‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 18 sur 117 · BIST. MODERNE. T. I. 4' ÉDIT · texte numérisé non relu

BIST. MODERNE. T. I. 4' ÉDIT

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blé de blessures et renversé de son cheval 9 il tomba vivant entre les mains du comte de Haro , qui ne se crut certain de la victoire qu'après l'avoir désarmé. Dès que Padilla se vit ainsi au pouvoir de ses ennemis , il ne douta point qu'une prompte mort ne dût être le châtiment de son patriotisme, et se prépara à la subir sans honte sur un échafaud comme il l'avait affroqtée seins crainte dans les batailles.

Informé dès le lendemain qu'il était condamné au dernier supplice avec les principaux Communéros qui avaient été pris à Villalar, il demanda et obtint de ses gardiens la permission d'écrire deux lettres mémorables , adressées l'une à Maria Pacheco , sa femme , pour l'instruire de sa destinée, et lui recommander un jeune fils qu'il laissait après lui ; l'autre, à la ville de Tolède , oii il était né, dans laquelle il se glorifiait de verser son sang pour la sainte cause de sa patrie. Ces deux lettres touchantes que l'histoire n'a pas dédaigné de nous conserver ,

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font regretter que cet imprudent jeune homme ait fait usage pour troubler sa patrie des nobles qualités dont il était doué. Cest que les âmes généreuses peuvent être entraînées à de grandes erreurs par leur propre vertu, et Padilla périt victime d un patriotisme ardent, auquel, si le succès Teût couronné, le tnotide entier eût accordé des louanges.

Les derniers instants de Juan Padilla, mes jeunes amis , furent dignes du reste de sa vie. Au moment de marcher ail supplice ^ il entendit un de ses compagnons d'infortune s'indignerqu'on les eût flétris du nom de traîtres dans la sentence qui les envoyait à la mort : « Ami , lui dit le héros castillan , ce n'est plus ici le mo-* ment de montrer le courage d'un guerrier; aujourd'hui il faut savoir mourir avec la résignation d'un chrétien. )> Ce furent là ses dernières paroles.

La défaite de Villalar et la mort de Padilla mirent fin aux troubles causés en Espagne par les Communéros. En vain la courageuse Maria Pacheco , sa veuve,

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dans Tespoir d'exciter les Castillans à la vengeance, parcourut les rues de Tolède tenant son fils dans ses bras , et faisant porter devant elle un tableau qui représentait le supplice de son époux; tous les efforts de cette femme infortunée furent inutiles , et Tolède ayant ouvert ses portes aux vainqueurs, elle se vit réduite à fuir avec son enfant en Portugal, où elle ne parvint qu'à travers mille dangers , déguisée sous les vêtements d'une femme du peuple.

Peu de temps après ces événements , mes jeunes amis , le cardinal d'Utrecht fut appelé, par la mort de Léon X, au trône pontifical qu'il occupa sous le nom d'ÀDRiEN VI; et Charles -Quint, étant venu en Espagne vers cette époque, accorda un pardon généreux à tous les Communéros, à l'exception pourtant de leurs principaux chefs dont la tête fut mise à prix, quoique en même temps il défendît secrètement qu'on les poursuivît avec trop de rigueur. Un jour même que ce prince magnanime s'était arrêté dans

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un village pour se reposer, un de ses courtisans, pensant lui être agréable, lavertit que des proscrits étaient cachés près de ce lieu, et que rien ne serait plus facile que de les faire saisir par ses gardes : « Je n'ai rien à craindre de ces hommes, r^ondit Tempereur en jetant un regard sévère sur le délateur, et vous feriez mieux de les avertir que je suis ici que de me déclarer leur retraite. » Ces belles paroles couvrirent de honte le dé« nonciateur, mais elles firent plus d'amis à Charles-Quint en Espagne que la mort de cent chefs rebelles ne lui eût ôtë d*en« nemis.

STHCHmOSmiB DB JLHttTOI&B DB nUUICI.

1521. Suite do règne de François I**.

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LE SIÈGE DE RHODES

L'an 1522.

Depuis que François I"^ et Charles d'Autriche avaient tous deux prétendu à la couronne impériale , une mutuelle inimitié n'avait point cessé de diviser ces princes qui tous deux presque également jeunes 9 impatients et ambitieux, auraient voulu gouverner l'Europe sans partage.

François était plus guerrier, plus entre* prenant que son adversaire, mais Charles remportait sur lui par sa prudence et son habileté.

Cette rivalité entre les deux monarques les plus puissants de leur siècle ne tarda pas à éclater Tannée même où Charles-Quint fut élevé à l'empire, et cette fois encore le Milanez , qui depuis

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