‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 46 sur 69 · LE MEURTRE · texte numérisé non relu

LE MEURTRE

cesse entouré de chefs et de soldats prêts à donner cent fois leur vie pour la sienne ; craint et respecté de cette soldatesque formidable qui faisait trembler l'Allemagne ; possesseur de plus de trésors et de richesses que Ferdif)and lui-même, il n'avait plus rien à redouter de l'empereur; ses ennemis étaient humiliés; ses envieux gardaient le silence, et le seul rival qu'il pût craindre en Allemagne venait de tomber dans les champs de Lutzen. Jamais, en un mot, la fortune ne parut 'aussi favorable aux desseins d'un ambitieux, et jamais aussi aucun homme n'en conçut de plus hardis; mais ce n'est pas la première fois, mes bons amis, que vous avez vu dans les histoires, des orgueilleux succomber au moment où ils se croyaient au comble de la puissance, et l'instant n'était plus éloigné où une chute éclatante allait faire expier à l'heureux adversaire du grand*Gus* tave tant de jours de gloire et prospérité.

Parmi les généraux qui entouraient Wallenstein et avaient le plus contribué à ses victoires, se trouvait un officier nommé Oclave Piccolomini. Celui-ci, qui était habile et prudent, soupçonnait depuis longtemps les secrets desseins du duc de Friedland, lorsqu'un jour, à la suite d'un repas splendide, auquel Wallenstein avait invité les principaux chefs de son armée, ce général, impatient de faire éclater ses projets, eut la har-diesse de présenter à ses officiers un écrit par lequel ils s'engageaient , sous les serniens les plus

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terribles, ii mourir, s'il le fiillait, pour le service de leur général, et à lui obéir jusqu'à La mort , quelque chose qu'il leur commandât. La plupart de ces officiers , échauffés par le vin ou entraînés par l'exemple des amis dévoués de Wallenstein signèrent cet écrit, en jurant sur leur épée de ne jamais trahir ce nouveau pacte, et Piccolomini lui-mêuîe fut dece nombre, ne pensant pas alors que l'audace de Wallenstein osât se tourner contre l'empereur; mais le lendemain, lorsque les fumées du vin furent dissipées, il reconnut son imprudence, et, effrayé des résultats d'un complot qui pouvait livrer l'Allemagne aux plus effroyables malheurs, il sortit secrètement du camp, et, allant rejoindre un autre général appelé Gallas , qui était entièrement dévoué à la maison d'Autriche , il lui fit connaître les soupçons que la conduite de Wallenstein lui inspirait. Tous deux alors, résolus de prévenir l'exécution de cet attentat, se hâtèrent d'avertir de cette découverte l'empereur lui-même, qui leur ordonna de ne point perdre un instant pour s'assurer de la personne du traître, avant qu'il pût accomplir son dessein.

Or, il n'y avait rien de plus difficile et déplus périlleux que de saisir ainsi Wallenstein , au milieu de cette armée qui lui était entièrement dévouée , et que d'un seul mot il pouvait faire marcher contre l'empereur, qui n'avait point un seul soldat à lui opposer. Cependant Gallas et Piccolomini ne refusèrentpointcctte mission dangereuse,

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