‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 48 sur 69 · DE WALLENSTEIN · texte numérisé non relu

DE WALLENSTEIN

avaient obéi aveuglement à Wallenstein , refusèrent d'abord de le croire coupable d'une pareille trahison; mais bientôt ne le voyant plus au milieu d'eux , l'incertitude et la défiance se mirent dans leurs rangs , et en peu d'instans cette armée si formidable par sa valeur et sa discipline ne présenta plus qu'un ramassis tumultueux de soldats mutinés, prêts à suivre le premier chef qui leur offrirait l'appât de nouvelles récompenses on d'un nouveau butin.

Il y a quelque chose de si amer, de si insultant pour les autres hommes, dans le mépris que la plupart des favoris de la fortune affectent envers ceux que le hasard a placés au-dessous d'eux, qu'ilne faut point nous étonner, mes jeunes amis, que parmi les chefs et les soldats qui avaient suivi le duc de FriedlandàÉgra , il se soit trouvé trois officiers que de froids dédains ou d'injustes préférences eussent secrètement irrités contre ce général. Ces trois hommes , étrangers de naissance, mais que leur mérite et leur valeur avaient élevés aux premiers rangs de son armée , résolurent, en immolant Wallenstein, de servir à la fois la cause de l'empereur et la haine qu'ils lui portaient. Leslie, Butler et Gordon, c'étaient leurs noms, sans communiquer à personne le dessein quils avaient formé, préparèrent habilement tous les moyens de l'accomplir, et bientôt ils n'attendirent plus qu'une circonstance favorable pour en faire usage.

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