TROISIÈME LEÇON
Définition et classification des phénomènes religieux.
Religions et Religion : les Religions , sont des groupes de phénomènes religieux ; la Religion est la disposition de l’esprit humain qui engendre ces phénomènes.
Les religions particulières comprennent en général : 1° des croymices (dogmes, mythes, traditions orales et écrites) ; — 2° des pratiques, dont les unes (rites proprement dits, sacrifices, sortilèges, cérémonies, processions, pélérinages, etc.) impliquent une certaine matérialisation du culte (temples, sanctuaires, autels, idoles, fétiches, symboles, instruments divers), dont d’autres consistent simplement en observances ou actes subjectifs (prières, prophéties, ascétisme), dont d’autres encore constituent des règles de conduite (morale religieuse) ; — 3° des institutions (sorcellerie, sacerdoce, divination , associations religieuses , écoles de théologie, tribunaux ecclésiastiques, castes, etc.).
Etymologie du mot Religion : Re-legere (Cicéron De Nat. Deor. II, 28, 72); Re-ligare (Festus, Lactance, Augustin). — Termes équivalents dans les autres langues.
Définition de la Religion. — Nécessité de trouver une définition qui, d’une part, embrasse tous les éléments essentiels de la religion, en même temps qu’elle couvre tous les phénomènes religieux et qui, de l’autre, n’implique nécessairement l’admission d’aucun système religieux ou philosophique, pas même de la croyance à la réalité de l’objet du sentiment religieux.
Examen critique des définitions proposées par Kant, Hegel, Schelling, Eichte, Schleiermacher, Feuerbach, Strauss, Pfleiderer, Mathew Arnold, Herbert Spencer, Max Muller, Aug. Comte, E. Renan, Albert Réville, C. P. Tiele, etc.
Éléments essentiels de la Religion.
A. La croyance à un ou plusieurs êtres surhumains et mystérieux.
Peu importe que cet objet de la religion soit unique ou multiple, personnel ou impersonnel. Peu importe même qu’il soit réel ou non ; l’essentiel c’est que l’adorateur croie à la réalité de son existence — Surhumains : ce terme ne signifie pas forcément surnaturel ; d’autre part il peut s’appliquer même à des êtres ou à des objets inferieurs, pourvu que