VIT
Ce qui frappe d'abord, à la première lecture de la lettre de Sergius, de TEctèse d'Héraclius et des réponses d'Honorius , c'est la ressemblance qui règne entre ces divers écrits : mêmes idées,
même style ; on les croirait volontiers composés par le même auteur. On se demande ensuite pourquoi Honorius passe sous silence divers points importants de la lettre à laquelle il répond. Sergius parle deux fois du discours composé par le patriarciie Memnas et adressé au pape Vigile, Honorius n'en dit pas un mot; et cependant ce libelle, loué par Sergius, défendait ouvertement les hérésiarques Sévère, Apollinaire, Macédonius, Arius, et rejetait le concile de Chalcédoine. Sergius parle jusqu'à quatre fois de Fempereur Héraclius; il le représente réfutant et confondant les hérétiques en Arménie , encourageant Cyrus dans ses travaux de réunion , se montrant partout plein de zèle pour défendre les intérêts de la foi : Honorius, écrivant à Constantinople, séjour de l'empereur, ne fait pas même allusion à des exploits si glorieux, dont le récit avait dû pénétrer de joie son cœur de souverain Pontife. Il rappelle à peine les conversions opérées par Cyrus, et que Sergius avait racontées avec une complaisance visible : « La réunion, disait- il, n'a pas eu lieu sans peine, et il fallu plusieurs conférences pour la ménager; mais enfin elle s'est faite ; les sectateurs d'Eutychès, de Dioscore, de Sévère et de Julien sont catholiques, et cette réunion s'est opérée nonseulement à Alexandrie, mais presque par toute