‹ L'histoire romaine à RomeChapitre 25 sur 90 · IR · texte numérisé non relu

IR

l/lllSTOinE ROMAINE A ROME.

l’usage antique, «lit Virgile. En effet, on se souvient que l'usage des cierges remontait à l'abolition des sacrifices humains, accomplie dans les temps héroïques par le dieu pélasgiquc Hercule. La description que fait Virgile des funérailles de Pallas pourrait convenir à un de ces enterrements romains où l'on voit de longues files de capucins marchant processionnellemcnt en portant des cierges.

... Lucel via lung >

Ordine llammarimi.

(V. Æn., vi, 143.)

Le culte des Pénales aurait pu nous offrir un rapprochement encore plus frappant entre une légende antique et une légende moderne. On racontait que les Pénates ayant été transportés par Ascagnc dans la ville d’Albe, quittèrent leur nouveau séjour et revinrent à Lavinium '. C'est ainsi que le célèbre enfant Jésus de cire, si vénéré à Home sous le nom de Uumbino, ayant été enlevé revint, le lendemain matin, frapper à la porte de l'église d'Ara-Cœli.

On voit qu’à Home certaines choses n’ont pas beaucoup changé depuis le temps d’Ascagne.

' Val -Max. i, R. 7.

SAIt INS ET ÉTRCSQCES, A ROME, AVANT ROMULUS.

Pélasgeset Sabins Aborigènes. -—Sabins sur le Palatin. — Nom mystérieux de Rome. — Sabins sur le Janicule, sur l’Aveuliu et au pied de l’Àveniin. — Le Terenttim, légende Sabine. — Autel de Cousus très-anciennement déterré. — Les Sabins au Quirinal avant Romulus. — Latins et Sabins, caractère de ces deux peuples et de leurs dieux, Saturne et Janus. — Famille des peuples sabelliques. — La Sabine est venue jusqu'à Rome. — Résultats de la cohabitation «les Sabins et des Pélasges. — Traces d’un ancien établissement étrusque sur le Capitole. — Résumé de ce qui précède. Neuf Romes avant Rome.

Dans noire laljorieuse exploration d'une époque ténébreuse et à peu près inconnue, nous avons eu la fortune de rencontrer sur notre chemin la poésie de Virgile; nous allons revenir aux tâtonnements de l’histoire conjecturale; il faut nous y résigner pour achever cette préface aventureuse, mais. je ne crois pas imaginaire, des annales romaines. Heureusement elle approche de sa fin, el nous « avons plus qu'un pas à faire pour retrouver une autre poésie d’où il faudra

tâcher de faire sortir aussi la portion de vérité que la

tradition contient.

Celte poésie est celle des anciens récits et des anciens chants d'après lesquels on a composé, bien avant Tile Live, l'histoire des rois de Rome.

Kn attendant, nous devons nous contenter des rares indices qui nous sont offerts et des inductions que nous en pourrons tirer. Ici encore l’étude des lieux, de leur contiguration primitive, jettera quelques clartés et répandra quelque vie sur leur histoire.

Plusieurs des nations que nous avons jusqu’à présent rencontrées sur le sol où la Rome historique n’existe pas encore, les Sicules, les Ligures, les Pélasges, n’étaient point appelées à jouer un rôle essentiel dans la constitution future du peuple romain. Mais il est deux nations qui devaient exercer une influence notable sur le développement de ce peuple, les Sabins et les Étrusques.

Nous verrons que ceux-ci ont donné à Rome trois de ses rois, et les Sabins trois également.

Mais, avant ce temps, les Sabins et les Étrusques n’ont-ils pas mis le pied sur ce sol prédestiné qui attendait les Romains?

Quant aux Sabins, il m’est impossible d'en douter. Les Aborigènes venus de la Sabine sont pour moi des Sabins qui ont succédé aux anciens sauvages de la montagne, comme les Latins ont succédé aux sauvages de la plaine.

S A U IN S ET ÉTRUSQUES A ROME AVANT ROMULUS. 2îl

Les auteurs romains eux-mêmes ont souvent confondu les uns avec les autres, mais nous ne devons point les confondre'.

La tradition, qui, pour ces époques lointaines, est la seule histoire, nous montre les Aborigènes venant des environs de Rieti, dans la Sabine, associés aux Pélasges qu’ils ont rencontrés en ce pays, faisant la guerre aux Sicules, les premiers occupants de Rome, leur prenant des villes, et, sous le noin de Sacrant, les hommes du printemps consacre, qui sont dits euxmêmes venir de la Sabine, chassant du Seplimontium, c’cst-à dire du Palatin, de l Esquilin et de leurs dépendances, les Sicules et les Ligures.

Voilà donc des Sabins à Rome bien avant Romulus; voilà un essaim de cette belliqueuse race qui s’y arrête avec les Pélasges.

Nous avons vu les Pélasges répandus sur les huit collines, bâtissant leur forteresse de Borna sur le Palatin et peut-être leur forteresse d'Antipolis sur le Janicule, fondant des cultes pélasgiques autour du Palatin et le culte des Argéens sur chacune des sept collines de la rive gauche, excepté l’Aventin et le Capitole.

Mais sur l’Àventin leur présence est attestée par

1 Si aborigène voulait dire indigène, les Aborigènes qui viennent à Rome de la Sabine avec les Pélasges seraient les indigènes du pays sabin; mais, nous l’avons dit, cette étymologie du mot aborigène est loin d’être démontrée.

leur forteresse de Romuria, autre forme du nom de Bomn, et, sur le Capitole, par la tradition du séjour qu'y avaient fait les compagnons d’Ilercule, donnés tous comme appartenant à des populations pélasgiques.

• La ville pélasgique égalait donc déjà en étendue la Rome future des rois étrusques et surpassait de beaucoup l'humble bourgade que Romulus devait établir sur le Palatin.

La conquête ayant été faite en commun par les Pélasgcs et les Aborigènes, que j'appellerai désormais des Sabins, la ville fut à )a fois pélasgique et sabine. Nous y avons retrouvé les Pélasges l; cherchons à y retrouver les Sabins.

Les deux populations ne s’établirent point sur des emplacements séparés, comme paraissent l’avoir fait les Sicules et les Ligures, dont les uns, on s’en souvient, habitaient le Palatin; les autres l’Esquilin, la Suburra cl les Carines, au pied de l'Esquilin.

Les Sabins et les Pélasges semblent, au contraire, avoir été mêlés ou au moins avoir vécu côte à côte sur divers points de la ville, qui, de la forteresse pélasgique du Palatin, devait recevoir par extension le nom de lîoma.

Sur le Palatin, leurs forteresses furent juxtaposées. La forteresse des Sabins était à côté de la forteresse pélasgique.

1 Voy. chap. \ el ri.

Page 1