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SEPTIÈME LEÇON

Vénération des phénomènes atmosphériques.

(Météorolâtrie).

Les phénomènes qui ont l’atmosphère pour théâtre apparaissent aux yeux de l’homme non civilisé avec an caractère mystérieux, tantôt bienfaisant et tantôt redoutable, mais toujours de nature à impressionner vivement l’imagination ; aussi les a-t-on traités de bonne heure comme des personnalités surhumaines.

A. L’atmosphère elle-même est parfois personnifiée sous les traits d’une divinité qu’on donne pour épouse au dieu du ciel.

Elle passe souvent alors pour une divinité capricieuse, contrariante, acariatre. Akka chez les Finnois, Héra et Junon dans l’antiquité classique.

B. La 'pluie et les nuages. — Les Eaux célestes ont été vénérées sous les traits de vaches et de nymphes; les Nuages, sous ceux de serpents., de dragons, d’oiseaux, de loups, de boeufs, d’êtres semi-humains — Comment a pu se produire cette confusion ?

D’après certains auteurs, les hommes, entraînés par une lointaine analogie de formes, auraient donné aux nuages le nom d’un objet, d’un animal ou d’un être quelconque, et la confusion de nom aurait à la longue produit la confusion d’idée; l’analogie aurait été prise pour une identité.

Inutilité de cette hypothèse pour expliquer une assimilation qui a pu se produire spontanément, sans intervention du langage, par un simple jeu de l’imagination, chez des gens prêts à tout personnifier.

C .Le vent et le tonnerre. — Le vent et le tonnerre sont personnifiés chez de nombreux peuples, soit sans forme déterminée, soit sous une forme appropriée à leur rôle.

Personnification du tonnerre chez les Lapons, du vent chez les paysans du Palatinat. — Les Payaguas de l’Amérique méridionale brandissent des

cours d’histoire des religions.

tisons enflammés au devant de la tempête; les Carinthiens lui offrent de la viande, les Peaux-Rouges du tabac.

Parfois on représente le vent comme un oiseau (Amérique centrale), un lièvre (Peaux -Rouges) , un cheval (Congo et Germanie), des chiens (Botocoudos), un homme (Zoulous).

Développement de l’idée que le vent est un souffle et le tonnerre un bruit dûs à des êtres personnels.

Les quatre cygnes des points cardinaux chez les Navajos. — L’oiseau producteur du tonnerre chez les Dacotas, les Brésiliens, les indigènes des îles Harvey, les Karens delà Birmanie et les Cafres.

Dieux du vent : Vayâ, le souffle personnifié, et Vâta, le Souffleur, dans les Yédas. — Le Père des Yents chez les Polynésiens; — La Mère des Vents chez les Esthoniens. — L’Eole classique; analogie de sa caverne avec les cavernes des vents chez les Polynésiens et de ses outres avec les bouteilles où le sorcier Finnois enfermait les vents. — L’Odin germanique et la légende du chasseur sauvage. — Le Grand Esprit des Peaux Rouges n’est autre que le Vent (ou le Ciel soufflant).

Dieux du tonnerre : Thor et son marteau. — Indra et sa lance. — Si va et son trident. — Le Zacouta des Yoroubas, lanceur de pierres. — Le Catequïl péruvien et sa fronde. — Le grondement de la foudre assimilé au cri des combattants célestes (Védas) ; au roulement d’un char ( cf . la légende d’Elie chez les Slaves, etc).

Le vent et la foudre finissent par devenir les attributs spéciaux du dieu du ciel ou du dieu suprême. — Atar, tour à tour le fils et l’arme d’Ahura Mazda. — Jupiter tonans. — Le tonnerre assimilé à la voix divine chez les Perses et les Juifs.

L’idée que la chute de la foudre sur un lieu, un objet ou un être est une prise de possession par la Divinité se rencontre chez les Romains, les Péruviens, les Polynésiens, les Cafres et les Hottentots.

D. L'aurore et le crépuscule. — Ces phénomènes ne semblent adorés que par des peuples relativement avancés en mythologie ; peut-être sont-ils restés longtemps confondus avec le soleil levant et le soleil couchant.

L’Aurore et le Crépuscule dans la mythologie Finlandaise ; leur mariage au solstice d’été. — Castor et Pollux, qui naissent et meurent alternativement. — Conception poétique de l’Aurore chez les Grecs et chez les Aryas de l’Inde.

E. L'arc-en-ciel. — L’arc-en-ciel offre l’exemple d’un phénomène exclusivement personnifié à raison de son caractère extraordinaire et mystérieux ; il n’exerce, en effet, aucune action appréciable et ainsi s’explique qu’on ait pu lui attribuer des influences de nature toute opposée suivant les peuples.

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