‹ L'Histoire expliquée par la science socialeChapitre 112 sur 165 · Thuc, VI, I · texte numérisé non relu

Thuc, VI, I

une partie de sa force. Son mérite stratégique est tel que le peuple, très intelligent au milieu de ses inconstances, ne veut pas lâcher un tel serviteur, et loblige à « marcher » c[uand même. Nicias demeure donc seul, de plus en plus effrayé d'une tâche qu'il sait écrasante. Il s'entoure de précautions qui le retardent, assiège Syracuse avec méthode, mais avec lenteur. Naturellement, il construit un mur, auquel les Syracusains opposent un conù'e-miir, qui met obstacle à 1 achèvement du blocus. Syracuse n'en est pas moins fort inquiète et implore le secours de Sparte, et Sparte lui envoie un homme : Gylippe.

Gylippe arrive, et change la l'ace des choses. Il joue deux rôles : celui de capitaine instructeur et celui de sergent recruteur. D'une part, il exerce les Syracusains; de l'autre, grâce à l'imperfection du blocus, il fait venir de toute la Sicile des auxiliaires. Cet homme fait l'effet d'un ferment qui soulève soudain une pâte. C'est la supériorité militaire de Sparte qui se fait sentir par la seule entremise d'un cnpitaine bien choisi.

Nicias, immobilisé dans son camp, demande à Athènes, soit de rappeler l'armée, soit d'envoyer des renforts considérables. Athènes s'entête. Quoique bloquée à ce moment même par les Spartiates, elle envoie Démosthènes, le héros de Pylos. avec une flotte aussi forte que la première. Thucydide note avec justesse l'extraordinaire paradoxe de cette situation : une ville maritime bien fortifiée peut seule se permettre le luxe d'une expédition lointaine au moment même où elle a les ennemis sous ses murs.

Démosthènes. général brave et expéditif. mais qui ne connaît rien des formidables difficultés conire lesquelles Nicias se débat depuis longtemps, veut brusquer les choses et fait tenter un assaut nocturne. On est battu.

Alors se produit un événement capital, qui est l'inverse de l'épisode de Sph aciérie. La flotte athénienne est emprisonnée dans une rade transformée en lac par les Syracusains qui ont obstrué l'entrée. De plus, les Syracusains, grâce à d'ingénieux dispositifs qui modifient leurs propres vaisseaux, ont trouvé le moyen de neutraliser la supériorité de manœuvre des navires athéniens et de transformer, pour ainsi dire, le combat naval en combat ter-

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