LES PAYSANS BATISSEURS DE LA VALLÉE LE TYPE PÉLASGE
La Grèce, pays de rivages découpés et montagneux. — Les Grecs n'ont pas habité seulement la Grèce, mais encore une bonne partie des rivages septentrionaux de la Méditerranée, depuis File de Chypre à l'est jusqu'à Marseille à l'ouest.
Mais le domaine par excellence du type grec s'est composé de deux régions étroitement liées, qui occupent la partie centrale de cette large zone : la péninsule hellénique proprement dite, et les rivages de l'Archipel.
Ce domaine de la race grecque a ceci de particulier que nulle part la mern'estbien éloignée d'un point quelconque des terres, et que ces terres, déchiquetées en forme de caps avancés, de golfes profonds et d'iles nombreuses, multiplient leurs points de contact avec cette mer.
II a encore ceci de particulier que, presque nulle part sur la mer, on n'y perd la vue de la terre, les promontoires et les îles donnant sans cesse des points de repère et formant des sortes de ponts entre l'Europe et l'Asie.
Ces terres se présentent généralement sous l'aspect de collines, et de collines escarpées, qui deviennent çà et là de véritables montagnes. Ces escarpements sont un grand obstacle à la circulation intérieure. Les grandes plaines sont rares, et les rochers, en bien des endroits, surplombent à pic les rivages, ne laissant place à aucun sentier entre la terre et la mer.
Les grands fleuves sont inconnus en Grèce. La plupart des cours d'eaux ne sont que des ruisseaux ou des torrenis, emprisonnés dans des bassins de dimensions très réduites, et creusant une foule de petites vallées, vallées séparées de leurs voisines, mais s'ouvrant promptement sur la mer. L'absence de marées dans la Méditerranée fait que ces cours d'eau ont une tendance à déposer dans leur embouchure même les débris enlevés aux montagnes, et qu'il en résulte le plus souvent de petits deltas marécageux.
Le climat de cette région est un des plus doux qui existent, et le ciel est généralement serein. La nature du sol favorise particulièrement la végétation presque spontanée des arbres fruitiers, tels que la vigne, lolivier, le figuier. Elle favorise également l'élevage du mouton et de la chèvre, mais oppose des obstacles à celui du bœuf et du cheval , ainsi qu'à la grande culture des céréales et autres plantes réclamant un sol riche, ou des plaines étendues.
Or, la culture des arbres fruitiers est essentiellement un travail facile. D'autre part, la douceur du climat tend à diminuer les besoins de l'homme. En fait, les habitants de ces régions ont toujours été et sont encore d'une sobriété remarcjuable. In Grec fait son repas d'une poignée d'olives et de quelques figues. L'Église grecque obtient facilement l'observance des quatre carêmes qu'elle impose à ses fidèles chaque année. Un poète grec, Aristophane, a pu traiter de fastueuses les personnes qui achetaient des sardines au marché pour agrémenter leur ordinaire.
Pourtant la pêche est, pour ces populations, une ressource, et la disposition des lieux se prête admirablement à la navigation. Cette navigation n'exige pas une science nautique supé-