‹ L'histoire moderne, racontée aux enfans ;Chapitre 66 sur 69 · LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LES VOYAGES

l'appareil pompeux qui attendait le czar dans cette capitale.

A cette époque, mes bons amis,Louis-le-jrand avaitcessé de vivre depuis deux ans environ, et son arrière-petit-fils Louis XV, à peine âgédehuit ans, occupait alors le trône de France. Lorsqu'on apprit à Paris la prochaine arrivée du czar, dont la renommée retentissait alors dans le monde entier, on fit de grands préparatifs pour recevoir dignement cet hôte illustre. Les plus beauxappartemens du Louvre furent disposés à son intention, et le duc d'Orléans, régent du royaume, envoya à sa rencontre les carrosses du roi, avec un grand nombre de seigneurs et de gardes à cheval pour lui faire honneur. A peifie descendu au Louvre , on lui offrit des fêtes et des festins splendides , et toute la cour de France s'empressa de lui rendre ses honunages,; le parlement et l'Académie française, autrefois instituée , comme vous savez, par le cardinal de Richelieu , vinrent le complimenter en cérémonie ; mais Pierre , peu accoutumé à tant de pompe, et déjà fatigué d'entendre des discours prononcés en français, qu'il ne comprenait pas, annonça dès le lendemain aux seigneurs qui raccompagr.nientpour lui faire honneur, qu'il désirait une demeure plus simple et un appareil moins éclatant. «Je ne suis qu'un soldat, dit-il , » du pain et un pot de bière me suffisent pour ma •■» nourriture , et je rougirais de voir tant de per- » sonnes de qualité se déranger pour mon ser-

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» vice. » Alors on le conduisit dans un hôtel de la ville, où il fut traité avec respect mais avec moins d'appareil , et dès le lendemain on amena auprès de lui, pour lui faire visite, le jeune roi Louis XV, que le czar^ en l'accompagnantjusqu'à sa voiture , prit dans ses bras pour lui faire un passage à travers la foule qui se pressait autour des deux monarques.

Cependant , mes bons amis, ce n'était pas pour recevoir des honneurs dont il faisait peu de cas que Pierre, toujours avide de s'instruire, était venu de si loin visiter la capitale de la France. Sans se donner le temps de prendre le repos nécessaire après un long voyage, il voulut voir de ses propres yeux tout ce que cette grande ville renfermait alors de curieux et de remarquable : les monuraens, les bibliothèques, les jardins publics, l'Observatoire fondé par Louis XIV auprès dja palais du Luxembourg , les Académies, où les savans s'étaient réunis pour le recevoir; il examina lui même avec un grand soin une carte géographique de son vaste empire, alors si peu connu enEurope, que les Académiciens lui présentèrent, et sur laquelle il corrigea de sa main plusieurs erreurs. Partout on prévenait ses moindres désirs en lui faisant hommage des objets rares ou précieux qui pouvaient être à sa convenance , et notre nation donna envers cetillustre étranger une preuve de cette politesse et de cette urbanité exquise qui la plaçait dès lors au premier rang des peuples

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