LA LUDI DE CAMBRAI
TimiRAiRE, cet audacieux duc de Bour* gogne qui périt dans un combat livre sous les murs de Nancy. £h bien, ce redoutable Charles n'avait laissé d'autre hé«> ritier de sa puissance qu^une jeune fille nommée Marie de Bourgogne, à qui Louis XI enleva facilement une partie des États de son père; mais les Flamands, c'est-à-dire les habitants de l'ancienne Flandre, que l'on commençait alors à nommer les Pats*Bas, refusèrent de se soumettre au roi de France, et marièrent leur jeune souveraine à Maximilien d'Au* triche qui , bientôt après , devint empe* reur d'Allemagne. Par ce mariage, ce prince se trouva le plus puissant monarque de son temps; car il posséda non* seulement l'Allemagne tout entière , mais encore les. Pays-Bas, qui comprenaient alors une partie de la France actuelle, et s'étendaient jusque sur les bords de la mer du Nord. De plus, Maximilien prétendait, comme tous les empereurs allemands , à la possession de l'Italie, que les princes de lamaison de Souabe avaient
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tant ambitionnée autrefois; aussi accep* ta-t-il avec joie la proposition que lui fit le pape Jules d'amener dans cette contrée une armée autrichienne pour abattre les Vénitiens, de concert avec les rois de- France et d'Aragon.
Lorsque les, rois, mes bons amis, ju* gent nécessaire de concerter entre eux quelque entreprise , ils ne se contentent pas, comme desimpies particuliers, d'engager leur parole ou d'écrire d'un commun accord les choses dont ils conviennent : cette simple façon d'agir ne paraîtrait point assez sûre pour les affaires importantes qui les occupent, et ils s'envoient réciproquement des ambassadeurs dont le plus habile est celui qui sait le mieux tromper les autres. Cependant cette manière perfide de se dresser mutuellement des embûches, qui vous semble sans doute honteuse et répréhensible, n'est point ainsi jugée par les hommes chargés des grands intérêts des nations, et c'est à cette science funeste, qui cause souvent des malheurs
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irrëparables aux peuples, que Ton donae le nom de diplomatie; à Tépoque oit nous sommes parvenus, les Italiens passaient avec raison pour les plus habiles di«» plomates de l'Europe ; et un célèbre écrivain de Florence , nommé Machiavel ^ venait de publier un livre où il enseignait aux princes et aux seigneurs Tart de mettre à profit toutes les ruses de la perfidie la plus astucieuse.
Ce fut pt*écisément ce qui arriva lorsque les différents monarques que je viens de vous nommer envoyèrent secrètement à Cambrai , ville de France qui faisait alors partie des Pays-Bas ^ des ambassadeurs chargés de former entre eux une alliance dont le but était d'abaisser la république de Yenise, et de se partager les provinces qu'elle possédait en Italie.Cette alliance, qu'ils n'eurent point de peine à conclure , parce que la puissance vénitienne leur inspirait à tous la même jalousie, fut appelée la ligue de Cambrai; et lorsqu'on vous interrogera sur cet événement, il faudra vous rappeler à