‹ L'histoire générale des religionsChapitre 47 sur 53 · VINGT-DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME LEÇON

Résumé et synthèse.

Les observations faites sur les peuples non-civilisés permettent de constater partout l’existence simultanée du naturisme (vénération des objets et des phénomènes personnifiés), du spiritisme ou animisme (vénération des esprits regardés comme indépendants de tout objet sensible) et de la nécrolâtrie (vénération des morts) .

Ces mêmes croyances dominent également au premier âge de toutes les anciennes religions historiques et on les retrouve, aujourd’hui même, dans les couches inférieures des populations civilisées.

Chez quelques peuples, même assez arriérés, on trouve, en outre, la conception d’un dieu supérieur, mais généralement relégué à l’arrièreplan du culte.

Est-il possible de déterminer si l’une de ces quatre formes de croyances a précédé et engendré les autres?

A. — On a cru longtemps que toutes les religions polythéistes ou polydémonistes étaient dues à la corruption d’un monothéisme primitif.

Objections : 1° la religion a dû avoir des commencements fort grossiers, comme toutes les autres manifestations de l’activité humaine. Or le monothéisme représente un des états les plus avancés de l’esprit religieux et présuppose un développement assez long. 2° Si l’on rencontre des aspirations monothéistes dans des documents fort anciens (les Védas, le Zend Avesta, la Bible, certains hymnes Egyptiens) il faut reconnaître que ces documents sont le produit d’une longue élaboration sacerdotale ou qu’ils ont subi des remaniements dont on peut constater la trace. 3° Le fait que certains peuples adoraient autrefois des puissances anonymes et plus ou moins mystérieuses (comme les numina des Latins) prouve simplement qu’ils vénéraient les forces naturelles dont les objets et les phénomènes leur semblaient la manifestation, sans avoir encore prêté à ces forces un nom distinct et une physionomie humaine. 4° Quant à la conception d’un dieu suprême, mais non unique, qu’on trouve chez des popu-

Page 1