L V MI
INTRODUCTION
vère, pour arriver à cct empereur africain, comme le disent sa chevelure un peu crépue et ses traits qui n’ont rien de romain. Septimc Sévère conserva l’amour de sa province et voulut qu’un monument qui s’appelait le Seplizonium annonçât le palais impérial à ses compatriotes venant d’Afrique par la voie Appienne et entrant dans Home par la porte Capènc. Il eut un arc de triomphe et le méritait. Cet arc existe aujourd’hui ; l’architecture en est encore belle, la sculpture en est déjà grossière.
Son fils Caracalla fut un fou féroce dans le genre de Commode. Scs bustes au col de travers, à la figure grimaçante, sont ainsi parce qu’il a exigé qu’ils fussent ainsi. Caracalla voulait que ses portraits eussent l’air furieux; il s’est chargé de léguer sa caricature à la postérité. Dans le petit nombre de ceux où le programme impérial n’a pas été suivi, on voit qu’il ressemblait à son frère Gela, ce frère qu’il fit mourir, et qui, à en juger par sa mine, ne valait guère mieux que lui. Le nom de Géla, effacé de l’arc de Scptime-Sévère, d’un autre monument à Rome, eten Égyptedes inscriptionshiéroglyphiqucs, atteste un acharnement du Fratricide contre la mémoire de sa victime, né peut-être de l'importunité d’un remords.
. Les Thermes de Caracalla sont après le Colisée
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la plus grande ruine de Rome. C’est de même un monument consacré, selon le génie de l’empire, aux plaisirs de la multitude. Les combats de gladiateurs, sanguinaire mais mâle divertissement, appartiennent à la République; les Thermes, consacrés, il est vrai, aux plaisirs de la conversation et de l’esprit, mais surtout à la volupté orientale et amollissante du bain, ont commencé avec l'époque impériale.
Juiia Pia, celle Syrienne élevée au trône par Septime Sévère, à cause de sa beauté, offre un type nouveau d'une finesse et d’une distinction un peu étrangères. Sa sœur Mœsa, les deux filles de celleci, Julie Sohemias et Julie Mammée, ont comme elle un genrô de coiffure plein d’élégance. Ces belles et intrigantes étrangères prennent dans la politique une importance qui est nouvelle à Rome. Elles font les empereurs comme Tliéodora et Marozia, au moyen âge faisaient les papes. Par elles arrivèrent à l’empire ce jeune, beau cl stupide prêtre syrien qui prit le nom d'IIélagabal, et Alexandre Sévère, dont les traits respirent la faiblesse et la douceur. Maximin, un hercule dalmate, gigantesque et vorace, succède au généreux fils de Mammée. Puis viennent les empereurs de la décadence, dont on peut voir les figures dans la curieuse galerie des
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bustes impériaux, au Capitole. A mesure qu’on avance, le travail du sculpteur devient plus grossier, l’expression des bustes plus inquiète et plus sombre; c’est que la civilisation baisse et que les barbares approchent.
Quelques honnêtes empereurs, Claude le Gothique, Tacite, Probus, se détachent dans cette foule, mais ils sont venus liop lard; le sénat les nomme quelquefois, les soldats les assassinent presque toujours.
En général, ils n’ont pas le temps ou le loisir d’élever des monuments. Constamment occupés pendant leurs règnes rapides à défendre Rome menacée toujours de plus près, ils ne songent point à l'embellir.
De Gallien, il est resté un arc de triomphe qu’un flatteur lui éleva dans ses jardins. Ironie du hasard! c'est sous Gallien, à qui fut dédié cet arc de triomphe encore conservé, que se consommèrent l'envahissement et la dislocation de l’empire.
Aurélien, Dioclétien, Maxence font exception. De ceux-là il reste des monuments et des monuments considérables, épaves de ce grand naufrage de l’empire romain.
Ces monuments prouvent ce qu’a déjà montré
Digitiz
IfiTKUDUCTiON. lui
l’arc (le Seplime Sévère, et ce que font voir également les monuinenlsde l’Egypte; combien le beau dans l'architecture survit au beau dans la sculpture. Les bustes de ces temps sont plus ou moins barbares; les débris du palais du Soleil, élevé sur le Quirinal par Aurélien, qui fut un empereur énergique, sont d'une telle beauté qu’on a peine à les croire contemporains des monuments de Palmyre auxquels ils ressemblent par la grandeur des dimensions, mais qu’ils surpassent de beaucoup par le style. Dioclétien fut un second Vespasien. L’air de son visage rappelle celui de cet empereur. Comme lui positif, habile, il méprisait les hommes, qu’un jour il dédaigna de gouverncr.il lit un effort immense et inutile pour tuer le christianisme et organiser l’empire, deux impossibilités.
Les thermes qui portentsonnom, maisquien réalité furent l’œuvre collective des quatre Augustes et des deux Césars qui se partageaient le monde romain, et dont aucun ne vécut dans Rome que ses maîtres commençaient à abandonner, ces Thermes attestent par leur étendue et par le grand aspect de ce qui en subsiste, surtout de la salle dont Michel-Ange a fait une des plus belles églises de Rome, ce que l’architecture était encore au temps de Dioclétien.