‹ L'Histoire expliquée par la science socialeChapitre 125 sur 165 · Hist. delà Utt. grec^jue, t. IV. p · texte numérisé non relu

Hist. delà Utt. grec^jue, t. IV. p

liA QUATRIÈME DESCENTE DES MONTAGNARDS LE TYPE MACÉDONIEN

Les bannis héraclides dans la montagne. — Les Macédoniens étaient, comme les Doriens, des montagnards du type albanais, essentiellement belliqueux, mais devenus, aux yeux des Grecs du Sud, à demi barbares.

La Macédoine était un asile montagneux où Von se réfugiait. Parmi les bannis qui s'y retirent, à l'époque historique, on compte Hippias, fils de Pisistrate. Mais tout donne à croire que ces bannis ne faisaient que suivre un mouvement commencé dans l'âge préhistorique. Les Macédoniens, en un mot, étaient un ramassis d'émigrés, comme les Héraclides, comme les Hellènes, comme les Doriens. Mais c'étaient des réfugiés qui, ayant gagné la montagne lointaine et compacte, avaient perdu en grande partie, pendant longtemps, le contact avec les rivages, c'est-à-dire avec cet intense mouvement de commerce et d'idées qui produisait la civilisation grecque.

Pourtant, c'étaient des Grecs, comme le prouvaient leur langage, la physionomie de leurs noms, et leur aptitude à entrer dans l'état d'âme des autres Grecs lorsqu'ils venaient à se trouver en rapport avec eux.

Comme les Albanais modernes, les Macédoniens étaient divisés en clans remuants et hostiles, vivant de pâturage maigre, d'une culture rudimentaire, et volontiers aussi de pillage. Les meurtres et les vendettas étaient fréquents. En certains endroits,

l'homme qui n'avait pas tué au moins un ennemi était considéré comme déshonoré.

Toutefois certaines familles jouissaient d'un grand prestige. Une bravoure supérieure, un emplacement plus avantageux, mettaient en relief tel ou tel « roi des montagnes ». Certains chefs, comme en Grèce à l'époque héroïque, parvenaient à imposer aux autres leur ascendant, puis leur direction, et réunissaient autour d'eux des « amis », ou « compagnons », ou gardes du corps qui partageaient leurs dangers comme leurs plaisirs. L'absence du type de la cité maritime avait préservé ces chefs des divers mouvements qui, sur les rivages, avaient abouti à la fondation des démocraties. La Macédoine était donc demeurée gouvernée par des « rois », c'est-à-dire que les clans étaient dirigés par des familles investies d'un prestige traditionnel, et que la « famille régnante » du clan principal avait fait rayonner le sien sur un espace relativement considérable.

Diverses légendes couraient sur l'origine de ces rois et les rattachaient aux Héraclides du Péloponèse, c'est-à-dire à d' « illustres bannis ». Un de ces Héraclides, nommé Caranos, serait venu d'Argos en Macédoine vers le ix^ siècle, avec une troupe d'amis. Alexandre l*"", qui vivait au moment des guerres niédiques, fit valoir cette origine pour concourir aux Jeux Olympiques, où il fut admis en effet. Au cours de ces guerres médiques, les Macédoniens, encore mal organisés, avaient obéi aux sommations des Perses, leur avaient livré passage, et leur avaient fourni des troupes mercenaires. Mais, en cachette, ils favorisaient les Grecs, dont ils se sentaient frères, et le roi Alexandre devint précisément populaire en Grèce à cause de ce double rôle qu'il avait joué. C'était un « traître sympathique », à qui Ton avait dû plusieurs fois des renseignements précieux.

Pendant la guerre du Péloponèse, Sparte et Athènes se disputèrent l'alliance des Macédoniens, mais tout en la considérant comme une chose accessoire. En effet, les montagnards de cette région, robustes et braves, ne possédaient pas encore les secrets de cette tactique sévère et raffinée qui faisaient la force des petites armées grecques. C'était encore une cohue de rudes

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