‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 4 sur 117 · LA CONJURATION DES PAZZL · texte numérisé non relu

LA CONJURATION DES PAZZL

Depuis Pan 1464 jusqu'à Tan 1478.

Tant que le grand Cosme de Mëdicîs et son fils Pierre gouvernèrent la république de Florence y rien ne troubla la paix et la prospérité de cette ville; mais après la mort de ce dernier y qui avait été, comme son père, un prince sage et éclairé , Florence se trouva déchirée par de nouveaux troubles dont je vais essayer de vous donner une idée.

Laurent et Je lien de Médicis, fils de Pierre , qui tout jeunes encore , succédèrent ensemble à leur père, n'imitèrent point la sagesse et le désintéressement de leur aïeul , qui avait consacré tous ses biens à la gloire et à la prospérité de Florence. De folles prodigalités si-

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gnalèrent les premières années de leur gouvernement, et ces deux imprudents, oubliant qu'ils ne tenaient que de leur naissance Tautorité que le grand Cosme avait reçue de la confiance de ses concitoyens, eurent le tort inexcusable d'outrager par des dédains et une hauteur affectés les principaux citoyens de Florence , que Cosme et son fils avaient toujours honoré comme leurs égaux.

Au lieu d'accueillir avec bienveillance le moindre Florentin qui se présentait aux portes de leur palais, ils recevaient avec une fierté insultante les plus riches marchands de la république, et les humi* liaient par des réponses si arrogantes, que plusieurs d'entre eux aimèrent mieux sortir de leur ville natale , que de vivre en butte au mépris de ces jeunes insensés. Laurent de Médicis surtout excitait l'indignation publique par le faste de ses équipages et de ses vêtements autant que par la somptuosité extravagante des fêtes qu'il donnait à la populace^ qui lui méritèrent dès lors le

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surnom de Maouifiqub, que Tliisloire lui a conservé.

Parmi les familles que la haine ou la jalousie qu'inspiraient les Médicis avait forcées d'abandonner leur ville natale, une des plus considérables était celle des Pazzi, que Cosme avait toujours traitée avec tous les égards et la déférence dus à Tune des plus anciennes et des plus respectables de la république. Indigné de l'insolence de Laurent de Médicis , François Pazzi , Taîné de cette famille, avait été s'établir à Rome où la plupart de ses parents le suivirent, préférant, comme lui , vivre exilés de leur patrie que de la voir courbée sous la domination de deux jeunes gens insouciants et téméraires.

Dans ces temps-là , mes bons amis, Tien n'était plus ordinaire en Italie que de voir des haines profondes et réciproques se conservant pendant de longues an-* nées entre deux familles , éclater tout à coup par quelque acte terrible de vengeance et de fui'eur. C'était là le résultat

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