COUP. S D HISTOIRE DES RELIGIONS
par l’observation : bains de sueur (Peaux-Rouges) ; boissons purgatives et vomitives (nègres) ; massage (Am. du Nord) ; succion (Am. mér.) ; application du feu (aborigènes de l’Inde, Australiens, Japonais; cf. parmi les pèlerins grecs à Jérusalem, lors des fêtes de Pâques).
Parfois l’esprit ainsi expulsé doit s’introduire dans un corps étranger: caillou ou éclat de bois (Caraïbes; nègres, Australiens, Madécasses, Dayaks); dans un animal quelconque (nègres; Malgaches; cf. Pline XXX, 14,20); dans un chiffon suspendu à un arbre (nègres, Mexicains, Dayaks, aborigènes de l’Inde, Sibériens, Zingaris , paysans de laThuringe); dans un clou qu’on enfonce dans un arbre (au Congo ; cf. les traditions de la Haute-Bretagne ; le clou qu’en cas de calamité publique, un dictateur spécial enfonçait dans le temple de Jupiter Stator).
Traitement des possédés, suivant qu’on les croit envahis par de bons ou de mauvais esprits. — Peuples qui tiennent les fous pour des inspirés. — Origines de la colonie de Gheel : les exorcismes des fous dans l’église de Sainte-Dymphne.
E. Des amulettes et des talismans. — Certains objets peuvent acquérir, par l’effet cl’une opération magique ou à raison de leurs rapports avec des puissances surhumaines, des vertus merveilleuses qui en font un instrument, soit pour commander à la destinée (talismans) , soit pour détourner certains maux ( amulettes ).
On trouve souvent l’idée que le fragment garde la qualité du tout (vertu magique des reliques chez les bouddhistes, les musulmans, les chrétiens; croyance des Hottentots et d’autres peuples, qu’on s’approprie les qualités d’un animal en le mangeant); ou bien l’on croit que les propriétés d’un être ou d’un objet se transmettent par simple contact (le Cafre qui porte une griffe de lion pour se donner du courage).
La consubstantiation, c’est-à-dire le fait de s’assimiler la substance des dieux, soit qu’on les nourrisse de son propre corps, qu’on se nourrisse du leur ou qu’on participe à la même nourriture, se rencontre chez les nègres, les Cafres, les Peaux-Rouges, les anciens Mexicains, les Polynésiens et les Indo-Européens.
Les amulettes et les talismans diffèrent des fétiches en ce que ceux-ci sont regardés comme le corps d’une personnalité surhumaine.