SN ALLEMAGNE
gnons d^armes : « Mon frère , lui dit*il, tire- moi d'ici, je me sens mourir. »
Comme il achevait ces paroles , Gustave est atteint en même temps de plusieurs nouvelles blessures ; il chancelle , il tombe, et son cheval , dégagé de la main vigoureuse qui le dirigeait, en courant au hasard à travers la plaine , apprend aux Suédois consternés la perte irréparable qu'ils viennent de faire.
Jusqu'à ce moment, une partie des deux armées était restée immobile ; mais le bruit de la mort de Gustave promptement répandu dans leurs rangs, vient exciter leur courage, et le désespoir précipite sur les Irïipériaux les Suédois im« patients de venger leur roi. Un combat effroyable s'engage au lieu même où ce grand homme vient de succomber; en quelques heures cette plaine funeste est couverte de plusieurs milliers de morts et de mourants , sans que la victoire paraisse encore pencher vers l'un ou l'autre parti. La nuit même ne semblait pas devoir mettre un terme à cette lutte
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terrible y lorsque vers ie soir un épais brouillard , environnant de nouveau les combattants, les força de suspendre le carnage. Les Suédois s'arrêtèrent alors sur la plaine funèbre qui venait d'être arrosée du plus illustre sang de leur nation. Mais Wallenstein, doutant encore que Gustave eût cessé de vivre, se retira à la faveur de Tobscurité , et lorsque le jour reparut , l'armée impériale était trop éloignée pour que la bataille pût se renouveler.
Je n'essayerai point, mes bons amis, de vous peindre quelle fut la consterna- ! tion de l'armée suédoise après cette victoire si chèrement achetée. Tant que la fureur du combat les avait enivrés, les compagnons de Gustave n'avaient point compris aussi vivement toute la grandeur de sa perte ; mais lorsqu'ils ne virent plus au milieu d'eux ce prince qu'ils étaient accoutumés à chérir et à respecter, un long gémissement se fit entendre dans les rangs de cette armée victorieuse et ce fut un tableau impossible à décrire que