admettant qu'une volonté. Depuis la mort de ce dernier, quatre patriarches hérétiques l'avaientgouvernée. Le pape Agathon et l'empereur Constantin -Pogonat crurent qu'il était temps, enfin, d'apporter un remède énergique à un si grand mal. Le sixième concile général fut convoqué, et la lettre d' Agathon indique dans quel but : arrêter les progrès de l'hérésie par la condamnation de ses auteurs, savoir : Théodore de Pharan, Cyrus d'Alexandrie, Sergius patriarche de Constantinople, Pyrrhus, Pierre et Paul ses successeurs.
Les Grecs, ne pouvant conjurer le coup qui allait frapper FEglise de Constantinople dans la personne de ses patriarches , essayèrent d'en atténuer les suites en faisant condamner quelques E^vêques de Rome : et les voilà raturant des noms dans les dyptiques sacrés , tronquant les passages des Pères, supposant des lettres des Papes, et ne respectant pas même les actes d'un concile général que les Pontifes , à leur avènement, juraient de révérer à l'égal de l'Evangile î Qu'on lise les procès verbaux des sessions du sixième concile général , et Ton sera stupéfait de voir tant d'adresse et d'audace. Les patriarches laissent faire ou composent eux-mêmes les écrits qu'on doit attribuer à d'autres, les gardeschartes trahissent les dépôts qu'on leur a coniiés , des traducteurs et des calligraphes prêtent le concours de leur talent, et des libraires intercalent adroitement les nouvelles produc tions dans les anciens dossiers. Voici les noms de quelques-uns de ces ouvriers d'iniquité :
Sergius, patriarche de Constantinople. C'était le véritable auteur de l'Exposition de foi publiée sous le nom d'Héraclius. Il composa aussi trois lettres : l'une était censée écrite par Memnas, un de ses prédécesseurs, au pape Vigile; et les autres, par le papeVigile à l'empereur J ustinien et à l'im-
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pératrice Thcodora. Inutile de dire que le venin de rhérésie était distillé dans tous ces écrits. Voici ce qu'il dit lui-même de son propre ouvrage : « Memnas, autrefois archevêque de Constantinople, a aussi composé un discours adressé à Vigile, pape de Fancienne Rome, où il a enseigné une seule volonté et une seule opération en Jésus-Christ; et, afin de vous en convaincre, je Fai fait transcrire avec plusieurs passages qui prouvent cette vérité, et je \ous les envoie *. »
Pierre, patriarche de Constantinople. Il remit à Théodore de Césarée un écrit contenant deux textes tirés, disait-il, l'un des lettres du pape Jules, l'autre des ouvrages de saint Jean-Chrysostôme : or ils étaient, le premier d'Apollinaire, Je second de Nestorius, deux hérétiques.
Théodore, patriarche de Constantinople. Il demanda, à plusieurs reprises, à Constantin de faire effacer le nom du pape Vitalien des registres sacrés de l'Eglise de Constantinople ; et, comme l'empereur ne s'empressait pas d' obtempérer à ses désirs, il se fit apporter lui-même les parchemins et ratura adroitement le nom du saint Pontife.
Sergius, diacre de Constantinople, avait beau-
i Epiil. ad Cijr.
coup de disposition pour la calligraphie. Paul, son patriarche, lui fit donner des leçons d'écriture, et remploya ensuite à transcrire diverses pièces que Ton devait ajouter à d'anciens écrits.
Philippe^ officier de l'empereur , possédait un exemplaire du cinquième concile général, qui n'avait pas les nouvelles additions dont l'avait enrichi Sergius; il les y ajouta , aidé du moine Etienne.
Constantin, prêtre de l'Eglise latine, donnait des leçons d'écriture au diacre Sergius, et s'occupait avec son élève de réviser et de transcrire les textes latins.
George, moine et disciple de Macaire. Il intercala dans le premier livre du cinquième concile un cahier contenant la lettre dogmatique de Memnas à Vigile ; il enleva du deuxième livre le quinzième cahier, et le remplaça par quatre feuilles renfermant les lettres de Vigile à Justinien et à Théodora, trois écrits fabriqués par Sergius. Ce travail fut fait adroitement, pas assez toutefois pour tromper les Pères du concile qui reconnurent la fraude et en excommunièrent les auteurs.
Etienne, moine et disciple de Macaire, aidait son maître dans la transcription infidèle des textes des Pères. C'est lui qui ajouta deux livres à l'exemplaire du concile de l'officier Philippe.
Théodœ-e, libraire, prêtait à tous, innocemment peut-être, le concours de son art \
Nous n'avons rien dit de Paul, Fauteur caché du Type de Constant ; des mensonges de Pyrrhus, que Maxime, un jour, lui reprocha publiquement; du recueil de passages des Pères , tous falsifiés par Macaire d'Alexandrie.
Quelle réunion de faussaires ! N'est-ce pas le cas de s'écrier : Timeo Danaos et dona ferentes ? Je me défie des bibliothécaires grecs et des parchemins qu'ils me montrent. Les décisions mêmes d'un concile œcuménique ne sont pas en sûreté dans celte officine : on les produit raturés, tronqués, surchargés, et l'on veut que la lettre d'Honorius ait été gardée avec respect et maintenue telle qu'elle fut écrite !
Cette falsification d'actes publics nous révolte. Voici deux passages curieux , l'un de saint Grégoire- le-Grand, l'autre d'Anastase lebiblio-
-I CognoTimus adjectas esse Ires quaterniones in primo libro sancti quinli concilii.
— Post haec, el in secundo libro circa sepliraam aciionem mutatum quidem fuisse ^5aul qualernionein, adjectumque esse quadrifolium... iu quo ferunlur duo libri Vigilii.
— Pbilippus rogavit eum, dicena : Si quid scis quia deest, impie j et ipse Slepbanus dixit mibi ut scriberem eosdem libellos.
— Quœ Ycr6 scripia suntab eodem Scrgio diacono, inlerposuit in eodem latino libro Theodorus librarius ; etc. {ConciL œcim. vi , sive Constant, m , aclio xiv.)
thécaire, qui prouvent que les Grecs, coutumiers de pareils faits, n'étaient pas à leur coup d'essai en altérant les actes du sixième concile , et ne devaient pas s'interdire dans la suite tout attentat de cette nature :
« J'ai examiné avec soin le concile d'Eplièse, et n'y ai rien trouvé touchant Adelphius, Sava et les autres qu'on dit avoir été condamnés. Nous croyons que, comme le concile de Clialcédoine a été falsifié en un endroit par l'Eglise de Constantinople, on a fait quelque altération semblable au concile d'Ephèse. Cherchez dans les plus anciens exemplaires de ce concile, mais ne croyez pas aisément aux nouveaux : les Latins sont plus véridiques que les Grecs; car nos gens n'ont pas tant d'esprit, et n'usent point d'impostures \ »
« Ajouter ou ôter aux actes des conciles, sont des entreprises ordinaires aux Grecs. C'est ainsi que , dans le second concile, ils ont donné des privilèges au siège de Constantinople contre les canons de IXicée. Ils attribuent au troisième concile quelques canons qui ne se trouvent point dans les plus anciens exemplaires latins. Ils en ont ajouté un au quatrième concile touchant les privilèges de Constantinople, que jamais le pape
-1 Epist., lil). VI. Episl. \'*, adJoan. Const.
saint Léon n'a vouln recevoir. Ils montrent aussi un grand nombre de canons, la plupart contraires à l'ancienne tradition, qu'ils attribuent faussement au sixième concile. Enfin, dans le septième concile, ils retranchent de la lettre du pape Adrien ce qui regarde l'ordination de Taraise et les néophytes en général '. »
Anastase aurait pu rappeler encore la soustraction faite, aux actes du huitième concile, de la partie de la lettre du pape Adrien qui renfermait l'éloge de l'empereur Louis; les changements opérés à la lettre adressée par Léon II à Flavien ^; les falsifications des passages de la lettre de Nicolas, qui regardaient l'autorité du Saint-Siège et l'expulsion du patriarche de Constantinople "^; et enfin il aurait pu ajoutera cette longueliste les faux nombreux dont se rendit coupable Photius : deux lettres supposées, deux falsifiées, les sceaux des métropolitains dérobés, trois conciles fabriqués, avec discours d'ouverture, discussions, délibérations, conclusions et acclamations, et mille signatures contrefaites !
Une difficulté se présente : comment admettre
i Tom. vin. ConcU.j 961.
2 Epist. ad Pol. mon.
5 fpist. ad Midi, imper., ^'ic, Epist. 9.
que les Pères du concile se soient trompés en attribuant cette lettre à Honorius?
L'Eglise est infaillible et dans toutes les questions de foi et dans tous les faits qui ont un rapport nécessaire avec la foi ; mais l'identité d'un auteur n'appartient pas de soi à cette classe de faits. Le garde-chartes George apporte une lettre qu'il déclare avoir trouvée dans la bibliothèque de Constantinople; le lecteur Antiochus, (tous les deux grecs ) , assure que cette lettre est de l'Evêque de Rome, Honorius ; Jean de Porto, commissaire du concile, va confronter la copie avec un original qu'on lui montre, et les trouve conformes ^ Si le prêtre latin Constantin et le diacre grec Sergius ont fabriqué l'une et l'autre, le concile se trouve mal informé sur l'origine des pièces que l'on soumet à son appréciation ; il peut porter un jugement infaillible sur la doctrine qu'elles contiennent, et peutse tromper sur l'indication des auteurs.
Un exemple célèbre mettra mieux au jour cette
^ Duplessis ne doute pas de l'aulhenlicité de ces lettres, puisqu'elle» ont été conféras, au sixième concile, avec les originaux tirés île la bibliothèque de Constantinople. « Celte allégation, répond le docteur Coeffeleau, au lieu de fortifier son argument, l'affaiblit, vu que, Constantinople étant la boutique où se forgeaient ces grandes impostures, les patriarches faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour ruiner de réputation les Papes qu'ils croyaient être leurs parties, mais qui en effet étaient leurs juges. » {Rcponu, etc., 584.)
distinction. Le 30 mai i653, Innocent par sa Jjulle Cum occasione condamne les cinq propositions de Jansénius, comme hérétiques : voilà une question de foi décidée. Trois ans après , Alexandre YII déclare par sa bulle Ad sacram que ces cinq propositions sont véritablement contenues dans le livre appelé Aiigustinus et réellement condamnées dans le sens de l'auteur, c'està-dire du livre : voilà la question de fait; elle est légitimement résolue, parce qu'elle a un rapport nécessaire avec la première. Mais aucun de ces Papes, en condamnant cinq propositions tirées de YAugustinus et prises dans le sens de Tauteur , n'a recherché , comme devant faire l'objet d'une décision dogmatique, si ce livre avait été imprimé à Paris ou à Bruxelles, s'il avait été édité par iMichel Saly ou par Jacques Gravius ; s'il avait été composé par un évèque de Belgique, ou par un docteur de Sorbonne. Sans doute, dans la nécessité de désigner un ouvrage, on nomme l'auteur qu'indique la notoriété publique; mai; c'est comme moyen de s'entendre, et non dans l'intention défaire des articles de foi de questions purement bibliographiques qui , de leur nature, pas plus que les questions purement géographiques ou historiques, n'entrent dans le domaine de l'infaillibilité de l'Eglise. Quand Faccusé est présent,
IGO
il reconnaît son ouvrage, l'explique lui-même; et, s'il persiste dans ses erreurs, c'est tout à la fois sur ses écrits et sur sa personne que tombe Fanathème lancé contre lui. Quand il est absent ou décédé, la sentence qui frappe les écrits n'atteint que le véritable auteur, et non celui qu'aurait désigné*une fausse information.
Nous disons donc que le sixième concile général a pu avec raison condamner les lettres d'Honorius et anathématiser sa mémoire, mais que cette condamnation et cet anathème sont tombés en réalité, non sur Honorius, mais sur ceux qui ont fabriqué ou falsifié les lettres que l'on a présentées au concile sous son nom.
A ces causes extrinsèques d' inauthenticité , nous allons en ajouter d'un autre genre.