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VÉNÉRATION DES ANIMAUX

Faculté attribuée aux chiens d’aperçevoir les esprits invisibles pour l’homme (chez les Khonds de l’Inde, les Esquimaux, les Scandinaves , cf. chez les Grecs Odyss. XYI, 160 : — Animaux regardés comme les auteurs de la création (Australiens, Peaux Rouges, Polynésiens, Hindous) — comme les auteurs des évènements qui coïncident avec leurs apparitions ou leurs manifestations périodiques (le coucou regardé comme l’auteur du printemps dans les pays où son chant coïncide avec le retour des pluies printanières : chez les Finnois et les Peaux-Rouges ; cf. la légende argienne des amours de Jupiter et de Junon).

De l’ophiolatrie. — Universalité du culte du serpent. — Thèse de M. Fergusson que ce culte doit représenter la religion primitive. — L’ophiolâtrie à la côte d’Afrique et le culte du Yaudou aux Antilles. — Pourquoi chez un grand nombre de peuples le serpent conserve un caractère de divinité bienfaisante. — Le serpent dans les traditions populaires de l’Europe ; ses rapports avec les richesses souterraines.

Il faut distinguer dans la vénération des animaux quatre formes distinctes :

1° Ils sont vénérés comme des puissances surhumaines.

Coutume d’implorer le pardon des animaux qu’on tue (chez les nègres, les Cafres, les Aïnos, les Sibériens, les Cambodjens, les Peaux-Rouges).

2° Ils sont vénérés comme le corps temporaire d’une Divinité.

C’est ainsi que les Manguiens expliquent le culte rendu à certains animaux. — Animaux regardés, en vertu de certains signes, comme engendrés ou habités par des êtres supérieurs : le bœuf Apis ; les oiseaux porte-foudre. — Avatars de Vishnou; exemple de la transition chez les Minas qui adoraient un sanglier et qui, après l’invasion du brahmanisme, vénérèrent ce sanglier comme incarnation de Vishnou.

3° Ils sont vénérés comme le messager, le serviteur, le favori ou le symbole d’une Divinité.

L’aigle de Jupiter, le taureau de Siva, l’oiseau de Hourakan, etc. — Transition : les dieux à corps d’animaux et à tête d’homme ou à corps d’homme et à membres d’animaux, chez les Egyptiens, les Sémites, les Mexicains.

4° Animaux mythiques.

Les animaux qui personnifient les phénomènes naturels ; l’épervier- • soleil ; l’oiseau-éclair; les vaches-nuages, etc.

Divinités des espèces. — De même que pour les plantes, les ressemblances essentielles de certains individus mènent à la notion de l’espèce et par suite à la conception d’un dieu abstrait qui la régit du dehors.

COURS d’histoire des religions.

Le Manitou des bœufs chez les Iroquois. — Les archétypes des différentes espèces dans la mythologie Péruvienne.

Origines de la zoolatrie. — La zoolâtrie s’explique par les mêmes causes qui conduisent le non-civilisé à adorer les pierres, les arbres, les eaux, les corps célestes et en général toutes les manifestations des forces naturelles.

Autres explications : Plutarque attribue la zoolâtrie à l’usage de dessiner des animaux sur les bannières (cf. la mythologie iconographique de M. Clermont-Ganneau). — M. de Gubernatis supppse que l’homme a commencé par adorer les phénomènes célestes en leur prêtant par analogie les formes d’animaux connus, et qu’il a ensuite transféré aux animaux terrestres les histoires merveilleuses des animaux mythiques.

— M. Herbert Spencer se fonde sur le totémisme pour soutenir que la zoolâtrie a sa source dans le culte d’ancêtres qui portaient un nom d’animal et qui furent insensiblement identifiés avec cet animal lui-même.

— Explications se rattachant à la nécessité d’attribuer à la Divinité les formes les mieux adaptées aux actes qu’on lui prête ou au milieu dans lequel on la fait agir. — Toutes ces hypothèses ont leur part de vérité; mais elles ne couvrent pas tous les cas et par suite ne peuvent rendre compte d’un fait aussi général que la zoolâtrie.

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