‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 3 sur 117 · COSME DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

COSME DE MÉDICIS

Depuis Pan 1434 jusqu'à Tan 4464.

Quand je vous ai raconté, mes jeunes amis j les longues querelles des Guelfes et des Gibelins qui causèrent tant de malheurs à l'Italie , je vous ai nommé plusieurs villes de cette contrée qui , par leur commerce et le caractère de leurs habitants , s'étaient placées au premier rang de celles de TEurope. Telles étaient surtout Venise, Gènes, Pise, Florence, Milan et plusieurs autres encore, dont j'aurai peut-être occasion de vous reparler dans le cours de cette histoire.

A cette époque, l'Italie présentait un aspect bien différent de celui de la plupart des autres pays de l'Europe, encore couverts de châteaux forts et de villes

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sombres ou entourées d'épaisses murailles, derrière lesquelles se retiraient des seigneurs rudes ou batailleurs, et uue population ignorante et farouche. I..es marchands de Venise , de Gènes , de Florence , de Milan , plus polis , plus éclaires, plus industrieux que ceux des autres nations , étaient les seuls qui por* tassent en France , en Angleterre , en Allemagne , les produits de leurs fabriques de papiers , d'étoffes de soie , de miroirs, de bijoux, d'armes d'acier, et les parfums, les épiées, les pierreries, que leurs navires allaient chercher à Constantinople et dans l'Orient depuis le temps des Croisades. Quoique les Flamands et les Allemands des villes hanséatiques se livrassent aussi au négoce , les Italiens étaient réputés les plus habiles commerçants du monde entier, et dans tous les pays où ils trafiquaient , on leur donnait le nom de Lombards , comme s'ils eussent tous été originaires de Lombardie ; aussi l'Italie, dans ce temps-là, renfermait-elle plus de richesses à elle

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seule que tous les autres royaumes ensetn** ble ; et y à Texception de TEspague qui^ avec les monuments fondés autrefois par les Arabes, conservait encore les précieuses manufactures qu'ils avaient éta*« blies à Cordoue et à Séville , l'Europe entière était tributaire de Tindustrie des cités italiennes.

Or, vous savez sans doute déjà que dans toutes ces villes d'Italie si prospères et si commerçantes , il n'y avait point de rois, et que le plus souvent, elles étaient gouvernées par des seigneurs que leurs richesses , leur courage ou leurs talents avaient rendus les véritables souverains de leur patrie; malheureusement cette souveraineté ne s'établissait pas, la plu-* part du temps, sans de vives et sanglantes disputes entre les familles qui pouvaient y prétendre, et Thistoire des républiques italiennes est remplie d'une multitude de guerres civiles où le pauvre peuple semblait être la victime que les barons ennemis les uns des autres se plaisaient à fouler aux pieds. Vous deveâ

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même tous rappeler à ce sujet la mort terrible du comte Ugolin, périssant avee tous ses fils sous la haine implacable de ses adversaires.

Mais Florence elle-même , à qui cet événement soumit plus tard la malheureuse Pise , comme je vous Tai dit ail* leurs j n'était pas plus exempte que sa rivale des troubles et des querelles inté-> Heures qui désolaient les villes d'Italie : quoique dans cette cité, qui ne devait sa grandeur et sa prospérité qu'à l'activité de son commerce, il n'y eût point de barons grossiers et turbulents , elle était divisée en plusieurs factions ennemies par la rivalité de deux familles de riches marchands, les Albizzi et les Médicis, qui se glorifiaient avec raison de l'origine'de leur fortune, et employaient leur opulence à rendre leur ville natale une des plus belles et des plus élégantes du monde entier. La , tout le peuple était partagé en différents corps de métiers ou compagnies d'artisans, auxquelles chaque Florentin, sans exception, se

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faisait honneur d'appartenir, quelle que fût d'ailleurs sa richesse et sa naissance. Pendant longtemps la rivalité des Albizzi et des Médicis troubla la tranquiU lité de Florence; mais enfin le peuple, fatigué de ces disputes interminables, chassa un jour les premiers de la ville, et de ce moment leurs adversaires devinrent les chefs de la république.

Dans ce temps-là , l'aîné de la famille des Médicis se nommait Cosme ; c'était un homme affable envers ses inférieurs, poli envers ses égaux , bienveillant envers tous ceux à qui il pouvait rendre service, et ses belles qualités l'avaient rendu cher à ses concitoyens ; possesseur d'une immense fortune, il n'en faisait usage que pour l'avantage et l'embellissement de sa patrie ; il construisit, à ses propres dépens , des aqueducs et des magasins de blé pour assurer la subsistance du peuple ; bâtit des églises et des hôpitaux pour les pauvres ; décora Florence et ses environs de plusieurs palais magnifiques qui font encore aujourd'hui

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IWmiration de ceux qui les visitent; fonda dans cette ville la première bibliothèque publique, en faisant acheter dans tous les pays les manuscrits les plus rares et les plus précieux ; accueillit avec honneur les savants grecs échappés à la prise de O)nstantinople, et s'entoura de pein* très, de sculpteurs^ d'architectes habiles qu'il attira auprès de lui de toutes les parties de l'Italie en leur offrant des récompenses considérables.

Mais si Cosme de Médicis surpassait ainsi les autres Florentins par sa munificence et sa générosité , il n'en conservait pas moins dans son langage et sa manière de vivre une louable modestie, qui ajoutait à son mérite plus que tout l'appareil dont il aurait pu s'environner. Quoique ses concitoyens l'eussent prié de les gouverner, il ne voulut accepter d'eux aucun titre d'honneur ni de supé* riorité, et se contenta d'être le premier citoyen de sa patrie, qu'il dirigeait plutôt par la persuasion d'un sage que par l'autorité d'un souverain. Aucun signe

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extérieur ne le distinguait des autres personnes de son rang^ si ce n'est peut*être la simplicité de ses vêtements j la frugalité de sa table et le petit nombre de do* mestiques dont il se faisait suivre, contre l'ordinaire des seigneurs italiens de cette époque qui ne paraissaient jamais en public qu'accompagnés d'une foule de serviteurs armés. Accessible à toute heure au moindre artisan de Florence, sa maison était ouverte à tous ceux qui réclamaient justice ou protection, et jamais cette ville, riche et populeuse , ne jouit d'une si parfaite tranquillité que pendant les trente années que ce grand homme la gouverna.

Ce fut ainsi, mes bons amis, que Cosme de Médicis, à qui les Florentins décernèrent d'une commune voix le nom de Père de la. patrie, plus glorieux cent fois que celui de conquérant ou de grand capitaine, parvint à une vieillesse avancée; mais les dernières années de cet homme vénérable furent troublées , comme celles de Périclès (avec lequel

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d'ailleurs il avait plus d'un trait de res* semblance), par le plus grand malheur qu'un père puisse éprouver, celui de ^rvivre à presque tous ses enfimts sur lesquels il fondait l'espérance de sa patrie et de sa famille. En peu de mois il vit mourir sous ses yeux plusieurs de ses fils^ et le seul qui lui resta était si faible et si maladif qu'il paraissait impossible qu'il pût vivre. « Hélas ! » disait ce père in* fortuné en se faisant porter dans les vastes galeries de son palais désert que ses in« firmités ne lui permettaient plus de par* courir à pied, (c voilà une bien grande maison pour une si petite famille ! )i Heureusement les craintes qu'il avait conçues ne se réalisèrent point ; son fils Pierre, qui lui survécut, fut appelé par les Florentins à lui succéder, comme premier citoyen de leur république, et cette famille desimpies marchands, que Cosme avait illustrée par sa sagesse et ses vertus, devint une des plus considérables et des plus considérées de l'Europe.

Nous verrons plus tard des Médicis

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s'élever aux plus hautes dignités de rÉglise et du monde , et vous pouvez déjà vous souvenir que deux princesses de ce nom ont porté la couronne de France.

STNCHROiriSMSS DE L HTSTOIBB DE FRAKCE.

i434. Suite du règne de Charles VII.

1435. Mort du duc de Bedfort , régent d'Angleterre , à Paris.

1439. Institution des compagnies d'ordonnance.

1449. Conquête de la Normandie par les Français.

1453. Expulsion totale des Anglais du royaume de France.

1456. Retraite du Dauphin (Louis XI) auprès du duc de Bourgogne.

1461 . Mort de Charles VII. — Louis XI , son fils, lui succède.

1464. Ligne du. Bien pMic,

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