VII. — rx COIN d'iome en attique
L'Attique était bien située pour recevoir des bannis venant par terre. Elle l'était aussi pour recevoir des aventuriers venant par mer, soit Égyptiens ou Phéniciens, soit Grecs voyageurs qui s'étaient plus ou moins frottés aux civilisations égyptienne ou phénicienne, et qui apportaient des inventions, des perfectionnements, des connaissances diverses. L'Attique est en effet un point de débarquement tout indiqué pour les navigateurs qui arrivent de l'Ouest en suivant les Cyclades. En sautant d'île en île et de proche en proche, c'est à cette péninsule avancée qu'ils arrivaient tout d'abord. Pour la même raison, l'Attique était le point de départ le plus naturel d'une chaîne de communications entre les rivages de la Grèce et la côte ionienne, d'Asie.
Une concurrence paraît avoir existé en Attique entre le culte de Poséidon (Neptune) et celui à'Athéné (Minerve). Le dieu, frappant le sol de son trident, en fit sortir le cheval. La déesse, d'un coup de lance, en fit jaillir l'olivier. Il est permis d'entrevoir, à travers cette légende, une antique fusion d'hommes de la colline avec d'autres hommes arrivés par mer et ayant amené avec eux des chevaux, animaux alors inconnus dans le pays.
L'aristocratie des émigrés. — Les bannis étaient généralement des hommes de la classe supérieure, des aristocrates. En tout temps, dans les luttes politiques, ce sont les chefs qui se trouvent contraints à'c'migrer. Le menu peuple s'accommode plus facilement de la conquête, mais ceux qui vivent sur les populations sont forcés de se retirer quand des vainqueurs viennent prendre leur place.
Les fugitifs qui cherchèrent un asile en Attique, lors de l'invasion des Doriens, étaient donc, nous l'avons dit, des hommes « illustres », des « meneurs d'hommes », des gens à intelligence cultivée. « De tout le reste de la Grèce, dit Thucydide, accouraient à Athènes, comme dans un asile sûr, les plus puissants de ceux que la guerre ou les séditions forçaient à l'exil K » Sans