‹ L'histoire moderne, racontée à la jeunesseChapitre 6 sur 117 · U LIGUE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

U LIGUE DE CAMBRAI

Depuis l'an 1508 jiuqa'à l'an 1510.

Daiis le temps où la république de Venise avait atteint son plus haut degré d'opulence et de splendeur, le pape qui occupait la chaire de Saint-Pierre se nommait Jules II. Quoiqu'il eût près de soixante ans loi^qu'il fut élevé au souverain pontificat, c'était un vieillard ae» tif, entreprenant et même belliqueux, qui ne put voir sans mécontentement que de simples marchands de l'Adriatique se fussent emparés, quelques années auparavant, de plusieurs provinces d'Italie, qui, selon lui, auraient dû appartenir au patrimoine de l'Église.

A cette époque, d'autres nations que les Vénitiens avaient aussi envahi une

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partie de cette contrée ; et peu de temps après que Gonzalve de Cordoue, envoyé par Ferdinand le Catholique, eut chassé les Français de Naples , ce mo> narque lui-même s^étant rendu dans ce royaume sous prétexte d'y rétablir son parent FRâ[)]Éfiic , dernier héritier de la maison d'Aragon, avait, au contraire, dépouillé ce malheureux prince de cette couronne pour la joindre à celles d'Espagne et de Sicile qu'il possédait déjà. Dans le même temps , Louis XII, roi de France, qui venait de succéder à Charles YIII, ayant passé les Alpes avec une nouvelle armée française, s'était em'paré du Milanez qu'il réclamait comme son héritage, parce qu'il était le petit-fils de Yalentine Visconti ; et Ludovic le Maure , que le meurtre de son neveu Jean Galéas avait rendu odieux à tout le monde, après avoir vainement tenté de défendre son duché contre ce redoutable adversaire, était tombé au pouvoir des Français au moment où y sous les habits d'un soldat suisse, il se

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flattait de leur échapper. Ce prince, que son ambition avait rendu si criminel, ayant été envoyé en France, fut enfermé pendant dix années entières dans le château de Loches, situé à peu de distance des bords de la Loire , où l'on montre encore sur les murailles de son cachot plusieurs phrases quUl y écrivit pendant les ennuis de cette longue captivité. Il y mourut de joie, dit-on, le jour oii il apprit que les portes de sa prison allaient lui être ouvertes.

Or, lorsque le pape Jules II conçut la pensée d'abattre Torgueil et la puissance des Vénitiens, comme il n'avait ni vaisseaux ni soldats à opposer aux flottes et aux armées de Venise, il résolut d'appeler à son aide les princes étrangers, en leur promettant une large part dans les dépouilles de cette république : parce moyen il réussit à intéresser dans sa querelle Ferdinand le Catholique, Louis de France, et bientôt après Maxihilien d'AuTRiCHE, empereur d'Allemagne , dont il connaissait la secrète animosité contre les Véni-

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tiens* Ce prince y en effet, ne pouvait pardonner à ces derniers de lui avoir refuse un passage à travers leurs États de terre ferme, lorsqu'il s'était rendu à Rome pour y recevoir la couronne de fer, suivant Tancien usage des empereurs allemands; et surtout de lui avoir décerné publiquement le surnom ridicule de ce Maximilien sans argent, » par une allusion blessante à la pénurie qui désolait alors le trésor impérial des Césars d'Allemagne.

Je n'ai pas besoin sans doute, mes jeunes amis, de vous rappeler ici ce qu'étaient Ferdinand le Catholique et notre bon roi Louis XII, surnommé le Père du peuple, dont je vous ai déjà parlé dans d'autres histoires, mais il est nécessaire que vous fassiez aussi connaissance avec l'empereur Maximilien, qui était, à cette époque, l'un des principaux souverains de l'Europe.

liorsque vous avez appris dansunautre livre l'histoire de Louis XI, vous y avez vu que le dernier des grands vassaux de la couronne de France fut Charles i.e

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