TOME II
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sacrés enseignements qu'il faut aller s'inspirer, et nous devons rejeter les mots nouveaux qui scandalisent les Eglises , de peur que les simples choqués du terme de deux opérations ne nous croient nestoriens, et qu'ils ne nous croient euty chiens si nous ne reconnassions en Jésus-Christ qu'zme seuk opération. Pour ne pas ranimer le feu des disputes à peine assoupies, confessons avec simplicité que le même Jésus-Christ opère et dans la nature divine et dans la nature humaine. Il vaut mieux laisser crier contre nous les vains éplucheurs de natures, les boursoufflés philosophes à voix de grenouille, que de laisser à jeun les chrétiens simples et humbles d'esprit. C'est en vain que leurs disciples s'efforceraient de séduire les fidèles par cette fausse et trompeuse philosophie , leurs vaines disputes ne convaincront personne; leurs arguments sont captieux, mais se détruisent eux-mêmes. Nous vous exhortons en conséquence à éviter l'expression nouvelle d'ime ou de deux opérations, et h prêcher avec nous, dans la foi orthodoxe et dans l'unité catholique, que le Fils de Dieu, Jésus-Christ, vrai Dieu luimême, opère dans les deux natures et ce qui est de la divinité et ce qui est de l'humanité. Dieu vous garde saîn et sauf, très-cher et vénéré frère ^ ! »
i AcI conc. tu, 1519-1523.
Dans la seconde lettre, qui fut lue, condamnée ( t brûlée dans la treizième session , Honorius disait :
« Nous avons aussi écrit à notre frère Cyruy d'Alexandrie, qu'il fallait rejeter la nouvelle invention de ce terme d\me ou de deux opér-ations, ot ne point obscurcir la doctrine de FEglise par les nuages de ces disputes , mais bannir de l'explication de la foi ces mots nouvellement introduits ; car ceux qui parlent de la sorte ne s'imaginent-ils pas que, suivant que l'on attribue à Jésus-Christ une ou deux natures , on reconnaît aussi une ou deux opérations? sur quoi les témoignages de l'Ecriture sont clairs ; mais que le Médiateur soit d'une ou de deux opérations , c'est ce qu'il est fort inepte de penser ou de dire.
« Quant au dogme ecclésiastique que nous devons tenir et prêcher à cause de la simplicité des hommes , et pour couper court à d'inextricables disputes, il ne faut point définir qu'il y ait <în Jésus-Christ une ou deux opérations , mais confesser que les deux natures opèrent et agissent chacune avec la participation de Tautre, la nature divine opérant ce qui est de Dieu, la nature humaine exécutant ce qui est de la chair, sans division, sans confusion , sans que la nature divine soit changée en l'homme ni la nature hu-
maine en Dieu , mais les différences de nature demeurant entières : car c'est le même qui est liumble et sublime, égal au Père et moindre que le Père, qui était avant les temps et est né dans le temps, par qui les siècles ont été faits et qui a commencé dans le siècle , auteur de la loi et soumis à 4a loi pour notre salut , crucifié et vainqueur de la mort dont il nous a délivrés nousmêmes en attachant à la croix notre sentence de condamnation. Ecartant donc le scandale de l'invention nouvelle, il ne nous faut ni définir ni prêcher une opération ou deux , mais, au lieu d'une opération, comme disent quelques-uns, confesser sincèrement un seul Seigneur opérant dans Tune et l'autre nature ; et au lieu de deux opérations , il faut plutôt prêcher avec nous que les deux natures, la divinité et l'humanité, dans la seule et même personne du Fils unique opèrent, sans confusion , sans disision , sans altération, chacune ce qui lui est propre. Nous avons cru devoir vous déclarer ces choses pour vous montrer la conformité de notre foi avec la vôtre, afin que nous soyons animés du même esprit. Nous avons aussi écrit à nos frères grecs et à Sophrone qu'ils n'insistent point sur ce nouveau terme d'u7ic ou de deux opérations, mais qu'ils disentavec nous que c'est un seul Jésus-Christ qui dans les deux
nalurcs opère et ce qui est divin et ce qui est humain. Nous avons même instruit ceux que Sophrone nous a envoyés de ne point parler à l'avenir de deux opérations, et ils ont promis trèsexpressément qu'il le feraient, pourvu qucCyrus s'abstînt de parler aussi d'une opération '. »
Voilà tout ce qui est sorti des archives de Constantinople sous le nom d'Honorius. Nous admettons pour le moment que ces lettres sont intègres et authentiques, et nous examinons quel est le véritable sens des phrases qui ont été si diversement interprétées.
De l'aveu de tous, le langage d'Honorius diffère peu de celui de Sophrone. Ses deux lettres exposent la doctrine chrétienne sur l'unité des personnes et la dualité de natures et d'opérations d'une manière très-exacte, n'était cette phrase dont il faut fixer le sens : « C'est pourquoi nous confessons une volonté en Jésus-Christ, parce que la Divinité a pris non pas notre péché, mais notre nature telle qu'elle était avant que le péché l'eût corrompue. » Que voulait dire llonorius par ces paroles? prétendait-il, comme Sergius, qu'en Jésus-Christ la nature humaine et la nature divine étaient tellement unies et
J Act. conc. IV, I3j3.
confondues , que la première , entièrement absorbée par la seconde , n'était plus capable d'un inouvement naturel et qu'elle ne pouvait rieii faire ni vouloir que sous sa direction et par son influence? ou bien, tout en admettant en Jésus- Christ deux opérations ou deux volontés , l'opération divine et l'opération humaine , voulait-il dire qu'il n'y en avait qu'une venant de la nature humaine et non deux comme elles sont en nous, celle de l'esprit et celle de la chair? Le contexte et les auteurs contemporains démontrent que cette dernière interprétation est la seule légitime.
La proposition incriminée commence par ce mot Qôsv, undè, qui veut dire cVoù^ c'est paio-quoi , par ces motifs. C'est donc une conclusion, cherchons les prémisses :
Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble : // a pris notre chair. — La divinité est demeu" rée parfaite.
Il a souffert comme Dieu-Homme : Cest avec l'une et Vautre nature qu'il a souffert les opprobres de sa Passioïu
Mais Dieu, pour pouvoir soulTrir, a dû prendre la nature humaine : Cette chair permit à la divinité de souffrir^ ce qu'elle ne pouvait faire avant cette union.
La nature humaine ne s est pas révoltée contre ce plan dans lequel entrait son propre crucilienient : Les choses dwines et les choses humaines s'opèrent sans confusion, sans dimion, la chair prenant part à tous les mystères de sagesse opérée pour notre salut^
C'est qu'en Jésus-Christ Phunianité n'a pas été viciée par le péché; elle n'a qu'une volonté, et se trouve exempte de cette loi des membres qui en nous contrarie souvent la loi de l'esprit : Nous confessons donc wie volonté en Jésus-Christ, la dimnité ayant pris notre nature seulement^ non pas îîotre péché.
Cette même proposition est suivie de ce mot e7r:t5,7, utpote , (\w\ signific puisque, atteîidu que. C'est donc un principe ; voyons les arguments sur lesquels il s'appuie :
Nous confessons une volonté en Jésus-Christ,
Attendu que si nous sommes tous, en venant au monde, souillés du péché originel, il n'en est pas ainsi de notre divin Sauveur : C'est sans jjéché qu'il a été cmwu du Saint-Esprit, sans péché qu'il a été enfanté par l'immaculée Vierge»
Jésus-Christ a pris notre chair, il est vrai, mais telle qu'elle était avant que le péché Teiit corrompue : // n'a pas pris notre nature jJécheresse.
Fn nous il y a deux lois, celle de Tesprit et celle du péché, lois souvent opposées Tune à l'autre; de là cette guerre intestine qui faisait dire au poète :
Mon Dieu, quelle guerre cruelle !
Je trouve deux lioinines on moi :