‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 14 sur 117 · LK PONTIFICAT DE LÉON · texte numérisé non relu

LK PONTIFICAT DE LÉON

si justement célèbre , où vécurent en même temps le mathématicien Tartaglia, l'imprimeur Aide Manuce , rarchitecte Bramante, l'universel Léonard de Vinci, Michel-Ange à la fois peintre, sculpteur et architecte de Saint-Pierre de Rome, et Raphaël enfin qui devait les surpasser tous, fut encore marquée par la précieuse invention de la gravure sur cuivre, au moyen de laquelle on est parvenu à reproduire facilement les traits les plus remarquables des chefs-d'œuvre de ces grands maîtres.

sYircHaoïrisME de l'histoire de pbakgb.

15â0. Entrevue du camp du Drap d'Or.

Depuis Pan 1S^6 jusop'à Pan 1516.

Tandis que Léon X occupait si glorieusement la chaire de Saint-Pierre, mes jeunes amis, Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, de Naples et de Sicile, mourut en Espagne, après un long règne marqué par les deux événements les plus mémorables dont il soit question dans l'histoire de ce pays ; je veux dire l'expulsion des Mores de Grenade, et la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb.

Ce prince, qui se trouva ainsi spectateur et contemporain de ces deux faits remarquables , auxquels à la vérité il ne prit que peu de part, était devenu le fondateur de l'une des plus puissantes mo-

narchies du inonde , en réunissant en un seul État, par son mariage avec Isabelle de Castille , tous les royaumes d'Espagne qui avaient ëtë divisés jusqu'alors, et en dépouillant de la couronne de Naples son cousin Frédéric, dernier prince de la maison d'Aragon.

Cependant Ferdinand le Catholique, qui parvint à une si haute puissance, n'était doué d'aucune des qualités briU lantes qui font les hommes illustres et les grands rois ; incapable d'une pensée généreuse ou d'un sentiment honorable, il n'aimait point la guerre pour laquelle il ne montra jamais ni courage ni habileté, et faisait plus de cas de la perfidie et de la ruse que des exploits éclatants des plus fameux capitaines. Un seul mot qui lui est attribué vous fera mieux connaître son caractère que tout ce que je pourrais vous en dire. Un des seigneurs de sa cour, revenant de France, lui disait que le roi Louis XII, qui vivait encore alors, ne pouvait lui pardonner de l'avoir trompé deux fois : « Il en a menti ,

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