‹ L'Histoire expliquée par la science socialeChapitre 70 sur 165 · Guerre, du Péloponèse, I · texte numérisé non relu

Guerre, du Péloponèse, I

doute, une fois réunis clans cet asile, ils étaient obligés de vivre plus pauvrement et de singénier comme ils pouvaient — àTinstar de nos émigrés pendant la Révolution française — mais cela relevait d'autant le niveau intellectuel de la race. Ce tait une cause à' af finement. Cette intelligence était nourrie par le contact avec Tétranger, comme dans les villes ioniennes. De là cet esprit particulièrement éveillé, dont Thucydide nous donne une idée dans un discours qu'il place plus tard dans la bouche d'ambassadeurs corinthiens parlant aux Lacédémoniens :

« Les Athéniens sont novateurs, prompts à concevoir, prompts à exécuter ce qu'ils ont conçu... Ils sont entreprenants au delà de leurs forces, audacieux jusqu'à lirréflexion, pleins de confiance dans les périls... ils sont remuants... A leurs yeux, les vovas'es sont un moyen de senrichir... Une de leurs espérances a-t-elle été déçue, une autre la remplace... A peine jouissent-ils de ce qu'ils possèdent, occupés sans cesse d'acquérir... On les peindrait bien d'un seul trait en disant qu'ils sont nés pour ne connaître aucun repos et n'en point laisser aux autres » ^

Mais il est facile de conjecturer que ces divers arrivages de bannis, irrités de leurs échecs, n'allaientpas sans des commotions intérieures. On devine, en particulier, sous la légende de Codrus, dernier roi d'Athènes, à qui l'on ne voulut point donner de successeur parce quil avait porté trop haut la royauté, l'influence nouvelle prise par les « illustres bannis » du Péloponèse, qui s'agitaient autour des chefs indigènes, et leur disputaient l'influence, en même temps qu'ils se la disputaient entre eux.

L'histoire nous dit que les rois, à Athènes, furent remplacés par des archontes; qu'il y eut d'abord un seul archonte, nommé à vie, et que. pendant longtemps, les archontes furent choisis dans la famille de Codrus. On voit par là que la descendance des chefs indigènes — ou relativement indigènes — avait conservé un certain prestige, mais que l'entourage de ces chefs, désormais grossi, exerçait plus d'influence. Cette période fut celle des eupatrides , ainsi nommés parce qu'ils étaient des « hommes aux illustres pères », des « fils de famille », dont la formation

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