ÉPIMÉNIDE
Mais cela me parait fort sage.
FATRAS
Voilà ce qu'ils me disent tous.
ARISTE
Pourquoi donc vous mettre en courroux?
d'harcourt.
Je suis pour la raison.
FATRAS
Moi, pour l'ancien usage.
Je ne le vois que trop, les premiers inventeurs
De ces réformes exécrables,
Sont ces auteurs abominables Des Sirven, des Galas, coupables défenseurs. Nous avons donc en vain poursuivi leur mémoire, Fait brûler leurs écrits par la main du bourreau ; Nos persécutions ajoutent à leur gloire.
Nous voyons Voltaire et Rousseau
Régir l'opinion du fond de leur tombeau!
Je veux pour nous venger, faire un réquisitoire.
ARISTE
Et contre qui, Monsieur?
FATRAS
Contre la nation, Et je veux y mêler de vives apostrophes Contre un roi qui fut assez bon Pour accorder sa sanction A des décrets de philosophes.
Pour la fête de la Fédération, l'auteur du Réveil d'Ê-
pimènide fit cette addition, qui servit à en raviver le
succès :
d'harcourt.
Il faut rester encor dans nos libres remparts.
Enfin, sous la même bannière,
Paris a vu, de toutes parts,
Se rassembler la France entière.
Quel spectacle imposant a frappé nos regards! Un pacte solennel, une auguste alliance, Ne fait plus de l'État qu'une famille immense. Ce ne sont plus ici les fêtes de l'orgueil, Où d'un monarque vain le faste se déploie :
Quand la cour ordonnait la joie,
Souvent le peuple était en deuil.
Tout cet éclat vanté de la pompe royale, D'un despote insolent la marche triomphale, N'offre aux yeux éblouis des peuples à genoux Que la grandeur d'un seul et l'opprobre de tous. Ce jour plus glorieux, plus digne de mémoire,
Est l'honneur de l'humanité.
Les drapeaux de la liberté, Flottant autour du trône, en rehaussent la gloire;
Il s'affermit par l'équité.
Oui, pour mieux commander, l'auguste diadème
s esl abaissé devant la loi; Du prince et des sujets L'intérêt est le môme ; La fête d'un grand peuple esl celle d'un bon roi.
De tous les oppresseurs ce jour est la défaite.
Rien ne manque à nos vœux : Paris, comme Boston,
A, dans Bailly, dans La Fayette,
Son Franklin et son Washington.