DIX-NEUVIÈME LEÇON
Du Mythe et de ses éléments constitutifs.
La mythologie ne consiste pas seulement clans la description des mythes, mais encore dans la recherche de leur signification et de leurs sources.
Opinion des anciens sur le sens et la nature des mythes.
La science de la mythologie s’est constituée à une époque récente, grâce aux progrès simultanés de la critique historique, de l’archéologie, de la linguistique et de l’ethnographie.
F. Creuzer et l’école symbolique voyaient dans les mythes des symboles qui recouvraient les enseignements d’une prétendue sagesse antique. — Ottfried Muller et l’école historique demandaient exclusivement l’explication des mythes classiques aux circonstances de l’histoire et de la géographie locales. — A. Kuhn et l’école linguistique mirent à profit la découverte du sanscrit pour chercher dans la langue et la littérature de l’Inde ancienne la signification primitive des dieux et des mythes indo-européens. — E. B. Tylor et l’école anthropologique s’adressèrent aux croyances des peuples les plus arriérés de toute race et de tout temps pour y surprendre le secret de la formation et du développement des mythes.
Le mythe peut se définir une transformation de phénomènes naturels ou d’évènements généraux en aventures personnelles.
Les héros des mythes sont des personnages imaginaires qui incarnent, soit les causes productrices, soit les éléments divers, soit les phases successives du fait ainsi dramatisé.
Différentes espèces de mythes. — Tout fait peut donner naissance à des mythes, pourvu qu’il soit susceptible d’être attribué à un agent personnel.
Erreur de ne chercher l’interprétation des mythes que dans un seul ordre de faits : astronomiques, solaires, météorologiques, philosophiques, historiques, etc. — Mythes dits d’observation.