‹ L'histoire générale des religionsChapitre 10 sur 53 · CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LEÇON

Vénération des montagnes et des pierres.

( Litholâtrie) .

Vive impression que font les hautes montagnes sur l’imagination des peuples-enfants, surtout avant que le passage à l’état sédentaire ne les ait familiarisés avec la configuration du sol.

Les montagnes ont souvent des formes bizarres; elles semblent supporter le ciel ; elles sont difficiles d’accès ; elles s’enveloppent de nuages d’où sortent le vent, la pluie, la foudre ; elles récèlent des cavernes sombres, des forets épaisses, des eaux mugissantes et souvent dévastatrices.

Adoration des montagnes en Malaisie, en Afrique, en Sibérie, chez les aborigènes de l’Inde et de l’Himalaya. — Le culte des hauts-lieux chez les anciens.

Personnalité et sexe attribués aux rochers et aux pierres. — - Mariages et familles de rochers chez les Lapons, les nègres, les Péruviens et les Fidjens. — Pierres qui marchent en Afrique, dans l’Inde, en Polynésie, en Bretagne. — Hommes engendrés par des pierres (aux îles Mariannes, en Afrique et chez les anciens Mexicains ; cf. la légende de Deucalion) et pierres qui ont été des hommes (légendes d’hommes et de géants ou de monstres transformés en pierre : îles Fidji et Marianne, Laponie, Amérique centrale; légendes populaires de l’Europe; mythologie classique).

On trouve les rochers et les pierres adorés :

1° Pour leur forme , quand celle-ci évoque l’image d’un homme, d’un animal, voire d’un objet quelconque, ou simplement quand elle présente quelque caractère extraordinaire (pierres branlantes, blocs erratiques, pétrifications, outils en silex, pierres phalliques).

2 "Pour leur 'provenance ou leur ctesfmaftbra(Aérolithes,éboulis, pierres qui servent de limites).

cours d’histoire des religions.

3° Pour leur association avec des évènements utiles ou nuisibles dont on les suppose la cause. (Vénération des écueils les plus dangereux sur le Niger et le Saint-Laurent; cf. Charybde et Scylla, etc.).

Curieuses analogies du culte rendu aux pierres chez les Peaux-Rouges, en Irlande, en Scandinavie, dans l’Inde contemporaine et autrefois chez les Grecs et les Sémites..

Les pierres levées ; extension des monuments mégalithiques; hypothèses sur leur origine et leur âge.

Il faut distinguer, dans la vénération des montagnes, rochers et pierres, trois formes :

1° On les venère comme des personnalités surhumaines.

Les falaises-fétiches du Congo. — Les guacas du Pérou. — Pierres protectrices des récoltes dans l’Inde méridionale, au Pérou, au Mexique, aux Antilles, chez les Peaux-Rouges, chez les Grecs et les Romains. — Le dieu-Liban. — Baal Hermon. — Atlas. — Comment une pierre devient dieu chez les Dacotahs, — Le culte des Bétyles chez les anciens.

2° On les vénère comme la résidence temporaire ou permanente de divinités qui sont conçues sous une forme distincte.

Le mont Kinabalou de Bornéo ; les volcans du Kamtchatka , de l’Australie et de la Polynésie (cf. la légende de Yulcain et des Cyclopes) ; le mont Mérou (cf. l’Olympe) ; les rochers du Yucatan, qui représentent des dieux, changés en pierre, mais reprenant leur forme à volonté; les cailloux où le sorcier nègre fait descendre un esprit.

3° On les venère comme associés aux actes d’un dieu ou simplement comme rattachés à son culte.

Le palladium de Troie, la pierre noire de la Mecque, les lingas de Siva ; la pierre de Saint-Bavon; montagnes vouées aux dieux.

Dans ce dernier cas, il arrive souvent que la pierre ou la montagne a d’abord été adorée en elle-même, comme le corps d’une personnalité surhumaine. — Réciproquement, des pierres, simples autels, ont pu être regardées, dans la suite, comme des individualités vivantes.

Vénération des eaux.

(Hydrolâtrie).

Rôle que joue l’eau dans la vie des sauvages — son caractère animé et mystérieux. — Le mouvement de l’eau attribué par

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