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VÉNÉRATION DES PLANTES ET DES ARBRES

qu’on regarde ensuite comme leur génie protecteur, se retrouve chez presque tous les peuples sédentaires ; nos arbres de la Liberté sont une dernière survivance de cette croyance.

Il faut distinguer, dahs la vénération des arbres et des plantes quatre formes :

1° Ils sont vénérés comme des puissances surhumaines.

Objurgations des Slaves à leurs bouleaux. — Arbres qui rendaient des oracles dans l’Yémen, dans l’Inde, chez les Grecs et les Slaves. — Prières et offrandes expiatoires à l’arbre qu’on abat (à Siam, en Chine, en Birmanie, au Congo, dans l’antiquité classique). — Croyance que l’âme des arbres meurt avec eux (Tahitiens, Birmans, Ojibways, cf. chez les Grecs (Ausone, Idyll. de Hist. 7). — Croyance que cette âme passe dans les objets fabriqués avec leur bois (à Siam, chez les Ostiaques, aux Antilles, également dans l’ancienne Grèce, cf. : les Bacchus de Corinthe) .

2° Ils sont vénérés comme le réceptacle d’un dieu ou d’un génie — ou plutôt la vénération s’adresse à cet être surhumain dont ils sont la demeure.

Les démons chevelus de la forêt qui sifflent au milieu des branches chez les Australiens. — L’arbre de Zell qu’habitait la Vierge. — Le petit bossu des bouleaux chez les Slaves. — Les esprits des arbres chez les Finnois, les tribus du Brésil, les Germains, les Celtes, etc.

3° Ils sont vénérés comme autels ou simplement comme consacrés à une divinité.

Arbres à ex-voto. — Partout où une religion supérieure s’est trouvée en contact avec le culte d’arbres personnifiés, elle n’a réussi à détruire ce dernier qu’en consacrant à ses propres divinités les arbres ainsi adorés.

4° Arbres mythiques. — De nombreux peuples croient à un arbre cosmogonique qui a la terre pour racine, le ciel pour tête, les nuages pour rameaux.

Se retrouve chez les Kasias du Bengale, les Dayaks de Bornéo, les Malais, les habitants de Taïti, les Gayaros et les Mbocobis de l’Amérique méridionale. — Le figuier céleste des Védas ; le frêne Yggdrasil des Germains ; le chêne ailé de Z eus.

Divinités des espèces. — L’identité de certaines plantes mène à la notion de l’espèce ou plutôt du génie de l’espèce, divinité extérieure à ces plantes, mais qui les régit toutes et qui reproduit leurs traits communs.

cours d’histoire des religions.

Les haltias de la Finlande. — Prière des- Karens à l’esprit du riz. — Les divinités de la moisson.

Divinités des forêts. — Une abstraction du même genre conduit à la notion du bois ou de la forêt, qui auront pour divinité, soit la collection des esprits des arbres (les Yanchons des Botocoudos, cf. les sylvains, faunes, satires, dryades), soit une divinité spéciale, généralement conçue comme sombre et irritable (le démon des bois chez les Brésiliens, les Fuégiens, les Polynésiens, les Finnois et les Slaves).

Citation de Sénèque sur l’impression religieuse produite par les forêts. — Quand on en vient à vénérer des dieux indépendants des choses, les forêts, précédemment adorées en elles-mêmes, deviennent la résidence ou le temple d’une Divinité. — Bois sacrés de la Sibérie, de l’Afrique, de la Birmanie, de l’Inde, des Latins, des Grecs, des Gaulois, des Germains, des Slaves.

Vénération des animaux.

(Zoolâtrie).

Tendance du sauvage à regarder les animaux comme ses égaux et même comme ses supérieurs. — Sa croyance à la possibilité de croisements entre l’homme et l’animal, — Traditions sur l’origine animale de certaines populations et sur l’origine humaine de certaines espèces d’animaux-

Les singes ont passé pour des hommes manqués (Ahra et Yucatan),pour des hommes déformés par un incendie (Amérique méridionale), pour des hommes qui ne veulent pas travailler (Zoulous), pour des hommes coupables et punis (Madagascar cf., dans l’antiquité, les singes des îles Pithécuses).

Le totémisme (prétention qu’ont certaines tribus ou familles de descendre d’un animal déterminé); — cette tradition existe chez les Peaux-Bouges, les Australiens , les Cafres, les aborigènes de l’Inde, les Arabes, les Sibériens, les anciens Egyptiens, etc. — Origines du totémisme collectif et individuel — Part du hasard dans le choix d’un totem .

La lycanthropie (pouvoir qu’auraient certains hommes de se transformer en animaux malfaisants) ; — cette croyance se retrouve dans toute l’Afrique, dans l’Inde, au Japon, en Sibérie, en Laponie, dans les deux Amériques, dans l’antiquité classique et dans nos traditions j)opulaires.

Divinisation des animaux qui frappent l’imagination par une apparence de supériorité ou de mystère — (exemples fournis par tous les peuples).

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