‹ L'histoire et l'infaillibilité des papesChapitre 35 sur 70 · GRÉGOIRE XVI AUTORISE LE PRÊT A INTÉRÊT, CONDAMNÉ PAR BENOÎT XIV · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE XVI AUTORISE LE PRÊT A INTÉRÊT, CONDAMNÉ PAR BENOÎT XIV

PIE IX DÉFINIT l'immaculée CONCEPTION , CE QUE n'a- YAIENT PAS VOULU FAIRE SES PRÉDÉCESSEURS.

CONTRADICTIONS ENTRE l'eNSEIGNEMENT ET LA CONDUITfi PRIVÉE DE CERTAINS PAPES.

« Lambert ayant recouvré sa puissance , Etienne se déclare pour lui , et lui témoigne tant dç

déférence qu'il va jusqu'à faire exhumer sou infaillible antéprédécesseur Formose; il le fait juger, lui fait couper les trois doigts avec lesquels il donnait sa bénédiction, et fait jeter son corps dan& le Tibre.

« S'il n'a pas été chef de l'Eglise, il a été au moins le très-humble serviteur de Lambert. En 897 , les Romains le jetèrent en prison et l'étranglèrent.

« Jean IX rétablit la mémoire de Formose. Quelle suite d'infaillibilités ^ ! »

— « Nicolas m, dans la constitution Exiil qui seminai adressée aux religieux , aux écoles et à toute l'Eglise , décrète que le vœu de pauvreté, imposé par la règle de saint François , consiste dans le dépouillement absolu de toutes choses , même de celles qui se consomment par l'usage ; et Jean XXII, dans les trois bulles : Exivi, Quorundam, Jd conditorem, définit le contraire ^. »

— « Je vois bien aussi que Léon IX (1049\ puis ensuite Grégoire VII, publient et font décréter par des conciles que le Pape ne peut être jugé par personne, qu'il est juge infaillible; que l'Eglise romaine n'a jamais erré , et que jamais , comme l'atteste l'Ecriture , elle ne pourra le faire. Mais j'entends ensuite l'un d'eux, le pape Grégoire XI (t370), me dire à son lit de mort et déclarer dans son tesla-

4 A. Bost. ubi suprà, 50.

2 DcfensioDcclar. Cleri gaU. p. 2« , c. A{ et scq.

meiil : « que si dans le consistoire, ou les conciles, ou ailleurs , il a soutenu quelques doctrines contraires à la foi catholique , il condamne ce qu'il a fait^. »

— « Il nous faut bien savoir qu'il est une version latine des Livres saints nommée la Fulgale , et que c'est elle que le concile de Trente a déclarée seule authentique ^ : c'est-à-dire que, sous peine d'anathème, c'est d'elle seulement qu'il est permis de se servir dans l'Eglise romaine , qu'on lui accorde plus d'autorité même qu'aux textes inspirés hébreux et grecs.

« Or il faut nous rappeler que cette version que saint Jérôme avait faite au quatrième siècle s'était tellement altérée, qu'au seizième siècle le pape Sixte- Quint dut la faire rétablir et que , sous "es yeux , fut imprimée à Rome une édition qu'une bulle prononça pure et authentique , et qu'elle enjoignit à toute l'Eglise de recevoir comme telle.

« Mais malgré tous les soins , et surtout malgî-é Y infaillibilité du Pape, cette édition se trouva tellement fautive que Clément VIII ^ successeur de Sixte V , la supprima , et en fit publier une autre en 1592.

« Mais celle-ci ne fut pas plus correcte ni plus pure que la précédente ; il existe au contraire de

1 Spicil. d'Ach. 6.— Basnogc, ii, <S98.— Malan, 97.

2 C. Trid., sess. iv.

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