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qui arrosent abondamment tout Tunivers chrétien. Aussi , en Thonneur de saint Pierre , les Pères ont -ils décrété que toutes les questions religieuses fussent portées, avant tout, à l'examen de la Chaire apostolique dont V ancienne coutume est de condamner ce qui est mal , comme d'approuver ce qui est louable. Car il a été établi par les règles anciennes que, quelque affaire qui se présente, fût-ce dans les provinces les plus éloignées, on ne la traite ni ne la reçoive avant qu'elle ait été portée à la connaissance de votre Siège suprême, avant que son autorité affermisse la sentence à intervenir, et que toutes les Eglises puisent de là , comme de leur source naturelle, les mystères du salut , pour les conserver dans leur pureté parmi toutes les régions du monde ^ »
Ce sont les évèques de la Mauritanie , de la Numidie et de la Byzacène qui parlent ainsi.
Ceux de la province consulaire ne sont pas moins explicites, et dans une seconde lettre adressée à Paul ils résument en ces termes leur croyance sur le point en litige : « Nous confessons qu'il est en Jésus -Christ deux natures et deux volon-
^ Labbc, VI, 128.
tés naturelles, comme l'Eglise catholique renseigne et /'a toujours enseigné. »
Dix ans plus tard , Anastase, disciple de Maxime, apprend du fond de son exil que les Monothélites, par une nouvelle et singulière variation , reconnaissent deux opérations à cause de la différence des natures; plus, une opération à cause de l'union de ces deux natures , ce qui en faisait trois. Il s'empresse de dénoncer cette nouvelle erreur à ses frères les moines de Cagliari , leur annonce que les députés d'Eugène l'ont embrassée, etlessupplied'aller àRomepour instruire le Pape du nouveau danger que court la foi : « Il faut que vous passiez au plus tôt à Rome pour vous joindre aux hommes pieux et fervents qui y sont et qui soutiennent vigoureusement avec nous la vérité, les priant avec larmes de soutenir la foi sans aucune nouveauté ^ » C'est toujours sur le Pontife de Rome que sont tournés les yeux des catholiques.
Nous venons d'entendre les évèques d'Afrique et les confesseurs de la foi ; écoutons maintenant le langage d'Agathon , approuvé par les cent cinquante évèques du concile de Constantinople :
« Pierre a reçu du Sauveur de tous, et par une
I Ofe-ra Waxinii, \. ^th.
triple reconimandalion, les brebis spirituelles de l'Eglise à paître; et, par l'assistance du même Pierre, cette Eglise apostolique qui est la sienne ne s'est jamais détournée de la voie de la vérité^ dans quelque partie d'erreur que ce soit ^ Aussi toute TEglise catholique et les conciles généraux ont toujours embrassé fidèlement et suivi en tout l'autorité de cette Eglise catholique, comme étant l'autorité du prince même des Apôtres. Nous vous envoyons donc les règles de la vraie foi^ qui, soit dans la prospérité , soit dans l'adversité, a été conservée et défendue courageusement par la mère spirituelle de votre empire, l'Eglise apostolique du Christ, laquelle, par la grâce de Dieu toutpuissant, ne sera jamais convaincue de s'être écar, tée diù sentier de la tradition apostolique, ni n'a jamais succmnbé à la dépravation des nouveautés hérétiques ^; mais telle qu'elle a reçu la foi de son fondateur le premier des Apôtres, telle elle l'a consei'vée sans tache, selon la promesse que le Sauveur a faite au prince de ses Disciples dans les sacrés Evangiles : « Pierre, j'ai prié pour toi, afin que « ta foi ne vienne pas à défaillir; lors donc que tu
i Cujus annilenle pra?sidio lisec apostoUca ejus Eccl««ia nunquam à tiâ veritalis in quâlibet erroris parle deflexa esl. {Acla conc. iv, 1079.)
2 Quœ per Dci omnipolenlis gratiam a tramile apostolicee tradilionis Huiiquam errasse probabilur, ncc bœrelicis novilalibus depravala succubuil. (1082.)
« seras converti, affermis tes frères. » Que votre Majesté considère donc que c'est le Seigneur et le Sauveur, dont la foi est un don, qui a promis que la foi de Pieirene défaillir a pomU et qui lui a recommandé d'affermir ses frères. C'est ce que tous les Pontifes apostoliques prédécesseurs ^ç, ma faible personne ont toujours fait courageusement, comme tout le monde le sait \ Quelque minime que je sois, je veux les imiter pour remplir mon ministère, car malheur à moi si je viens à taire la vérité qu'ils ont prêchéeî Que dirai-je au tribunal du Christ? que dirai-je pour moi? que dirai-je pour les âmes qui me sont confiées et dont je dois rendre compte? Aussi, du moment que les évoques de Constantinople s'efforcèrent d'introduire les nouveautés hérétiques dans l'Eglise immaculée du Christ, mes prédécesseurs d'apostolique mémoire n'o?z^;9om^ cessé de les exhorter, de les avertir, de les conjurer de se désister de ce dogme hérétique, du moins en se taisant.
Il faut employer toutes les forces pour délivrer la sainte Eglise de Dieu, la mère de votre empire, des égarements de pareils docteurs, et faire en
^ Considerct ilaqiie veslra Iranquilla Ciemenlîa qiiori'.rn Dominus et Salvaloromnium,cujus lidcs cst,(]ui lideui l'elri nondefecturain promisit, confumarceum fradessuosadmonuit : quodapostolicosPonlificcsmcje exiguialis praedec essores coiifideiHcr fecisse sempcrcunclis estcognilum. {Ibid^)
sorte que tous les pontifes, tous les prêtres, tous les clercs et tous les peuples confessent unanimement avec nous la foi orthodoxe fondée sur la pierre ferme de cette Eglise du bienheureux Pierre : Eglise qui, par la grâce et le secours du même prince des Apôtres, demeure pure de toute erreur. »
Il eût été difficile de proclamer d'une manière plus forte et plus claire que FEglise de Rome était restée entièrement pure de toute erreur, que tous les Papes qui avaient gouverné TEglise depuis l'apparition de la nouvelle hérésie n'avaient cessé de la combattre, qu'ils avaient tour à tour employé les moyens de la douceur et ceux d'une juste sévérité pour engager les évêques de Constantinople à renoncer à ces nouveautés. « CetU conduite de mes prédécesseurs, ajoute Agathon, est connue de tout le monde. » Et les cent cinquante évêques du concile déclarent que la lettre d'Agathon a été dictée de Dieu, dictata à Deo; que l'Esprit-Saint a parlé par la bouche du successeur de saint Pierre.
On ne s'étonne plus, après des faits de cette nature , de voir le cardinal Bellarmin soutenir qu'il n'est pas téméraire de penser que ces lettrés, fabriquées par Scrgius ou Pyrrhus, avaient été ajoutées au concile ainès coup.
Ce que nous allons dire des ouvrages d'Anastase favorise cette opinion.
Anastase le bibliothécaire, écrivain ecclésiastique du neuvième siècle, est regardé communément comme l'auteur du Liber pontificalis, ou Abrégé de la vie et des actions des Papes. Ce livre présente sur Honorius une contradiction singulière : dans la vie même d'Honorius, il n'est rien dit de sa condamnation ; dans la vie de Léon lï, on trouve le nom d'Honorius mêlé à ceux des hérétiques condamnés par le concile : de là l'autorité d' Anastase invoquée tour à tour et par ceux qui croientque les actes du concile ont été falsifiés, et par ceux qui sont d'une opinion contraire. Voici la légende d'Honorius :
« Honorius, de Campanie, fils du consul Pétronne, occupa le siège apostolique douze ans, onze mois, quatorze jours. H fit beaucoup de bonnes œuvres pendant son pontificat; il instruisit le clergé ; il renouvela les toits de la basilique de Saint-Pierre, et revêtit le tombeau de cet apôtre d'un ornement en argent du poids de six cent trente-sept livres.
« Il fit aussi couvrir la grande porte d'entrée de l'église de lames d'argent, pesant neuf cent soixante-quinze livres. Il fit placer devant le corps de saint Pierre deux grands candélabres d'ar-
gent, pesant chacun soixante-deux livres; et devant les reliques de saint André apôtre, une table du même métal de soixante-douze livres. Seize grandes poutres des combles de Saint-Pierre furent renouvelées, et Fédifice tout entier reçut une toiture d'airain , enlevée avec la permission de l'empereur à un temple de Rome.
a II fit reconstruire l'église de Sainte Agnès à l'endroit même où la jeune vierge martyre avait été inhumée , sur la voie Numantine , à trois milles de Rome. Ce sanctuaire fut très-richement orné; la châsse d'argent de la sainte pesait deux cent cinquante-deux livres, le ciboire en cuivrej doré qui la surmontait était d'une grandeur étonnante. Trois lampes d'or massif, de deux livres chacune, pendaient auprès du monument. L'abside fut pavée en mosaïques. Il releva de ses fondements la basilique de Saint- Apollinaire martyr, située près du portique de Saint-Pierre, appelé des Palmes, et Fenrichit de dons.
« Il établit que chaque samedi de l'année on irait de l'église de Saint-Apollinaire jusqu'à celle, de Saint -Pierre au chant des litanies et en procession, au-devant de laquelle les fidèles présents dans ce dernier sanctuaire sortiraient en chantant des hymnes et des cantiques. Il construisit , consacra et orna les églises de Saint-Cyria-
que martyr sur la voie d'Ostie à sept milles de la ville, des Quatre Martyrs couronnés, de Saint- Severin près de la ville de ïibur. Il renouvela le cimetière de Saint-Marcellin et de Saint-Pierre, dans la voie Lavicane.
a II réédifia la basilique de Saint-Pancrace, sur la voie Aurélienne, à deux milles de la ville, et Fenrichit de divers dons , entre autres d'une chasse d'argent de cent vingt livres, d'un ciboire d'argent de cent quatre-vingt-sept livres, de cinq arcs d'argent de quinzelivres chacun, de trois chandeliers d'argent pesant chacun trois livres. Non loin de là, au quartier Trajan, près des murs de la ville, il fit construire un aqueduc pour amener dans la ville l'eau du lac Sabbatin ; un autre canal la conduisait au Tibre.
« Il fonda encore l'église de Saint-Lucien à Rome, près de Saint-Sylvestre ; l'église de Saint- Adrien martyr, sur la voie Sacrée, et une foule d'autres qu'il serait trop long d'énumérer. Il fit lui-même la dédicace de tous ces sanctuaires, et les enrichit de dons.
« Honorius, en trois ordinations qui eurent lieu au mois de décembre, fit treize prêtres, onze diacres et quatre-vingt-un évêques pour diverses provinces. Il fut enseveli dans la basilique de Saint-Pierre apôtre, le 4 des ides d'octobre.
« Le Saint-Siège resta vacant un an, sept mois» dix-huit jours \ »
D'autre part, dans la légende de Léon II insérée dans le même recueil, on lit :
« Léon II reçut et approuva les actes du concile de Constantinople. Dans ce concile furent condamnés Cyrus, Sergius, Honorius, Pyrrhus, Paul, Pierre, Macaire et son disciple Etienne» Polychrone, etc. ^ »
Cest le seul endroit où il soit question d'Honorius. Nous sommes de Favis du docteur Coeffe teau : un mot, probablement ajouté par la main d'un copiste ou d'un hérétique, ne doit pas l'emporter sur tout un chapitre. L'auteur du Libeî^ pontificalis ne croyait pas qu'Honorius eut été condamné par un concile général.
Cette opinion paraît plus probable encore, si l'on considère que dans l'histoire des Pontifes qui ont succédé à Honorius il est parlé plusieurs fois des Monothélites , que l'auteur raconte l'abjuration que fit à Rome Pyrrhus de ses erreurs \ qu'il blâme le Type de l'empereur Constant, et loue le pape Martin d'avoir condamné un écrit qui défen-
1 Hist.de Yilis Rom. Ponlif., Honor.
2 Ibid., Vila S. Léon. II.
3 Il)iJ., Fi/aTheod.
d ait de dire soit une^soiideiix volontés^ ^ei toujours sans faire même indirectement la moindre allusion à la conduite d'Honorius. Enfin, dans la vie du pape Agathon , Anastase donne le nom de toutes les personnes qui ont été condamnées au huitième concile général : nulle part on ne voit figurer celui d'Honorius; voici ce passage, parailèle à celui que nous avons extrait de la vie de Léon II : « Macaire et ses partisans, Etienne, Anastase, Polychrone, Epiphane, prêtres, et Léontin diacre, furent condamnés à Texil et dirigés sur Rome. On retrancha des dyptiques des églises les noms des patriarches Cyrus, Sergius, Paul, Pyrrhus, Pierre, qui avaient enseigné les erreurs que nous voyons pulluler encore, et l'on effaça leurs portraits partout où on les avait peints ^. »
Nos recherches sur la condamnation d'Honorius ne seraient pas complètes, si nous ne faisions
2 Ibid., Ki/aS. Acatljoii.
connaître un autre moyen de résoudre les difficultés qu'elle présente relativement à l'infaillibilité des Papes. La lettre à Sergius , même telle que nous l'avons , ne renferme aucune proposition qui ne soit susceptible d'un sens catholique. Voici en entier le texte de ce document devenu si célèbre, et dont Rhorbacher avait donné déjà une excellente analyse :
« Nous avons reçu la lettre par laquelle vous nous apprenez, vénérables frères, qu'un certain Sophrone, alors moine, aujourd'hui, selon ce que nous entendons dire , évêque de Jérusalem , a introduit de nouvelles questions de mots et suscité des disputes contre notre frère Cyrus , évêque d'Alexandrie, qui enseigne aux hérétiques convertis qu'il n'y a qu'une opération en Jésus- Christ. Vous ajoutez que Sophrone étant venu vous trouver, il a renoncé à ses plaintes sur vos instructions, qu'il vous prie de lui donner par écrit. Nous avons lu la copie de la lettre que vous lui avez adressée, et nous trouvons que vous avez fait preuve de prévoyance et de circonspection en ôtant cette nouveauté de paroles qui pouvait scandaliser les simples. Il nous faut marcher dans la voie qu'on nous a tracée, et nous pourrons ainsi, Dieu aidant, conserver dans toute sa plénitude la vraie foi que les Apôtres
de la vérité nous ont laissée dans les saintes Ecritures. Nous confessons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, médiateur de Dieu et des hommes, opère les choses divines par l'intermédiaire de l'humanité qui lui est hypostatiquement unie, et les choses humaines par la chair qu'il a prise d'une manière ineffable et unique, et qu'il les opère sans division, sans confusion et sans transmutation, la divinité demeurant parfaite; le même qui brillait par l'éclat des miracles, possédant notre nature, vrai Dieu et vrai homme tout à la fois ; et c'est avec Tune et l'autre que ce Médiateur de Dieu et des hommes a souffert les opprobres de sa passion. LeYerbe s'est fait chair, et il a habité au milieu de nous; Fils de l'homme et Dieu éternel, il a été crucifié. Ce n'est pas au ciel, mais dans le chaste sein de la Mère de Dieu qu'il a pris cette chair qui permet à la divinité de souffrir, ce qu'elle ne pouvait faire avant cette union. La Vérité, parlant d'elle-même, a dit : «Nul ne monte au ciel que celui qui en est descendu, le Fils de l'homme qui est au ciel; » nous montrant ainsi qu'en Jésus-Christ l'humanité est unie à la divinité d'une manière ineffable et unique, sans séparation , sans confusion , sans division ; chaque nature, malgré cette union , conservant d'une manière qui étonne notre esprit les différences qui lui sont propres.
« L'Apôtre désigne ce mystère, lorsqu'il dit aux Corinthiens : « Nous ne venons pas vous prêchw la sagesse du siècle ou des puissances du siècle, elle passe trop vite, mais la sagesse du Dieu caché dans l'incarnation, le mystère que Dieu avait résolu de toute éternité d'opérer pour notre salut, et que les puissances de ce siècle n'ont pas connu ; cat, s'ils eussent connu ce Dieu de majesté, ils ne TauraTent jamais fait mourir sur la croix. » La divinité n'a pu aucunement souffrir les passions humaines ; mais les deux natures s'étant unies d'une manière ineffable, on a pu dire qu'un Dieu avait souffert et que l'humanité était descendue du ciel avec la divinité. JNous confessons donc une volonté en Jésus-Christ, parce que la Divinité a pris non pas notre péché, mais notre nature telle qu'elle a été créée avant que le péché Teùt corrompue, et sous la livrée du péché il a effacé les péchés du monde; et nous avons tous reçu de sa plénitude. Il s'est montré homme et sous la forme d'un esclave, mais il a été conçu sans péché par l'opération du Saint-Esprit, et c'est sans péché qu'il a été enfanté par la sainte et immaculée Vierge Mère de Dieu. Aussi voyons-nous que le mot chair se prend, dans les saintes Ecritures, en deux sens: l'un, bon; l'autre, mauvais : « Mon esprit se retirera deceshom-
mes, dit le Seigneur, parce qu'ils sont devenus chair; »et l'Apôtre : « La chair et le sang ne posséderont point le royaume de Dieu ; » et ailleurs : «Ma volonté voudrait garder la loi de Dieu, mais la chair m'entraîne au péché, et je vois dans mes membres une loi opposée à la loi de Fesprit, et qui cherche à me captiver sous le joug du péché ; » et plusieurs autres passages où chair est pris dans un mauvais sens. Mais ce mot se prend aussi quelquefois en bonne part : « Toute chair, lisons-nous dans Isaïe, viendra à Jérusalem pour m'adorer dans mon temple. » Et Job a dit : « Je verrai Dieu dans ma chair ; « et encore : » Toute chair verra Dieu son Sauveur ; » et autres passages. Notre Sauveur, nous Tavons déjà dit, n'a pas pris une nature pécheresse, qui se révolta contre la loi de l'esprit. Il est venu chercher et sauver ce qui avait péri. Il n'y a point en lui une autie loi des membres, une volonté différente, au contraire , attendu qu'il est né au-dessus de la nature humaine. Et quand il écrit : « Je ne suis, pas venu pour faire ma volonté, mais celle de nion Père qui m'a envoyé ; » et encore : « Que votre volonté se fasse, mon Père, et non la mienne: » ces paroles et autres semblables ne sont pas d'une volonté différente, mais de l'hunianité qu'il a prise. Il les a prononcées pour
notre instruction et nous a donné l'exemple, afin que nous marchions sur ses traces. Ce Maître a voulu, dans sa tendresse, montrer à ses disciples qu'ils doivent s'appliquer à suivre en tout, non leur propre volonté , mais uniquement celle de Dieu. Suivons la route royale, évitons les pièges que nos ennemis ont tendus à droite et à gauche ; laissons là l^s Iduméens; nous ne devons pas même fouler du pied la terre de l'hérésie, il doit nous tarder de voir la patrie ; nous y arriverons en marchant fidèlement sur les pas de nos chefs. Si quelques-uns, comme en bégayant et comme ferait un maître pour s'accommoder à Tintelligence de ses disciples, ont dit une ou deux opérations , il ne faut pas en faire un dogme de l'Eglise; car ni l'Ecriture ni les conciles ne paraissent avoir examiné cette question. Que personne n'aille prêcher ce que l'Eglise n'a pas défini ; des manières de parler employées uniquement dans l'intention de se mettre à la portée des faibles et d'exprimer plus clairement un sentiment particulier, ne doivent poi nt faire loi dans l'Eglise. Que Jésus-Christ soit le même qui opère les choses divines et les choses humaines , les Ecritures le montrent clairement. Mais de savoir si, à cause des œuvres de la divinité et de l'humanité, on doit dire ou entendre tine opération
ou deux, c'est ce qui ne doit pas nous importer , et nous le laissons aux grammairiens qui ont coutume de vendre aux enfants les mots qu'ils ont inventés. Nous savons par les Ecritures que Jésus-Christ et son Esprit-Saint ont opéré dans les autres non-seulement d'une ou de deux manières, mais de plusieurs. « Si quelqu'un n'a pas l'esprit de Jésus-Christ , dit saint Paul, il ne lui appartient plus ; » et ailleurs : « Personne ne peut dire : Seigneur Jésus, sans le secours de TEsprit-Saint. Il est plusieurs espèces de grâces, il n'est qu'un seul Esprit; les ministères sont différents , le Seigneur est le même. Les opérations sont divines, c'est le même Dieu qui opère tout dans tous. Mais , si Dieu peut ainsi opérer de diverses manières dans les membres, à plus forte raison le peut-il dans Jésus- Christ notre chef, et établir ainsi entre eux la parfaite unité. Progressons toujours vers la perfection, arrivons à Jésus-Christ, à cette plénitude d'âge et de vertu. » Si nous croyons que l'esprit de Jésus-Christ opère de tant de manières dans ces membres qui ne vivent, ne se meuvent et n'existent qu'en lui , combien plus ne faut-il pas confesser que ce divin Médiateur opère de plusieurs manières ineffables en lui-même par la communion de ses deux natures! C'est à ses