LA LIGUE DK CAMBRAI
quelle occasion elle fut formée , et quels en furent les principaux auteurs.
Lia surprise et la terreur furent gran*^ des à Yenise lorsqu'on apprit tout à coup , dans cette ville , Torage qui était prêt à fondre sur elle ; dans le premier moment, car la peur n'inspire jamais que des avis dangereux , quelques séna*» teurs proposèrent d'appeler les Turcs au secoure de la république menacée ; mais cette idée de recourir aux plus redoutables ennemis du monde chrétien fut bientôt abandonnée ; et, comme cela se voit le plus souvent à mesure que le péril devient plus pressant y le courage revint aux plus effrayés ; toutes les armes que renfermait l'arsenal furent distribuées aux hommes en état de les porter, et une armée se trouva bientôt réunie sous les deux plus habiles capitaines de Venise y nommés Petigliano et Alvjanb, pour défendre le passage d'une rivière appelée r Adda , qui séparait alors les États de la république de ceux du Milanez.
Je n'aime points mes jeunes amis , à
LA LIGUI DE CàVBIAI. 71
VOUS raconter des histoires de guerres et de batailles, dont le récit vous offre souvent peu d'intérêt ; mais pour vous faire comprendre les effets de la ligue de Cam*» brai , il faut pourtant que je vous dise que , tandis que l'empereur Maximilien s'avançait à la tête d'une armée aile* mande en suivant les bords du golfe Adriatique, Louis XII en personne , suivi d'une formidable armée, avait passé TAdda et rencontré les troupes véni* tiennes auprès d'une petite ville appelée Agnadel , oit s'engagea bientôt un combat dans lequel les soldats de la république furent accablés par la gendarmerie française et par l'intrépidité des Suisses; un grand nombre de Vénitiens restèrent morts sur la place ; Alviane, l'un de leurs généraux , tomba entre les mains des vainqueurs , et les débris de leur année se réfugièrent précipitamment sous les murs de leur capitale.
Il me serait impossible de vous peindre ici quels furent à la fois la douleur et 1 effroi du peuple et des magistrats de