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DE LA SORCELLERIE ET DU SACERDOCE

blés, faire retrouver les objets perdus, enfin et surtout guérir les maladies (nègres, Cafres, indigènes des deux Amériques, Finnois, Sibériens, Polynésiens).

La sorcellerie est le plus souvent une profession libre.

Cependant cette carrière revient de préférence aux individus doués d’un tempérament impressionnable, nerveux, hystérique. — Chez un grand nombre de peuples, on s’efforce de développer ces dispositions naturelles par des mortifications et des jeûnes, des fatigues et des souffrances, des bains de vapeur ou des boissons surexcitantes.

On trouve parfois des corporations de sorciers qui se recrutent euxmêmes (nègres, Cafres, Finnois, Caraïbes). Parfois aussi la tribu ou le village se choisit un sorcier chargé des intérêts spirituels de la communauté (Congolais, Peaux-Rouges). — Sorciers héréditaires (Am. sept.). Tribus de sorciers (Afrique occid., Australie).

Quelque prépondérante que soit l’influence clu sorcier, elle reste subordonnée au succès de ses pratiques.

En cas d’impuissance constatée, il est délaissé pour un concurrent plus heureux, voire mis à mort, s’il peut être convaincu de magie noire. — Coutume de brûler les mauvais sorciers chez les nègres, les Cafres, les Puelches (Am. mér.), tout comme dans notre moyen-âge.

Le sorcier est-il sincère ? La sorcellerie implique une certaine mise en scène; mais, d’ordinaire, le sorcier est, dans une grande mesure, dupe de ses propres pratiques.

La formation du sacerdoce proprement dit n’exclut nullement l’existence parallèle de la sorcellerie ; seulement l’action des sorciers est de plus en plus confinée aux couches inférieures de la population.

Antagonisme du prêtre et du sorcier ; celui-ci s’adresse aux divinités inférieures; celui-là aux divinités supérieures. — Brahmanes et devalakas. La magie dans l’ancienne Rome. — La sorcellerie au moyen-âge et de nos jours.

B. Du sacerdoce. — On peut saisir la transition du sorcier au prêtre chez les nègres, les Cafres, les Polynésiens, les Finnois, les anciens habitants des Antilles.

En Polynésie, certaines îles n’avaient que des sorciers, et devenait sorcier qui voulait ; aux îles Tonga, à côté des sorciers libres, il y avait un grand prêtre héréditaire ; enfin à Tahiti les prêtres seuls pouvaient sacrifier dans les temples ; toutefois ils exerçaient aussi les fonctions des sorciers.

cours d’histoire des religions.

Là où existent des fétiches de la communauté, ce sera principalement le sorcier officiel qui en prendra soin et qui leur transmettra les offrandes (Congo ; Dahomey) .

Ailleurs le sacerdoce semble sorti du culte domestique.

C’est d’abord le père de famille qui prie, sacrifie et au besoin exorcise pour le compte des siens (Madagascar, îles Samoa, Khonds, Ostiaques ; le culte domestique chez les Aryas et les Sémites occidentaux). La complication des rites finit alors par entraîner la constitution du sacerdoce en profession spéciale (Inde). — Ou bien le chef de la tribu sera naturellement chargé de sacrifier pour le compte de la communauté (Mangaïens, Néo-Zélandais, Chinouks, Chinois, Scandinaves, Egyptiens, Chaldéens ; les rois sacrificateurs de la Bible ; le « roi des sacrifices » comme survivance religieuse dans la république romaine) ; ce qui conduira à la constitution d’un sacerdoce séparé, quand la multiplication des affaires publiques obligera le souverain à déléguer son autorité sacerdotale, soit à l’un de ses proches (Blantyres, Ashantis, Khonds), soit à des nobles ou à de simples citoyens (institution des flammes par Numa).

Mais il peut arriver aussi que le chef fasse de sa mission religieuse sa fonction principale, et alors nous avons une première forme de théocratie, soit qu’il conserve le gouvernement temporel (ancien Pérou, Egypte, Perse), soit qu’il le délègue à un personnage laïc (ancien Japon).

La séparation de l’autorité religieuse et de l’autorité politique dans les sociétés rudimentaires ne tarde pas à mettre en antagonisme leurs représentants respectifs.

Au début, en effet, le sorcier et le prêtre possèdent la haute main dans toutes les sphères de l’activité individuelle ou sociale, puisqu’ils y représentent l’action des puissances surhumaines.

La lutte accidentelle ou permanente, du sorcier et du chef (nègres, Peaux-Rouges) peut aboutir à l’assujettissement complet de l’autorité politique (Mangaïa) ou de l’autorité religieuse (Cote d’Or, îles Fidji). — Cf., Brahmanes et Kshatryas ; Samuel et Saul.

Le sacerdoce, une fois constitué autour des divinités principales, tend à l’unité, et, s’il atteint cette unité, à la domination (Tliibet, ancienne Ethiopie).

Cette unité est grandement favorisée par l’établissement d’une monolâtrie, due soit à la conquête (Incas), soit à une évolution interne (Juifs).

L’idée primitive, qui fait du sorcier un « possédé » survit dans les prétentions des prêtres à une nature surhumaine (le Chitome du Congo ; le Grand Lama ; les Pia Atua , « boîtes à dieux » de la Polynésie,

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