LE MEURTRE DE A¥ALLENSTEIN
Depuis l'an 1G32 jusqu'à l'an 1634.
Lorsqu'on apprit nu duc de Friedland que Gustave-Adolphe avait cessé de vivre, on ne remarqua point en lui celte joie qu'une âme commune eût éprouvée de la perte d'un rival aussi redoutable ; mais on entendit sortir de sa bouche ces paroles dignes d'attention « Le ciel se prononce, » dit-il, et l'Allemagne n'était pas assez vaste pour « nous contenir tous les deux. ;• C'est qu'en effet, mes enfans, ce n'était plus des richesses^ des honneurs, de la gloire même, mais un royaume, l'empire même peut-être, qu'il fallait à cet homme insatiable pour le contenter.
Depuis que Ferdinand, cédant aux instances des ennemis de Wallenstein , avait consenti à lui ôter le commandement suprême de cette armée créée par la puissance de son génie, ce dernier n'avait supporté qu'avec indignation le souvenir de cette disgrâce, et s'il avait consenti à abandonner sa retraite de Prague, l'espoir seul de venger cette injure l'avait décidé à reprendre les armes. Sans