DOUZIÈME LEÇON
Vénération des Morts.
(Nécrolâtrie).
Des» âmes humaines. — Les âmes humaines constituent une classe importante des esprits.
Dans l’opinion des non-civilisés, les âmes sont formées d’une substance quasi-matérielle, mais plus ténue, plus subtile, plus vague (Groenlandais, îles Tonga, Caraïbes; cf. Vanimula blandula vagula de Marc-Aurèle, etc.).
Il est probable qu’on a commencé par se figurer l’ame, à l’instar de tous les esprits, comme le double du corps.
Nombreux exemples de croyance à l’existence du double. — Apparitions du double d’hommes vivants. — Les Tasmaniens, les Cafres, les Algonquins, les Abipones, n’ont qu’un mot pour désigner l’âme et l’ombre; l’idée que les morts n’ont pas d’ombre se retrouve chez les Zoulous comme dans les superstitions de l’Europe. — Les Fidjens voient l’âme non seulement dans l’ombre, mais encore dans l’image du corps réfléchie par l’eau. — Les Macousis de la Guyane tiennent pour l’âme l’homme qu’on voit dans la pupille.
On trouve parfois aussi l’âme représentée sous les traits d’un animal (ce qui peut s’expliquer, soit par le rêve, soit par l’apparition de certains animaux aux abords de la tombe).
L’observation de certains mouvements, qui s’opèrent dans l’individu indépendamment de sa volonté, ont également fait assimiler l’âme au souffle ou au cœur.
En Californie, à Java, dans l’Australie occidentale, les indigènes n’ont qu’un mot pour désigner l’âme et la respiration ; — étymologie de notre terme : esprit.
Le cœur passe pour l’âme aux îles Tonga et chez les Bassoutos.
La coexistence de ces conceptions fait parfois admettre l’existence de plusieurs âmes dans chaque individu.
Deux âmes chez les Algonquins, les Fidjens, les Malgaches, les Karens.