DB CHARLES-QUINT
des Indes 9 de celles de Naples et de Sicile , et de la possession des Pays-Bas.
Cette subite résolution de l'empereur, comme ?:ous pouvez croire , causa une extrême surprise à tous ceux qui l'entouraient, mais en vain ils le supplièrent d'en changer : « La fortune n'aime pas les vieillards, » leur répondit-il en souriant^ voulant faire entendre par là que sa puissance semblait diminuer à mesure qu'il avançait en âge ; il demeura donc inflexible à toutes les prières de ses amis, et jamais, à aucune époque, il ne témoigna autant d'impatience d'atteindre le but de ses désirs, qu'il en manifesta alors d'abandonner ce pouvoir suprême dont il avait été si longtemps insatiable.
Ses deux sœurs, les reines de Hongrie et de France, en apprenant son dessein , le supplièrent de permettre du moins qu'elles le suivissent dans sa retraite ; il les remercia tendrement de leurs bonnes intentions , et les pria de n'en rien faire. Peu de jours après , ayant convoqué à Bruxelles même les plus grands seigneurs
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de ses différents royaumes , il leur annonça publiquement que, fatigué de ses longs travaux, il était décidé à aller chercher dans la retraite le repos qu'il ne pouvait espérer de goûter sur le trône ; il leur rappela en peu de mots combien de grands événements avaient rempli son règne , et termina son discours , que la plupart des assistants ne purent entendre sans verser des larmes , en ordonnant à ses officiers et à ses serviteurs d'obéir fidèlement à son fils Philippe , comme ils lui avaient toujours obéi à lui«même. Aussitôt après cette déclaration solennelle , il descendit du trône sans témoigner le moindre regret de toutes les grandeurs qu'il laissait derrière lui, et ne parut plus songer qu'aux préparatifs de son départ, jusqu'au moment où, suivi d'un petit nombre de domestiques seule*** ment, il s'embarqua pour l'Espagne, où il ne tarda pas à arriver.
En débarquant dans ce royaume , le premier soin de Charles avait été de défendre qu'on lui rendît sur son pas-