DU MYTHE ET DE SES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS
Nombre de traditions mythiques, qui restent obscures, si on les prend isolément, deviennent intelligibles, quand on les rapproche de traditions analogues, qui, chez des peuples souvent fort éloignés, laissent apparaître leur signification ou leur origine (rapprochement entre le mythe crétois de Jupiter se déguisant en coucou pour féconder Junon et les traditions qui, chez les Finnois et les Peaux -Rouges, attribuent au cri du coucou le don d’amener les pluies fertilisantes ; — comment les descentes aux enfers, des Sémites, des Aryens et des Finnois, laissent apparaître leur signification naturiste chez les Polynésiens et les Peaux-Rouges).
Il faut toutefois bien s’assurer si le mythe, rencontré chez des peuples de race diverse, n’a pu passer de l’un à l’autre ou avoir été transmis d’un foyer commun. (Traditions chrétiennes et arabes répandues dans l’Afrique méridionale. — Eléments sémitiques de la mythologie grecque). — La migration des fables.
De là nécessité de soumettre toutes les versions d’un même mythe à une critique rigoureuse, pour chercher soit à découvrir la version la plus ancienne, soit à distinguer les éléments indigènes des éléments exotiques.