‹ L'Histoire expliquée par la science socialeChapitre 27 sur 165 · TH. — LE BANDIT MONTAGNARD IDÉALISÉ · texte numérisé non relu

TH. — LE BANDIT MONTAGNARD IDÉALISÉ

le javelot et la lutte. L'arc passa probablement de mode comme suranné et la lutte armée fut sans doute écartée comme trop dang-ereuse. Quoi qu'il en soit, ces divertissements faisaient fureur. Le zèle que l'on met de nos jours à exceller en certains sports, tels que celui de la bicyclette, ne donne qu'une faible idée de l'enthousiasme et de la passion avec lesquels les Grecs cherchaient à se rendre supérieurs en ces sortes de prouesses. Et cela se conçoit. C'est par la force physique et l'agilité que l'intelligence menait la Grèce. Le bandit n'établissait et ne maintenait son influence, ne gagnait et ne conservait des fidèles que grâce au prestige attaché à l'homme qui se bat bien, court vite, saute loin et se rend physiquement invincible. Les pères de famille savaient très bien que c'était de ce côté qu'il fallait pousser leurs enfants. Chaque localité avait ses « petits jeux », sa jjalestre , où la jeunesse s'exerçait. Aucune distraction plus noble, plus instructive, plus passionnante, plus conforme à l'intérêt des familles et des classes, ne pouvait donc agrémenter ces pèlerinages à la mode. Comme le moyen âge devait avoir la trêve de Dieu, la Grèce avait la trêve des jeux. On sentait en quelque sorte que l'avenir de toute la race était là.

Mais, ici encore, le montagnard de l'Othrys se montre un bandit intelligent. Son ardeur pour les exercices du corps n'est pas le fait d'une brute puissante, heureuse de déployer la robustesse de ses biceps. C'est une ardeur méthodique et raisonnée, l'adaptation prévoyante d'un moyen à une fin. Nous ignorons si déjà les vainqueurs sont chantés par des poètes, comme ils le seront dans la suite; mais, en attendant, des concours poétiques, musicaux, se combinent avec les épreuves athlétiques, preuve que le côté intellectuel n'est pas oublié.

Les variétés du type hellène : 1° l'Hellène ébauché : Eoliens, Myniens, Cadméens. La Thèbe d Œdipe. — Malgré ces principes d'unité, des variétés se dessinent dans le type hellène.

De même qu'on donne à Hellen des ancêtres, on lui donne des fils : Dorus, Eolus et Xuthus.

Dorus, père des Doriens, reste pour le moment dans la montagne. Nous le retrouverons plus tard.

Eolus, père des Éoliens, préside à des migTations diverses : en Thessalie et en Béotie d'abord, puis dans la Grèce centrale et sur la côte occidentale du Péloponèse, notamment en Élide.

Xuthus est père lui-même de deux fils : Achœus et Ion.

Le type éolien semble avoir, le premier, fourni une brillante carrière.

Les Hellènes de ce type étaient ceux qui, au moment de l'expansion de leur bande, s'étaient répandus dans la Thessalie du Nord. La montagne qui dut leur fournir le point d'appui désirable fut le Pélion, qui court le long de l'Archipel et domine le port d'Iolcos. Ce massif du Pélion est prolongé au nord par celui de rOssa, qui lui-même fait face à l'Olympe. Nous sommes donc toujours dans la région si formidablement légendaire des luttes entre Jupiter et les Titans. L'enjeu de la lutte est toujours cette Thessalie, la plus vaste plaine de la Grèce, pays des Centaures si admirés, et où la civilisation pélasgique avait dû se traduire jadis par d'importants résultats. On peut en voir une preuve dans les connaissances merveilleuses attribuées au Centaure Chiron, précepteur d'Achille et d'autres héros. Les Centaures étaient des hommes 1res forts, dont les connaissances furent évidemment utilisées, à plusieurs reprises, par les dominateurs du pays.

Il s'ensuivit que, de tous les Hellènes, les Éoliens furent ceux qui subirent le plus Finfluence de l'ancien fonds de la race. La preuve de ce fait se trouve dans les ressemblances plus grandes du dialecte éolien avec la langue latine. Plus impressionnés par les mœurs et le langage antique, puisqu'ils tombaient dans un milieu où la formation antique était particulièrement forte, ils s'éloignèrent moins que les autres Grecs du type et du langage primitif.

Les Éoliens, à vrai dire, paraissent avoir été une aristocratie assez restreinte d'hommes de même famille, les Éolides, superposés à d'anciennes populations déjà fort avancées. Il en résulte que \ hellénisation due à cette branche de héros dut être rela-

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