LE CARDINAL XIMENÈS
sorte, par sa sagesse, l'éclat que le règne de ce prince devait obtenir.
Depuis que ce grand ministre était revêtu de cette éminente dignité , il ne cessait de conjurer le jeune roi de se rendre en Espagne où rappelaient les vœux de tous ses sujets de Castille et d'Aragon; etlorsqu'enfin Charles se décida à passer dans ce royaume , il y fut accueilli avec des transports de joie par la foule du peuple accouru dans tous les lieux que le roi devait traverser pour se rendre à Tolède. Mais je dois vous dire que la satisfaction de tous les Castillans eût été bien plus vive , s'ils n'eussent vu leur jeune monarque environné de seigneurs flamands qui affectaient de traiter les Espagnols avec un dédain et une impolitesse capables d'irriter cette nation fière et généreuse, qui n'oubliait point qu'elle seule, trente ans auparavant, s'était affranchie du joug des Mores , et qu'en ce moment même une poignée de Castillans, sous la conduite de Fernand Cortès , se disposait à conquérir un au-
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tre monde plus riche que TEurope tout entière.
Ce mécontentement du peuple espa* gnol n'échappa point au sage Ximenès , qui , malade en ce moment , s'était mis en route pour aller mettre ses hommages aux pieds du nouveau souverain; cepenàant, avant de paraître devant le roi , il crut devoir lui écrire pour le supplier d'éloigner de sa personne d'orgueilleux étrangers dont la présence indignait la nation espagnole ; mais quelles furent sa douleur et sa surprise, lorsqu'au lieu d'une réponse douce et affectueuse qu'il attendait pour récompense de ses bons services, il reçut Tordre de se retirer à Tolède pour y attendre la cour, et la défense de se présenter devant le monarque avant d'y être appelé. Une pareille injustice fut un coup mortel pour le glorieux vieillard , qui prévit dès lors que de grands malheurs allaient fondre sur sa patrie : le cœur déchiré de cette ingratitude qu'il était loin de pressentir, il ne survécut que quelques heures à ce coup
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inattendu, et cet homme vénérable, qui avait soutenu avec tant de noblesse une éclatante prospérité,' succomba sous le poids d'une disgrâce qu il savait n'avoir point méritée.
•YRcamoimME de l'histotse de francs.
4516. Suite du règne de François I*'.